AS Nancy-Lorraine : La parole aux supporters - Stadito

AS Nancy-Lorraine : La parole aux supporters

L’AS Nancy-Lorraine connaît une saison compliquée sur tous les plans. La série négative ne s’arrête pas et le club flirte avec la zone rouge de Dominos Ligue 2. Les récentes déclarations du président, Jacques Rousselot, concernant l’avenir du club en cas de relégation en National à l’issue de cette saison 2017/2018 n’ont pas laissé indifférents les supporters. C’est donc l’occasion de leur donner la parole afin de revenir sur la situation du club et les résultats de l’équipe, avant un match ô combien important ce soir avec la réception du FC Lorient.

Pour cela, nous avons contacté David Ho, Nicole Rohmenter et Jean-Paul Stoki, qui ont tous trois gentiment accepté de répondre à nos questions. Il s’agit de trois supporters et supportrice fidèles à l’AS Nancy-Lorraine. Ils portent ce club dans leur cœur et sont touchés par la situation que traverse actuellement l’ASNL au niveau sportif. Ils ont connu les belles heures du club au chardon avec la victoire en Coupe de la Ligue en 2006 ou encore la Coupe d’Europe. Mais, ces supporters connaissent également des moments plus difficiles aux côtés de leur club, comme c’est le cas actuellement. Nicole, David et Jean-Paul sont des supporters inconditionnels de l’ASNL et ont accepté de se confier pour Stadito, sans langue de bois.

L’analyse de la situation

La mauvaise passe dure et n’en finit plus du côté de l’AS Nancy-Lorraine. « Le club multiplie les erreurs depuis la montée de 2016, et le mercato raté pour la L1. Alors que l’on avait largement la possibilité de se maintenir durablement », nous dit David, abonné à l’ASNL depuis 2007. Il est vrai que depuis un peu plus d’un an rien ne semble aller chez le club du chardon. Nicole nous énumère une succession d’évènements qui, selon elle, sont la cause de la situation actuelle de l’ASNL. Parmi ceux-ci, on retrouve « le départ au mauvais moment de Clément Lenglet à Séville, la vente arlésienne du club, l’échec à la présidence de la FFF et les problèmes de santé du président, un début de saison catastrophique en Dominos Ligue 2, … ». Tant de choses qui pèsent sur la vie du club selon ces deux supporters. « Tout part à vau-l’eau », résume Nicole.

Crédit image : asnl.net

Les regrets sont présents chez les supporters. Entre désillusion, énervement, agacement et incompréhension, certains ne lâchent pas l’équipe mais se questionnent et se demandent comment le club a pu en arriver là. « Je suis très peinée par cette situation », nous confirme Nicole, supportrice de l’ASNL depuis 1972. De son côté, David se montre chagriné. « Je ne reconnais plus l’équipe que j’ai tant aimé », nous dit-il. Cette série que connaît l’AS Nancy-Lorraine depuis le début de saison est assez étrange également lorsque l’on regarde les noms qui sont arrivés au mercato estival, avec, entre autres, Geoffrey Jourdren, Jérémy Clément ou Alaeddine Yahia, qui sont des joueurs d’expérience. « Au final, tout ça ressemble plus à une somme d’individualités qu’à un véritable collectif. Pour preuve, aucune équipe-type ne se détache véritablement, y compris au niveau des gardiens. Seul Abergel donne satisfaction chez les recrues », estime David. Nicole, de son côté, fait aussi le constat d’un « mercato raté » et évoque la « bonne surprise », Laurent Abergel, de son point de vue. Il y a également « ce que l’on finit par appeler « le cas Eler » . Un grand mystère règne autour de ce joueur… ». Autant de décisions prisent lors du mercato qui laisse des supporters perplexes.

Qui est responsable de cette situation ?

