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Stadito Tour : Un week-end football à Londres (Episode 1)

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*Disclaimer : il est possible que durant l’intégralité de l’article j’alterne entre la première personne du singulier et du pluriel puisque j’ai partagé ce voyage avec Dylan, lui aussi rédacteur Stadito. Au niveau des prix, le taux de change lorsque nous avons voyagé était de 1£=1,13€.

Se procurer des places pour un match anglais

Le football en Angleterre est réputé pour son jeu, son engagement et surtout pour être le détenteur du plus grand championnat du monde sur le plan financier. En tribunes, si la folie des années 80 a été contrecarrée par de nombreuses mesures, la magie des tribunes n’a pas disparu. Le football est devenu davantage familial et est pour tout anglais une religion. Les taux de remplissage des stades sont par conséquent très élevés et les listes d’attentes pour espérer obtenir un abonnement dans un stade peut osciller entre quelques mois et plusieurs années. La première mission, pour tout fan étranger souhaitant vivre ce football, est de se procurer des tickets pour les matchs. Face à cette forte demande, les clubs anglais (comme certains autres clubs étrangers) ont mis en place un système de ‘membership’, c’est-à-dire qu’il vous faudra être en possession d’une carte de membre pour accéder à la vente des places des matchs de chaque club anglais. Une autre méthode est possible, il vous faudra connaître ou rencontrer une personne de confiance pour “dealer” avec et que celle-ci, en possession d’une carte, vous achète des places sur son quota. C’est l’option que nous avons décidé d’emprunter avec mon collègue Dylan, aka Dylanito sur Stadito, votre animateur Staditalk.

Pour cela, les réseaux sociaux sont vos meilleurs amis. Nous avons réussi à entrer en contact avec un Twittos abonné à Fulham qui a pu nous obtenir deux places pour le match de notre choix. Un petit conseil, n’hésitez pas à diffuser un message pour faire passer votre message et vous devriez trouver votre bonheur (si vous nous identifiez, nous pourrons même partager votre requête).

Je vais donc pouvoir grâce à Axel, que je remercie au passage, vous conter un week-end de football anglais aussi dense que passionnant où les français ont eu le vent en poupe et durant lequel nous avons, mon collègue et moi, vécu de belles émotions.

Se rendre dans à Londres le temps d’un week end

Tout d’abord, je vais vous parler de différents aspects liés au voyage en lui même avant de bifurquer sur l’aspect footballistique pur. Pour venir à Londres, je suis parti de mon Nord adoptif où l’Eurostar s’est offert comme la solution la plus facile et la plus rapide bien qu’elle ne soit pas la plus économique (comptez entre 150 et 200€ de transport aller/retour). Le bonheur de cette magnifique prouesse technique qu’est l’Eurostar nous permet d’être en une heure et demi montre en main, au cœur de la capitale britannique, en profitant même d’un bonus d’une heure lié au décalage horaire entre la France et l’Angleterre. Parti à 21h de Lille, me voici à 21h30 en terres londoniennes.

La très belle gare Saint-Pancras où arrive l’Eurostar.
La station « Railway Train Station » de Vauxhall.

Le temps d’un week-end je vous conseille d’opter pour la solution AirBnB pour trouver un logement. Nous avons nous opté pour une location de deux nuits entre le Vendredi soir et le Dimanche chez Prince et Charlotte que je remercie également pour leur hospitalité (« thanks a lot, it was nice to meet you !”). Bien installé dans un quartier résidentiel entre Wandsworth, Earlsfield et Southfield, nous pouvions nous reposer pour être en forme le lendemain tout en étant à une distance raisonnable de notre premier lieu de rêve : Craven Cottage. (Le second est à découvrir dans l’épisode du Day 2)

>> Day 2 : Une expérience totalement différente à Wembley.

Un football qui se vit avant et après bien plus que pendant

Nous voici au matin de notre premier match de Premier League (Dylan n’étant jamais venu assister match de football anglais et moi-même n’ayant eu l’occasion de venir qu’à une reprise, un an auparavant à Craven lorsque Fulham jouait en Championship).

