Thomas Parada : « Je suis arrivé en tant qu’adolescent, je repars en tant qu’homme »

Après sept années passées au Stade Lavallois, Thomas Parada, 22 ans, n’a pas été prolongé par son club formateur et se retrouve à la recherche d’un club aujourd’hui. Le défenseur central, qui a connu une saison délicate à cause de blessures à répétition, sous les couleurs de Laval puis de Bastia-Borgo, où il a été prêté, a accepté de répondre à nos questions. Il revient sur son début de saison compliqué, sur son prêt en Corse mais également sur ses objectifs à court terme, lui qui fait partie de l’effectif UNFP.

Un début de saison perturbé par une blessure

Après avoir connu la relégation avec le Stade Lavallois lors de la saison 2016-2017, Thomas Parada nous annonçait il y a un an vouloir « faire partie des plans du nouvel entraîneur », en l’occurrence Manu Pires. « Je sortais d’une saison pleine en National 3 et de matchs de Ligue 2 en fin de saison. Je voulais continuer dans cette voie en essayant de tout mettre en oeuvre afin d’être dans les plans de l’entraîneur ». Malheureusement pour lui, cela ne se passe pas comme prévu, puisqu’une blessure de la fin de saison précédente refait surface à la reprise du club mayennais, l’obligeant à faire une reprise individualisée avec le staff médical. « J’avais une lésion méniscale qui m’empêchait d’être à 100%. Je me suis fait opérer début août et j’ai été éloigné des terrains jusqu’à fin novembre ». A son retour, le défenseur central enchaîne les bonnes prestations avec l’équipe réserve lavalloise, avant de signer son premier contrat professionnel dans la foulée avec son club formateur, jusqu’à la fin de la saison.

Au retour de la trêve hivernale, Thomas Parada a comme objectif de « rentrer dans les plans de Manu Pires », mais rien n’y fait : le joueur, qui a encore 21 ans, n’a pas retenu l’attention du technicien français. « Avec mon entourage et le directeur sportif, on a pris la décision d’envisager un prêt et le projet de l’entraîneur de Bastia-Borgo nous a plu. Je voulais partir pour avoir du temps de jeu et pour voir aussi comment ça se déroulait dans un autre club. J’avais besoin de gagner un maximum d’expérience que ce soit footballistiquement parlant ou même humainement, moi qui n’ait connu que Laval depuis ma formation. Le fait d’être considéré comme un professionnel au lieu d’un jeune issu du centre de formation était important pour moi », nous raconte-t-il. Le Stade Lavallois officialise alors, le 29 janvier dernier, le prêt de Thomas Parada vers le FC Bastia-Borgo (National 2), club créé l’an passé et basé sur la fusion du CA Bastia et du Borgo FC.

Un prêt délicat en Corse

L’adaptation dans son nouveau club se passe très bien pour Thomas Parada, qui a été « très bien accueilli et très vite mis à l’aise ». D’ailleurs, le coach qui l’a fait venir compte sur lui pour atteindre les objectifs du club corse : « Le coach Christophe Taine m’a fait part que le club jouait la montée en National 1, et qu’il comptait sur moi afin d’y parvenir ». Mais le scénario du début de saison se répète pour le jeune joueur, natif de Paris. « Deux jours après mon arrivée, mon genou a gonflé une nouvelle fois. J’ai fait la rencontre d’un père et d’une fille ostéophates qui travaillaient en collaboration avec le club. Suite à cette rencontre, ils ont découvert que j’avais un petit problème au genou qui causait les épanchements (gonflements du genou) et que physiquement ma jambe n’était pas assez musclée afin de ne plus avoir de rechute ». Malgré cette gêne au genou, Parada fait sa première apparition dans le groupe la semaine qui suit, lors d’une rencontre contre Saint-Maur, où il ne joue pas. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, l’entraîneur Christophe Taine annonce son départ vers Fleury-Mérogis, concurrent direct à la montée, après la rencontre. « J’avais beaucoup d’appréhension pour la suite de la saison car l’entraîneur qui m’avait recruté partait. Un nouveau coach que je ne connaissais pas allait arriver, et moi qui n’étais pas bien physiquement, je me posais beaucoup de questions ».

