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Sabri Haddadou, la revanche d’un Titi parisien

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Il y a deux ans, Sabri Haddadou voit se fermer devant lui les portes du centre de formation du PSG. Aujourd’hui, à 18 ans, il a bourlingué pour finir par s’imposer au sein des U19 du… Paris-Saint-Germain. Une jolie revanche qu’il explique par le travail, mais aussi par son père et, plus rare, par les journalistes.

On l’avait connu chouchou des médias dans le club amateur de Poissy, retrouvé en mal de confiance à Angers un peu plus tard. Quelle surprise donc d’apprendre que le fils de Mohamed Haddadou, ex-joueur de Reims notamment, dispute désormais la Youth League avec le maillot du PSG. Ce même club qui n’avait pas voulu l’intégrer à son centre de formation, en raison d’une relation difficile avec son directeur, Bertrand Reuzeau. « Il ne m’appréciait pas beaucoup, footballistiquement et humainement », admet Sabri, qui refuse cependant de résumer à ce manque d’affinités son incapacité à franchir le pas séparant l’association PSG du centre de formation.

Les journalistes, imparable carte de visite

Il se console en revenant à Poissy, un de ses premiers clubs, où il connaît une mise en lumière rare parmi les jeunes amateurs. Sous le maillot jaune du club francilien, qui réalise un parcours de petit poucet en Gambardella, il attire l’œil des journalistes de l’Équipe, Le Parisien et même de Stadito. Lorsque nous l’interrogeons, en avril 2016, il nous confie qu’une demi-douzaine de clubs français et deux clubs anglais lui ont fait part de leur intérêt. Lucide, il réalise que « ç’aurait pu être un de [ses] coéquipiers », et que sans cette « pub » que lui ont fait les médias, il n’aurait jamais reçu tant de propositions.

Lors de son interview réalisée pour Stadito en 2016, Sabri se montrait reconnaissant d’être passé par le PSG, même s’il regrettait de n’en avoir pas intégré le centre.

Après avoir notamment réalisé des tests à Tola Vologe, il choisit Angers, où il intègre la première fois un centre de formation. « On m’a dit de pas hésiter, que les centres étaient tous les mêmes » se souvient-il. Au moment de juger par lui-même, le constat est cependant différent. Il joue, réalise une saison correcte qu’il conclut par quelques apparitions en CFA2, mais est marqué par la mentalité au sein du club, notamment de la part du directeur du centre : « Il a tendance à énormément nous rabaisser, il nous critique sans cesse, regrette Sabri. Il fait tout pour notre réussite, mais en nous disant des choses qui nous blessent, dans le but de provoquer une réaction. Moi, on m’a dit des choses que je ne pouvais pas entendre. »

En manque de confiance, Sabri décide de partir lorsque le club ne lui propose pas le contrat stagiaire professionnel qu’il espérait décrocher. « J’avais la possibilité de jouer en équipe réserve mais avec une convention, ce qui n’est pas intéressant sportivement et signifie qu’on ne croit pas en moi. » Heureusement pour le jeune attaquant, il peut compter sur son père, qui travaille dans l’ombre. Sans en toucher un mot à son fils, pour ne pas le déconcentrer, il lui obtient une seconde chance au PSG, où il passe un test durant l’été.

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Dave Winter – Getty Image

« En Youth League, entrer en jeu est une fierté »

Six mois plus tard, le bilan est positif sous tout angle. Le nouvel arrivé des U19 – à qui le PSG n’a pas encore offert de contrat mais qui joue sous convention professionnelle – a réussi à gagner la confiance du coach et se faire sa place dans le vestiaire. « Il faut savoir que ça fait presque 4-5 ans que l’équipe que j’ai rejoint n’avait pas eu de recrue, donc ce n’était pas forcément facile de s’imposer ».

Le transfuge est heureux de redécouvrir un club où la mentalité lui convient, avec une « pression, une bonne pression, qui manquait à Angers ». Contrairement à son premier passage au club, il est enfin un membre à part entière du centre de formation, parmi ceux qu’il croisait lors des tournois internes et qu’il enviait. Il apprécie aujourd’hui ce groupe qui sait vivre à deux vitesses : une bonne ambiance « rigolade » dans le vestiaire, une autre sur le terrain où « on sent la concurrence ». Les amis le sont pendant la semaine, à l’inverse des quelques heures du samedi après-midi où chacun est responsable de sa performance.

Dans cette ruée vers le succès, Haddadou s’en sort pour le moment avec les félicitations du jury. En plus d’être un titulaire habituel au sein de la ligne d’attaque francilienne – « Les stats suivent, je marque un peu, fait des passes décisives » –, il est entré en jeu face à Anderlecht et au Bayern en UEFA Youth League. Une information qui peut paraître évidente, mais ne l’est pas lorsque l’on sait que l’équipe alignée dans la compétition est composée de joueurs de National 2. « Je suis face à des mecs comme Timothy Weah, ce n’est pas comme en U19, la concurrence n’existe même pas, justifie-t-il. Rien qu’entrer en jeu, c’est une immense fierté. »

 

Il y a 3 ans 😂😂 vs @liverpoolfc

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« Ben Arfa est un mec très sympa »

Le bilan est si positif que le jeune prodige se sent désormais prêt à signer un contrat stagiaire si le club veut bien prolonger la belle histoire. Il s’autorise à viser haut. « Je suis conscient que, quoi qu’il arrive, avoir le PSG sur son CV ouvre des portes, assure celui qui finira ses études par un bac en fin d’année scolaire. Mais ce n’est pas ce que je souhaite. Mon rêve est de signer pro au PSG, j’aimerais devenir un grand joueur de ce club. »

Le Franco-Algérien sait l’immensité du travail qui se dresse devant lui. Cependant, il a pu compter sur un avant-goût pour se motiver. Lors de la trêve internationale de novembre, en sortant de l’entraînement, les Titis apprennent que « le coach Emery veut maintenir sa séance d’entraînement avec une opposition ». Le staff technique pioche donc des joueurs parmi la réserve et les U19, qui encerclent leur coach Hervé Guégan pendant que celui-ci dévoile les noms des élus. « Il cite des noms, on se regarde, on se demande qui y va, se rappelle l’ailier gauche. J’ai cru que je n’y serais pas, mon nom est sorti à la fin. Quand il te dit ‘Sabri, avec les pros’, tu ressens une sacrée pression positive. »

Heureusement, le stress qu’il ressent lorsqu’il se prépare, à l’idée d’évoluer sous les yeux d’Unai Emery et du staff technique, s’évapore une fois sur le terrain, et il profite pleinement de sa séance aux côtés de Lucas, Thiago Motta, Giovanni Lo Celso ou encore Hatem Ben Arfa. « C’est un joueur dont je m’inspire beaucoup, dit-il du dernier cité. Quelqu’un le lui a dit, et on a pas mal parlé. Un mec très sympa, qui aide et conseille. Dans le vestiaire ? C’est un fou, il rigole tout le temps. Il nous a parlé de sa situation, je suis dégoûté pour lui. »

 

 

Fin du tournoi Otten Cup 🔴🔵

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Stadito remercie Sabri Haddadou pour sa disponibilité et sa gentillesse et lui souhaite une très bonne suite.

 

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https://stadito.fr/2017/12/15/moussa-guel-fc-lorient-moustoir/

Jonathan Tunik

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