10h – Départ pour le stade avec au programme une cinquantaine de minutes de marche pour nous rendre à Craven. En réalité, après quelques minutes dans le labyrinthe des quartiers résidentiels anglais, une fois arrivé sur l’artère principale du quartier, l’engouement pour le match commence déjà à être palpable. Nous passons même devant une boutique de paris sportifs sur laquelle est affiché en devanture « Pariez 10£ sur la victoire 3-0 de United contre Fulham et empochez 120£« , la suite me fera regretter de ne pas l’avoir fait…

Fulham (avant-dernier de Premier League avec seulement 17 points en 25 journées) reçoit l’ogre Manchester United (4ème) sur une série impressionnante de dix matchs sans défaite. Si les locaux n’espèrent pas forcément grand chose de ce match, les supporters de Manchester United se sont eux déplacés en masse comme à chaque match pour les visiteurs en Angleterre (les parcages anglais ont la particularité d’être très souvent emplis de ferveur au contraire des ambiances à domicile plus feutrées).

Après avoir rejoint notre hôte du jour Axel, je me retrouve dans un pub anglais connu pour réunir les fans pour les avant-matchs. A l’intérieur la chaleur y est étouffante et à la chaleur humaine se mêle la ferveur des fans de United présents en nombre et n’hésitant pas à lancer des chants pour leur club bien qu’en terres hostiles.

Match -45 minutes – A quarante-cinq minutes du match, nous voici en route pour de bon pour rejoindre le stade. Sur le chemin, après la traversée d’un cimetière assez spécial, nous poursuivons notre promenade, longeant la Tamise et entraînés par une foule dense. D’un pas déterminé nous arrivons à proximité de l’enceinte où s’apprête à se jouer le match. Un passage auprès d’une des dizaines de vendeurs du programme du match (un livre très complet d’une trentaine de page pour 3£50 toujours agréable pour garder un souvenir), en couverture de ce numéro, l’ancien niçois Jean-Michael Seri, comme un clin d’oeil à notre venue.

Les abords de Craven Cottage avec notamment cette mythique façade.

La mythique enceinte de Craven Cottage

L’an dernier, le 17 février 2018, je découvrais le football anglais et par la même occasion Craven Cottage. Tombé en amour pour ce stade et ce club après une victoire 2-0 des locaux sur Aston Villa dans la course à l’accession à la Premier League, me voici presque un an jour pour jour sur le point de revivre des émotions fortes dans ce stade si particulier et cette fois-ci dans l’élite du football anglais.

Contrairement à l’an passé, je me trouve dans la tribune face à celle où j’étais. Exit la proximité avec la Tamise, me voici face à la tribune “côté rue”, la plus ancienne de ce stade, construit en même temps que le stade en 1905. Elle se caractérise par sa façade en briques rouge et ses entrées exiguës où il me faudra passer en longeant le mur. (voir photo)

L'entrée exiguë de la tribune

J’entre au sein de cette tribune Johnny Haynes du nom de la légende locale connue pour avoir été le meilleur joueur anglais de la fin des années 1950 mais aussi et surtout le premier joueur de l’histoire du football à avoir été payé 100£ par semaine pour jouer au football. Il a passé l’ensemble de sa carrière chez les Blanc et Noir.

La statue de Johnny Haynes

Arrivés en tribune, nos yeux pétillent et le football se dévoile à nous. Impossible de résister nous nous empressons au plus près de la pelouse pour voir ce mythe des tribunes proches du terrain : “C’est épatant”. Nous regagnons notre place située dans la partie haute de la tribune, la partie en bois. Oui, du bois, vous avez bien lu. L’intégralité des sièges hauts de la tribune Johnny Haynes sont en bois et d’origine qui plus est. Si le confort n’est pas forcément présent, l’authenticité et la mémoire est elle au rendez-vous. Pour accompagner cela, les fresques latérales où la légende Haynes nous plonge dans une ambiance mythique.

