Vincent Dorel, des buts de Châteaugiron au football anglais

Gardien de but, Vincent Dorel a traversé la Manche en 2015 sur les conseils d’un ami. Depuis, il n’a plus quitté l’Angleterre et évolue actuellement en cinquième division anglaise avec le club de Torquay United. Stadito vous propose de partir à la découverte de ce joueur de 25 ans, qui a accepté de répondre à nos questions. Retour sur son parcours qui l’a mené de Châteaugiron à Torquay, en passant notamment par le Stade Rennais.

Un premier entraînement où une vocation est née

Né le 21 mars 1992, Vincent Dorel a « commencé le foot aux environs de 5-6 ans dans la petite commune de Châteaugiron ». C’est ainsi que débute son parcours de footballeur. Voulant imiter son frère aîné, ce petit garçon va effectuer son premier entraînement, qui va déterminer la suite de sa vie. En effet, il manquait un gardien et Vincent s’est désigné pour prendre place dans le but. « Le soir même je disais à mes parents que je voulais être gardien et non plus joueur ». En conséquence de cela, « il a fallu retourner à Décathlon pour obtenir les équipements de gardien », nous raconte-t-il.

Crédit image : Stade Rennais Online

C’est donc tout naturellement que Vincent Dorel continue de pratiquer sa passion à l’entraînement et en match. Lors de différentes rencontres, il a l’occasion de croiser la route du Stade Rennais, ce qui ne restera pas anodin. « Un jour, par hasard, le téléphone sonne à la maison. C’était un éducateur du stade Rennais, Didier Le Bras », nous explique-t-il. Cet homme souhaitait voir le jeune gardien à l’œuvre à l’entraînement au Stade Rennais. « Dans la foulée j’ai rejoint les rangs du Stade Rennais à 10 ans », pour une aventure qui a été de longue de près de dix ans.

De la préformation à l’entraînement
avec les « pro » au Stade Rennais

Le nombre d’années passées chez les « Rouge et Noir » se comptent sur les doigts de deux mains pour Vincent Dorel. De la préformation à l’entraînement avec l’équipe professionnelle, le gardien de but a tout connu. « Je retiens pleins de choses positives de cette aventure ». Parmi ces souvenirs, il évoque notamment le tournoi de Montaigu U17. « Cela a été une très belle expérience et nous avons été finalistes de cette belle compétition », se souvient-il. Mais, au-delà du sportif, le portier n’oublie pas que le Stade Rennais lui a permis de se construire en tant qu’homme. « Ce club m’a non seulement permis d’acquérir des compétences en tant que footballeur mais aussi en tant qu’individu. J’y suis arrivé comme enfant, et j’y suis parti en étant devenu un homme ».

Crédit image : 4-3-3 Sports Management

Cependant, son aventure rennaise n’a pas été plus loin que l’entraînement avec l’effectif professionnel puisque le club ne lui propose pas de contrat professionnel. « Forcément, il y a un peu de déception puisque j’ai passé toutes les étapes, mais je n’ai pas pu franchir la dernière, qui était ce fameux contrat », confie Vincent Dorel. Une petite déception qu’il a fallu digérer pour rebondir dans un autre club. Avec le recul, le gardien aujourd’hui âgé de 25 ans nous explique avec franchise la raison pour laquelle, selon lui, le contrat professionnel n’est pas venu à lui. « Je ne pense pas que j’étais prêt. J’avais, certes, 20 ans mais, ayant grandis sur le tard, je pense que je suis arrivé a maturité un peu plus tard ». Un chapitre se referme, un autre s’ouvre.

Un rebond chez Les Herbiers

S’il a fait l’ensemble de sa formation au Stade Rennais, les clubs ne se bousculent pas pour accueillir Vincent Dorel. « Certaines personnes pensent qu’en sortant du Stade Rennais, plusieurs clubs vont taper à la porte… Mais pas vraiment », reconnaît-il. Cela pouvait paraître assez étrange aux yeux du grand public du fait, qu’à cette époque, le Stade Rennais avait été élu meilleur centre de formation à plusieurs reprises. Si le gardien compte déjà quelques apparitions en CFA2 et CFA à ce moment, c’est un nouveau départ pour lui, et il doit de nouveau faire ses preuves. « Malgré toutes les qualités footballistiques que tu peux avoir, tu restes un jeune joueur et n’ayant pas évolué dans l’équipe fanion. Cela est d’autant plus vrai au poste de gardien de but », nous explique-t-il. Il développe cette idée en évoquant le fait que de « jouer dans une équipe première quel que soit le niveau, n’a rien à voir avec une réserve, avec notamment la pression des résultats, les responsabilités envers le club, etc ».

