SévilleStadito Tour

Stadito Tour : Au cœur de Séville la Rouge

0

Profiter de Séville le temps d’un week-end

Si Séville diffère de nombreux points sur la plupart des grandes villes européennes (culture, climat…), l’aspect financier est lui aussi un avantage. Ainsi – si vous vous y prenez tôt – pour 85 euros, vous pouvez réaliser un aller-retour entre Paris (Orly ou CDG) et Séville en avion. Le dépaysement est garanti au bout de 2h30 seulement.

Il est donc 4h40 jeudi 21 février quand nous sommes quatre supporters rennais à arriver à l’aéroport d’Orly. Maillots pour certains, tee-shirts du RCK 1991 pour d’autres, écharpes autour du cou, Séville n’attend plus que nous. Le vol de 6h10 pique un peu (voire beaucoup). Si la veille, on avait pu apprécier les quelques vidéos de supporters Rouge et Noir sur les réseaux sociaux chantant dans l’avion, ce matin, l’ambiance est plus calme. Certains ont peu dormi de la nuit et carburent au café, d’autres n’ont pas dormi du tout et tapent dans la 1664. « Pour se mettre dans l’ambiance », comme le disent si bien deux fans rennais arborant l’écharpe du Roazhon’s Call, groupe de supporters du club breton à Paris.

8h30, on prend possession du tarmac de l’aéroport San Pablo. Avant de prendre possession de notre AirBnB deux heures plus tard. Direction le quartier Alameda de Hércules.

Entre tapas y cervezas

Un beau quartier, des rues typiques où tu as envie de taper un foot entre deux murs tellement les rues sont étroites, une architecture unique et une place pour le moins branchée. 10h40, verre de « zumo de naranja natural » à la main, on apprécie le rayon de soleil qui vient se faire une place à notre table. Les nachos au guacamole et poulet curry font désormais partie intégrante de notre séjour. Viennent s’y ajouter les planchas de jambon serrano, entre deux tranches de fromage.

Dès lors, la ferveur sévillane pour le football se fait ressentir. Si – à quelques heures du match le plus important de l’histoire du SRFC – on commençait à se reposer, les quelques piétons sont là pour nous rappeler qu’il ne le faut pas. Des « Vamos Rennes » se font entendre dans la rue, au coin d’un bar ou en voiture. Les fans du FC Séville nous interpellent, nous applaudissent, lèvent leur poing et nous serrent la main comme si nous avions une tâche à réaliser. Éliminer leur rival, le Real Betis Balompié. La moitié de la ville est prête à pousser le club breton, en plus des quelques 3000 supporters ayant fait le déplacement. Premiers paris entre potes faits si victoire du Stade Rennais il y a, nous repartons tranquillement à l’appartement se reposer.

Au cœur des supporters rennais

16h, les quatre habitants du Pasaje Valvanera se réveillent d’un court sommeil au rythme des chants à la gloire des Rouge et Noir. On arrive à San Bartolome, censé être le point de rendez-vous.

Ambiance incroyable qui s’étend sur une place et deux rues, des supporters qui se répondent d’un côté et de l’autre du trottoir tandis que des voitures passent entre eux. Certains en viennent même à grimper sur les camions sur l’espace de 15 mètres, histoire de lancer un ou deux chants. Les pintes à 2,60 euros descendent tranquillement, et si un ou deux phénomènes n’ont quasiment pas vu le match à cause de la bière (ils se reconnaîtront, on s’en fait pas), le mix entre « sol y cervezas » est juste un pur régal. Petit point négatif, la Guardia Civil qui commence à se lâcher et donner des coups de matraques gratuits. Toutefois, rien qui ne prenne une importance telle que la fête soit gâchée. L’ambiance bon enfant est très appréciable et durera jusqu’au départ pour le stade.

La marée rouge est présente et ne cessera d’affluer jusqu’à 18 heures, moment où le cortège est censé partir. En attendant, chacun peut profiter du soleil andalou, Cruzcampo à la main, entre un ou deux selfies avec le Président Olivier Létang. Après 30 bonnes minutes de regroupement, le cortège se dirige lentement vers le Benito-Villamarín. Fumigènes dans la tombée de la nuit, nous voilà arriver aux abords du stade à 20 heures.

Une soirée pour l’éternité

Un quart d’heure avant le début de la rencontre, nous sommes placés. Si le stade dans son intégralité est vraiment impressionnant, le parcage rennais le semble tout autant (la hauteur est vraiment à mentionner). Au bout de quelques minutes, on s’adapte et ce qui était censé être une barrière protectrice étant assis devient une barrière quasi sur-mesure pour nos pieds quand on est debout dessus, en se penchant pour chanter.

Il faut dire qu’avec sa tête, Ramy Bensebaini a su mettre les supporters dans les meilleures conditions. Adrien Hunou l’a imité à la demi-heure de jeu et c’est tout un peuple paré de rouge qui a éclaté deux fois de suite. La libération viendra de M’Baye Niang à la 94e minute.

https://platform.twitter.com/widgets.js

Si aucune équipe française n’avait réussi à s’imposer sur la pelouse du Betis, c’était tellement « So Rennes » que ce soit le premier club de l’hexagone à réussir cet exploit. Anecdote : devant nous se trouvait un supporter aux cheveux blonds bouclés. A chaque action qui précédait un but du SRFC, on lui caressait, frottait les cheveux. Qui que tu sois, sache que cet article t’es dédicacé, car oui, cette victoire, on te la doit aussi.

