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Stadito Tour : Gérone, au cœur du football catalan (Estadio Montilivi)

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Après deux jours passés dans les jours de la capitale de Catalogne Barcelone, j’ai pris la destination, le temps d’une journée, de Gérone. Située à un peu plus de 100 kilomètres au nord, Gérone est une ville bien plus modeste mais elle aussi possède son équipe en première division le le Girona FC.

Direction Gérone et Montilivi

Après avoir échappé à l’agitation lié au Zurich Marathon de Barcelone qui se déroulait le dimanche, j’ai pris la direction de Gérone depuis la gare citadine “El Clot Arago” qui se situe en plein de cœur de la ville. Je me suis même un temps retrouvé sur le parcours des plus de 20 000 coureurs au sortir d’une bouche de métro, acclamé par la foule. Spécial.

Une fois avoir composté mon billet de train préalablement acheté sur internet via le réseau ferré Renfe auprès d’un agent présent en gare (les bornes ne prennent pas encore en charge les codes barres des e-billets), me voici sur le quai prêt à partir.

12h02 – Malgré les quelques minutes de retard, le train arrive et je m’installe tranquillement dans un wagon. A ce moment ci, je ne sais pas encore qu’il va m’arriver un moment un peu cocasse.

Assis à discuter en français avec mon collègue d’aventure, une personne crâne rasé et ton ultra-bronzé se lève et s’adresse à moi avec un ton agressif : “Ca va t’en as pas marre de parler français là ?! On est en Espagne tu parles espagnol !”. Dans l’incompréhension total de ce qu’il vient de se produire, je ne réagis pas. L’homme intervient une seconde fois pour me reprendre. A ce moment ci je me rends compte que la seule personne qui aura été désagréable durant ce voyage ne va être qu’un français … drôle d’ironie hors de nos frontières. L’homme me menace, détendu et là pour passer des vacances, je le laisse s’éloigner, le raillant en lui disant au revoir dans le langue des rois de Castille. “Hasta Luego señor!”. Le regard noir, l’homme passe son chemin droit dans son short et ses tongues.

Un dimanche à Gérone

13h15 – Arrivé en gare de Gérone, il me reste trois grosses heures pour découvrir un petit peu la ville, manger et me rendre dans l’antre des géronais : l’Estadio Montilivi.

Le soleil frappe déjà fort pour un début mars. Quelques minutes de marche et me voici déjà arrivé au niveau de la Rambla (avenue) principale. Tous les éléments sont réunis et les maillots rayés en diagonale Rouge et Blanc du Girona FC commence à garnir les terrasses. Le match prévu à 16h15 entre le club local et le Valencia FC est un des choc de la saison. Je décide donc de me poser pour profiter du cadre agréable pour prendre un verre, quelques tapas et surtout le soleil.

En terrasse face au soleil, de nombreuses familles sont regroupées. Une attire particulièrement mon attention puisqu’elle est le reflet typique d’un phénomène de transmission familiale bien plus présent en Espagne qu’en France. A la table, trois génération échangent autour de tout et de rien et surtout du club de Gérone. Le grand-père et la grand-mère entourent le père et son fils, tous vêtus d’un élément d’appartenance au Girona FC. Aucun doute, eux aussi seront à Montilivi dans quelques heures.

Une fois avoir bien profité, il est temps de prendre la direction du stade afin de pouvoir prendre la température du lieu et de profiter à 100% de ces moments de communion qui mènent au match. Sur place, le fait d’être venu en train et donc de ne pas être véhiculé n’est pas un frein. Situé à une trentaine de minutes à pied du centre, le stade reste accessible à pied. Et puis quoi de mieux qu’une marche digestive après quelques tapas peu diététiques ?

Estadio Montilivi, l’antre du Girona FC

Montilivi se dresse devant moi. Récemment rénové après la montée du club catalan en mai 2017, l’enceinte compte désormais une capacité de 13 500 places. En arrivant, les tribunes en préfabriqué sur échafaudage sont très bien masqué par une toile aux couleurs du club. Le rouge domine largement l’édifice. Pour information, le club du Girona FC a été récemment boosté par l’entrée dans le capital d’une filiation proche de Manchester City rachetant à l’été 2017 44,3% du club. A Gérone, le football est roi. Si Manchester City s’est décidé à faire du Girona FC une succursale du club anglais c’est que la famille Guardiola est étroitement liée à ce club. Pere Guardiola, frère de Pep est désormais l’actionnaire majoritaire du club catalan.

Après cette petite parenthèse pour mieux connaître notre hôte du jour, place au stade. Me voici entrée dans Montilivi, toujours grâce au e-billet détenu sur mon smartphone. La première impression est incroyable. Cette arène est royale. Couverte d’un ton rouge rappelant le sang et embelli par un rayon de soleil doux et continue, quel régal !

L’arène de Gérone : l’Estadio Montilivi.

Installé juste derrière le but situé côté sud je me trouve au parfait endroit pour vivre le match de façon simple et populaire. Au niveau prix, nous sommes sur une rencontre importante du championnat et le tarif de ma place est de 40€ (+1,50€ de frais de gestion). Un prix plutôt élevé par rapport à ce que nous pouvons connaître en France à une telle place. Cependant, l’expérience en vaut le détour.

Si vous souhaitez vous délecter d’une ambiance ultra, l’Espagne n’est pas fait pour vous. Entre le FC Barcelone la veille et ce jour Gérone, le football en tribune est plus familiale qu’actif. Cette donnée n’est pas pour moi forcément dérangeante. J’aime le football social, le football qui possède un sens et un lien familial. L’Espagne est pour ça une destination fascinante et plus globalement les pays hispaniques. La transmission par les “gènes” des couleurs est vraiment présente.

