Ligue 1 : Saint-Étienne - Bordeaux, Europe espérée ou saison pour rien - Stadito

Ligue 1 : Saint-Étienne – Bordeaux, Europe espérée ou saison pour rien

Cet après-midi (15h) se retrouveront l’AS Saint-Etienne et les Girondins de Bordeaux, à Geoffroy-Guichard, pour le compte de la 36e journée de Ligue 1. L’occasion d’observer comment deux équipes aux passés, aux moyens, aux ambitions identiques ont pu vivre deux saisons bien différentes.

Deux fins de cycle pour deux catastrophes industrielles

L’ASSE et les Girondins ont eu ceci en commun, cette saison, qu’ils semblaient sortir d’un long cycle, pour en démarrer un nouveau. Le renouveau, à Sainté, s’appelait Oscar Garcia, après 9 années sous Galtier. Après un départ canon (3 victoires) et des promesses de jeu, les Verts ont dû concéder le fait que les choses n’allaient pas durer de cette façon : avec une seule victoire entre la 7e et la 12e journée, une incapacité à fixer une identité de jeu, le coach espagnol semblait en difficulté. Jusqu’à la claque reçue au Chaudron par le voisin lyonnais (0-5), venue éteindre violemment les espoirs de renaissance stéphanois. Dans la foulée, l’enfant du club Julien Sablé ne trouvait pas la formule gagnante, perdant quatre fois en six matchs, sans même gagner une fois. A la trêve, Saint-Etienne pointe à la 16e place avec seulement 20 points. Loin, bien loin des objectifs d’un club régulièrement européen.

Juste devant eux au classement, à égalité de points, Bordeaux. Un club qui s’est qualifié la saison précédente en Europa League, aux dépends des Verts. Entre-temps, Cédric Carrasso est parti, Maurice-Belay aussi ; un grand ménage est fait avec des départs en tout sens, et des paris sont faits (Cafu, Lerager, Otavio, De Préville). Les ambitions d’un effectif renouvelé sont elles aussi vite douchées : une défaite 1-0 à Videoton, la coupe d’Europe déjà loin. Et en Ligue 1, les scories de cette contre-performance et de ce renouvellement à marche forcée : une bonne série en aout-septembre, où les Girondins empochent 15 points en 7 matchs, sans en perdre un seul. Puis la descente aux enfers, avec 5 points en 12 matchs jusqu’à Noël. La pire série du club depuis plus de 40 ans, et au milieu de l’instabilité tactique, technique, les doutes et l’absence de leadership, une seule victoire : un 3-0 contre Saint-Etienne.

Malcom, symbole malgré lui de la mauvaise saison girondine. ©Sofoot.com

 

Le sursaut stéphanois, la retombée bordelaise

Avec le départ, devenu inéluctable, de Jocelyn Gourvennec, Bordeaux se remet à l’endroit pendant un temps : quatre victoires accompagnent l’arrivée de Gustavo Poyet. L’espoir d’une relance, encore, échauffé par de solides victoires contre Nantes (1-0) ou Lyon (3-1). Mais suite à cette séquence positive, le retour à une irrégularité terrible, avec 6 matchs sans victoire. Le groupe bordelais, simplement renforcé par Martin Braithwaite à l’intersaison, et amputé d’un Malcom depuis longtemps absent, ne parvient pas à se remettre en selle. Si la période récente est bonne (3 victoires sur les 4 derniers matchs), les Girondins ne sont que 7e sur l’année 2018, et 9e en pratique, à 6 points de leurs adversaires du jour.

Le sursaut que les Marines attendaient, c’est du côté du Forez qu’il a eu lieu : les dirigeants stéphanois ont renforcé leur groupe d’éléments forts, expérimentés, en manque de temps de jeu. Ainsi débarquent M’Vila, Subotic et Debuchy. Ce sont ces individualités qui portent les Verts, meilleure défense de Ligue 1 après Paris, sur la phase retour. Des victoires régulières, des nuls forts contre Lyon, Marseille ou Paris, et un bilan comptable étonnant : l’ASSE est troisième de Ligue 1 en 2018, derrière Paris et Marseille uniquement, et devant Lyon ou Monaco ! 32 points empochés en 16 matchs et une invincibilité de 14 matchs (série en cours). Le renouveau, finalement, a eu lieu.

Debuchy s’impose, Subotic veille: le Sainté new look de Jean-Louis Gasset résiste face à Marseille (2-2). ©Madeinfoot

 

Des retrouvailles pour des destins croisés

Le match de cette après-midi sonne donc comme la croisée de chemins bien différents : Saint-Etienne file vers une place en Europa League, largement confortée par la victoire la semaine dernière à Montpellier (0-1). Une victoire que Jean-Louis Gasset a saluée comme « laborieuse », mais surtout vue comme la victoire d’un état d’esprit : « il fallait sur ce match que l’on mise sur d’autres valeurs et que l’on défende très bien ». Façon d’admettre que c’est la dynamique qui porte son équipe en ce moment. Une union quasi-sacrée, qui rend les Verts confiants : « ça nous change parce qu’on était en bas de l’échelle mais les joueurs sont déterminés. Ils veulent finir en boulet de canon. On a fait un truc extraordinaire et ils peuvent pratiquement entrer dans l’Histoire parce que 17 matches sans défaite, ce serait fort ».

Une confiance à toute épreuve, tendue vers un seul et unique objectif, l’Europe. A Bordeaux, on aimerait se convaincre que les choses restent possibles, mais le ton est autrement moins joyeux : l’historique Jaroslav Plasil tente de transcrire l’énergie du désespoir qui anime les girondins, rappelant que « toute la saison se joue sur ce match ». A 5 points de la 6e place, potentiellement qualificative pour la C3 (si Paris l’emporte en Coupe de France), les bordelais n’ont plus grand-chose à perdre et peuvent espérer s’ils l’emportent cette après-midi. Quitte à tenter l’auto-persuasion, comme Gustavo Poyet la semaine dernière : « ce sera un match magnifique à jouer, et je pense quand même que Saint-Étienne va perdre un jour… Ils ne gagneront pas tout d’ici à la saison prochaine. Alors on va essayer, nous, d’être ceux qui vont couper leur série ». Un objectif pas si absurde quand on sait que les 10 derniers ASSE-Bordeaux se sont soldés par un nul : ce match pourrait-il, finalement, offrir à Bordeaux le renouveau qui les fuit depuis le début de la saison ?

 

Lire plus :

Summerito – Girondins de Bordeaux : Jouer à nouveau les premiers rôles

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *