Kévin Davoust (CM du Mans FC) : « C’était un moment unique, j’avais des étoiles dans les yeux »

Ancien de la maison Stadito où il était rédacteur, Kévin Davoust occupe désormais le poste de community manager au Mans FC depuis 2 ans. L’été dernier, le jeune homme, qui aura 23 ans ce mois-ci, a signé un service civique afin de s’occuper du site Internet et de la communication du club sur les différents réseaux sociaux. Membre du staff à part entière au Mans FC, il nous raconte comment il a vécu les deux montées consécutives de son club de cœur, en revenant notamment sur la saison écoulée, et nous explique comment se passe la vie d’un CM au sein d’un club de National 2.

Pour commencer, peux-tu nous décrire ton parcours ?

J’ai fait un bac STMG option Ressources Humaines et Communication. Ensuite, j’ai poursuivi sur un BTS dans la Ressource Humaine et j’ai fait une Licence pro dans le management. Puis j’ai intégré le Mans FC il y a 4 ans, lors de la première saison en CFA 2. J’étais bénévole dans la communication, j’avais ma page facebook qui est devenue la page officielle du club. J’ai signé un service civique en août dernier, pour m’occuper du nouveau site Internet qui a ouvert en début de saison, et de tous les réseaux sociaux. Le week-end, je suis dans le staff pour faire la vidéo, je fais également des montages pour les gardiens de but. J’ai également été rédacteur sur ce site, Stadito.fr. Je m’occupais de rédiger des articles sur le mercato, et en dehors de ça, je m’occupais du football amateur. Ensuite j’ai quitté Stadito en 2016 pour des raisons personnelles, car j’étais concentré sur mes études et car je n’avais plus de temps à consacrer à la rédaction d’articles.

Quel est ton ressenti à chaud après le match nul contre Limoges (1-1) lors de la 27e journée qui a permis au Mans FC de monter en National ?

Après peu d’heures de sommeil, je dirais que c’est une grande fierté pour toute une ville, pour tout un club, pour tous ceux qui y travaillent, pour tous les joueurs, pour tous ceux qui ont donné de leur temps depuis la liquidation judiciaire en 2013. On retrouve un niveau auquel on aurait pu prétendre en 2013, car on avait d’abord été relégué en National puis en DH. La saison a été très dure, on arrivait en tant que promu, donc ce n’est jamais simple, même si on était ambitieux et qu’on était attendu chaque samedi. Monter à 3 journées de la fin, c’est une grande fierté, encore plus en tant que manceau. C’était une grande fête, même si c’était à Limoges et qu’on aurait préféré au Mans.

Crédit Photo – © Denis Lambert

C’est une grande fierté pour moi car je suis supporter du Mans, du MUC 72 auparavant, depuis tout petit. Le premier match que je suis allé voir, c’était contre Ajaccio en 2003, la première rencontre à domicile du club en Ligue 1. Aujourd’hui, on retrouve le National et je suis très fier, je suis peut-être l’un des plus manceaux du club. C’est aussi un gros coup de projecteur pour le football sarthois et des Pays de la Loire, car on est avant tout dans une région qui respire le foot, surtout cette saison avec un bon bilan pour le moment : les Herbiers en finale de la Coupe de France, Le Mans en National, Laval qui peut retrouver la Ligue 2, et Nantes qui fait une bonne saison et qui peut encore accrocher l’Europe. On est content de retrouver des derbys bouillants, comme Le Mans-Laval, et peut-être qui sait dans quelques années face à Angers, et même Nantes.

Comment se passe la vie de community manager dans un club de National 2 tel que Le Mans FC ?

C’est assez chargé. Je travaille à temps plein, d’ailleurs c’est quelque chose qui commence à se répandre en National 2, car Internet représente beaucoup aujourd’hui pour l’image de marque d’un club. Je me consacre essentiellement à la rédaction d’articles sur le site, les journées sont assez chargées. Il est assez rare que je rentre chez moi sans être fatigué. La structure des journées est identique chaque semaine, la forme des articles est la même mais il faut toujours être dans l’urgence, dans l’instantané. Par exemple, on peut me demander un jour de faire un article sur l’arrivée d’un joueur alors que ce n’était pas au programme. L’avantage de mon métier, c’est que je travaille pour ma passion. Les inconvénients c’est que je dois toujours être disponible, même quand je suis en jour de repos, ça m’arrive.

