Nicolas Gavory, latéral moderne par excellence - Stadito

Nicolas Gavory, latéral moderne par excellence

Latéral gauche indiscutable du Clermont Foot, Nicolas Gavory est pourtant quasi-novice à ce poste. Formé comme milieu offensif, à l’AJ Auxerre, l’ex-international U19 a dû passer par le National et Béziers pour faire ses armes.

A l’été 2015, Nicolas Gavory quitte son club formateur, l’AJ Auxerre, à la suite d’un désaccord sur son poste. Les dirigeants auxerrois souhaitent le voir reculer sur le terrain pour évoluer en tant que latéral gauche. Ce que refuse celui qui a toujours évolué sur des positions offensives depuis son plus jeune âge. Mais quelques mois plus tard, il accepte finalement ce poste de latéral gauche, à Béziers, en National. Un repositionnement salutaire qui l’amène, aujourd’hui, aux portes de la Ligue 1.

Un Beauvaisien pur jus

Né à Beauvais, Nicolas Gavory débute, à sept ans, dans le club phare de sa ville : l’AS Beauvais-Oise. Au début des années 2000, l’équipe fanion oscille entre la Ligue 2 et le National. Et c’est en attaque que le jeune Beauvaisien fait ses premiers pas sur un terrain de foot. « Il jouait devant, à l’époque, en tant que milieu offensif ou attaquant. Et aujourd’hui, il se retrouve latéral (rires), s’étonne Quentin Fleurier, qui l’a connu pendant trois ans à l’ASBO. On avait une super équipe, la formidable génération 1995, personne ne nous battait et c’était comme un concours de buts avec lui, à celui qui marquait le plus de buts ».

En 2007, à 12 ans, il rejoint un autre club de Beauvais : le CO Beauvais. Rapidement, ses performances sont remarquées bien au-delà de l’Oise. « Il était déjà au-dessus de tout le monde, que ce soit physiquement ou techniquement. C’était trop facile pour lui » se souvient son ancien coéquipier. Après seulement une saison au COB, l’AJ Auxerre lui propose d’intégrer son centre de formation.

« Un élément clé de la génération »

En 2008, Nicolas Gavory arrive donc au centre de formation de l’AJ Auxerre, à 13 ans. Il intègre une génération 1995 qui va compter dans ses rangs, François-Xavier Fumu Tamuzo, Grégory Berthier, Jean-Charles Castelletto ou encore Romain Montiel. Selon ce dernier, le natif de Beauvais est un des meilleurs joueurs de son équipe : « Il avait une grosse frappe de balle et aussi une bonne technique avec son pied gauche. C’était le mec qui voulait toujours gagner, marquer ou faire marquer. Il était un élément clé de la génération, comme Grégory Berthier. Les deux étaient un peu au-dessus du lot ». L’Ajaïste est même sélectionné en équipe de France U16, U17 et U19. Il côtoie Clément Lenglet, Wesley Saïd et autres Adrien Rabiot.

Nicolas Gavory à Clairefontaine © FFF

A l’AJA, celui qui évolue principalement comme milieu offensif est rapidement surclassé. A seulement 17 ans, il débute en professionnel en remplacement de Paul-Georges Ntep, lors d’une défaite à Guingamp, en Ligue 2. Il connaît ensuite deux autres entrées en jeu avec ses entraineurs, Jean-Guy Wallemme puis Bernard Casoni. Que ce soit avec l’équipe première ou la réserve, le gaucher est toujours aligné sur des postes offensifs. Son repositionnement en défense étonne donc au sein de son club formateur. « Ça me surprend parce qu’offensivement, il était fort. Il était souvent décisif par des buts ou des passes. Ce qui n’a pas vraiment changé, aujourd’hui, car je vois qu’il donne beaucoup de passes décisives. Mais c’est un poste que lui n’affectionnait pas trop, au départ. Il a dû y prendre goût » remarque Romain Montiel.

Coupé dans son élan par une pubalgie

A l’été 2013, Nicolas Gavory signe son premier contrat professionnel, à 18 ans. L’entraineur auxerrois, Bernard Casoni, compte alors sur lui dans un rôle de supersub. Il apparaît à sept reprises sur les pelouses de deuxième division lors des dix premières journées. Il connaît même ses deux premières titularisations contre Châteauroux et Istres. Mais une pubalgie va le couper dans son élan et l’écarter des terrains jusqu’à la fin de la saison. « C’est sûr que ça a été compliqué pour lui. Personne n’aime avoir des blessures, surtout une pubalgie comme il a eu. Cette blessure l’a ralenti donc il a commencé à stagner parce que d’autres joueurs avaient pris sa place » explique Romain Montiel. Pendant son absence, ses coéquipiers de la génération 1995-96 remporte la Coupe Gambardella, en mai 2014, contre le Stade de Reims.