L’après-match

Jusqu’à 23 heures 30, nous sommes tous restés à communier avec nos joueurs. Le parcage se divise en deux et se répond avec le « Allez Rennes allez ». Tandis que les Béticos nous applaudissent, on lance des « Betis, Betis » aux adversaires pendant le décrassage. Les quelques derniers joueurs présents venus célébrer comme M’Baye Niang, Clément Grenier ou même Eduardo Camavinga glissent sur la pelouse avec les « Olé » des supporters en fond. Oui, la plus belle page de l’histoire du club venait de s’écrire là, devant nos yeux ébahis. La lose rennaise ? A cet instant précis, elle n’existait plus. Alors, on se prend dans les bras, on crie, on hurle. « Je pleure parce que je sais tout ce qu’on a traversé, j’ai vécu toutes les finales, tant de désillusions. C’est juste un pur bonheur ».

La nuit sera courte pour beaucoup d’entre nous. Toutefois, le bonheur est intense, on est à Séville, à rêver d’un futur adversaire pour les 8èmes de finale de l’Europa League. Le réveil sonne à midi. Dans le quartier animé d’Alameda, on peut trouver tous types de lieux pour manger, y compris des boulangeries. On a fait de la Panaderia Ana (qu’on recommande vivement) notre repère pour quelques jours. Avant le tirage à suivre à la télévision espagnole, on part prendre rapidement à emporter. Puis, vient le tirage. L’expectative dans un premier temps, la fierté dans un deuxième. Affronter Arsenal était quelque chose qui était possible uniquement sur Fifa auparavant, mais le Stade Rennais FC l’a fait. L’explosion de joie est, elle, immense.

https://platform.twitter.com/widgets.js

Sevilla – Barça pour finir en beauté

Après des visites Place d’Espagne, dans le Parque de María Luisa, dans le quartier de Triana ou encore de San Gil, nous voilà (déjà) à samedi. Aujourd’hui, c’est jour de match au Sánchez-Pizjuán. A 16h15, le Séville FC (actuel 5e de la Liga) reçoit le FC Barcelone (1er). Si l’ambiance est superbe aux abords du stade, nombreux sont encore les Sevillistas qui nous applaudissent et qui nous serrent la main quand on s’approche de l’enceinte, arborant fièrement nos maillots du SRFC. L’affiche est grandiose, mais à 45 minutes du coup d’envoi, nous n’avions toujours pas de place. On arrive enfin à obtenir quatre places, côte à côte, non sans mal.

Si la personne qui nous les a vendu ne nous inspirait pas confiance, l’appréhension laisse place à l’euphorie au vu de notre situation dans le stade. Un coucou à Alexandre Ruiz et Sonny Anderson – qui lèvent le poing quand ils aperçoivent nos maillots – on s’assoit littéralement au 5e rang. Sevilla FC en face, on peut ainsi admirer, à quelques instants du coup d’envoi, Messi et Suarez se faire de longues transversales. Après un cliché pour Stadito et un hymne frissonnant, les 22 acteurs entrent sur la pelouse.

Inoubliable

22 comme le nombre de minutes qu’il a fallu au Séville FC, et plus précisément à Jesús Navas, pour ouvrir le score. Sur une course de 60 mètres dans l’axe, Ben Yedder percute et décale son ailier qui ajuste Ter Stegen d’un tir croisé du droit. Pour son 650e match, dont 467 avec le club andalou, l’Espagnol nous a gratifié d’un but et d’une célébration – pourtant simples – qui resteront gravés dans nos mémoires, sous nos yeux.

Mais en face, il y avait Messi. Monsieur Lionel Messi. Quelques instants plus tard, l’attaquant du FCB réalise une magnifique volée du pied gauche. Masterclass. Il signe un triplé et permet au Barça de l’emporter sur le score de 4-2. « Messi c’est l’amour, c’est la caresse, c’est le toucher, c’est la classe. Messi c’est le meilleur » nous déclare un supporter de l’OL, proche de Clément Grenier et invité avec son fils par le joueur rennais pour la rencontre. Le spectacle était au rendez-vous et il est malheureusement temps pour nous de quitter l’Estadio Ramón Sánchez-Pizjuán. Devant le stade, on aperçoit le car du FCB et brièvement Ousmane Dembélé, idole du peuple Rouge et Noir.

Après d’ultimes visites de l’Alcázar et de la Catedral, nous quittons cette fois-ci Séville. Pour de bon. Le cœur reste en Andalousie, le corps rentre à Paris mais la tête est déjà à Londres. Pour écrire – face à Arsenal les 7 et 14 mars prochains – encore un peu plus l’histoire du Stade Rennais.

Tous propos recueillis par AC

Login/Sign up