La tribune mythique de Craven Cottage

Sur le terrain, comme cela pouvait se laisser deviner, les locaux ne sont pas à la fête et malgré un bon début de match, ce sont les stars de United qui prennent rapidement les devants avec un missile envoyé par Paul Pogba à l’opposé de nous qui foudroie le gardien local avant que Martial ne viennent enfoncer le clou peu de temps après d’une chevauchée à l’anglaise conclue d’un enroulé prévisible. Les Français nous régale et notre rêve de voir Paul Pogba venir “lâcher” un gros DAB au niveau de notre coin de corner est à deux doigts de se réaliser lorsque les Red Devils obtiennent un penalty dans la surface à notre hauteur. Le grand milieu de terrain français, remarquable à son allure si particulière, se saisit du ballon et trompe Rico pour son doublé. Sa célébration est sans fioriture, quelques embrassades et une prière au sol et United s’impose logiquement 3-0. Tant pis pour le DAB et dommage pour les 120£ que j’aurais pu parier plus tôt en passant devant la boutique de paris…

Craven Cottage

Côté ambiance, le stade a été bien calme et le sentiment de frustration s’est senti de notre coté puisqu’en France nous sommes habitués à des chants en continu lorsqu’ici à Londres – certes le déroulé du match n’a pas aidé à un emballement particulier – les chants ne dépassent pas les deux à trois reprises.

Logo Stadito à Craven Cottage

L’après-match

Le match terminé, la magie du football anglais se poursuit en dehors du stade. Nous nous dirigeons vers la boutique du stade où la foule est au rendez-vous. De nombreux fans sont réunis pour essayer d’obtenir le maillot anniversaire pour les 140 ans du club sorti en édition limitée la veille (au passage Fulham est le plus vieux club de Londres). Assez petite, la boutique est vite prise d’assaut. Après quelques emplettes, nous nous retrouvons dans la rue longeant le stade où la circulation a été bloquée. Le bus de Manchester United est prêt pour accueillir les joueurs et les fans sont nombreux pour tenter d’obtenir une photo, un autographe ou un mot de leurs idoles. C’est l’attroupement. Nous décidons de rester en retrait loin des perches à selfie qui s’élèvent tels des grattes-ciel à l’horizon.

Nous étions à quelques jours du match aller entre Man U. et le PSG. A cette occasion, nous avons rencontré un journaliste reporter d’images aux abords de Craven à la quête de témoignage de fans anglais des Reds Devils. Heureux de rencontrer des Français, nous avons pu échanger et nous avons même eu l’occasion de répondre à quelques questions dans le cadre d’un reportage à venir sur RMC Sport, original.

Interview RMC Sport

Après quelques minutes d’attente, nous assistons à une scène assez improbable ailleurs. Postés devant la sortie des joueurs locaux, nous voyons, les yeux ébahis, sortir André Schürrle sac à dos serré et capuche sur la tête. Il marche seul, s’arrête pour quelques selfies et poursuit son chemin seul à pied dans le quartier résidentiel qui entoure le stade. Cette proximité avec les joueurs est à nouveau visible quelques minutes plus tard lorsque Neeskens Kebano (formé au PSG) et Ryan Babel, sortent et restent de longues minutes auprès des fans. Des moments comme suspendus dans le temps très agréable à vivre.

Sortie Babel Fulham

Détour par Stamford Bridge

Le match ayant débuté à 12h30, nous voici en pleine après-midi dans Londres et à quelques dizaines de minutes de marche de Stamford Bridge. Si vous souhaitez visiter Londres et allier le football à une sortie romantique, ce créneau horaire est fait pour vous. En une petite heure vous pourrez passer de la magie de Cottage au charme anglais des jardins non loin de Buckingham. Mesdames, voyez le football comme un moment de communion et d’immersion au sein de ce qui fait l’essence du peuple anglais. Outre le ballon rond, ce sont des moments de communion, des ambiances et des souvenirs pleins la tête que vous conserverez. Bref, passons ce moment de justification forcé, poursuivons dans notre aventure. Un burger mangé sur la route dans le très bon Byron Burger et nous voici arrivé à Stamford Bridge, le stade des Blues de Chelsea. Comptez une trentaine de minutes de marche entre les deux stades. Il est donc difficile de faire la visite du stade sachant que le dernier Stadium Tour débute à 15h.

Boutique de Chelsea

Cependant, vous pourrez profiter de la promenade longeant le stade où trônent les légendes du club londonien de Joe Cole à Marcel Desailly en passant par Ron Harris. La boutique du club vous accueillera également pour vous dévoiler les trophées gagnés par les Blues. Un moment très agréable (et gratuit) pour tout fan de football.

Trophées Chelsea

Galerie photo

Basile Brigandet
Fondateur de Stadito avec pour seul religion le football. Heureux dans un stade quelque il soit, je suis né à Troyes et idolâtre Benjamin Nivet depuis mon plus jeune âge.
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