Crédit image : Ouest-France

Il rejoint donc Les Herbiers pour la saison 2012/2013. « Je signe en tant que numéro 2 dans l’optique de travailler dur pour gagner ma place ». Si cette équipe, décrite comme « ambitieuse » par Vincent Dorel, réalise une saison honorable en terminant la saison à la troisième place de son groupe de CFA, le jeune gardien n’obtient pas beaucoup de temps de jeu. Si cela a été « frustrant » pour le joueur, il assure que cette année passée dans ce club lui a permis de grandir. « Je déménageais dans mon propre appartement, tout seul, avec pour objectif de m’imposer et de jouer ». Toujours avec l’ambition de devenir gardien titulaire au sein d’une équipe fanion, Vincent Dorel prend son mal en patience et continu de travailler pour parvenir à ses objectifs.

Une place de titulaire avec la GSI Pontivy

Après une saison passé avec le club des Herbiers, Vincent Dorel fait le choix de rejoindre la GSI Pontivy, également en CFA. « Ce n’était pas un club avec le mêmes moyens que les Herbiers mais il me permettait d’avoir du temps de jeu en tant que gardien numéro 1. Bien entendu, il fallait que mes performances soient de qualité », nous explique-t-il. Il s’agissait donc de ce que recherchait Vincent Dorel, qui souhaitait montrer et prouver qu’il avait les qualités pour garder les cages d’une équipe de niveau CFA. « Je dois beaucoup à la GSI puisqu’ils m’ont fait confiance alors que je n’avais pas beaucoup d’expérience ».

Crédit image : Bruno Perrel

Il y a effectué une saison pleine avec une trentaine de matchs au compteur. Le Breton estime avoir effectué « une bonne saison ». Cela a d’ailleurs été confirmé par les différents coachs du Championnat, qui l’ont élu dans l’équipe type de la saison via le site Foot-National. C’est donc une saison très honorable pour une première saison dans la peau d’un titulaire. « Lorsque tu es dans la peau d’un gardien titulaire cela n’a rien à voir », nous avoue Vincent Dorel. « Lors de chaque entraînement tu as en tête des actions, des situations du week-end dernier. Ou bien, tu te mets en condition pour le samedi suivant. Tout ton travail a un sens plus concret puisque chaque samedi tu as une image de ton travail de la semaine. De plus la pression et la responsabilité sur tes épaules n’ont rien avoir ». Ici, nous pouvons observer qu’être gardien numéro 1 ou numéro 2 n’est pas tout à fait le même métier.

La découverte du championnat de National
avec le Poiré-sur-Vie

Suite à une belle saison avec la GSI Pontivy, Vincent Dorel a l’occasion de découvrir l’échelon supérieur. Il rejoint ainsi l’équipe du Poiré-sur-Vie en National. « Ce qui a dicté mon choix est que je me suis toujours dit que je voulais jouer le plus haut possible ». Seulement, cela a un prix puisque le portier retrouve un rôle de doublure dans son nouveau club. « Malgré ma très bonne saison avec la GSI Pontivy c’est le seul club m’ayant contacté », nous avoue-t-il également. Le choix a donc clairement été de saisir sa chance avec un club évoluant dans une division supérieur, même si le fait d’être de nouveau doublure n’a pas été « facile ».

Vincent Dorel a eu cette occasion de rejoindre un club avec une structure professionnelle. « C’est ce que je recherchais depuis mon départ de Rennes. On pouvait y trouver des entraînements le matin, un suivi médical, un préparateur physique, etc ». S’il a joué les deux premières journées de Championnat de la saison, car le gardien titulaire était suspendu, la saison de Vincent Dorel n’aura pas été simple. « Une longue blessure, avec plusieurs rechutes, a coupé court ma saison ». Puis, si l’équipe s’est maintenu sportivement, les problèmes financiers auront prit le dessus. En effet, le club a décidé de radier l’équipe évoluant en National et repart ainsi au niveau CFA2. Cela signifie aussi la fin de l’aventure pour Vincent Dorel avec le club genôt.

Direction l’Angleterre pour rejoindre un ami,
une nouvelle aventure commence

Blessé au moment de quitter le Poiré-sur-Vie, il poursuit sa rééducation sur Rennes, « en étant libre de tout contrat ». Ensuite, son club formateur, le Stade Rennais accepte de l’accueillir afin qu’il puisse « s’entraîner et profiter des infrastructures pour rester en condition ». Sans club fin août, Vincent Dorel prendre la route le menant de l’autre côté de la Manche, où il rejoint son ami d’enfance, Victor Nirennold, avec qui il a évolué jusqu’en U15 au Stade Rennais. « Il m’annonce qu’il signe pour Fleetwood Town en League One (troisième division anglaise). Il me décrit le football anglais très positivement et me convainc de venir chez lui séjourner quelques temps », nous explique le gardien de but.

