Benjamin Lecomte (MHSC) : « Découvrir l’Europe la saison prochaine »

Durant la trêve internationale, nous avons eu au bout du fil Benjamin Lecomte, un gardien concentré sur la dernière ligne droite d’une saison bien particulière pour lui. Habitué à jouer le maintien avec Lorient, il espère cette fois décrocher avec Montpellier une place européenne. Alors qu’il restait 8 journées lors de notre échange, il en restera 5 ce soir après la réception de Bordeaux, et le MHSC est toujours en phase avec son objectif. Sinon, le gardien pré-sélectionné en Équipe de France envisagera un départ.

Il y a 18 mois, dans votre première interview pour Stadito, vous évoquiez deux objectifs sur le long terme : l’équipe de France et les compétitions européennes. Depuis, vous vous êtes considérablement rapproché de ces deux objectifs…

Et « heureusement ! », j’ai envie de vous dire. Sinon ce serait inquiétant, pour un compétiteur comme moi.

La liste des Bleus est tombée la semaine passée…

Oui, et je suis très heureux d’avoir reçu une pré-sélection. Après, je sais pas combien de gardiens français en ont reçue, mais c’est quelque chose dont je peux être fier.

Est-ce que vous êtes dans l’optique de tout donner dans le sprint final pour espérer avoir une place dans les 23 qui s’envoleront en Russie ?

Non, pas vraiment. Déjà, il reste 8 matchs, je sais pas dans quelle mesure ces 8 matchs peuvent faire la différence, et il y a de très grands gardiens en France. En plus, j’ai la possibilité d’aller chercher l’Europe avec Montpellier donc je suis totalement concentré sur ça, après on verra. [on insiste] Mais oui, être réserviste serait une grande fierté.

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Benjamin Lecomte sous une tempête de neige sibérienne. © MHSC
À Montpellier, sur le plan collectif, vous vivez une superbe saison…

On est en bonne position, mais ça ne sert à rien de juger notre saison tant que la saison n’est pas terminée. Il reste 8 journées, on peut encore terminer directement qualifiés en Europa League comme on peut terminer 14èmes. Si on négocie mal ces derniers matchs, tout le reste ne sert à rien, personne ne se souviendra qu’on a fait une bonne saison. Au contraire, si on est en Europa League, là ça sera quelque chose. En plus, dans la mémoire générale, les gens ont tendance à ne se souvenir que des fins de saison.

Statistiquement, la défense de Montpellier et vous êtes à un niveau exceptionnel. Vous n’avez encaissé que 26 buts (2e meilleure défense du championnat) et avez réalisé 13 clean sheets (second meilleur total du championnat). Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

C’est très agréable pour moi de faire autant de clean sheets et concéder aussi peu de buts mais, encore une fois, tout ça n’aura une signification qu’avec quelque chose à la clé en fin de saison.

Vous devez être satisfait rien qu’à l’idée de participer à ce sprint de fin de saison, puisque c’est pour ce genre de situations que vous avez choisi le projet montpelliérain l’été passé, non ?

Bien sûr. Déjà, c’est quelque chose de totalement nouveau pour moi que d’être maintenu dès le mois de février. Jouer le maintien c’est fatiguant, c’est éreintant, et c’est quelque chose que j’ai déjà connu pendant 4 saisons à Lorient, avec en plus la dernière qui se finit mal. C’était très important pour moi de pouvoir viser quelque chose d’autre et aujourd’hui, je découvre le fait de jouer avec une motivation toute autre, c’est quelque chose que j’adore.

Être gardien à Montpellier et être gardien à Lorient, est-ce vraiment le même sport ? Vous concédez bien moins de tirs à Montpellier que vous n’en concédiez à Lorient, qu’est-ce qui change ?

Effectivement, c’est un rôle totalement différent. À Montpellier, il faut être beaucoup plus concentré, rester dans son match pour le moment où il faudra sortir un gros arrêt, alors qu’à Lorient j’étais plus sollicité, je faisais plus d’arrêts mais je prenais aussi beaucoup plus de buts. J’étais moins récompensé, parce que même en réalisant énormément d’arrêts, ça pouvait toujours aboutir sur un nul ou une défaite, alors qu’avec Montpellier, si je fais un bon match, ça peut se terminer sur une victoire et peut-être même un clean sheet. Je ne pense pas qu’il y a un type de match qui soit plus facile que d’autre, c’est juste des physionomies différentes.

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Mukiele et Lecomte, hommes du match nul face à l’OM. © Midi Libre
Outre les statistiques, Montpellier aligne des défenseurs de grande qualité cette saison, avec notamment cette remarquable ligne de 5 devant vous…

Oui, c’est vrai qu’on a une défense qui fonctionne bien. C’est grâce au système de jeu trouvé par le coach, il a trouvé le système qui convenait parfaitement à ses joueurs, et c’est ce qui fait notre force, ce qui nous permet d’être là où on est actuellement.

Vous êtes très élogieux à l’égard de Michel Der Zakarian, c’est quelqu’un avec qui vous appréciez de travailler ?

Oui, oui, c’est un excellent coach. C’est pas donné à tous les entraîneurs de tirer le meilleur d’un effectif comme il sait le faire avec nous.