Nicolas Gavory avec la réserve auxerroise © L’Yonne Républicaine

Pourtant revenu à 100% de ses moyens physiques pour la saison 2014-2015, il ne va connaître qu’une seule apparition en Ligue 2. Le nouveau coach, Jean-Luc Vannuchi, ne lui donne sa chance que lors du dernier match de la saison contre Créteil, au poste de latéral gauche. Indiscutable en équipe réserve (19 matchs, 7 buts), il participe amplement à la montée de la CFA2 en CFA. « Il a fait une très bonne saison en CFA2, qui nous a permis de monter. Mais le club n’a pas voulu le conserver à son poste habituel. Ils voulaient le garder en défenseur gauche. Lui ne voulait pas donc il a décidé de partir. Et je pense qu’il a bien fait. Il était à l’AJA depuis qu’il avait 13 ans. C’était une histoire qu’il fallait couper » estime l’actuel attaquant de Chambly, en National.

Le replacement décisif à Béziers

A l’intersaison 2015, Nicolas Gavory rebondit à l’AS Béziers, club promu en National pour la première fois de son histoire. « En début de saison, il a un peu navigué à tous les postes offensifs, sans pouvoir vraiment trouver sa place. Et lors d’un entrainement, on l’a essayé latéral gauche et j’avais trouvé que ce n’était pas mal. Donc, en décembre, on l’a lancé à ce poste-là parce qu’on savait qu’il avait toutes les qualités, relate Mathieu Chabert, entraineur principal de l’ASB depuis décembre 2015 après avoir été adjoint. Ce n’est pas un joueur de percussion, même offensivement, c’est un joueur très technique. Donc quand il est plus bas sur le terrain, face au jeu, c’est beaucoup plus facile pour lui. Il est très important dans les ressorties de balle grâce à sa technique ».

C’est à Béziers que Nicolas Gavory a définitivement été replacé latéral gauche © FFF

Le Biterrois, qui découvre un nouveau poste, à 20 ans, doit forcément progresser sur certains aspects défensifs. « C’est quelqu’un de très professionnel, malgré son jeune âge. Il a été très jeune dans un centre de formation réputé, où on lui a appris la rigueur. C’est un joueur idéal dans un groupe. Il ne fait pas de vague, il bosse et il se blesse rarement » encense son ancien coach. En deux saisons dans l’Hérault, il va disputer près d’une soixantaine de rencontres. Il contribue aux maintiens successifs assurés relativement facilement par ce petit budget de la troisième division. « Avant, il avait joué dans une réserve en CFA et en CFA2 et ce n’est pas pareil, ce n’est pas le même contexte. Le National est un championnat très formateur. Je ne suis pas sûr qu’en restant à Auxerre, il en serait là où il en est aujourd’hui » affirme Mathieu Chabert.

En fin de contrat à l’AS Béziers, en juin 2017, il attire les regards de plusieurs clubs : Nîmes, Caen, Montpellier et surtout Clermont. « C’était plus ou moins convenu. Il était en fin de contrat et faisait une grosse saison en tant que latéral gauche donc on savait très bien qu’il était suivi. On se doutait qu’on aurait des difficultés à le garder. Et tant mieux » se réjouit l’entraineur des Blaugranas.

Bientôt en Ligue 1 ?

L’été dernier, Nicolas Gavory s’engage avec le Clermont Foot pour deux saisons. Immédiatement installé sur le côté gauche de la défense par Corinne Diacre, il s’impose comme un des meilleurs à son poste, en Ligue 2. Le remplacement de l’actuelle sélectionneuse de l’équipe de France féminine par Pascal Gastien n’a rien changé à son statut. Titulaire à 29 reprises, il a délivré neuf passes décisives. Ce qui en fait le quatrième meilleur passeur du championnat et l’unique défenseur dans le top 10. Ses statistiques et surtout son profil intéresse logiquement des clubs de l’élite et pas des moindres : l’Amiens SC, l’ASSE et l’OM ont notamment été cités. « Il évolue à un poste qui n’est pas très pourvu en France. Je pense que d’ici peu de temps, on le verra en Ligue 1. Même si une saison de plus en Ligue 2, ça peut être bien aussi pour confirmer » ajoute Mathieu Chabert.

Absent lors des trois derniers matchs du CF63, à cause d’une blessure (tendinite à un tendon d’Achille), le numéro 7 des Clermontois devrait faire son retour pour le sprint final. Les pensionnaires du stade Gabriel-Montpied sont toujours en course pour la montée en Ligue 1, à la faveur des play-offs. Avec Clermont ou un autre club, le latéral gauche devrait découvrir l’élite la saison prochaine.

Stadito remercie Quentin Fleurier, Romain Montiel et Mathieu Chabert pour leur gentillesse et leur disponibilité.

 

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