Florian Valot : « La MLS a de l’avenir »

 

A 24 ans Florian Valot vient de signer un contrat avec l’équipe première des New York Red Bulls. Après deux saisons passées en équipe « réserve », le français va jouer sa première saison en MLS. Il est revenu pour Stadito sur son parcours atypique: entre football amateur, centre de formation du PSG et de Monaco, sport universitaire et professionnel, en Écosse, France et aux USA, le milieu de terrain a tout connu.

 

 

Bonjour Florian, tout d’abord félicitations pour ta signature en équipe première, comment as-tu appris cette promotion ?

Merci beaucoup. Je ne vais pas dire que tout est allé très vite mais presque. J’ai été convoqué pour un entretien de fin d’année pour faire le bilan de la saison avec le staff et le directeur sportif. Je ne m’attendais pas à cette nouvelle malgré une saison plutôt réussie. Ce fut une très bonne surprise. Un très beau cadeau de Noël en avance (rires).

 

 

Après Aurélien Collin et Vincent Bezecourt tu deviens le troisième français de l’effectif, c’est un avantage pour toi de jouer avec des compatriotes ?

Oui effectivement. Ça a facilité mon intégration, même si j’ai été très bien accueilli et vite intégré par tout le monde. Je côtoie l’effectif depuis que j’ai rejoint le club il y a deux ans. Je m’entraîne avec eux régulièrement donc je connais bien mes coéquipiers.

 

 

Avant de partir aux États-Unis tu es passé par les centres de formation du PSG et de Monaco, tu peux un peu nous raconter ton parcours en France ?

Mon parcours est très particulier. Je suis passé par l’Écosse de 11 à 13 ans, où j’ai joué pour les Albion Boys Club avec qui j’ai gagné la coupe d’Écosse – je les salue d’ailleurs. Mes parents y étaient expatriés.

Quand je suis rentré en France j’ai essayé de prendre contact avec le PSG, sans succès. Je suis alors retourné au sein du club qui m’a vu grandir: l’US Croissy qui à l’époque était en quatrième division. Je n’y ai fait qu’une demie saison. Après de nombreux tours de recrutement, j’ai été sélectionné pour le tournoi d’île de France avec l’équipe des Yvelines où nous avons fait bonne figure en terminant troisièmes (un des meilleurs classement pour le 78). C’est au cours de ce tournoi que j’ai été repéré. Malgré de nombreuses propositions pour rejoindre les meilleurs centres de formation de France, ma famille et moi avons pris la décision de privilégier la proximité et d’intégrer le centre du PSG.

J’ai passé deux ans et demi dans ce centre avec une finale National U17 perdue aux tirs au but face à Sochaux. C’est au cours de ce match, que j’ai été repéré par Monaco qui jouait la finale U19 le lendemain. Tout est allé très vite ensuite. Un appel de Marco Simone, une visite dans la principauté, et rapidement le contrat de trois ans était signé. Rapidement, car j’avais besoin de découvrir quelque chose de nouveau, loin de la frénésie parisienne. Trois ans et une Coupe Gambardella plus tard, je m’attendais à signer un contrat pro d’un an mais malheureusement l’arrivée de nouveaux actionnaires avec un incroyable projet ne laissait que peu de place aux jeunes comme moi. Car il faut être honnête et lucide, je n’étais pas encore au niveau. Une sortie difficile, une blessure, des essais infructueux et me voilà sans rien pendant neufs bons mois.

 

Crédit photo: Joe Camporeale-USA TODAY Sports

 

Et du coup comment s’est fait le départ vers la Rider University (New Jersey)?

Après de nombreux essais infructueux, j’ai reçu un e-mail de la part de cette organisation qui envoie des jeunes étudier et jouer aux États Unis, la FFFUSA. J’ai participé à une journée de détection où de nombreux coachs universitaires étaient là pour nous superviser. Après ça j’ai reçu plusieurs offres dont une qui était bien au-dessus des autres: L’University of North Carolina. C’est l’une des meilleures universités du pays, classée dans le top 10 au niveau éducation et sportive. Malheureusement selon eux, mon dossier scolaire et mes notes étaient un frein à mon recrutement et ils ont décidé de prendre un autre joueur. Rider était la dernière université à vouloir me récupérer. Je ne regrette pas d’être parti mais mon seul regret est peut-être de ne pas avoir eu la chance d’atterrir dans une ville avec un plus gros campus universitaire, avec plus de 30 000 étudiants.

Ce fut un choix facile à faire, qui n’aimerait pas aller étudier et jouer au foot aux États-Unis? Je voulais continuer à jouer. J’avais besoin de m’éloigner de la France, de découvrir quelque chose de nouveau. Et l’opportunité de décrocher un diplôme et de jouer au « soccer » avec une bourse ont fait que le choix n’était pas une option mais une évidence. Et pour cela je dois remercier la FFFUSA qui fait un travail extraordinaire pour tous les jeunes qui rêvent de faire ce métier.

Mes parents ont toujours donné la priorité aux études et je les en remercie. Sans mes diplômes (Bac S et BTS MUC), il aurait été difficile de partir aux États-Unis car pour être éligible et pour pouvoir prendre part à une saison universitaire de 4 mois, il faut maintenir une certaine moyenne. Les études sont très importantes et c’est un message que j’essaye de faire passer et que l’on doit répéter. Il y a une vie après le foot et peu de sportifs gagneront suffisamment pour ne pas à avoir à travailler.

 

 

Tu passes ensuite deux saisons avec les NYRB II, dans quel état d’esprit tu étais durant ces deux années ?

