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FCGB / OM : Pourquoi Bordeaux n’avance plus ?

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Ce devait être un match entre deux équipes à la lutte pour le podium, mais un écart s’est déjà creusé entre elles. Au moment de recevoir Marseille (4e), pour l’un des classiques du Championnat de France, Bordeaux pointe au 9ème rang, déjà distancé à 8 points de son adversaire du soir. Après un bon début de saison, les Girondins accusent actuellement une série de 5 matches sans victoire. Alors, pourquoi un tel coup d’arrêt ? Tentatives d’explication.

Bordeaux titube. Depuis plusieurs matches, les Girondins n’ont plus trop les idées claires. Après une douce mise en bouche la saison dernière, la cuvée 2017-2018 devait nous plonger dans l’ivresse. Mais, tant par le jeu que par les résultats, le projet de Jocelyn Gourvennec peine à vraiment prendre corps. La saison est bien sûr loin d’être finie, mais Bordeaux aurait raison de vite se reprendre en main afin d’éviter la gueule de bois. Pour cela, nous avons cherché à comprendre pourquoi les coéquipiers de Malcom n’étaient plus à la fête depuis plusieurs journées.

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La gifle reçue à Paris

A la vue des résultats obtenus par Bordeaux depuis le début de la saison, un tournant ressort inévitablement : la lourde défaite subie au Parc des Princes (6-2), le 30 septembre, lors de la huitième journée. Avant ce match, les Girondins restaient sur une série de 14 matches sans défaite (à cheval sur deux saisons), agrémentée par un début de saison honnête en championnat (4 victoires, 3 nuls), leur permettant de monter sur le podium, en troisième position. Depuis, l’équipe de Gourvennec n’a plus connu la victoire (série de 5 matches en cours), restant même sur 3 défaites consécutives.

Dans une interview accordée à Sud-Ouest vendredi, Jocelyn Gourvennec a confirmé l’impact négatif du large revers face au PSG : « On a fait un début de saison convaincant, pendant sept matches. Le huitième à Paris a mal tourné. (…) Je pense que ce match-là a un peu déréglé l’équipe. Cela a créé un peu de doute. Il faut que l’on arrive à se sortir de ce cercle-là. » Ce jour-là, Paris avait signé un véritable récital. En 21 minutes, Neymar et consorts menaient déjà 3-0, et ont même rajouté un autre but avant la mi-temps.

Bordeaux n'a pas fait le poids face au PSG (Photo AFP)

Bordeaux n’a pas fait le poids face au PSG (Photo AFP)

Pour autant, selon Florent Toniutti – fondateur du site chroniquestactiques.fr –, il ne faut pas se formaliser sur la série actuelle. Les mauvais résultats de Bordeaux peuvent également s’analyser de manière individuelle : « Il y a le match à Amiens, qui est clairement raté, le pire depuis l’élimination face à Videoton eu Ligue Europa, explique-t-il. Autrement, Bordeaux a clairement manqué de réussite. » Une vision que partage Jocelyn Gourvennec, toujours auprès de nos confrères de Sud-Ouest : « Chaque match a son histoire (…) On a été absent à Amiens. On a réussi une très bonne première période, contre Monaco. Ce ne fut pas suffisant. Derrière, on fait un mauvais match à Rennes. On est en dents de scie. », a-t-il déclaré.

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Un banc peu performant

Derrière son onze titulaire, Bordeaux semble disposer d’un banc solide, aussi bien quantitativement que qualitativement. Cafu, Vada, Plasil, Mendy ou encore Laborde font figures de remplaçants aptes à venir suppléer les premiers couteaux. Certains sont arrivés lors du mercato (Cafu, Mendy) ; d’autres étaient même titulaires l’an passé (Plasil en début de saison ; Vada et Laborde par la suite), avant de glisser dans la hiérarchie au mois d’août. Or, depuis leur arrivée ou leur relégation sur le banc, ces joueurs n’ont guère été performants lorsqu’ils ont eu l’occasion de s’exprimer.

Pour Florent Toniutti, le problème est là aussi mental : « Pour l’heure, Mendy est le seul remplaçant satisfaisant. Cafu a encore besoin de s’acclimater. Et, dernièrement, Plasil et Vada n’étaient pas du tout au niveau. Idem pour Laborde, avant sa blessure (absent pour encore 2 mois, à cause d’une fracture au pied gauche, ndlr), qui a raté la préparation et le match contre Videoton. Ces joueurs ont eu du mal à accepter l’arrivée de concurrents. Tout de suite, le banc paraît court en qualité. » Même longueur d’onde pour Gourvennec auprès de L’Équipe : « (…) Si vous laissez des joueurs qui ont surperformé dans les mêmes dispositions avec un chèque en blanc, il y a de grandes chances qu’ils s’endorment. Il faut pouvoir stimuler son groupe et créer de la concurrence pour hausser le niveau. Ceux qui pensent qu’être plus souvent sur le banc que sur le terrain c’est une mauvaise chose, il faut qu’ils le montrent. Ça n’a pas toujours été le cas pour l’instant. »

Vada est moins performant cette saison (photo AFP)

Vada est moins performant cette saison (photo AFP)

La seconde explication du problème de banc réside, selon Florent Toniutti, dans la construction de l’effectif : « Bordeaux a construit son groupe pour jouer l’Europa League. Quasiment tous les postes sont doublés, détaille-t-il. De fait, ces remplaçants, qui devaient jouer plus en Europe, manquent aujourd’hui de rythme quand ils sont alignés sur le terrain. » Contre Rennes, notamment, Jocelyn Gourvennec avait largement remanié son effectif, qui a clairement manqué d’automatismes et d’allant offensif.

