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« J’ai toujours rêvé d’être
entraîneur professionnel »

J’ai entraîné pendant six ans en CFA (ESC Rocheville). Très jeune, à 26 ans, l’opportunité s’est présentée de partir en Côte d’Ivoire par l’intermédiaire d’Hervé Renard. Le président de l’ASEC Mimosas cherchait un nouvel entraîneur, j’avais mes diplômes et je souhaitais un nouveau challenge. J’ai toujours rêvé d’être entraîneur professionnel. Malheureusement, en France, quand tu n’es pas un ancien joueur il faut faire ses armes ailleurs. Il nous a mis en relation et c’est comme ça que j’ai décroché mon premier poste en Afrique. Ensuite, je suis parti au Cameroun (CS Garoua), où j’ai découvert la Ligue des Champions africaine. Après, j’ai entraîné l’ES Tunis au sein duquel j’ai aussi cumulé avec un poste de manager général. J’ai enchaîné avec quelques mois en Angola (CRD Libolo), puis Dubai, l’Algérie (JS Saoura), au Wydad Casablanca et à Ismaily (Égypte).

« Il y a un vrai potentiel
en Ouganda »

Le 28 décembre 2017, j’ai obtenu mon premier poste à la tête d’une sélection nationale, l’Ouganda. Je cumulais plus de 250 matchs en Afrique et six participations en Ligue des Champions africaines. Je voulais voir autre chose. J’ai toujours eu l’objectif de disputer la CAN. Mais je voulais une équipe capable de s’y qualifier. L’opportunité s’est présentée. L’Ouganda venait de terminer deuxième derrière l’Égypte lors des qualifications pour la Coupe du Monde. Nous arrivions avec une bonne base de travail. Il y a un vrai potentiel en Ouganda.

« Nous sommes la seule équipe
à ne pas avoir pris de but »

Je suis arrivé en janvier, le premier match de qualification était en septembre. J’avais huit mois pour travailler et faire des tests. C’est ce qui m’a convaincu aussi. Je m’appuie toujours sur des adjoints locaux. Cela permet de gagner du temps. Ils connaissent le pays, sa culture et ont des rapports différents avec les joueurs. Lors des qualifications, nous sommes la seule équipe à ne pas avoir pris de buts et avec le Sénégal, nous sommes les deux équipes à ne pas avoir perdu. Nous nous sommes qualifiés lors de la cinquième journée en battant le Cap-Vert (1-0). Une équipe de qualité avec des joueurs comme Julio Tavares, Ryan Mendes … Nous les avions battus sur le même score chez eux à l’aller d’ailleurs. Nous avions la Tanzanie et le Lesotho dans notre groupe également, des équipes pas faciles à jouer chez elle. Pour la dernière journée, nous allons jouer en Tanzanie devant 80 000 personnes. Pour se qualifier, ils devront nous battre. Ce sera un bon match de préparation pour nous, qui sommes déjà qualifiés.

« Dans un bon jour, nous sommes capables de battre n’importe qui »

L’Ougandais est rugueux de nature, il joue dur. Notre principal atout c’est que nous sommes difficiles à jouer. Les joueurs jouent ensemble depuis quelques temps. Nous avons apporté de la fraîcheur avec deux ou trois joueurs. Cette équipe arrive à maturité. Notre gardien (Dennis Onyango) a été sélectionné dans le onze africain de l’année. Quand je suis arrivé, nous avions une solide base défensive. Nous avons rééquilibré le tout. Maintenant, nous sommes capables d’être dangereux sur des attaques rapides avec des joueurs techniques. Dans un bon jour, nous sommes capables de battre n’importe qui.