Vincent Dorel à gauche, lors de son passage au Stade Rennais pour maintenir sa condition. – Crédit image : Laura Lba

Vincent Dorel s’entraîne avec le club de Victor Nirennold mais reste néanmoins sans club. « Grâce au soutien de Victor, qui me pousse à contacter différents agents, clubs, managers, j’en contacte je ne sais combien par mail, Whatsapp etc ». Les non-réponses sont nombreuses et auraient pu démotiver le joueur. Heureusement, un agent revient vers lui et lui propose « un essai à Plymouth, en quatrième division. J’effectue l’essai d’une semaine et signe dans la foulée un contrat jusqu’à la fin de saison ». Cela signifie le début d’une nouvelle aventure au début de la saison 2015/2016.

Une première étape à Plymouth

Arrivé à Plymouth, Vincent Dorel a dû s’acclimater à son nouvel environnement. « Mon intégration s’est très bien passé », nous dit-il. Il a notamment fallu se mettre au niveau pour parler la langue de Shakespeare. « Je me suis directement mis en mode anglais (téléphone en anglais, films en version originale etc), je n’hésitais pas à communiquer et parler avec mes coéquipiers quitte à faire certaines petites erreurs pour améliorer mon anglais ». De plus, le gardien a pu remarquer que même s’il évoluait en quatrième division, cela restait « très pro. Même si l’on n’a qu’une seule séance de programmée, la majorité des joueurs restent faire leur travail personnel en salle ou autre l’après midi. Ils ne se contentent pas juste de faire leur entraînement et d’être a midi a la maison ».

Crédit image : BBC

Cette première aventure outre-manche aura été longue de deux saisons pour Vincent Dorel, qui a pu découvrir « un bon club un stade d’environ 15 000 personnes, de nombreux fans. De plus l’équipe jouait la montée ». Cependant, il n’aura pas eu la chance de s’exprimer convenablement pour démontrer ses qualités. « L’équipe faisait de très bonnes performances donc je peux comprendre le point de vue du manager en toute honnêteté. Même si cela est frustrant », nous confie-t-il. Vincent aura tout de même l’occasion de vivre de grands moments et des expériences que tout jeune footballeur rêve de connaître. « En quelques mois je suis passé de contacter pendant des heures dans l’appartement de mon ami, sans club, au stade mythique de  Wembley pour les play-off lors de ma première saison ». Parmi les autres belles expériences qu’il a connu avec le club de Plymouth il énumère également « les 2 matchs de FA Cup contre Liverpool, surtout celui a Anfield, ainsi que la promotion en League One avec un envahissement du terrain des supporters ». L’homme de 25 ans, nous dit avoir mit fin à cette aventure à la fin de la saison 2016/2017, avec « une goutte d’inachevée ».

En route vers la cinquième division
et des ambitions

Alors que Plymouth accède à la troisième division à l’issue de la saison dernière, le club a laissé libre Vincent Dorel. Ainsi, il va de nouveau connaître une longue période sans contrat. « J’ai eu différents contacts durant l’été mais rien de concret. Le temps commençait à être un peu long », nous confie-t-il. Son arrivée dans le club de Torquay United aura été faite de rebondissements. « Fin août, Torquay me contacte suite à la blessure de leur gardien. Mais, cela ne se fait pas car ils optent pour un gardien en prêt », nous raconte-t-il, dans un premier temps. Mais le destin a choisi d’envoyer Vincent Dorel du côté de Torquay. « Une semaine plus tard, ils me recontactent un jeudi après-midi. Le gardien venu en prêt s’est lui aussi blessé et ils me proposent de signer un contrat d’un mois. J’accepte deux jours plus tard je joue mon premier match de Championnat sans m’être entrainé une seule fois avec mes nouveaux partenaires ». Depuis, le portier semble s’être imposé dans son équipe en tant que dernier rempart. « Le fait de pouvoir enchainer les matchs est ce que j’attendais. Par contre, c’est bien enchaîner les matchs, mais faut aussi enchaîner les bonnes performances. C’est le plus important ».

C’est un joueur plein d’ambition qui a posé ses valises à Torquay cette saison. « Mes objectifs personnels sont tout d’abord de bien finir la saison avec Torquay United et obtenir le maintien ». Lorsque l’on lui demande ses ambitions au-delà de cette saison, il nous répond qu’il a pour objectif de « jouer le plus haut possible ». Après ses différentes expériences, il reste la tête sur les épaules et ne ferme aucune possibilité pour la suite de sa carrière. « Je suis ouvert à toutes opportunités. Dans le football je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait. Donc, je ne ferme aucune porte à un retour en France, ou bien dans un nouveau pays ». Ce qui est certain, c’est qu’il se sent bien en Angleterre, où il joue dans des stades garnis de 5 000-6 000 spectateurs, ce qui change des championnats équivalents en France.

« Être patient, travailler dur, et surtout Ne pas lâcher. Ne pas se comparer aux autres, chacun son chemin, chacun son heure. »
Stadito remercie Vincent Dorel pour sa disponibilité et sa gentillesse et lui souhaite bonne chance pour la suite de la saison.
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