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Julien Faussurier, la valeur sûre

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A 31 ans, Julien Faussurier vit la saison la plus prolifique de sa carrière, en termes de statistiques. Formé à l’OL, au sein de la brillante génération 1987, il sera barré par la forte concurrence au milieu des années 2000. Indiscutable à Troyes, Sochaux puis Brest, il impressionne par sa régularité et son professionnalisme.

Avec 4 buts et 12 passes décisives, Julien Faussurier est un des joueurs les plus décisifs de Ligue 2, cette saison. Au même titre qu’Umut Bozok, Florian Martin ou Jordan Siebatcheu. Mais, contrairement à ses homologues, le Brestois n’est pas un joueur offensif de formation. C’est, d’ailleurs, en tant que latéral droit qu’il a le plus souvent joué, depuis qu’on l’a positionné à ce poste, à l’Olympique Lyonnais.

Avec la fameuse génération 1987 à l’OL

Natif de la banlieue sud de Lyon, Julien Faussurier arrive à l’Olympique Lyonnais, à 10 ans. Le centre de formation de l’OL commence alors à être reconnu comme un des meilleurs de France et s’appuie déjà sur des jeunes de la région. Dès ses débuts, il côtoie des joueurs, qui signeront professionnels, quelques années plus tard, comme Karim Benzema, Rémy Riou et Sandy Paillot. Ce dernier se souvient des nombreux trophées remportés, à partir de la catégorie Poussins. « On a été champion de France en Poussins, en 16 ans, en 18 ans, en CFA, on a gagné le tournoi de Montaigu… On a raflé quasiment tous les titres ». Une grosse génération qui va, également, révéler Hatem Ben Arfa, Loïc Rémy ou encore Anthony Mounier.

Logiquement, cette équipe va faire des étincelles en Gambardella, le Graal pour tous les jeunes en centres de formation. « On avait fait la finale deux fois de suite, avec la génération 1986 et 1987. On a perdu les deux malheureusement. Mais c’était le signe qu’on avait une grosse génération » fait remarquer Sandy Paillot. Battu par Toulouse, en 2005, puis Strasbourg, en 2006, le Lyonnais disputera les deux finales au Stade de France. Mais après avoir disputé une saison avec l’équipe réserve, il ne se voit pas proposer de contrat professionnel et quitte son club formateur, en 2007. « Il est longtemps sorti du lot en jeunes et même ensuite dans les autres catégories. Au moment de passer pro, il n’avait pas signé mais ça s’était joué à rien. On avait été un peu surpris comme pour 2,3 autres joueurs de la génération. Mais je pense que, comme on était déjà huit de la génération 1987 à avoir signé pro, ils ne voulaient, peut-être, pas en faire signer trop. Ils ont dû faire des choix. Mais ça n’aurait pas été démérité qu’il signe pro, loin de là. C’était vraiment un joueur talentueux, qui était régulièrement titulaire » estime l’actuel joueur de Cholet, en National.

Les -19 ans de l’Olympique Lyonnais finalistes de la Gambardella 2005

Bloqué par la forte concurrence dans l’OL des années 2000 mais aussi par son profil (1m73 pour 70kg), le Gone ne disputera aucune minute sous le maillot de l’équipe première. « A l’époque, dans les centres de formation, les joueurs de petite taille n’étaient pas souvent conservés parce qu’on préférait les joueurs de grande taille. C’était un défaut à l’époque mais ça ne l’ai plus maintenant parce qu’on voit que le foot change. Le but pour tout le monde c’était de signer pro après il a mis un peu plus de temps à se révéler mais on savait qu’à, un moment donné, ça allait passer. C’était une valeur sûre. Il est largement capable de bien figurer en Ligue 1 » souligne Sandy Paillot.