Lorsqu’il s’agit d’évoquer les responsables de cette situation très inconfortable les supporters sont, à la fois inspiré, mais reste tout de même dans le flou. Nous pouvons ainsi commencer par citer le président, Jacques Rousselot. « C’est un président formidable, mais il est trop paternaliste. Il préfère compter sur des hommes du cru, alors qu’un regard extérieur aurait pu faire bouger pas mal de choses, dénote David. Il préfère compter sur des hommes du cru, alors qu’un regard extérieur aurait pu faire bouger pas mal de choses. L’Asnl est un club familial, qui fonctionne en vase clos », ajoute-t-il. Si Nicole le nomme également dans sa liste de responsables, elle nuance. « Je comprends qu’il ne puisse plus assumer matériellement, il n’a plus les revenus qu’il avait avant ». Ensuite, ces deux fidèles supporters évoquent l’ensemble de l’organisation, en commençant par la cellule de recrutement. « Je comprends que le club doit vendre ses meilleurs éléments pour subsister. Mais à côté de ça, le projet sportif n’a aucune crédibilité. Tout se fait à l’improviste, sans concertation préalable. Comme si chacun faisait les choses à sa sauce. Tout cela ressemble à un vaste bordel », s’exclame David. Ensuite, viennent les joueurs qui ne se sentent pas tous concerner par la situation du club, selon Nicole. « Certains montrent encore qu’ils tiennent au club ! Jusqu’à quand ? D’autres sont là en touristes. Je ne citerai personne… ».

Jacques Rousselot, président  fidèle et investit de l’AS Nancy-Lorraine – Crédit image : asnl.net

Une autre problématique qui fait beaucoup réagir les supporters aux alentours du stade Marcel-Picot et sur les réseaux sociaux est celle de l’entraîneur. En cette saison 2017/2018, le club au chardon lorrain a compté pas moins de trois hommes à la tête de son équipe fanion : Pablo Correa, Vincent Hognon et désormais Patrick Gabriel. David commence à réagir. « C’est dur à dire, mais je pense que garder Pablo malgré la relégation était une grosse erreur. Il aurait fallu un entraîneur et un staff de l’extérieur, avec des idées nouvelles et un vaste brassage au niveau des joueurs. Une relégation n’est jamais facile à digérer. Il était important de tout remettre à plat pour un nouveau départ ». Sur les trois supporters interrogés, une idée commune subsiste qui est celle que le club aurait dû se pencher sur un entraîneur venant de l’extérieur. Si Vincent Hognon « a fait ce qu’il a pu avec les moyens physiques et psychologiques des joueurs » pour Nicole, Jean-Paul estime qu’un entraîneur « étranger » au club aurait donné « un nouveau souffle. De plus, il y avait une trêve internationale, ce qui permettait plus de temps au nouveau coach pour faire son groupe ». Nicole résume tout cela en un mot : « gâchis ».

Crédit image : Saturday FC

Ensuite, vient la question du rôle des supporters dans cette période difficile pour l’institution nancéienne. « Je comprend la déception des supporters qui s’investissent à fond, font les déplacements, donnent beaucoup de leur temps et de leur argent. Ils attendent un retour, et c’est légitime : que les joueurs viennent les saluer après le match, qu’ils mouillent le maillot ; c’est la moindre des choses. Qu’ils manifestent leur mécontentement est totalement logique, on voit ça dans tous les clubs », témoigne David. Cependant, nos trois supporters inconditionnels de l’ASNL ne sont pas d’accord avec chacune des actions menés par les groupes de supporters. « Certaines banderoles me semblent inutiles et n’aident pas du tout nos joueurs. Je préfère entendre les supporters encourager », juge Jean-Paul. De son côté, Nicole nous dit que « les joueurs jouent mal et les supporters supportent mal aussi. Et personne ne casse cette chaîne ! » David conclut sur ce sujet en exprimant un message plein de sagesse. « Je pense sincèrement que les joueurs méritent un minimum d’encouragements, malgré les difficultés et les défaites. Les enfoncer ne sert à rien ».