Revenons un peu sur votre carrière. Vous êtes passés gardien très tard, à 14 ans. Milieu de terrain talentueux, vous avez fait les tests à Clairefontaine, où vous êtes devenu gardien « pour dépanner ». Le fait d’avoir été un milieu de terrain aguerri vous est-il un avantage en tant que gardien de haut niveau ?

Un avantage, pas forcément. Beaucoup de gardiens n’ont pas mon parcours sans que cela les empêche d’être bons au pied. Après, ça me permet d’être plus serein – peut-être même un peu trop – quand je suis sous pression balle au pied.

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© France Football
Le rôle du gardien évolue en ce sens, on en demande plus aux gardiens en terme de participation au jeu. Vous le ressentez à l’échelle de votre carrière ?

Oui, bien sûr, on commence à comprendre que le gardien peut être un onzième joueur dans certaines situations. C’est très utile de pouvoir compter sur le gardien pour jouer au ballon, notamment avec une défense à 5…

Les axiaux s’écartent, les latéraux montent… en fait, c’est un peu votre contribution au jeu qui permet à Roussillon d’être aussi offensif.

Non, non. Jérôme est un joueur qui a parfaitement les qualités pour faire à la fois le travail défensif et offensif sur son côté comme le requiert son poste. On a une super bonne entente lui et moi, et sur chaque relance je regarde si je peux la lui mettre, que ce soit au pied ou à la main, je le cherche du regard.

Vous avez des modèles qui vous ont inspiré votre façon de tenir le rôle de gardien de but ? Qui étaient vos idoles pendant votre formation ?

Quand j’étais jeune, à l’époque où j’étais encore milieu de terrain, j’adorais David Beckham. Pas seulement le joueur, mais aussi tout ce qu’il a construit autour, l’image de l’homme parfait, qu’il conserve encore aujourd’hui alors qu’il s’est retiré du football. En tant que gardien, aujourd’hui, j’aime beaucoup Marc-André Ter Stegen, pour moi c’est ce qui se fait de plus complet au poste de gardien de but. David De Gea aussi, c’est un super gardien.

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Bientôt dans des pubs pour du parfum ? ©Bruno Perrel – FCL
Il est évident que tout dépend de la fin de saison de Montpellier, mais vous devez bien réfléchir à votre avenir : est-ce qu’un départ cet été est possible ?

Comme vous le savez, je suis quelqu’un d’ambitieux, je suis pas non plus quelqu’un de particulièrement casanier, et à un moment, même si je suis très bien à Montpellier, je vais bouger, parce que j’ai envie d’aller le plus haut possible. J’ai pas envie de dire que c’est maintenant ou jamais, mais je suis à un âge (il aura 27 ans fin avril, ndlr), un moment de ma carrière où je dois plus trop traîner et réfléchir aux opportunités si je veux avoir une grande carrière.

Lors de notre précédent échange, vous vous disiez très fier d’évoluer dans un des quatre plus grands championnats. Est-ce qu’il y a un championnat que vous préconisez pour un éventuel départ ?

Oui, je le répète, c’est une fierté d’évoluer dans un championnat comme la Ligue 1. Je n’ai pas de préférences, mais comme j’ai des ambitions, j’aimerais découvrir assez vite une compétition européenne.

Dès la saison prochaine ?

Si possible, oui. Si ça peut être à Montpellier, tant mieux, et sinon, je vais envisager les options qui se présentent à moi.

Pour revenir à votre transfert de cet été, comment s’est passé votre adaptation à Montpellier ?

Très bien, on a un super groupe avec des super personnalités dans lequel je me suis tout de suite senti intégré. Je prends beaucoup de plaisir à travailler avec ce groupe super sympa.

À Lorient, vous étiez connu pour être très proche des fans. Est-ce que vous retrouvez cette entente à Montpellier ?

Oui bien sûr, avec la butte dans le stade, moi j’adore. Moi, je joue au foot pour ça, pour sentir la passion. J’aime sentir la ferveur d’un stade, s’il n’y avait pas ça je ne serais plus dans le football professionnel. Franchement, cette saison, avec Montpellier, on a eu des matchs où l’ambiance l’était très sympa et des matchs où c’était très chaud, aussi.

On était 12 non🤔? Et la Paillade allez, allez 📢🔶🔷 🔥

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Peu après votre arrivée, le club pailladin a été frappé par le décès de Louis Nicollin. Sans chercher des raisons mystiques à la réussite de Montpellier, y a-t-il au club un certain supplément d’âme, le devoir de faire une bonne saison pour lui ?

Oui, c’est sûr. C’est une immense tristesse pour le club, c’est quelqu’un que tout le monde appréciait, quelqu’un qui a fait énormément de bien pour le club et pour la ville de Montpellier. Même si Laurent a pas mal pris la main ces dernières années, il était très impliqué dans son club et tout le monde est très fortement marqué. Moi-même, je n’ai pas pu le croiser, mais c’est quelqu’un que, forcément, dans le paysage du football français, on respecte. C’est en partie pour lui que je suis venu dans un club comme Montpellier. Je dis pas qu’on y pense tous les jours, mais oui, il y a une certaine volonté de faire plus en son honneur. Il faut faire quelque chose de bien pour lui cette saison, et aussi celles qui suivront. Là, il nous reste huit matchs avec, au bout, la possibilité de le rendre fier.

Stadito remercie Benjamin Lecomte pour sa disponibilité et sa gentillesse et lui souhaite bonne chance pour sa fin de saison.

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