Les ascenseurs avec Troyes

Julien Faussurier arrive à Troyes, à l’été 2007, pour évoluer avec la réserve, en CFA2, dans un premier temps. « Il est monté, assez rapidement, dans l’année, avec nous. C’était quelqu’un qui était à l’écoute et sérieux. C’était le genre de joueur qui arrivait le premier et qui repartait le dernier. On voyait très bien qu’il venait d’un centre de formation, qui était, à l’époque, pratiquement le meilleur. Il arrivait de Lyon avec Grégory Bettiol sauf que Greg était lui directement dans le groupe pro. Donc il a su être bon en réserve pour être intégré au groupe pro par l’entraineur » explique Stephen Drouin, Troyen de 2005 à 2015. Dès la saison suivante, il s’impose comme un titulaire sous les ordres de Ludovic Batelli et ne sortira plus jamais de l’équipe. C’est alors le début de ses aventures troyennes, ponctuées de montées et de descentes. A la fin de la saison 2008-2009, l’ESTAC termine avant-dernier de Ligue 2 et est relégué en National. Mais le club de l’Aube remonte immédiatement dans l’antichambre de l’élite. Jean-Marc Furlan, entraineur de 2004 à 2007, est rappelé et parvient, en mai 2012, à faire monter ses hommes en Ligue 1. « On a fait l’ascenseur pas mal de fois. Il a joué un bon moment ici donc il a su se rendre indispensable sur les années qu’il a faites à Troyes. Je pense que, pour un entraineur, c’est le genre de joueur qu’on aime avoir dans son équipe. C’est rare qu’il passe, complétement, à travers un match. Je n’en ai pas souvenir en tout cas » observe Stephen Drouin.

Julien Faussurier sous le maillot troyen

A 25 ans, le Troyen connaît donc sa première saison en Ligue 1. Et comme à son habitude, sans faire de bruit, il se montre performant et régulier. Avec 3 buts et 3 passes décisives en 28 matchs, il ne parvient cependant pas à éviter la relégation de l’ESTAC, qui fait donc encore l’ascenseur. Il participe, malgré tout, au parcours record en Coupe de France des pensionnaires du Stade de l’Aube. Ils se hissent jusqu’en demi-finale grâce notamment, à des buts de l’ancien Lyonnais, lors des deux tours précédents. « J’aimais bien l’appeler « la fouine » parce qu’il était toujours à l’écoute et à rigoler. C’est quelqu’un qui ouvert d’esprit, qui est intelligent. A l’époque, pour son jeune âge, il avait déjà la tête sur les épaules. Il est assez introverti mais ça fait partie de sa personnalité » révèle Stephen Drouin.

« Un joueur dont le vestiaire avait besoin » à Sochaux

Sa bonne saison avec l’ESTAC permet à Julien Faussurier de rester en première division, en s’engageant avec le FC Sochaux. « Il s’est bien adapté parce que c’est un bon joueur. En plus, connaissait le championnat » se rappelle Papa Demba Camara, gardien sochalien de 2011 à 2016. Mais, de nouveau, il n’arrive pas à se maintenir en Ligue 1 avec son équipe. « On n’a pas fait une bonne saison. C’était dur pour lui parce qu’il venait pour rester le plus longtemps possible en Ligue 1. Les six premiers mois de la saison, on a fait un mauvais parcours. On avait 11 points à la trêve. Après Hervé Renard est arrivé et dans la deuxième partie de saison, on a fait de meilleures performances. On avait notre destin en main et, malheureusement, on a perdu ce match à domicile contre Évian » détaille l’actuel portier de Grenoble. Titulaire indiscutable pour sa deuxième saison en L1 (37 rencontres), il espère rebondir, une nouvelle fois, avec une équipe de l’élite. « Il y avait des clubs de Ligue 1 qui le désiraient. Mais le club ne voulait pas le laisser partir parce qu’il souhaitait avoir des joueurs expérimentés pour remonter le plus vite possible » assure l’international sénégalais.

Julien Faussurier lors de sa signature au FC Sochaux, avec le président Laurent Pernet

Finalement, il fait le choix de rester chez les Lionceaux, convaincu par le projet mis en place et porté par un jeune entraineur, Olivier Echouafni. « Il a une bonne mentalité donc il s’est remis dedans. Olivier Echouafni comptait beaucoup sur lui. Il voulait qu’il reste parce que c’est un joueur régulier, toute la saison, au niveau des entrainements et des matchs. C’était un joueur dont le vestiaire avait besoin. C’est dommage qu’on n’ait pas su monter » regrette Papa Demba Camara. Malgré l’arrivée de nouveaux actionnaires chinois, le FC Sochaux ne va pas réussir à retrouver la Ligue 1. Après une saison 2014-2015 dans le ventre mou de la deuxième division, les Jaunes et Bleus se sauvent à la dernière journée lors de la suivante. Alors que les entraineurs se succèdent sur le banc (Omar Daf, Éric Hély, Albert Cartier), il reste un homme de base du onze sochalien (71 rencontres en deux saisons). « J’ai beaucoup appris de son calme et de son professionnalisme. Il fait partie des mecs qui viennent en premier à l’entrainement et qui partent en dernier. C’est un mec qui ne râle pas pour rien. C’est un bon exemple pour tous les jeunes footballeurs, qui peuvent apprendre à côté de lui » salue son ancien coéquipier.

