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Édito : Un plan Leproux à Marseille ?

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Plus tôt dans la soirée, le coup de tonnerre est tombé. Le groupe historique des Yankee Nord Marseille 87 n’est plus reconnu par le club, et ne pourra donc pas bénéficier d’abonnements cette saison. La nouvelle direction prend donc une décision inédite, et ouvre la boîte de Pandore.

Les supporters, une fierté unique

À Marseille la fierté c’est le soleil, la Bonne Mère, les effluves marines qui vous saisissent les narines en descendant la Canebière et en arrivant au Vieux Port, les rues, l’attitude “jemenfoutiste” des habitants ou encore leur accent. Mais la plus grande fierté de la Ville, c’est l’OM. Et surtout, ses supporters. Autoproclamé meilleur public de France, les Marseillais ont un rapport unique à leur équipe.

9 groupes de supporters dont 6 groupes Ultras occupent les travées du Vélodrome. Le club au premier groupe Ultra de France (1984), aux plus nombreux Ultras en Europe, et aux deux virages mythiques accueille chaque année des milliers de passionnés (33 000 abonnés cette saison, 27 000 en virage). Car quoiqu’on en dise sur la sélectivité des supporters du Vélodrome, ceux des groupes ont toujours été présents. Et ce même pendant ces deux saisons de D2 (1994 à 1996), la déception Kachkar et les pauvres saisons de Baup ou Michel.

Parmi ces groupes, l’un d’eux a particulièrement connu le feu des projecteurs ces dernières années : les Yankee. Créés en 1987, ils ont participé à la réputation européenne des supporters olympiens. Toujours présents derrière leur bâche et leurs étendards arborant un cheval menaçant, les YNM vont-ils tirer leur révérence de cette manière ?

 

Les 30 ans des Yankee cette saison. Photo : Karim Attab

 

Une direction hostile aux Ultras

C’était l’inquiétude des Ultras Marseillais depuis le début de la saison. Alors que la direction a sanctionné ses supporters à plusieurs reprises, a placé des caméras dans les virages et multiplié les interpellations et interdictions de stade, certains groupes désignaient Jacques-Henri Eyraud comme “le pire président possible pour les Ultras. Mais qui aurait pensé qu’il commettrait l’impensable ? Qu’il toucherait à l’intouchable ? Et qu’il oserait l’inimaginable ? Si en fin de saison les tensions avaient été apaisées par les performances de l’équipe, cette crainte restait en suspens.

Lors d’une réunion avec des groupes de supporters en fin 2016, il avait expliqué vouloir mettre les supporters “au centre du projet”. Démagogie ou retournement de veste, le président marseillais a décidé de déclarer, via un huissier, l’association comme plus porteuse du statut d’association officielle du club. Et ce pour une histoire liée au soir du match contre l’OL à domicile, durant lequel une affaire avait entaché le groupe. Mais la justification reste légère.

 

Crédits photo : Carine Galli

 

Le pire scénario imaginable

Sur le terrain, les Marseillais ont tout connu : du toit de l’Europe à la relégation en passant par le ventre mou du championnat, mais jamais rien de semblable à ce qu’il se passe aujourd’hui. Cette annonce passe très mal en tribune où l’on craint un nouveau “Plan Leproux” semblable à celui de Paris en 2011. Car Marseille sans ses supporters, ce n’est plus Marseille. Aucun autre club en France n’a un tel attachement à son public. Et si vous êtes déjà allé au Vélodrome vous le savez : le spectacle, c’est parfois sur le terrain, mais toujours en tribunes.

À Paris le Plan Leproux avait été décidé après des faits de violence inqualifiables. Mais ici, il s’agit d’une affaire purement financière et administrative. Suffisant pour interdire une association ? Les groupes sont prévenus, cela commence. Au moindre débordement qu’est-ce qui empêcherait le Club de les interdire ? Eux qui communiquent sur la “folie” de leurs tribunes, qui sont bien contents de tweeter des images du Vélodrome arborant les couleurs phocéennes, ou encore de demander aux Virages un coup de main pour jouer les grands matches, pourraient y préférer en réalité des “santons” assis gentiment à regarder le match en prenant des selfies. Certes, le groupe n’est pas interdit pour ces raisons-là, mais la direction a déjà sévi dans ce sens, et maintenant qu’ils l’ont amorcé, le virage ne peut que s’accentuer.

Si l’on attend le communiqué officiel du club ainsi que les réactions des autres groupes de supporters, les Yankee ont dénoncé un “Plan Mc Court” dans un communiqué. Maintenant, plusieurs questions se posent: Quid des 6 000 places du groupe dans le Virage De Peretti (Depe qui doit être furieux, de là-haut) ? Quid des fidèles Yankee qui ont passé des nuits au local pour préparer déplacements et animations ? Quid de l’OM, et surtout, quid de la passion ?

Malgré tout, rien n’arrêtera les vrais passionnés. Personne. Derrière une bâche ou un drapeau, à domicile ou à l’extérieur, dans le stade ou dans un bar, rien ne les empêchera de chanter et rien ne les empêchera de crier : “Liberté pour les Ultras!”

 

Lire plus :

https://stadito.fr/2018/06/04/om-les-yankee-ne-sont-plus-les-bienvenus-au-velodrome/

Lorisito
Le foot c'est plus intéressant dans les tribunes que sur le terrain "Ce que je sais de la morale, c'est au football que je le dois." - Albert Camus

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