L’appel à « l’union sacrée » du président Rousselot

Après les deux défaites successives face à Quevilly, et Bourg-en-Bresse, deux concurrents directs au maintien, suite à des scénarios cruels, Jacques Rousselot s’est confié à un journaliste de la radio France Bleu Sud Lorraine pour évoqué le futur de l’ASNL. Des propos qui ont eu un effet de « choc » pour Nicole. En effet, celui qui est  à la présidence du club depuis 1995 a annoncé que si relégation en National il devait y avoir, l’avenir du club se ferait sans lui. Autrement dit, si aucun repreneur ne se présente, c’est le dépôt de bilan. « C’est une possibilité que je n’ose pas envisager », répond David. Il justifie cela en expliquant que « l’ASNL ce n’est pas seulement l’équipe professionnelle. Il y a aussi les féminines, la réserve et toutes les équipes jeunes ». Au-delà des joueurs et joueuses on pense aussi à tous les salariés. Ce qui est certain, c’est que ces trois supporters sont prêts à encourager l’équipe jusqu’à l’issue de cette saison qui se sera avérée délicate, dans l’espoir de ne pas connaître une fin tragique. « Bien sûr que je reste à 100% derrière l’ASNL. Je suis fan depuis 1975 alors je ne vais pas lâcher », lance Jean-Paul. En tout cas, les paroles prononcées par le président nancéien ont résonné dans les têtes des supporters et des joueurs tout au long de la semaine.

Ce soir se déroule le dernier match de la 27ème journée de Dominos Ligue 2 entre l’AS Nancy-Lorraine et le FC Lorient. Ce qui était un match de l’élite la saison dernière est aujourd’hui un match crucial pour le club meurthe-et-mosellan en vue du maintien au deuxième échelon national. Les supporters seront encore présents au stade, et voudront assister à un match où les joueurs donneront tout. « J’attends le réveil, la sortie de ce cauchemar, le déclic, comme on dit. Je souhaite que les joueurs retrouvent la confiance perdue », prévient Nicole. David évoque l’idée d’un « véritable esprit guerrier afin que Picot redevienne une forteresse ». Idée  partagée par Jean-Paul, qui souhaite « tout simplement un groupe qui ne lâche rien ». La victoire semble pourtant difficile à imaginer à la vue de la spirale négative qui n’en finit plus. L’AS Nancy-Lorraine n’a plus gagné à domicile depuis le 29 septembre 2017, et une victoire 4-1 face à Châteauroux, pour la petite statistique. « On est capable du meilleur comme du pire, tout peut arriver. Cela va surtout se jouer dans les têtes », nous indique David. Jean-Paul est convaincu que « le groupe a le potentiel pour être mieux au classement. Il faut ôter les doutes à certains et ça marchera. Même une courte victoire 1-0 m ‘ira », nous dit-il. Les supporters gardent un bien mauvais souvenir de la dernière venue des Merlus à Marcel-Picot, avec une « lorientada ». Dans un match importantissime pour le maintien en Ligue 2, les joueurs nancéiens menaient 2-0 avant de craquer et de finalement s’incliner 2-3. Ce qui avait valu la désormais célèbre déclaration de Pablo Correa avec son invective captée par les caméras de Canal + dans les vestiaires. En effet, il avait lâché sur le coup de l’énervement, à propos de Sergey Chernik : « On a un gardien en bois ».

Un dernier mot

Pour conclure ce petit papier, nous avons demandé à ces trois supporters nancéiens de nous donner un proverbe ou une citation qui, selon-eux, représente bien la situation actuelle du club.

David s’est amusé à reprendre le célèbre slogan du club, à sa façon.

« Qui s’y frotte ne s’y pique pas. »

Jean-Paul a voulu insisté sur le fait que cette lutte pour le maintien va être un véritable combat pour l’équipe.

« On a perdu des batailles mais pas la guerre. »

Nicole a repris une citation de Pedro Calderón de la Barca « Le geôlier de soi-même » (1635), avec l’idée qu’il ne faut rien lâcher.

« Reprenez espoir et courage, il est peu de maux qui soient sans remède. »

Stadito remercie Nicole, Jean-Paul et David d’avoir pris le temps de répondre aux questions.

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