« Il arrive à s’adapter au poste auquel on le met »

S’il y a bien une qualité qui ressort chez Julien Faussurier, c’est sa polyvalence. Capable de couvrir, sans problème, tous les postes à droite comme à gauche, il s’épanouit actuellement à Brest, au poste d’ailier droit. « Quand c’était du foot à 7, ils étaient deux attaquants : Benzema et lui. Il a été replacé d’abord milieu droit quand on a commencé à jouer à 11. Et puis, il est passé arrière droit et milieu aussi, il a beaucoup joué en six. Déjà plus jeune, il était très à l’aise partout » se remémore Sandy Paillot. A Troyes, c’est au poste de latéral droit qu’il a été, le plus régulièrement, aligné. « Je l’ai connu plus défensif, à Troyes. Il défendait très bien. Mais il est polyvalent donc il arrive à s’adapter au poste auquel on le met. Techniquement, il est très à l’aise donc les passes décisives, ça ne m’étonne pas. Et il est, aussi, adroit devant le but. Son talent, sa régularité et sa polyvalence, je pense que ce sont ses trois principales caractéristiques » confirme Stephen Drouin.

Au FC Sochaux, également, il a avalé les kilomètres dans son couloir droit, en défense comme au milieu. « Avec Olivier Echouafni, il jouait plus souvent latéral droit et quand Albert Cartier a pris l’équipe, il le faisait jouer, de temps en temps, milieu droit. S’il n’avait pas le choix, à cause de blessures ou de suspensions, il le mettait milieu droit pour dépanner. C’est un joueur, que tu le mettes arrière ou milieu droit, il te donnera le maximum. Il est bon tactiquement et il sent le jeu » ajoute Papa Demba Camara. Une qualité qui peut le désavantager car ses différents entraineurs ne le fixent rarement à un poste. « Je crois qu’à part défenseur central et attaquant de pointe, il a dû faire tous les postes, dans sa carrière. Donc c’est une qualité mais c’est aussi un inconvénient parce que, du coup, il navigue un peu partout. On le met là où il y a des trous parce qu’on sait qu’il bouchera le poste sans problème. C’est un travailleur de l’ombre » précise Stephen Drouin.

La confiance de Jean-Marc Furlan au Stade Brestois

A l’intersaison 2016, Julien Faussurier s’engage avec le Stade Brestois. Il retrouve ainsi Jean-Marc Furlan, son ancien entraineur à l’ESTAC. « Je pense que c’est dur, quand on est entraineur, de ne pas aimer ou de ne pas faire jouer, un joueur comme ça. C’est un joueur idéal dans un groupe. Il a bien réussi à Troyes, donc c’est logique qu’après Sochaux, il ait été à Brest vu que Jean-Marc Furlan a repris Brest. Et puis, c’est un bosseur. Connaissant un peu Jean-Marc Furlan, il aime bien les bosseurs. Tous ceux qui ne bossent pas, en général, ne durent pas dans le foot moderne et donc avec Jean-Marc Furlan » signale Stephen Drouin. Logiquement, le coach brestois en fait, aussitôt, un homme indéboulonnable de sa formation. Titulaire lors des 38 journées de championnat, il inscrit 3 buts et délivre 4 passes décisives. Mais les Finistériens échouent dans leur quête de montée en Ligue 1 après avoir été, pourtant, 22 fois leader et 32 fois sur le podium.

En début de saison, Jean-Marc Furlan décide d’installer et de stabiliser son numéro 22 au poste d’ailier droit. Excepté un match à Niort, en septembre, il quitte plus sa position. Et cela lui réussit bien. Il réalise la saison la plus prolifique de sa carrière, au niveau des statistiques. Avec 12 passes décisives, il est à lutte avec Zinedine Ferhat pour le titre de meilleur passeur de deuxième division. S’ils continuent sur ce rythme, ils devraient battre le record de Fayçal Fajr (15 passes décisives). Mais l’objectif premier, de celui qui est sous contrat jusqu’en 2019 avec le SB29, est de retrouver la Ligue 1. Si cela ne se fait pas avec Brest, actuellement décroché de la course à la montée (7 points de retard sur le podium), il n’aura, aucun mal, à trouver un point de chute en première division, l’été prochain.

Stadito remercie Sandy Paillot, Stephen Drouin et Papa Demba Camara pour leur gentillesse et leur disponibilité.

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