Bayern / PSG : Paris doit finir le travail

Pour son dernier match du premier tour de la Ligue des Champions, le Paris Saint-Germain se déplace ce soir à l’Allianz Arena pour défier le Bayern Munich (20h45). En jeu : la première place du groupe, qui semble quasiment aux mains des Parisiens. Sauf cataclysme, en tout cas …

La plaie est encore ouverte.

Les improbables péripéties d’un soir de mars 2017, au Camp Nou, laissent de nombreux stigmates. Le souvenir est fugace. L’Histoire le retiendra. C’est ainsi. L’humiliation subie par le PSG à Barcelone, en huitièmes de finale retour de la Ligue des Champions, a sacralisé le terme « remontada », entré dans la légende respective des deux clubs. Pas de la même manière, certes. Tandis que les Blaugranas plongeaient dans l’ivresse, Paris semblait tomber dans l’abîme, et le projet des Qataris sérieusement s’essouffler.

Finalement, ce revers mémorable a servi de relance aux rêves de grandeur des Parisiens. Un an après la déconvenue face à Manchester City, en quarts de C1, le renouveau était indispensable. Il avait commencé avec la nomination d’Unai Emery en 2016. Il s’est poursuivi cet été. Et, sans dire que la blessure a pleinement cicatrisé – quoiqu’il en soit, elle apparaîtra à jamais –, le PSG a réenclenché la marche avant, sous l’impulsion d’un mercato frivole et démesuré, ayant vu les arrivées successives de Neymar (222 millions d’euros) et Kylian Mbappé (180 millions).

De l’abîme au sommet ?

Depuis le début de la saison, le Paris Saint-Germain fait forte impression. L’accroc de samedi dernier, à Strasbourg, dans la fraîcheur d’une Meineau chauffée à blanc (1-2), ne ternit guère l’impression de domination écrasante dont font preuve les Franciliens en championnat (9 points d’avance sur Lyon, 2e) ; notamment par rapport à Monaco, champion en titre vidé de son éclat durant l’été. La puissance du trio offensif parisien – auquel on a voulu apposer l’acronyme « MCN » – et la qualité de son effectif pléthorique ne se démentent pas.

En Ligue des Champions, le constat est similaire, et peut-être même encore plus frappant. Défense efficace (1 seul but encaissé), raclées à la pelle (entre 3-0 à 7-1) et record de buts marqués sur une phase de poules de C1 (24 buts) en seulement cinq rencontres : le PSG broie tout sur son passage et figure logiquement en tête du groupe B. Au gré de l’entente florissante entre Mbappé, Cavani et Neymar, Paris travaille encore pour devenir une véritable équipe. Mais ses performances l’ont déjà érigé en candidat très sérieux à la victoire finale.

D’aucuns argueront qu’il est peu pertinent de juger ce PSG face à de faibles oppositions telles qu’Anderlecht ou le Celtic Glasgow. Ils auront partiellement raison. Mais les difficultés rencontrées par le Bayern Munich face à ces mêmes équipes (deux courts succès 2-1 à l’extérieur) tendent à pondérer cette analyse. Surtout, le match aller des Parisiens face aux Bavarois (3-0) fut un premier signal positif. Le style de jeu instauré par Unai Emery, essentiellement basé sur la verticalité, a semblé très bien convenir à sa formation, douée techniquement et apte à se projeter très vite vers l’avant.

Ne pas se compromettre

Bien sûr, la réalité de décembre n’est pas toujours celle du printemps. Les contre-exemples sont nombreux. Là n’est pas la question. Paris, quoiqu’il en soit, doit encore se jauger. La rencontre face au Bayern, ce soir, lui en donne l’occasion. Mais l’affrontement ne sera pas dénué d’enjeu. La première place du groupe reste encore à attribuer. Le large succès acquis par le PSG face au Bayern en octobre lui permet toutefois d’aborder ce match retour en position de force. Les coéquipiers de Robert Lewandowski ont en effet besoin de s’imposer par 4 buts d’écart pour doubler le club de la capitale.

@ Christophe SIMON/AFP

Le scénario paraît invraisemblable. Il n’est pas impossible pour autant. Paris ne le sait que trop bien. Ce soir, il serait bon de vite écarter le spectre d’une nouvelle remontada. Elle n’aurait pas le même poids, certes. Elle n’en serait pas moins dommageable. Et, plus que la tête du groupe, le PSG joue aussi sa crédibilité européenne à l’Allianz Arena. Il ne doit pas se compromettre. Alors, en attendant les échéances de février, Paris ferait mieux d’assumer son nouveau statut. Histoire, simplement, de s’éviter quelques soucis superflus.

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