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Lorenzo Rajot (Clermont Foot) : “Je me suis fait deux fois les ligaments croisés”

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Quel est ton parcours dans le foot ?

J’ai commencé et passé dix ans à l’AC Boulogne Billancourt. J’ai joué avec Allan Saint-Maximin, Marcus Thuram ou encore Myziane Maolida. Puis je suis parti un an à l’AS Meudon avant de rejoindre Clermont en 2014. Avec Meudon, nous avions affronté la Juventus de Turin au centre d’entraînement (défaite 3-1). C’était une bonne expérience. On affrontait ce qui se faisait de mieux. Ils étaient un niveau au-dessus. Après nous avons assisté au match de championnat Juventus/Inter.

Comment as-tu rejoint Clermont en 2014 ? Avais-tu d’autres propositions ?

Il m’avait repéré lors d’un match de championnat. Ils m’ont invité pendant une semaine à faire un essai. Ils m’ont pris au bout de la semaine. Il y avait eu des contacts avec Bastia, Laval et des clubs belges. Plus jeune, en U14, des clubs comme Monaco s’intéressait déjà à moi. Mais mes parents avaient préféré que je ne parte pas loin de chez eux trop tôt. J’avais aussi passé les tests à l’INF Clairefontaine. Malheureusement je n’avais pas été retenu. J’ai grandi sur le tard. Ça a joué un petit peu je pense.

Ton arrivée à Clermont a été un peu spéciale …

Deux semaines après mon essai concluant, à 16 ans, je me suis fait les ligaments croisés. Je suis donc arrivé blessé. Je n’ai pas pu m’entraîner jusqu’en janvier. Mais ils m’ont fait confiance. Ils connaissaient mes qualités. J’ai fait une bonne rééducation et je suis plutôt bien revenu.

Pourtant tu t’es fait une seconde fois les ligaments croisés.

Lors de mon premier entraînement avec les pros… Une nouvelle fois tout seul, un an après. Ça a été compliqué à encaisser au début. Mais une nouvelle fois, ils m’ont bien épaulé. Maximilien Féret, préparateur physique du centre de formation, m’a fait faire une grosse préparation. J’ai forcément douté quand je suis revenu à la compétition. Aujourd’hui, je n’ai plus de pépins physiques.

C’est entre autre pour ça que tu as continué tes études en parallèle ?

Oui, même si le club favorise la poursuite d’étude chez ses joueurs (Ils ont récemment signé un partenariat avec le groupe ESC Clermont pour que les jeunes bacheliers puissent concilier études et carrière professionnelle. Ils seront quatre première année du programme Bachelor en Management International de l’École, dans la filière Passion Sport). Le club avait un accord avec l’IUT de Cézeaux pour que je suive des cours particuliers deux après-midis par semaine. J’ai obtenu la semaine dernière (vendredi 14 septembre) mon diplôme en gestion des entreprises et des administrations avec 11,3 de moyenne. D’un côté, je suis serein pour mon après-carrière. On ne sait pas ce qu’il peut se passer, une carrière peut s’arrêter du jour au lendemain.

En ce sens, obtenir ton contrat pro en fin d’année après toutes ces péripéties a dû être un soulagement ?

Un réel soulagement. J’avais la volonté de devenir footballeur professionnel. Cela ne fait que confirmer mon envie. Mais ce n’est pas une finalité. Je dois encore travailler pour aller plus loin et m’installer définitivement dans l’équipe.

Lorenzo Rajot a signé son premier contrat professionnel en novembre 2017 en compagnie de deux de ses coéquipiers. (Crédit : Clermont Foot)

Tu obtiens ce contrat alors que Pascal Gastien est passé entraîneur de l’équipe réserve après que Corinne Diacre ait choisi la sélection féminine française. Il t’a déjà lancé en réserve. C’est une des personnes importantes de ta carrière ?

Il me suit depuis mon arrivée au centre de Clermont (il était directeur du centre de formation). J’ai toujours eu de bons rapports avec lui. Quand, il a repris l’équipe, je savais qu’en mettant toutes les chances de mon côté j’aurai une opportunité de me montrer. Je suis reconnaissant de tout ce qu’il m’a apporté depuis le centre. Il est proche de nous les jeunes, c’est sûrement son côté formateur. Il est protecteur et facilite l’intégration des jeunes en nous mettant en confiance. Il m’a fait progresser tant offensivement que défensivement. Et forcément, n’importe quel joueur ne peut qu’aimer jouer sous ses ordres. Il instaure un jeu de possession, axé sur le jeu. C’est du plaisir.

Ton parcours ressemble beaucoup à celui de Mathias Pereira Lage, qui s’est révélé l’an passé, tu t’inspires de lui ?

