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Stadito Tour : Le Derby Éternel Croate

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Un derby hors du commun

Ce derby est bien loin de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent. Je reconnais volontiers que je suis plus habitué au football allemand, suisse ou français. En quête de découvrir de nouveaux pays et de voir des ambiances différentes, j’ai donc pris la direction de la Croatie.

La programmation de ce 218ème derby éternel croate n’était vraiment pas optimale puisque la ligue croate avait décidé de l’organiser un mercredi à 19:00. Fort heureusement, les horaires de vols étaient adaptés. Nous partons donc le mercredi 3 Avril dans la matinée pour prendre l’avion et atterrir en milieu d’après-midi à l’aéroport de Split (situé à 30 min en voiture de la cité Dalmate).

Des alentours peu accueillants

Après un passage rapide à notre appartement pour déposer les affaires, nous rallions le stade à pied. Sur place, c’est la cohue. L’entrée au stade est loin d’être fluide, la file d’attente est très longue et organisée de manière anarchique. Ayant acheté nos billets sur internet (9€) , nous rentrons directement sans passer par les billetteries aux allures de blockhaus .

Les billetteries en second plan

Après 30 minutes à attendre notre tour, nous finissons enfin par avoir accès aux gradins du Poljud Stadion (Gradski stadion u Poljudu). L’enceinte, construite en 1979, peut accueillir 35 000 personnes dans sa configuration actuelle (55 000 à l’origine). Le stade parait immense quand nous sommes à l’intérieur. Installés dans la tribune latérale face au parcage, nous disposons d’une belle vue sur ce dernier et sur le secteur ultras, occupé par la Torcida. Fondée en 1950, la Torcida est considérée par beaucoup comme le plus ancien groupe de supporters d’Europe.

Le stade est loin d’être rempli malheureusement (26 664 spectateurs). Notre tribune, ainsi que celle des ultras, est bien pleine, contrairement à la tribune face à nous, où se situe notamment le parcage. A peine 400 supporters du Dinamo ont fait le déplacement [Nous n’avons pas réussi à savoir si le faible nombre était la conséquence d’une restriction de la part de la police ou non].

« La tribune de la Torcida se pare d’un superbe tifo »

Au coup d’envoi, la tribune de la Torcida se pare d’un superbe tifo composé d’un voile, représentant un supporter tendant une écharpe, et de feuilles de couleurs. Le tifo descend ensuite, la tribune se met à chanter et tout le stade reprend en sautant, la tribune tremble de façon impressionnante. La puissance vocale est incroyable mais malheureusement elle ne cessera de diminuer au cours du match. Le secteur de la Torcida, bien rempli, peine à exploser vocalement. Heureusement, ils peuvent compter sur le soutien de la tribune adjacente (où nous nous trouvons), qui reprend parfois les chants lancés par les ultras.

Dans le secteur réservé aux fans du Dinamo, les 400 supporters donnent de la voix. Les gestuelles sont coordonnées, le rendu est très bon. Bien aidés par le toit situé juste au dessus d’eux, faisant résonner les chants, ils se feront entendre tout le match. Quelques fumigènes seront également allumés en parcage pendant le match.

Dominé par les Bad Blue Boys, de retour après plusieurs années de boycott, le mouvement ultra du Dinamo bénéficie d’une grande réputation dans le mouvement ultra européen.

Le parcage du Dinamo Zagreb.

Les fumigènes semblent appréciés en Croatie. La Torcida en allumera d’abord quelques uns en première mi-temps, avant d’offrir un beau spectacle pyrotechnique à la 50ème minute (en référence à 1950, la date de fondation du groupe). L’allumage massif de fumigènes entraînera même un feu en tribune qui nécessitera l’intervention des pompiers.

Un championnat très faible

A l’inverse du spectacle proposé en tribune, le match est à mourir d’ennui. Le Dinamo est bien au dessus techniquement. Après l’ouverture du score des visiteurs à la 26ème minute, les locaux ne vont cesser de pousser sans toutefois parvenir à trouver le chemin des filets. La rivalité se ressent aussi sur le terrain. Malgré un arbitre plutôt clément, 8 cartons jaunes et un rouge seront tout de même distribués. L’ancien défenseur de Saint-Etienne, Kevin-Théophile Catherine, désormais au Dinamo Zagreb, recevra un carton jaune dès la 5ème minute, tandis que Mijo Caktaš, joueur de Split, sera expulsé à la 77ème après avoir frappé un joueur adverse.

Une ville aux couleurs du Hajduk Split et de la Torcida

Après le match, nous nous rendons en ville pour se rassasier et boire une bière (pas d’alcool exceptionnellement au stade, match à risque oblige). Nous rencontrerons des groundhoppers allemands avec qui nous partagerons nos ressentis et quelques tournées de shooters.

Le lendemain, nous nous levons aux aurores pour faire un tour au stade et à la boutique du club afin de voir ce qui est proposé. L’occasion aussi d’admirer les nombreux graffitis à la gloire de la Torcida et du Hajduk, qui ornent les abords du stade. Une petite visite du centre-ville historique où les graffitis sont aussi très nombreux, puis nous reprenons la route de l’aéroport, et de la maison.

Le derby éternel croate.

9

On a aimé :
  • L'ambiance incroyable qui règne aux abords du stade.
  • Le show pyrotechnique proposé par la Torcida.
  • Le tifo deployé par les locaux au début du match.
  • Le parcage des fans du Dinamo.
  • La première poussée du stade.
On n'a pas aimé :
  • La puissance vocale de la Torcida, seule déception du match.
Timothée Milhano
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