A LA UNEACTUALITÉAmiens SCFranceInterviewitoLigue 2US Quevilly-Rouen Métropole

Jordan Lefort (Amiens SC/QRM) : « J’espère découvrir la Ligue 1 tôt ou tard »

0

Acteur majeur de la montée en Ligue 1 d’Amiens, Jordan Lefort ne fait pas partie de l’effectif de son club formateur cette saison. Il a été prêté à Quevilly, où il a joué l’intégralité du premier tour de Ligue 2. Une confirmation aux allures de progression pour le défenseur central qui n’était il y a deux ans “qu’un” latéral gauche remplaçant en National. La reprise 2018 de la Ligue 2 est l’occasion de revenir avec lui sur son année 2017 forte en émotion mais aussi sur la lutte pour le maintien que vivent en parallèle “ses deux clubs ». 

Pour commencer, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Jordan Lefort, je suis né à Champigny-sur-Marne, j’ai 24 ans. J’ai joué en district jusqu’à 15 ans, puis au CFFP, à Paris, en U15 DH. En U17 Nationaux, je joue à l’AS Montferandaise, et j’arrive à Strasbourg en U19. J’arrive à Amiens, où je joue avec la réserve et intègre le groupe pro. J’ai signé mon premier contrat professionnel l’année dernière.

 

Tu as effectué une partie de ta formation à Strasbourg, l’autre à Amiens. Comment s’est opéré ce changement ?

J’ai fait une seule année de formation à Strasbourg, en U19 Nationaux, et j’ai intégré le groupe CFA 2 en janvier. Je devais signer stagiaire professionnel, mais le club a déposé le bilan. Cependant j’ai vite été contacté par les dirigeant d’Amiens. Cela m’a forgé un vrai mental puisqu’à 18 ans, vivre un dépôt de bilan n’est pas facile ! Je remercie Amiens de m’avoir permis de continuer mon apprentissage.

 

En National, tu ne joues pas beaucoup, et fais une vingtaine d’apparitions en trois saisons. Comment se fait-il que la saison passée, tu trouve du temps de jeu en Ligue 2 ?

Il n’était pas du tout prévu que je joue à la base. Je devais même être prêté. Cela ne s’est pas fait, à cause de négociations salariales dans un premier temps. Puis, à deux semaines de la reprise du championnat, il y avait des suspendus et des blessés. J’ai donc été essayé lors du dernier match de préparation en défenseur central alors qu’avec le coach Pélissier je jouais essentiellement latéral gauche. J’ai fait un bon match. J’ai joué le premier match contre Reims, cela s’est bien passé et j’ai enchaîné 26 matchs.

 

La saison passée, à l’image d’Amiens, promu qui joue les premiers rôles, tu es une révélation pour les suiveurs de la Ligue 2. Tu sentais que tu avais passé un cap ?

Oui. Lorsque j’ai joué mon premier match de Ligue 2, je me suis senti à l’aise et j’ai été bon. Les matchs suivant aussi. Je sentais effectivement que je passais un cap, que je progressais. L’équipe a fait une très bonne saison, ce qui m’a permis d’en faire une bonne aussi.

Jordan Lefort sous le maillot d’Amiens la saison dernière en Ligue 2.

 

Tu te blesses malheureusement avant le sprint final. Comment as-tu vécu les folles dernières semaines ?
Je me blesse, j’étais très déçu, mais c’est un mal pour un bien puisqu’on monte en Ligue 1. Pour un joueur sur qui on ne comptait pas trop en début d’année, j’ai grandement participé à cette montée. C’est une très grande satisfaction personnelle d’avoir prouvé à beaucoup de monde que j’étais capable d’évoluer à ce niveau et dans une équipe très forte. Du coup, être sur le côté, c’est tout simplement horrible puisqu’on vit cela des tribunes, impuissant. C’est super stressant et cette dernière journée encore plus puisque j’étais attaché à mon téléphone, à suivre les résultats des autres matchs. Au final tout est bien qui finit bien !

 

Justement, raconte-nous ta soirée du vendredi 19 mai 2017. Le meilleur moment de l’année ?
Comme je l’ai dit dans la question précédente, c’est super stressant et encore plus depuis les tribunes. Le but à la dernière minute, c’est comme dans un rêve, on n’y croit plus, puis cela se produit. C’est un sentiment incroyable, il faut le vivre pour le ressentir. L’année entière est une année fantastique et cette dernière journée vient la conclure en beauté. Incroyable.

 

À ce moment-là, tu penses probablement que tu vas découvrir la Ligue 1, non ?

Oui et non, puisqu’on faisait déjà le point avec mon agent et les dirigeants des différents scénarios possibles en cette fin de saison. Sur le coup, je ne sais pas trop, je pars en vacances et me coupe du foot un moment en attendant de faire le point avec mon représentant.

 

Finalement, pendant l’été, on te fait comprendre qu’on ne compte pas sur toi pour cette saison. Comment te le dit-on ?