On se connaît depuis les U19. Il mérite tout ce qui lui arrive. La sélection, ses performances en Ligue 2 … On ne discute pas forcément de ça entre nous. Mais c’est certain, il a facilité mon intégration. Tout comme Julian Laporte. Le Clermont foot c’est un club familial. Tout le monde se connaît. L’alchimie est bonne. Et les anciens aussi ont un rôle important. Comme Eugène Ekobo la saison dernière. Il a des centaines de matchs de Ligue 2 au compteur alors on s’en inspire forcément en jouant à ses côtés. Des joueurs comme Eugène sont respectables sur et en dehors du terrain.

Pour revenir sur un plan purement footballistique, tu as toujours joué au milieu ? Et à quel poste te sens-tu le plus à l’aise ?

Depuis tout jeune. Au départ, je jouais milieu gauche mais très vite je suis passé dans l’axe. Sous Corinne Diacre, j’ai quelques entrées sur le côté. Mais je préfère l’axe tout de même. 10 ? 8 ? 6 ? Je n’ai pas de préférence. Chaque poste implique des responsabilités différentes. Derrière l’attaquant, il va falloir être plus décisif. Un peu plus bas sur le terrain, tu vas toucher un peu plus de ballons. Ce que je préfère c’est faire marquer.

Et as-tu un modèle à ton poste ?

Messi dans le foot, et à mon poste j’aime bien le style d’Adrien Rabiot.

Ton début de saison est très bon. Tu n’as pas loupé un match et comptabilises 1 but et 2 passes décisives. T’attendais-tu à un début de saison canon ?

La LFP n’a pas compté ma deuxième passe décisive contre Auxerre (rires). Pour ce début de saison, je m’étais préparé à jouer. On a de la concurrence au milieu de terrain. J’ai profité des suspendus et des blessés pour grappiller du temps de jeu. Avec le départ de Rémi Dugimont (à Auxerre), il y avait une place à prendre. Maintenant, le coach a beaucoup de possibilités. Il peut faire tourner l’équipe que l’équipe marchera toujours. Ce sera ma première saison pleine. J’aurai sûrement un coup de mou dans la saison.

Quand tu as débuté chez les professionnels, qu’est ce qui t’as le plus surpris ?

P la préparation. Tous les détails comptent. Rien n’est laissé au hasard. Avec la vidéo, on se prépare vraiment à l’adversaire qu’on va affronter. En N3 (niveau de la réserve de Clermont), on n’avait pas ça. On se focalise sur notre jeu et pas sur l’adversaire. Quand on se déplaçait, on connaissait à peine l’adversaire. C’est vraiment ça qui m’a surpris.

Qu’est ce que t’as apporté Corine Diacre, ta première entraîneuse chez les pros ?

De la rigueur, de la concentration et au niveau du comportement. Ne jamais rien lâché.

Avoir une entraîneuse pour toi était une première. Cela a changé quelque chose ?

Rien. Si elle a obtenu son diplôme d’entraîneur professionnel, c’est qu’elle a les capacités pour. Je ne me suis pas posé de questions.

Comment juges-tu ton évolution depuis tes débuts ?

Tout a été très vite (Il a débuté lors de la 38e journée contre Valenciennes lors de la saison 2016/2017). D’abord, j’ai fait la préparation de la saison 2017/2018. Puis les entraînements régulièrement. Même si j’ai peu joué (cette saison il a quadruplé son temps de jeu en sept journées), sur le banc et dans la vie de groupe, j’ai énormément appris. L’équipe tournée bien, elle avait peu de raisons de changer. En plus, lors de ma première titularisation (32e journée 2017/2018 contre Niort) je me fais expulser … Elle n’était pas vraiment méritée …

Attaque en défense, carton rouge, Lorenzo Rajot. (Crédit : La Montagne)

Sur quel(s) domaine(s) ressens-tu le besoin de progresser ?

Sur le plan athlétique j’ai un vrai besoin. Je n’ai pas un gros physique alors je travaille beaucoup dessus. Et mon pied droit (il est gaucher). Chaque exercice à l’entraînement, j’essaye au maximum d’utiliser mon pied droit : passes, tirs …

Cela peut te paraître fou, mais l’équipe de France espoirs. Tu y crois ?

Ça fait rêver mais je n’y pense pas. Ils ont une équipe en place avec des joueurs de Ligue 1 confirmés et des championnats étrangers. Si cela doit venir, cela viendra. Mais je vais devoir faire de belles performances sur la durée.

Retour à Clermont, vous avez loupé de peu la montée l’an passé ? Malgré les différents mouvements durant le mercato, le début de saison est bon. La montée reste la priorité ?

On n’en parle pas entre nous. Notre début de saison a été difficile mais on s’est bien rattrapé. On espère s’installer durablement dans le top 10 et grappiller place après place si possible ensuite. Après sept journées, nous ne sommes qu’à deux points des play-offs.

Quelle équipe t’as le plus impressionné depuis le début de saison ?

Metz. Je pense qu’ils finiront champion. Ils ont de la qualité devant le but. Contre eux, on avait fait un bon match. On a reculé après l’heure de jeu. Même s’ils ont eu un peu de réussite également.

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