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Joris Correa, « touché mais pas coulé »

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De la région parisienne à la Corse pour grandir

Natif de la région parisienne, Joris Correa a rapidement fait du ballon rond son jouet de prédilection. Joueur de l’US Sevran, du Paris FC, et du Centre de Formation de Football de Paris, enfant, il a foulé de nombreuses pelouses d’Île-de-France. Il a ainsi pu montrer ses qualités aux formateurs, ou éventuels recruteurs. Ce fut le cas avec un membre du Sporting Club de Bastia alors qu’il n’avait pas encore 15 ans. Quitter le cocon familial, et découvrir une nouvelle région, une nouvelle ville, un nouveau club n’est pas toujours simple à ce si jeune âge. Pourtant cela ne semble pas avoir dérangé le jeune joueur qui arrivait en Corse. « Quand je suis arrivé à Bastia, nous étions quatre joueurs issus de la région parisienne, et on se connaissait. Dont un qui jouait avec moi depuis les plus jeunes catégories », nous explique-t-il. Tout était réuni pour progresser et prendre du plaisir dans ce club. « L’adaptation s’est faite assez rapidement. À Bastia, ce sont des personnes très accueillantes et cela s’est très bien passé ».

Joris Correa, deuxième en partant du bas à gauche. – Crédit image : corsefootball.fr

En six ans dans le club bastiais, Joris Correa a « beaucoup appris ». Des catégories jeunes au groupe professionnel, il a eu l’occasion de découvrir de nombreuses et belles choses. « À 16, 17 ans, on s’entraînait avec les pros pour certains, à quelques reprises. C’est de l’apprentissage, du travail », dit-il. Ces entraînements avec l’équipe première se faisaient de plus en plus récurrents pour l’attaquant. Il a même obtenu le graal pour un jeune joueur formé au club, et qui n’a pas encore signé de contrat professionnel. En effet, il a eu l’occasion de faire « plusieurs bancs en Championnat, en Coupe », et même « de rentrer en Ligue 1 contre Reims. Un match à domicile en plus ! », s’exclame-t-il. Si le contexte du match n’était pas forcément propice pour un jeune voulant montrer ses qualités, puisque les bastiais évoluaient en infériorité numérique, Joris Correa est conscient du privilège que lui a offert le coach bastiais de l’époque, Frédéric Hantz. « Même sans avoir signer pro, j’ai tout de même réussi à jouer en Ligue 1, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Même si ce ne sont que quelques minutes, c’est une fierté. En plus, avec la victoire au bout ce fut deux fois plus beau et je m’en souviendrais toujours ».

Crédit image : Le Parisien

Un peu moins de dix minutes jouées dans l’élite du football français, aux côtés de Mickaël Landreau, Djibril Cissé, ou encore Sébastien Squillaci, entre autres, reste un souvenir gravé à jamais dans la tête du natif de Drancy. Mais, l’aventure corse va s’achever sur une « grosse déception » pour le joueur alors âgé de 20 ans. « J’estimais avoir le potentiel pour évoluer au sein du groupe », explique-t-il. « Il m’a peut-être manqué un peu plus de travail, même si je ne pense que ce soit la cause principale … ». Il ne se verra donc pas proposer de contrat professionnel avec son club formateur. Après avoir vécu de beaux moments avec le Sporting Club de Bastia, l’histoire prend fin et il est de temps de découvrir d’autres horizons.

Un rebond difficile

Joris Correa, qui se définit comme « un fou de foot », n’avait « pas trop la tête à retrouver l’entraînement » après la fin de l’aventure bastiaise douloureuse. Heureusement, une rencontre va lui donner l’occasion de rebondir dans un club qu’il connaît déjà. « Je suis du 20ème arrondissement, et il se trouve qu’un éducateur de la réserve du Paris FC habitait un quartier à côté. Il m’a vu et m’a dit de venir m’entraîner », nous précise-t-il. C’est alors qu’il va rebondir en CFA2, avec la réserve de l’équipe parisienne. « Je n’avais pas du tout pour objectif de jouer avec l’équipe première en National en arrivant dans cette équipe ». Pour preuve, il n’a signé qu’une simple licence de joueur « sans rien demander. Je n’avais pas vraiment de quoi demander quelque chose », justifie le joueur offensif. « Je me souviens avoir joué le premier match, j’avais marqué, on avait gagné », ce qui marque le début d’une belle aventure longue d’une saison. « Ça reste que de bons souvenirs et que du positif ! », souligne-t-il.

Après une bonne saison passée en CFA2 avec l’équipe réserve du Paris FC, Joris Correa se voit offrir une chance en National, avec Sedan. Il connaît « une saison en demie-teinte » avec le club ardennais. Avec un temps de jeu réduit, l’attaquant ne parvient pas à se distinguer et tirer son épingle du jeu. « Quand on ne joue pas, pour un joueur c’est pas facile. Il faut accepter, et se remettre en question aussi ». Il n’est pas question de faire de « scandale » pour le joueur, qui a fait savoir sa déception concernant son temps de jeu. « J’ai eu une période où il y avait peut-être un peu de laisser aller chez moi, peut-être inconsciemment », réagit le joueur. Cependant, Joris Correa dit avoir « beaucoup appris, et acquis de l’expérience en plus » durant son passage à Sedan, où il a notamment croisé Roger Lemerre comme entraîneur. Il retient de cet homme « le travail parce que c’est vraiment un passionné, un acharné, à la recherche de la perfection. À travers le travail effectué, on prenait aussi du plaisir ». Après une saison passée en National, Joris Correa et Sedan se séparent. L’heure d’un nouveau départ, encore une fois, pour le joueur formé à Bastia.

