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« savoir gagner avec humilité »

« Ça c’est pas bien, ça c’est pas bien du tout, notamment à 5-0, ça vaut vraiment pas le coup de faire ça » a commenté sur Canal + Stéphane Guy en voyant Nabil Fékir tendre son maillot au Kop Sud de Geoffroy Guichard après son dernier but. Et à Eric Carrière – ex-joueur de Lyon – de rajouter : « Il faut savoir gagner avec humilité ». Dimanche soir on avait l’impression que les commentateurs et beaucoup de spectateurs découvraient l’esprit du derby entre l’ASSE et l’OL.

Y–a-t-il de la place pour le chambrage dans le  football ?

Le débat a eu lieu toute la journée sur les réseaux sociaux, et on n’arrive pas à se mettre d’accord. Certains trouvent « inadmissible et anti-sportif » le geste de l’international Français, demandant même à ce qu’il soit sanctionné par la commission de discipline. A ceux-là je demande, qu’auraient-ils dit face à Gascoigne, Keane ou Cantona ? Il semble évident que ces spectateurs n’ont jamais assisté aux Bordeaux-OM bouillants des années 1980, aux derbys de l’ère Jérémie Janot, aux Montpellier-Nîmes, aux Toulon-OM, aux Bastia-Nice, et j’en passe. Si je comprends que l’on ne cautionne pas la violence – qui était d’avantage présente il y a quelques années – comment peut-on condamner ces gestes ou paroles qui ne rendent les matches que plus attractifs ?

Credit: Action Images

On le dit souvent, un derby ou un « classico », ce n’est pas un match comme un autre, car il génère plus d’engouement et plus de passion. Et il y a un signe qui ne trompe pas, outre les affluences dans les stades, ce sont les audiences. Même si une des équipes est relégable, un OL-ASSE ou un OM-PSG sera systématiquement mis en tête d’affiche par les diffuseurs, et attirera énormément de spectateurs.

Est-ce alors compréhensible que ce sont des matches qui sortent de la logique habituelle ?

On pourrait citer beaucoup d’exemples connus, mais il y en trop : la victoire des Espoirs Suédois face à la France en 2014 n’est que plus belle grâce au geste de Layvin Kurzawa ; les défaites Lyonnaises sont doublement savourées par leurs adversaires au vu des sorties médiatiques de Jean-Michel Aulas qui précèdent souvent les gros matches ; et ce dernier derby restera dans les mémoires de supporters des Gones grâce à ce geste de leur attaquant.

Ces images resteront dans la légende. Layvin Kurzawa subit le retour de bâton des suédois après les avoir chambré.

Si un jour le football devient un sport dans lequel tous les déplacements de supporters sont interdits, où les buts ne peuvent plus être fêtés en tribune comme sur le terrain ou dans lequel les fans ne sont plus autorisés à accueillir avec véhémence leurs adversaires, si un Plan Leproux généralisé est appliqué en France, si on n’inculque plus l’amour du maillot aux joueurs – et donc les rivalités inhérentes – ce ne sera plus le football.

Le football c’est la passion, la ferveur et surtout la rivalité.

Alors non, le football n’est pas parfait. Et pour certains c’est même un sport dans lequel on regarde « des millionnaires se jeter par terre au moindre contact ». Un sport plein de mauvaise foi, de subjectivité et de coups bas. Un sport à l’image de la société, où on ne se fait pas de cadeau et où la victoire chez un ennemi n’est que plus savoureuse. Mais c’est le sport que l’on aime, lorsque l’on est au stade, on chante, on vibre, on pleure et on tremble face à nos « ennemis ». Si on enlevait tout ce contexte, un derby serait seulement un match entre une équipe A et une équipe B dont le vainqueur prendra 3 points.

Cette passion, cet amour c’est ce football là que l’on aime.

Donc je le dis clairement : vive les provocations, vive les derbys et vive les rivalités. Et puis, franchement, quoi de mieux que croiser un collègue supporter de l’équipe adverse un lundi après une victoire ? Pas grand-chose, croyez-moi.

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Lorisito
Le foot c'est plus intéressant dans les tribunes que sur le terrain "Ce que je sais de la morale, c'est au football que je le dois." - Albert Camus

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