Le travail d’un CM est compliqué car les gens sont exigeants. Quand tu sors dans la rue et que tu dis que tu travailles tous les jours sur les réseaux sociaux, sur ton PC, on te dit que tu as la vie facile et que tu ne dois jamais être fatigué. Mais non, il y a eu du travail en amont, il y a une stratégie de communication, il y a un travail de rédaction, c’est fatigant. Je m’intéresse à ce que font mes collègues de National 2, j’échange parfois avec eux. Je m’inspire aussi beaucoup de clubs professionnels comme Toulouse, Nantes, Nîmes, j’essaye de trouver du contenu car à force on arrive à saturation. Quand on travaille dans ce domaine-là, on est toujours amené à regarder ce qui se passe ailleurs.

Tu es CM au Mans FC depuis 2 ans, et tu as connu la double montée du club, du National 3 (CFA 2) au National. Comment as-tu vécu ces montées ? Quelles émotions as-tu ressenti ?

La première montée, de CFA 2 (National 3) à CFA (National 2), c’était différent car je n’étais pas vraiment intégré dans le staff. Je l’ai bien vécue, mais beaucoup moins que celle de cette année où je faisais partie intégrante du staff. Cette année, j’étais en contact avec les joueurs chaque week-end, on faisait les déplacements ensemble, on vivait chaque match ensemble, l’émotion est différente. Sur le plan personnel, c’est un plaisir de retrouver un niveau qui devait être le notre en 2013. En tant que membre du staff, c’est le fruit d’un travail de longue haleine où j’ai vécu des bons comme des mauvais moments, des moments de doute, de faiblesse, et certains moments magiques comme le déplacement à la Réunion en décembre ou comme la réception du LOSC en janvier, en Coupe de France.

Dans un stade plein à craquer, le Mans FC s’était incliné avec les honneurs face au LOSC (2-4) en 32e de finale de la Coupe de France.
L’équipe a plus ou moins survolé le championnat de National 2 dans le groupe D cette saison, même s’il reste encore 2 matchs. Est-ce une surprise puisque le club venait juste d’être promu ?

Oui et non, on avait le statut de promu, on restait sur 2 montées consécutives, donc c’est une surprise dans ce sens là. Et je dirais non car on est le Mans FC, et comme Strasbourg et Grenoble, même si on était promu, on était quand même le gros poisson de ce groupe.

Quelles équipes vous ont posé le plus de problèmes ?

Il n’y a pas une équipe qui sort du lot, c’est un groupe assez homogène dans le sens où le dernier peut très bien battre le deuxième ou le premier. On a déjà perdu face à Rennes qui était dernier à l’époque, face à Mantes qui était plutôt en bas de tableau, ou encore face à Limoges à notre retour de la Réunion. En début de saison, on a vite eu le statut de favori après 7 victoires consécutives. Au fur à mesure des matchs, on était le gros à battre. Chaque équipe a son niveau de jeu, les matchs se ressemblent, que ce soit face à Saint-Brieuc qui jouait la montée ou Trélissac qui veut se maintenir. C’est le même niveau, même si les enjeux sont différents.

Les coéquipiers de Vincent Créhin (à droite) avaient concédé leur première défaite de la saison lors de la 13e journée face à Limoges (1-2). © Le Mans FC
Quel bilan fais-tu de la saison du Mans FC ?

Je résumerais la saison en 4 parties. Il y a eu un premier événement clé, en début de saison. On était en stage d’inter-saison à Deauville, en Normandie. L’osmose d’un groupe s’est formée, tout le monde s’est découvert, et j’ai apprécié. C’est un moment hors foot, même s’il y a eu des matchs amicaux. On était 24h/24h ensemble, c’était unique. C’est un groupe de potes, je ne suis pas étonné des résultats qui ont découlé cette saison.