J’étais en mode apprentissage et patient. Je ne m’attendais pas à atterrir dans ce club car j’avais tout simplement pensé à arrêter. Quand cette opportunité s’est présentée je l’ai prise comme un nouveau challenge, une nouvelle aventure. Pendant 6 mois, j’ai fait des aller-retours entre le centre d’entraînement et mon université pour m’entraîner et aller en cours afin de décrocher mon diplôme. En plus de cela, je travaillais pour gagner un peu d’argent car je n’étais pas encore payé. Ce n’est qu’après avoir obtenu mon diplôme que j’ai pu signer mon contrat et que tout a vraiment commencé. Au fur et à mesure je me suis senti bien, je prenais de nouveau du plaisir, mon niveau évoluait et je me suis permis de voir plus haut: pourquoi pas accéder à l’équipe première? Et puis gagner un trophée dès ta première saison en tant que titulaire (Il remporte l’United Soccer League en 2016, soit la D2 américaine, ndlr), cela aide à booster ta confiance. J’ai pris cette deuxième année comme une sorte de confirmation afin de voir si j’étais capable d’être performant sur une saison complète. Cela n’a pas été simple car durant la première moitié de saison je n’ai pas eu le rendement que j’espérais. Mais je me suis réveillé au bon moment afin de finir la saison en forme et de prendre part à une belle épopée qui nous a vu échouer aux portes de notre deuxième finale aux tirs au but.

 

Crédit photo: www.newyorkredbulls.com

 

 

Tu es un milieu de terrain droitier avec un bon pied gauche, tu as des références, des modèles à ce poste dont tu t’inspires ?

J’essaye de m’inspirer de tous les ailiers droitiers ou gauchers. Chaque grand joueur a une particularité qui fait de lui qu’il est le meilleur: Özil sa vision du jeu, Messi sa conduite de balle, Neymar ses dribbles, Hazard sa qualité à éliminer et j’en passe… Je suis droitier mais dans le football moderne il faut savoir utiliser les deux pieds et celui qui m’impressionne le plus aujourd’hui par son aisance technique c’est Ousmane Dembélé.

 

 

La MLS est un championnat qui d’année en année attire de plus en plus de joueurs et de spectateurs, comment tu vois cette ligue dans laquelle tu vas évoluer ?

Cela ne fait que commencer. Il y a de plus en plus d’engouement autour du soccer. Malheureusement le fait que les USA ne se soient pas qualifiés pour la prochaine Coupe du Monde peut être un frein. Mais la MLS a de l’avenir. Il y a plus d’affluence qu’en France. C’est un championnat relevé qui mérite plus d’attention.

 

 

Est-ce que tu ressens une passion ou une pression populaire dans le stade, dans une ville qui a beaucoup de belles équipes sportives mais dont le ‘soccer’ n’est pas forcément le plus suivi ?

Il y a énormément d’engouement autour de ce club malgré qu’il y ait deux autres clubs à New York. Bien sûr que le soccer est moins suivi que le basketball ou que le football (US) mais cela commence à changer doucement. Les infrastructures ici sont dignes des plus grandes équipes d’Europe.

 

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I am very happy to be joining the MLS team for the 2018 season. It's been a long journey from US Croissy, PSG and Monaco academies in France, to Scotland and the Albion Boys Club, and to Rider University, Soundersu23 and NYRB2 here in the United States. However it is certainly not the end but the beginning of a new chapter in my professional career. And to be a contributor to the team, I am aware that a lot more work needs to be done, and I am prepared for that. To the coaches, teammates, family and friends I want to say thank you for their endless support all along. I am really excited about what is coming next and I am looking forward to be back on the field to prepare the upcoming season ⚽️🔴🐂 @newyorkredbulls @nyrb2 @riderathletics @ridermenssoccer #newyorkisred

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Tu as connu le circuit français, quelles sont les différences principales avec ce que tu as vu aux USA ?

J’ai connu le circuit du centre de formation en France qui est beaucoup plus développé qu’aux États-Unis. Ici il n’y a pas vraiment de centre de formation. Les jeunes n’ont pas la possibilité d’intégrer une formation sport-étude car il n’y en a pas réellement. Ils sont donc scolarisés dans leur établissement respectif et viennent le soir pour s’entraîner. Puis après le collège, l’université dans laquelle ils atterrissent fait office de formation. Malheureusement le niveau varie considérablement d’une université à l’autre. Il est donc difficile de maintenir un niveau constant lorsque l’on se retrouve avec des joueurs qui ne sont pas passés par les formations de clubs MLS et qui sont en retard, autant tactiquement que techniquement.

 

 

Comment vois-tu le football européen ? Tu pourrais revenir y jouer un jour ?

Le football européen est pour moi la référence. Je continue bien évidemment à le suivre chaque weekend surtout la Premier League qui est retransmise ici. Bien sûr que j’aimerais y revenir pour jouer mais je dois d’abord m’imposer ici et faire des saisons pleines avant de pouvoir penser à autre chose.

 

 

Enfin quel est ton objectif cette saison ? Et qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?

L’objectif serait de faire une saison pleine avec la MLS, en jouant ou même en débutant le plus de matchs possibles afin d’acquérir de l’expérience et continuer à grandir. Je pense pouvoir apporter à cette équipe et contribuer à l’objectif qui est de soulever le trophée à la fin de la saison. Souhaitez moi une heureuse saison, pleine de buts, de bonnes performances et surtout de plaisir.
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