Mickaël Diakota : « une revanche après plusieurs échecs » - Stadito

Mickaël Diakota (AS Béziers) : « une revanche après plusieurs échecs »

Mickaël Diakota, 27 ans et joueur de l’Avenir Sportif de Béziers, a accepté de répondre aux questions de Stadito pour revenir sur la dernière saison écoulée, ainsi que sur son parcours personnel. Le joueur a traversé de nombreuses épreuves avant d’arriver au monde professionnel du ballon rond pour la saison 2018-2019. Centre de formation, Luzenac, dépôt de bilan, chômage : retour sur le parcours de cet homme qui tient sa revanche.

Une saison historique pour les Blaugranas

Suite à une très belle saison en National 1, l’AS Béziers s’est offert le ticket pour la saison prochaine en Dominos Ligue 2. Il s’agira donc de l’invité surprise du prochain exercice dans cette deuxième division du championnat de football professionnel en France. Une première pour le club biterrois à ce niveau, ce qui est également le cas pour Mickaël Diakota. Si le joueur de 27 ans a « été très ému, et versé quelques larmes de joie », il a fallu réaliser un formidable parcours pour lui et ses coéquipiers avant d’atteindre ce final.

Arrivé l’été dernier dans l’Héraults, Mickaël Diakota rejoignait « un club avec beaucoup d’ambition », ce qui correspond bien à son caractère de compétiteur. « L’objectif du début de saison était de se maintenir le plus rapidement possible, et ensuite pourquoi pas aller chercher quelque chose à la fin ». Il est certain qu’en début de saison il était difficile de voir l’équipe de Béziers terminer le championnat sur la deuxième marche du podium. Pourtant, ils l’ont fait ! « Cette année l’équipe était très équilibrée. Nous étions costauds défensivement et très bons offensivement », comme nous l’explique le milieu de terrain.

Crédit image : www.asb-foot.com
« Je suis un compétiteur, donc finir sur le podium était dans un coin de ma tête. »

Si les images de joies de la fin resteront gravées à jamais dans l’histoire du club, il y a également eu des moments plus compliqués, comme dans toute saison. En effet, le numéro 8 biterrois n’a pas oublié la longue série de douze matchs sans victoire en Championnat de son équipe, entre le 22 septembre et le 16 février. « Je pense, qu’à ce moment-là, tout le monde nous oublie. On reviens très bien avec une série de victoires. Nous sommes restés très solidaires, unis avec le groupe ». La force mentale a donc été primordiale pour l’équipe pour arriver à réaliser son rêve. Si une petite déception est à avoir, il s’agit de la défaite à Grenoble. « Nous étions dans une bonne série qui s’est stoppée. En gagnant là-bas, on aurait pu titiller le Red Star pour le titre de champion », regrette un peu le joueur.

Pour ce qui est des forces de l’équipe lors de la saison dernière, Mickaël Diakota souligne également le travail de son entraîneur, Mathieu Chabert, et de tout le staff. « Quand le club, le staff et les joueurs ont compris que la montée été jouable le coach nous répétait à chaque début de semaine de ne pas s’enflammer, rester nous-même,s ne pas changer les habitudes, être sérieux aux entraînements, tout en rigolant sans se prendre la tête. Mais on avait décidé, tous ensemble, d’aller chercher cette montée, sans avoir de regrets à la fin de la saison ». Cela montre bien que si le travail est important pour parvenir à ses objectifs, il est tout aussi important de garder un bon esprit de groupe afin de pouvoir travailler dans la bonne humeur.

Un parcours personnel semé d’embûches

Le parcours qui a amené le natif de Paris à la Dominos Ligue 2 n’a pas été des plus simples. Après avoir effectué ses classes avec les équipes du FC Massy, d’Antony Sports et du Centre de Formation de Football de Paris, il arrive à l’AS Nancy-Lorraine. Âgé de 17 ans à ce moment-là, le joueur sait que le chemin est encore long avant de parvenir à ses objectifs. Malheureusement, l’aventure n’ira pas jusqu’au bout puisque qu’après trois ans passés au centre de formation nancéien, il n’est pas conservé. « Quand je suis parti de Nancy c’était une grosse déception ». Il sortait d’une belle saison avec la réserve de l’équipe meurthe-et-mosellane, avec vingt-et-un matchs et un but marqué au cours de la saison 2009/2010, en CFA. « Lorsque l’on rentre en centre de formation, on a vraiment envie d’arriver jusqu’au bout, et d’aller chez les pro. Mais, ça ne s’est pas fait malheureusement », explique Mickaël Diakota. S’il n’a pas eu la chance d’aller jouer avec l’équipe alors entraînée par Pablo Correa, et composée de joueurs comme Issiar Dia, Youssouf Hadji, Gennaro Bracigliano ou Julien Feret, il n’a « pas baissé les bras » afin de rebondir.

Mickaël Diakota sous le maillot luzenacien.