Le deuxième moment clé, c’était au mois de décembre dernier, quand on est parti affronter l’AS Excelsior à la Réunion. C’était un moment unique car c’était la première fois que je prenais l’avion, et que je partais sur une île paradisiaque. On a vécu pas mal de choses ensemble, certes je suis arrivé plus tard, mais sur les 3 jours où j’ai vécu là bas, j’avais des étoiles dans les yeux, le climat était différent. Juste avant Noël, c’était un moment charnière pour moi pour boucler la fin d’année.

Le Mans avait obtenu sa qualification sur l’Île de la Réunion après sa victoire face à l’AS Excelsior (3-2). © Le Mans FC

Le troisième événement clé, c’était en janvier quand on a affronté le LOSC en Coupe de France, car on a vu un stade rempli et c’était la première fois que le Mans FC affrontait une Ligue 1 au MMArena. J’étais au bord du terrain, j’ai eu les frissons de voir ce stade, alors que quelques années auparavant, j’étais dans les tribunes en tant que supporter. Les joueurs se sont très bien battus, on a failli créer la sensation, malheureusement on ne l’a pas fait, mais c’était un très beau match.

Enfin, ce match à Limoges où la montée est validée. Il y a eu tant d’émotions, c’était la première fois que je vivais cela en tant que membre du staff. C’est inoubliable, ça te donne des frissons, ton cœur palpite, c’est énorme de se retrouver en National et d’affronter des clubs pros qui étaient en Ligue 2 avant avec nous, comme Boulogne ou Tours. C’est un grand moment, je pourrais en parler pendant des heures.

Depuis la liquidation judiciaire en 2013, le Mans FC renaît peu à peu de ses cendres. Quel sera l’objectif la saison prochaine ? Est-ce que la montée en Ligue 2 sera jouable ?

Il est encore trop tôt pour dire quels seront les objectifs du club pour la saison prochaine, sachant qu’on ne sait pas avec qui on sera dans le championnat, et quels joueurs seront présents à la reprise. L’objectif, je pense, sera le maintien comme cette année car on a le statut de promu et que le niveau du National est un cran au dessus du National 2. On verra au fil des matchs et des semaines comment ça se passera. Après, c’est difficile de dire si on va jouer la Ligue 2 ou non, on veut déjà finir notre saison et profiter avec tout le monde avant de se projeter.

Quelle est ta proximité avec les joueurs, les dirigeants et les membres du staff depuis que tu travailles au Mans FC ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis CM la semaine au sein du club, et le week-end j’enfile ma casquette de caméraman au sein du staff. Je filme tous les matchs, je monte les séquences vidéos, et du coup je suis en relation très étroite avec les joueurs et les membres du staff. Le groupe est assez jeune, donc je communique facilement avec les joueurs car j’ai le même âge. Avec le staff on avance dans la même direction, on a tous les mêmes ambitions et les mêmes objectifs. Chacun transmet son expérience et sa force pour aller dans le même sens, et ça c’est la force de tout un groupe qui est primordiale. Après, comme dans chaque organisation, il y a des jours ou ça va, d’autres ou ça va moins bien, mais on sait que quand quelqu’un te dit que ce n’est pas bien, c’est son expérience qu’il transmet. Des fois, je fais la gueule, des fois j’ai envie de partir, mais il faut s’appuyer sur cette expérience unique. Dans l’ensemble il y a une harmonie au sein du groupe.

Seras-tu toujours le CM du Mans FC la saison prochaine ?

Ça va être la réponse type d’un joueur du football (rires). La saison n’est pas finie, j’ai encore des objectifs en terme de communication sur la fin de saison. On verra en temps voulu, mon contrat se termine le 30 juin.

Souhaites-tu t’engager sur le long terme à ce poste au sein du club ?

J’ai envie de rester au Mans FC, car le football est ma passion et que je suis manceau. J’ai encore beaucoup de choses à vivre, je n’accepterai pas de partir après avoir vécu tant de belles choses au Mans FC. J’espère être là sur le long terme, on verra ça au moins de juin. On va en discuter dans les prochaines semaines, mais ma volonté c’est de rester et d’emmener le club le plus haut possible en terme de communication. Ce serait dommage de quitter le navire alors que tout a été positif cette saison.

Propos recueillis par Pierre Hamon.

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