Dans le stade, l’ambiance était mise par le groupe présent légèrement à ma gauche en tribune. Malheureusement, suite à des échanges assez virulent entre les actifs et les spectateurs présents juste au dessus d’eux, le groupe s’est retiré après une quinzaine de minutes. Le coeur du mouvement mis en silence, il ne restait que les “Applaudisseurs” en carton pliés popularisés à Fulham pour que l’ambiance monte. Variante en fonction des assauts des joueurs locaux l’ambiance reste timide. Par chance, le scénario du match a permis de pimenter notre aventure.

Un match à rebondissements

Adepte du jeu de ballon à l’instar des équipes de Guardiola, le Girona FC a tendance à proposer du beau football quelque soit l’adversaire. Malgré l’ouverture du score de Guedes rapidement dans le match, les catalans n’ont pas mis longtemps à rééquilibrer le match. Égalisant par l’intermédiaire du défenseur Ramalho, les Rouge et Blanc tombent face à une équipe valencian réaliste puisque Parejo redonne l’avantage à Valence au retour des vestiaires d’une frappe limpide au sol. La suite du match fut encore plus haletant et a beaucoup contribué à me faire vivre un beau moment.

Coup de froid sur la Stade de Montilivi après l’ouverture du score de Gonçalo Guedes.

Heureux de voir d’anciennes têtes connues de Ligue 1 avec les entrées de Daniel Wass et de Mouctar Diakhaby, ce dernier a été un des acteurs prépondérant dans cette fin de match. Sur un centre venu de la droite, le géant français connu pour être un peu maladroit fait des siennes. En allongeant un de ses bras, Diakhaby contre la tête de Stuani. De ma place, la faute de main semble clair et tout le stade se soulève d’un seul homme. Tout le monde est conscient que la VAR va octroyer un penalty synonyme d’égalisation pour les locaux. L’arbitre du match se doit d’attendre la sortie du ballon pour aller consulter son assistance vidéo et le ballon tourne sans sortir. L’ambiance est montée d’un cran et tout le stade cri “VAR! VAR! VAR! VAR!” pas besoin d’être bilingue pour se prêter au jeu. Le temps d’attente entre la main et la sortie du ballon a vraiment pour le coup accentué la puissance du moment. Pour le coup, la décision est rapide. A peine arrivé devant l’écran, l’arbitre désigne le point de penalty. Christian Stuani, buteur uruguayen attitré du club depuis plusieurs saisons, s’empare du ballon. Sans trembler et dans un silence de cathédrale, Stuani prend Neto à contre pied.

Le but égalisateur de Stuani

Le stade exulte “CHISTIANNNNNN STUAAAAAANI !”. Pris dans la folie ambiante, je suis épris de frisson tant l’ambiance et la joie est forte. Quel moment de football.

La joie du stade (et la mienne) lors de l’égalisation de Stuani.

Dans la lutte pour le maintien ce point revêtait une importance particulière pour le club local. la joie était au niveau de l’exploit. Tout cela c’était sans compter sur Ferran Torres. Joueur jusqu’au bout, les catalans ont cru avoir la victoire à portée de pied à plusieurs reprises… malheureusement, sur un contre éclair dans les ultimes secondes du matchs, le jeune Ferran Torres vient “climatiser” un Montilivi soleil couchant. C’est la douche froide. Valence l’emporte et empoche de précieux points dans la course à l’Europe tandis que Girona devra lutter pour son maintien.

Comme à mon habitude, je prends mon temps pour quitter le stade, vous partageant au passage le résultat et quelques photos en story de notre compte Instagram (abonnez vous pour suivre nos prochaines aventures en story). Il me faut maintenant rentrer sur Barcelone où je loge et où l’avion du retour m’attends le lendemain.

Conclure vers de nouvelles aventures

Ayant bien pris le soin de préparer ce voyage en amont, j’ai bien évidemment pensé à la façon dont je devais rentrer. Deux solutions s’offraient à moi : le train (comme à l’aller) ou le covoiturage. J’ai opté pour le covoiturage pour pouvoir diversifier mes moyens de transports entre l’avion, le bus, le métro, le train et maintenant le covoiturage, la boucle est bouclée. Niveau financier, le covoiturage est de plus plus avantageux puisqu’un Gérone-Barcelone coût ici 7€/place lorsque le train oscille entre 11€ et 17€/place pour une durée allant de 1h20 en voiture à entre 40min et 1h10 en train. Pour covoiturer, Blablacar est bien développé en Espagne et toujours aussi efficace qu’en France.

Le retour sur notre story Instagram (@Stadito.fr)

De retour à Barcelone, une petite pizza avant de rentrer dormir et le lendemain l’avion prévu à 11h nous ramène à Charleroi avant un retour en région lilloise en fin d’après midi.

Ce fut un réel plaisir de vous compter en deux épisodes ce périple en Catalogne, passant de l’immensité du Camp Nou au confinement chaleureux de Montilivi. Ce Stadito Tour tout au long d’un week-end est le second d’une série et je suis déjà impatient de vous faire découvrir de nouvelles aventures qui devraient se vivre brièvement au pays des tulipes, du gouda et des moulins à vent (oui c’est la face soft du pays que vous avez imaginé) avant de se poursuivre complètement au pays des Vikings.

Le jour précédent :

La galerie photo de la journée :

Basile Brigandet
Fondateur de Stadito avec pour seul religion le football. Heureux dans un stade quelque il soit, je suis né à Troyes et idolâtre Benjamin Nivet depuis mon plus jeune âge.
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