Destins croisés : Paul Marie et Nicolas Caraux, deux Français en MLS

L’un est gardien, l’autre défenseur. L’un a une longue carrière derrière lui, l’autre est sur le point de la démarrer. Deux profils différents qui se retrouveront peut-être sur le terrain dans quelques mois. Portrait croisé de deux « Frenchies » à la conquête de l’Amérique.

Nicolas Caraux vient de signer à l’Atlanta United en MLS. A 27 ans, le gardien de but a connu une carrière mouvementée. Du centre de formation du RC Lens à la DH en passant par l’Écosse, le français a tout connu. Mais tout a changé avec un coup de fil l’été dernier. Quelques semaines plus tard, le gardien de Versailles (CFA) a signé un contrat professionnel avec l’équipe américaine d’Atlanta où il jouera dans l’équipe B. Reconnaissant et motivé, Caraux s’est dit prêt à briller et nous a confié ses ambitions.

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De l’autre côté, à 22 ans, Paul Marie vient de réaliser son rêve. Après des années en centre de formation en France et trois ans et demi aux États-Unis, le défenseur a été drafté par les San José Earthquakes, comme premier choix de cette équipe. En pleine préparation de cette saison de MLS, le premier français drafté cette année (en douzième position) a répondu à nos questions le concernant. Sa carrière, la MLS et son futur, Paul est revenu sur son parcours pour Stadito.

 

Paul Marie le soir de la Draft. Crédits photo: San Jose Earthquakes

 

Bonjour Nicolas, Paul, comment s’est passée votre signature en MLS ?

 

Nicolas Caraux : C’est allé assez vite et en même temps c’est un peu improbable. J’étais censé m’engager en CFA avec Mantes-La-Jolie au mois de juin. Et deux jours avant de signer mon agent m’appelle et me demande d’attendre avant de m’engager car il avait une opportunité intéressante. J’ai donc refusé Mantes-la-Jolie et suis parti en août faire un essai à Atlanta. Ça leur a plu, j’ai signé mon contrat en décembre. C’est donc allé vite, d’un jour à l’autre je suis passé de la CFA à l’USL (deuxième division).

Je m’entraînais avec Versailles, j’étais licencié là-bas, le club d’Atlanta m’a donné un programme de préparation spécialisé.

Paul Marie : J’ai été drafté, la draft est une cérémonie qui se passe après « le combine ». « Le combine » c’est une semaine durant laquelle les meilleurs joueurs du pays vont jouer des matches devant les clubs de MLS. Et la draft est la cérémonie où les choix se font et la où les joueurs vont rejoindre l’équipe qui les a sélectionné. Ça se déroule sous forme de rounds, 4 rounds de 23 « picks », et chaque équipe a un pick par round.

 

 

Vous avez la pression?

 

N.C. : Pas de stress, juste quelques trucs à régler, je dois refaire entièrement ma vie là-bas !

Je m’entraînerai avec les gardiens de la MLS et je serai à disposition de l’équipe 2 pour les matches. Je serais souvent avec la 2. En tout cas ils m’ont fait comprendre qu’ils voulaient me garder et que j’avais des perspectives d’évolution, j’ai signé pour trois fois une année renouvelable automatiquement.

 

P.M. : La pression c’est quelque chose que chaque footballeur côtoie tous les jours. C’est surtout important de savoir la gérer, de bien vivre avec et de s’en servir pour avancer.

 

Les deux joueurs s’apprêtent à faire leurs débuts avec leurs clubs respectifs, et semblent plus que pressés de commencer à jouer. Mais avant d’en arriver là, ils sont passés par plusieurs étapes, dont les centres de formation en France.

 

Votre parcours est très différent, mais vous êtes tous les deux passés par la formation française, l’un à Lens et l’autre à Caen…

 

N.C. : J’ai été formé à Lens avant de signer pro. Je suis ensuite parti, j’ai connu un peu le chômage puis je suis allé en Écosse. Je suis revenu en France j’y ai connu la DH, CFA2, CFA… et cette opportunité est arrivée pour repartir dans le monde pro. Je saisis ma chance. C’est une surprise parce que je savais que la MLS était assez fermée, les étrangers qui y évoluent ont fait leur preuve en première division. Mais j’ai confiance en moi, je n’envie pas les autres, je suis fier de ma carrière.

A Lens, c’est un très grand centre de formation, je suis fier d’en être issu. La formation française est reconnue dans le monde, on a une bonne réputation. Je le vois quand j’étais en Écosse, en tant que français on était attendus ! Les gens étaient impressionnés.

 

P.M. : J’ai commencé à Saint-Sever-Calvados (Normandie) puis je suis allé à Villedieu-les-Poêles avant de rejoindre le SM Caen pour sept années de formation. J’ai pris la décision de partir avec ma famille car on a trouvé le projet le plus adapté pour mon avenir. Cela permettait bien sûr d’allier les études et le football.

Beaucoup de personnes m’ont soutenu tout au long de ces années aux États-Unis et m’ont poussé à me lancer dans le projet.

 

 

Quel regard portez-vous sur la MLS?

 

N.C. : Quand je suis arrivé là-bas j’avais des préjugés sur le soccer qui se sont avérés faux. Notamment sur le niveau. Après je ne suis pas dans un club lambda, le coach Tata Martino (ex-Barcelone et Argentine, ndlr) est un grand coach reconnu qui aime le beau football. Il y a une grosse ambiance et de nouvelles infrastructures. Le niveau est très intéressant, je suis dans un grand club.

P.M. : Je pense que c’est une Ligue qui se développe de jour en jour et que c’est un très bon championnat.

 

 

Pour finir, quels sont vos objectifs pour cette saison?

 

N.C. : Forcément à terme le but c’est de jouer en MLS. Je ne sais pas comment ça va évoluer mais c’est le football, qui sait où on va être amené à jouer ?

P.M. : Mon objectif premier est de progresser et aider l’équipe de mon mieux.

 

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