« Il faudra battre ces équipes »

Nous sommes la onzième équipe africaine au classement. Nous ne serons pas dans les équipes les plus mal loties. Je n’ai pas forcément de préférence pour le tirage au sort (le 4 avril 2019 au Caire). Comme je l’ai dit, nous sommes capables de battre n’importe qui. En phase de poule ou en élimination directe, il faudra donc battre ces équipes … 

« On a un paramètre, on sait où cela se déroulera »

Le changement de lieu pour la Coupe d’Afrique des nations du Cameroun à l’Égypte n’a pas changé beaucoup de choses pour nous. C’est dommage pour le Cameroun car il y a une bonne atmosphère et c’est un pays de foot. Maintenant pour l’Égypte, on travaille encore dessus. Cela change des choses comme la durée des vols entre les lieux. On a un paramètre, on sait où cela se déroulera. On attend désormais le tirage au sort pour savoir où l’on va jouer, pour définir le camp de base.

« En Égypte, la fête va être fantastique »

L’Égypte est un vrai pays de foot où il y a des conditions fantastiques. Il faut le voir pour le croire. Je ne peux pas l’expliquer. On peut avoir l’impression que j’exagère mais non. Il y a de la passion, de la folie. Le championnat est bien organisé, il y a de la qualité chez les joueurs et la ferveur populaire est extraordinaire. Les stades sont remplis, même aux entraînements il y a du monde ! Les six stades seront dans un rayon de trois heures. On connaît les supporters africains, ils vont venir nombreux. La fête va être fantastique. Je suis dans le foot pour vivre des moments comme ça.

« Un des pays les plus structurés dans lequel j’ai travaillé »

Le football ougandais a connu une période instable. Depuis cinq ou six ans, la fédération travaille sur le championnat. Tout est télévisé. Les stades doivent encore s’améliorer mais il y a de bonnes infrastructures. Le champion d’Ouganda est qualifié pour la première fois cette année pour la phase de poule de la Ligue des Champions. La qualité est présente. L’Est du continent africain est méconnu. On ne se préoccupe que de l’Ouest. Mais l’Ouganda est un pays très développé. Le tourisme est très présent. Les gens le connaissent peu. Il y a 44 millions d’habitants. C’est l’un des pays les plus structurés dans lequel j’ai travaillé.

« Aujourd’hui, j’ai des offres
de clubs de Ligue 2 »

J’ai grandi en voyant des joueurs africains en Ligue des Champions. Maintenant je vois des joueurs que j’ai connu jeune dans les grands championnats. Jean Michaël Seri, Ambroise Oyongo, Olarenwaju Kayode, Djené Dakonam … Il y a un lien qui s’installe. Quelque chose en plus du foot en Afrique. Ces joueurs n’ont pas les mêmes objectifs. Ces personnes connaissent grâce aux sports une vie « plus facile » qu’ils n’auraient pas connu autrement. J’ai eu cette opportunité de venir en Afrique, je l’ai saisi. Aujourd’hui, j’ai des offres de clubs de Ligue 2. Je laisse mes agents gérer. On verra après la compétition pour mon avenir. Je dois respecter le contrat qui me lie au pays et rendre la confiance qu’ils m’ont donné. Je vibre pour cette compétition à 150%.

« Être sélectionneur m’a apporté autre chose »

L’approche du métier de sélectionneur et d’entraîneur est complètement différente. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont une appellation différente. Je suis passé de deux séances par jour pour préparer un match en fin de semaine à cinq ou six matchs par an. Aujourd’hui, j’ai un côté moins tactique même si elle reste présente. Je suis plus dans l’organisationnel, le scouting tout au long de l’année. Hier (Jeudi 24 janvier), par exemple, j’étais à Dortmund pour rencontrer un joueur et discuter avec lui. Je reste encore jeune et j’ai connu les deux. Ce sont des atouts supplémentaires. Mais je pense qu’on est fait pour être entraîneur au quotidien. Être sélectionneur m’a apporté autre chose. Dans les matchs de qualifications, on joue devant 80 000 personnes. La pression est plus courte mais plus forte. On joue pour le pays. Cela va au-delà du foot. Il faut savoir le supporter. Dans mon expérience, j’ai entraîné au Wydad Casablanca. Des ambiances exceptionnelles. Bien au-dessus de Marseille. Je pense que cela m’aidera dans le futur.

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Ligue 2 : Programme complet des matchs de préparation 2019/2020

 

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