Après cette première expérience en centre de formation d’un club professionnel, Mickaël Diakota a fait le choix de retrouver sa région natale, et le club de Noisy-le-Sec, évoluant également en quatrième division nationale. Malgré une saison terminée à la dernière place du groupe A, Mickaël Diakota a disputé trente matchs, et attire l’attention de certains clubs. Il rejoint ainsi Luzenac en 2011, et découvre ainsi par la même occasion le championnat de National. Une étape de plus dans le parcours de ce joueur ambitieux. Nous connaissons tous la fin de l’histoire à Luzenac. Après avoir décroché, sportivement, la montée en Ligue 2, avec Christophe Pélissier sur le banc, à la fin de la saison 2013/2014, le club luzenacien se la voit refusée par les grandes instances du football français. « Aucune rancœur », nous assure le milieu de terrain. « Tout est loin derrière moi. J’en reparle de temps en temps avec des anciens du club mais je regarde devant moi ».

C’est alors que l’actuel joueur de l’AS Béziers prend la route pour Colmar. Cela lui permet de rester au troisième échelon national du football français. Mais, comme lors de son expérience précédente, la fin va être cruelle pour le club alsacien. En effet, des problèmes financiers ont entraîné le dépôt de bilan. « Comme on dit « après la pluie il y’a le beau temps » », en rigole Mickaël Diakota. Encore une fois, malgré deux dernières expériences, le milieu de terrain n’a rien lâché et continu à y croire. Cependant, la suite s’annonce difficile puisqu’il ne parvient pas à retrouver de club après Colmar. « Après, pendant six mois je me retrouve sans club », explique-t-il. C’est donc une nouvelle épreuve à surmonter pour le joueur. « À ce moment-là, il faut être très fort mentalement. Il y en a qui lâche, et d’autre pas. Moi, j’ai continué à travailler seul, m’entraîner avec un coach personnel pour garder la forme, pour retrouver un club rapidement dès le mois de janvier. C’était mon objectif ». Ce sera chose faite début 2017, où il fait le choix de redescendre pour mieux rebondir. Il rejoint ainsi l’US Raon-l’Étape, en CFA. « J’aurais aimé retrouver une équipe de National », nous avoue-t-il. « Mais, je me suis dit « Micka, tu as besoin de jouer fonce » ». Et, la suite lui aura donné raison.

Mickaël Diakota a retrouvé la joie de jouer à Raon-l’Étape. – Crédit image : Vosges Matin

La « revanche » de Mickaël Diakota à Béziers

Mickaël Diakota n’a pas hésité au moment de s’engager en faveur de l’Avenir Sportif de Béziers. « J’ai ce premier contact avec Béziers, notamment avec Romain Muriel, qui était en charge du recrutement de Béziers. Puis, le coach Mathieu Chabert, que j’ai eu au téléphone, et voilà après ce coup de fil je n’ai pas hésité ». On connaît la suite … Cette montée en Dominos Ligue 2 obtenue à l’issue de la saison 2017/2018 est « une revanche après plusieurs échecs » pour le joueur de 27 ans. « Je suis très heureux de pouvoir découvrir le monde professionnel. Je suis un compétiteur, je suis très ambitieux donc je ne veux pas me fixer de limite ».

Pour Mickaël Diakota et une majorité de ses coéquipiers, ce sera donc une première expérience à ce niveau. « Très peu de joueurs ont déjà évolué en Ligue 2 », nous rappelle le joueur qui a connu quelques sélections avec les équipes jeunes de l’Équipe de France. Cependant, pas d’inquiétude pour lui ! « Certains ont découvert le championnat de National 1 lors du dernier exercice, et se sont très bien adaptés. Donc, je ne m’inquiète pas pour la Ligue 2, on va vite se mettre au niveau », rassure-t-il. Personnellement, Mickaël Diakota, qui nous a assuré qu’il sera toujours biterrois la saison prochaine, va découvrir le niveau professionnel à 27 ans. « Je vais découvrir ce niveau un peu sur le tard. Mais bon, mieux vaut tard que jamais. Personnellement, je n’ai aucune appréhension, je veux profiter du moment, prendre du plaisir, apprendre encore plus ».

Cette montée surprise entraîne donc quelques changements pour le club biterrois. Il acquit ainsi le statut de club professionnel, et pourra donc jouer la Coupe de la Ligue. Mais, le club a également dû se mettre à la recherche d’un stade pouvant accueillir des matchs de Dominos Ligue 2. Cela n’a pas traîné et les matchs à domicile se dérouleront au Stade de la Méditerranée, le même que pour les rugbymen, pour les Blaugranas. « Ce n’est pas une situation délicate », assure le joueur qui compte près de 100 matchs de National. « La Méditerranée est un très beau stade, conforme pour le foot aussi. Donc nickel ! ». En revanche, il espère un soutien plus important de la part des supporters. « Nous sommes dans une région où le rugby est plus mis en avant. Mais, oui, j’espère qu’avec la montée on aura plus de supporters derrière nous en Ligue 2. On en aura fortement besoin. Mais, sur les derniers matchs j’ai senti que le public était plus nombreux. C’est une bonne chose », note-t-il.

« L’échec est la voie royale pour préparer le succès car il rend lucide et responsable. Quiconque n’a jamais échoué ne saura pas apprecier la joie du succès et la réussite. »

Stadito remercie Mickaël Diakota d’avoir accepté de prendre de son temps pour répondre gentiment aux questions.

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