Ce n’est pas qu’on ne compte pas sur moi, c’est qu’on me fait comprendre que je n’aurai pas un temps de jeu conséquent, ce à quoi je m’attendais. Mais de là à se retrouver dans la peau d’un joueur qu’on n’utilise qu’occasionnellement, voire rarement, alors que j’ai quasiment fait une saison complète, c’était hors de question pour moi. Je suis jeune, je voulais jouer, même si faire quelques apparitions en Ligue 1 aurait été exceptionnel vu mon parcours. Mais j’ai été lucide, tant sur mon temps de jeu que sur mon niveau, et j’ai donc préféré partir en prêt.

 

C’est une situation que tu connaissais déjà, puisque tu t’étais retrouvé avec un statut pareil avant la Ligue 2. Qu’est-ce qui t’a poussé à partir cette fois, et pas tenter de te faire ta place à la force des coudes une deuxième fois ?

Je voulais partir pour jouer, je préférais faire 30 matchs de Ligue 2 que 30 de CFA 2 avec la réserve. La chance, je l’ai eue l’année précédente, il ne faut pas trop jouer avec ça (rire). C’était différent aussi, puisque je savais que j’allais être sollicité en Ligue 2. Mon statut avait changé après avoir fait une bonne saison, comparé aux années en National ou je n’avais quasiment pas joué.

 

N’est-ce pas frustrant de s’être battu pour un objectif, de l’avoir célébré mais de ne pas en récolter les fruits ?
J’étais déçu, certes, mais comme je l’ai dit, j’étais très conscient de la situation. Je suis content pour le club, la ville et mes potes qui jouent maintenant en Ligue 1. Je suis un bosseur, je suis patient, mon tour viendra !

 

Pourquoi avoir choisi Quevilly, alors que d’autres propositions de Ligue 2 se présentaient à toi ?
Déjà en National, le coach Manu Da Costa m’avait contacté et voulait qu’on travaille ensemble. Lors de notre montée en Ligue 2, alors que je devait être prêté, c’est à QRM que je devais atterrir. La suite logique pour moi était donc de venir en prêt à Quevilly. Le coach Manu Da Costa me contacte dès lors qu’il connaît la situation avec Amiens.

 

Quel regard portes-tu sur le début de saison de QRM ? Les objectifs ne sont pour l’instant pas en passe d’être réussis, n’as-tu pas l’impression que la marche est trop grande pour un club qui était en CFA il y a 2 ans ?
On fait deux gros premiers matchs de championnat avant d’être dans le dur. On fait de très bons matchs, mais les matchs de ce niveau se jouent sur des détails. Or QRM est un club jeune, avec de jeunes joueurs et peu de joueurs d’expérience. Nos prestations sont très intéressantes et on emmerde plus d’une équipe. Nos derniers matchs avant la trêve sont très encourageants et de bon augure pour la deuxième partie de saison.

 

Sur le plan personnel, le pari peut cependant être considéré comme réussi. Tu n’as pas manqué une seule minute de Ligue 2 ! Suffisant pour se consoler des résultats qui ne suivent pas ?
D’un point de vue personnel, oui, c’est satisfaisant car j’ai joué tous les matchs de championnat et de coupe. Mais c’est le collectif qui prime et l’équipe passe avant tout. Certes, j’ai joué tous les matchs, mais j’aurais préféré gagner plus !

 

Gardes-tu un œil sur les résultats d’Amiens ? Que penses-tu de leur début de saison ?
Oui, bien sûr. Ils ont eu trois phases je pense. La première a été de s’acclimater au championnat et ce n’était pas facile. La deuxième a été leur série d’invincibilité avec leurs bons résultats. Ce qui leur a permis d’engranger pas mal de points. Enfin, la troisième a été ce coup de mou avant la trêve. Mais je suis confiant pour leur maintien dans l’élite.

 

Lorsque tu es parti en prêt, il ne te restait qu’un an de contrat avec l’ASC. Est-ce toujours le cas ? Le club a-t-il fait part d’une volonté de te prolonger ?
Je suis en fin de contrat pour le moment, mais des négociations sont en cours.

 

Penses-tu que tu seras un joueur d’Amiens la saison prochaine ? Espères-tu encore découvrir la Ligue 1 ?
J’espère la découvrir tôt ou tard ! Dans le foot, on ne sait jamais de quoi l’avenir est fait. Je verrai au moment venu. Je travaille et j’ai confiance en moi.
Stadito remercie J. Lefort pour sa disponibilité et sa gentillesse, et lui souhaite le meilleure pour la deuxième partie de saison en Ligue 2 avec QRM.

Notre dernière interview :

https://stadito.fr/2018/01/09/issaga-diallo-objectif-contrat-gros-salaire-kazakhstan-azerbaidjan/

Jonathan Tunik

You may also like

More in A LA UNE