Crédit image : Le Courrier Picard

« Après Sedan, j’ai pas mal bougé, mais ça ne s’est pas fait. J’ai lâché un petit peu, j’ai repris, puis j’ai relâché. J’ai donc pris la décision de m’entraîner tout seul », nous conte Joris Correa. Une situation qui n’est pas simple pour un joueur qui « a l’habitude de s’entraîner tous les jours ». Mais, l’attaquant a su trouver la force mentale pour ne pas complètement lâcher, et ainsi chercher à se relancer. « J’ai dû faire le dos rond, j’ai dû attendre mon tour », nous explique-t-il. Après ces quelques péripéties, le joueur retrouve la joie de l’entraînement collectif, avec le groupe de Sainte-Geneviève, qui évoluait alors en CFA2. « J’ai réellement repris le plaisir d’être dans un groupe. Je n’ai pas signé avec ce club cette année-là », mais il s’agissait bien du début d’une incroyable ascension.

La régularité trouvée, une ascension en marche

«  J’ai donc rejoint Grande-Synthe en janvier 2017 ». Joris Correa rebondit en CFA2 avec ce club . « Un joueur qui est dans ma situation à ce moment-là, peut comprendre ce sentiment. Personnellement, j’ai fais le choix de redescendre pour mieux sauter ». À Grande-Synthe, il a eu l’occasion de jouer le haut de tableau de son groupe de CFA2. Joris Correa a donc retrouvé le goût de la compétition et a effectué un bon retour à la compétition avec son équipe. En effet, le club voulait garder l’attaquant dans son effectif pour la saison suivante, mais le joueur ambitieux souhaitait « vraiment jouer plus haut ». Cette envie devient réalité puisqu’il rejoint l’équipe de Sainte-Geneviève qu’il connaît déjà en CFA.

Crédit image : Le Parisien

« C’était le bon moment, la bonne occasion pour y aller vu que le club montait en CFA. Pour moi, il fallait prendre le train en marche ». Prendre le train en marche, pour poursuivre le début d’une ascension. Avec ce club, Joris Correa va également découvrir un nouveau championnat. « Je n’avais jamais joué en CFA. Si le niveau change un peu, c’est pas non plus le grand écart, ce n’est pas inaccessible », estime-t-il. « Je me sentais capable de réaliser une bonne saison parce que j’ai travaillé pour, même avant la reprise avec le groupe ». Cela se confirme tout au long de la saison où le joueur réalise de bonnes performances, et comptabilise un total de 13 buts. « Il s’agit de ma saison la plus aboutie, qui me permet d’être là où je suis aujourd’hui », analyse le joueur qui va fêter ses 25 ans le 25 décembre prochain. Joris Correa explique cette régularité par le fait d’avoir du temps de jeu, mais, aussi, il est important de « faire un travail sur soi-même, travailler plus, changer quelques habitudes et surtout éviter les blessures ». Après une bonne saison passée sur les pelouses du quatrième échelon national du football français, l’attaquant est passé à celui du dessus depuis le début de la saison 2018-2019.

Crédit image : Courrier Picard
plaisir + travail = récompense

« Je voulais aller dans un club où j’aurais la chance de montrer ce que je sais faire ». Il a ainsi trouvé son bonheur dans l’Oise, avec le club de Chambly, pensionnaire de National 1, et club bien installé dans cette division. « À partir du moment, où on vous tend la perche, il faut savoir la prendre », nous dit-il. Ce ne sont pas que des paroles chez le joueur camblysien puisqu’il a bien saisi la chance que lui a donné son entraîneur, Bruno Luzi. « C’est toujours mieux d’être dans un club où on vous apprécie, où il n’y a pas de mauvaises pensées. C’est agréable d’arriver dans un club, un vestiaire où ça se passe bien », souligne Joris Correa. Avec 8 buts au compteur depuis le début de la saison, le joueur originaire de la région parisienne participe au bon début de saison de Chambly, qui joue les premières places du Championnat. Si le joueur ne se donne pas d’objectif précis, il n’en reste pas moins ambitieux. « Je ne suis pas obnubilé par les statistiques. Je veux donner le meilleur de moi-même ». Il semble en tout cas bien parti pour battre son record de nombre de buts sur une saison, établit la saison dernière avec Sainte-Geneviève. Et, il peut même espéré accrocher un billet pour rejoindre la Dominos Ligue 2 avec le demi-finaliste de Coupe de France malheureux face aux Herbiers la saison dernière. « Jusque là j’ai connu toutes les divisions de la CFA2 à la Ligue 1, sauf la Ligue 2 ». Si cela n’est pas une obsession pour lui aujourd’hui, il a bien évidemment « le rêve de jouer au-dessus. Maintenant, il faut travailler pour aller le chercher », nous dit plein d’ambitions Joris Correa.

Stadito remercie Joris Correa d’avoir répondu à nos questions. Nous lui souhaitons le meilleur pour la suite.

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