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Une animation offensive plus difficile

Si le banc a sa part de responsabilités, les titulaires ne sont pas exempts de tout reproche non plus. Les Marines et Blancs ont du mal à construire leurs offensives et à se créer des occasions franches. « Je crois vraiment que l’on doit retrouver notre flamme, notre étincelle, notre capacité à être dynamique, a résumé Gourvennec dans les colonnes de Sud-Ouest. On l’a moins été sur le dernier mois. On a vraiment besoin que les joueurs qui apportent un petit plus dans le dynamisme, je pense à Sankharé, à Kamano, même à Malcom, Cafu et De Préville, se retrouvent. On a besoin d’eux pour déstabiliser l’adversaire. »

Le 4-3-3 mis en place par l’entraîneur bordelais depuis bientôt un an repose pour beaucoup sur l’impact des ailiers que sont Malcom et Kamano. Si leur influence est réduite, l’animation en est forcément impactée, comme l’explique encore Florent Toniutti : « Dans ce schéma de jeu, pour simplifier, la création est inhérente aux ailiers, qui doivent provoquer pour créer des ouvertures au cœur du jeu, dont pourront profiter les relayeurs ou l’attaquant de pointe. » Or, actuellement, cette alchimie est moins évidente : « A mon goût, Malcom fait preuve de moins de spontanéité depuis quelques matches, poursuit-il. Il ne fait plus le décalage au bon moment. Et si les ailiers ne sont pas bien, ça casse tout. Ce ne sont pas les relayeurs qui vont amener de la créativité. »

Malcom, l'étincelle girondine (photo IconSport)

Malcom, l’étincelle girondine (photo IconSport)

Les relayeurs, justement, sont également moins décisifs qu’en début de saison. Lors de la seconde moitié du dernier exercice, les milieux de terrain étaient devenus une véritable force du dispositif girondin. Younousse Sankharé et Valentin Vada – respectivement 4 et 6 buts entre janvier et mai – dépassaient souvent leur fonction en se retrouvant aux abords de la surface de réparation adverse. Depuis la défaite à Paris, l’influence de ces milieux semble plus restreinte. « Comme expliqué plus tôt, cela part d’abord des ailiers, mais les relayeurs sont aussi dans un creux, c’est vrai, surtout Lerager », confirme Florent Toniutti.

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Vers un changement de schéma ?

L’une des solutions évoquées pour pallier à ces difficultés serait un changement de schéma tactique. En cause, notamment, les difficultés rencontrées par Nicolas De Préville depuis son arrivée en provenance de Lille à la fin du mercato estival. Aligné en pointe du 4-3-3 girondin, l’ancien Rémois n’a toujours pas inscrit le moindre but avec Bordeaux. Or, l’attaquant de 26 ans est décrit comme plus à l’aise sur un côté, ou en soutien d’un autre attaquant. Aussi, un retour au 4-4-2 pourrait lui être bénéfique. Mais Gourvennec ne l’entend pas de cette oreille : « Pour moi, son positionnement et le système sont un non-débat, a-t-il confié à L’Équipe. Les ressorts, pour lui, ça ne sera pas là-dessus. C’est en lui, dans sa capacité à se faire plus confiance. »

De Préville attend toujours d'ouvrir son compteur avec Bordeaux (photo AFP)

De Préville attend toujours d’ouvrir son compteur avec Bordeaux (photo AFP)

En admettant que Gourvennec opte pour un passage au 4-4-2, cette bascule à deux attaquants propulserait Alexandre Mendy titulaire, voire Gaëtan Laborde à son retour de blessure. Florent Toniutti, lui, n’en fait pas une formalité : « Quand De Préville a signé, c’est vrai que j’étais surpris, admet-il. J’avais du mal à l’imaginer en pointe. Gourvennec a évoqué le système de Naples et l’évolution du profil de Mertens, qui, aujourd’hui, évolue seul dans l’axe à très haut niveau. J’ai encore des réserves, mais il faut attendre. De Préville a besoin de confiance. Avant d’avoir un avis définitif, je veux le voir à son vrai niveau. Au niveau qu’il avait avec Lille la saison dernière. »

Face à Marseille, Jocelyn Gourvennec devrait conserver son 4-3-3. L’absence de Jovanovic (suspendu) et celle probable de Toulalan (douleur au cou) n’incitent guère à bousculer les habitudes. Mais la réception des Phocéens est un match clé. Par ce qu’il représente (les fameux 40 ans d’invincibilité) et par le contexte actuel (les 4 défaites en 5 matches). En outre, les Ultramarines célébreront ce soir leur trentième anniversaire. Une contre-performance serait mal venue. « S’il n’y a pas de résultat, cela va commencer à siffler pour Gourvennec, surtout auprès des supporters, souffle Florent Toniutti. Dans ce cas, je ne serais pas surpris par un changement de schéma. Cela créerait un électrochoc. » C’est en changeant de système que Bordeaux avait retrouvé la lumière l’an dernier. En sera-t-il de même cette saison ? Du résultat face à Marseille dépend une grande partie de l’équation.

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