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Lyon-Duchère : le club doit grandir sans son voisin

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Beaux vainqueurs de Nîmes (3-0), les joueurs de Lyon-Duchère savourent. Ils viennent de se qualifier pour un 16ème de finale de Coupe de France. Quelques heures plus tard, l’OL bat logiquement Bourges (N3) et rejoint le même stade de la compétition. C’était le 5 janvier dernier. Voilà un des seuls points commun entre l’Olympique Lyonnais et Lyon Duchère avec, c’est vrai, quelques rencontres de préparation : « On fait souvent des matchs amicaux contre la réserve en début de saison. Qu’on le fasse chez nous ou chez eux ça s’est toujours bien passé. C’est la seule relation qu’on connaisse en tant que joueurs, ça ne va pas plus loin », témoigne le capitaine de La Duchère, Hatim Sbaï, au club depuis huit ans.

Stadito a interviewé Hatim Sbaï en début de saison.

Sur le terrain, une seule confrontation a vraiment marqué les deux clubs, un 32ème de finale de Coupe de France, le 8 janvier 2012, qui s’était soldé par une victoire 3-1 du « grand ». « Nous recevions et nous avions été contraints de jouer à Gerland, se souvient le président, Mohamed Tria. Et ce qui m’avait marqué, c’est que l’OL avait souhaité garder son vestiaire, alors que nous étions censés être à domicile. Nous avions dû aller dans le vestiaire visiteur ». En coulisse, rien ne se passe pour que les deux clubs se rapprochent, selon lui : « Nous les avons sollicité pour des prêts de joueurs, par exemple, mais nous n’avons jamais eu de retour. Il n’y a aucun contact, même pas avec le président. Ils pourraient y voir un intérêt car leur réserve est en National 2, et nous en National… » Mais non. L’OL préfère envoyer des jeunes à Bourg-Péronnas, par exemple, avec qui il a un partenariat.

(Photo : Le Progrès)

Objectif Ligue 2 pour plus de reconnaissance

Nicolas Seguin, lui, a connu les deux camps. « Mon meilleur souvenir a été mon premier contrat pro. C’est très beau quand on est jeune et qu’on veut jouer avec son club de cœur. Après, l’idée a été d’acquérir du temps de jeu ailleurs. Pendant l’OL des grandes années, c’était difficile de s’imposer », confie-t-il. Il a donc signé au club d’à côté en 2015, après deux années au Tours FC. Moins prestigieux, mais où il se sent bien. « La Duchère c’est plus familial, il y a plus de proximité ». Et quand la question de la relation entre son actuel et son ancien club est abordée, il préfère en sourire : « Avec ou sans filtre ?, rit-il. Il n’y a aucune relation entre l’OL et la Duchère. C’est dommage, on aurait pu faire un partenariat avec eux pour les jeunes joueurs par exemple. Ils ont peut être peur d’être concurrencés, de ne plus être le premier club de Lyon. »

(Photo : Eurosport)

Car la Duchère tape à la porte du professionnalisme depuis presque trois ans maintenant. Cette théorie d’une concurrence paraît assez peu probable, mais Mohamed Tria ne comprend pas non plus, et se pose des questions. « Je pense que l’OL ne voit pas d’un bon œil l’émergence d’un deuxième club dans la ville. Peut-être qu’ils pensent que si nous montons en Ligue 2, nous leur ferons de la concurrence. » Lyon-Duchère est encore loin d’atteindre les huitièmes de finale de Ligue des Champions, mais pourquoi pas. Nous aurions aimé savoir ce qu’en pense le septuple champion de France, mais le club n’a pas donné suite à nos demandes.

« La Duchère a plus besoin de l’OL que l’OL a besoin de La Duchère »

Jean-Michel Aulas avait assuré, dans l’Equipe, ne « dire que du bien » de Mohamed Tria. « S’il veut qu’on discute, je le rencontre dès que je rentre du soleil » avait-il dit au quotidien sportif alors qu’il était en vacances à Saint-Barth. Dans tous les cas, Hatim Sbaï est bien conscient que son club serait le principal bénéficiaire d’éventuelles relations : « S’il y avait un partenariat, ce serait bien pour nous, mais eux n’en ont rien à faire de nous. La Duchère a plus besoin de l’OL que l’OL a besoin de La Duchère. » Aujourd’hui, les deux divisions d’écart rendent impossible une éventuelle animosité sportive entre les deux meilleures équipes de Lyon. 5ème de National, à sept points du podium, La Duchère peut rêver du monde professionnel la saison prochaine. « Tant que nous ne sommes pas en Ligue 2, nous ne pouvons pas rivaliser », admet le président duchérois. Son club a toutes les cartes en main.

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