Quelques jours après le départ de Christophe Taine, le FCBB annonce la signature de Benoît Tavenot à la tête de l’équipe. « J’ai eu une réunion individuelle avec lui afin de lui expliquer ma situation. A partir de ce moment, je me suis fixé l’objectif dans un premier temps de revenir physiquement, ce qui passait par être à fond à chaque entraînement et faire des séances individualisées avec le préparateur physique et le kiné. Dans un second temps, de m’intégrer dans l’équipe et d’avoir un maximum de temps de jeu d’ici la fin de saison ». Les semaines se suivent et se ressemblent alors pour Thomas Parada, qui n’effectue pas la moindre entrée en jeu avec le club corse. « J’étais conscient que physiquement je n’étais pas encore tout à fait prêt, qu’il ne fallait pas lâcher et que ça allait venir », nous explique le défenseur français. Jusqu’à la dernière journée de championnat, où le joueur de 22 ans rentre et joue une vingtaine de minutes face à Sainte-Geneviève (1-1), qui jouait la montée. « C’était un vrai soulagement pour moi car j’avais enfin montrer de quoi j’étais capable. Ça s’est très bien passé et j’ai eu de très bons retours du staff et de la direction. J’étais satisfait de moi, d’autant plus que ce résultat a permis au club de ma ville, Drancy, d’accéder au National 1 ».

Thomas Parada (quatrième joueur en partant de la droite) sous le maillot de l’UNFP Football Club. (Photo : UNFP)

La fin de l’aventure à Laval

Fin de saison oblige, le prêt de Thomas Parada se termine du côté de l’Île de Beauté. Même s’il a peu joué, le défenseur estime que ce prêt à Bastia-Borgo lui a beaucoup apporté : « Ce prêt m’a vraiment aidé et m’a rendu plus fort mentalement, physiquement, car j’ai été dans le dur depuis mon arrivée à cause de mon problème au genou. Mon envie et ma détermination m’ont permis de jouer quelques minutes. C’est une expérience forte, j’en sors grandi et plus mature. J’ai fait une saison quasi blanche, mais au fond de moi je sais qu’elle va me permettre de faire une grosse saison l’année prochaine ». Le Stade Lavallois, son club formateur, a décidé de ne pas le prolonger, lui qui avait pourtant une année supplémentaire en option dans son contrat. Aujourd’hui, le joueur de 22 ans se sent beaucoup mieux et se dit « prêt physiquement » pour les semaines à venir : « Je n’ai plus de problème particulier grâce à mes kinésithérapeutes qui ont fait du très bon travail. Je passais quasiment 2 heures par jour à travailler à leurs côtés afin de revenir à 100%. Ils ont été importants pour moi durant ce prêt ».

Un nouveau départ au sein de l’UNFP

L’aventure de Thomas Parada au Stade Lavallois se termine donc, après 7 années passées au club : « Je suis arrivé en tant qu’adolescent et je repars en tant qu’homme grâce à eux. Ils m’ont tout appris, que ce soit sur le terrain ou dans la vie de tous les jours. Je leur serai toujours reconnaissant, et je garderai le club dans mon coeur« . Désormais, le joueur se retrouve sans club : « Dès la fin de saison, j’ai décidé de ne pas m’arrêter afin d’être prêt pour l’année prochaine. Je prends mon mal en patience, je suis prêt mentalement et physiquement pour m’inscrire dans un nouveau projet ». D’ailleurs, Thomas Parada a rejoint l’effectif de l’UNFP FC, qui rassemble les joueurs en fin de contrat à la recherche d’un nouveau club, afin de « faire une préparation physique comme si j’étais dans un club professionnel, d’écouter et d’apprendre au quotidien car il y a beaucoup de joueurs expérimentés. C’est enrichissant. J’espère également performer lors des matchs amicaux afin de me mettre en valeur et d’avoir une meilleure visibilité ». Et pourquoi pas espérer un destin à la Arnaud Souquet, l’actuel défenseur de l’OGC Nice qui est également passé par l’UNFP alors qu’il n’avait que 22 ans ? C’est tout le mal que l’on souhaite à Thomas Parada.

 

Son interview de l’an passé :

Thomas Parada (Laval) : « travailler dur et sans relâche »

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