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AS Monaco / SM Caen : Monaco, c’est Caen le rebond ?

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Champion de France en titre, l’AS Monaco traverse une zone de turbulences depuis plusieurs semaines. Les Monégasques restent bien placés en championnat, mais feraient mieux de rapidement reprendre leur marche en avant. Ils en ont l’occasion dès cet après-midi (17h), avec la visite du Stade Malherbe de Caen au stade Louis II.

L’ASM est au creux de la vague. Après un début de saison particulièrement réussi (4 victoires lors des 4 premières rencontres de Ligue 1), les Monégasques accusent le coup. Leur dernier succès remonte au 22 septembre dernier au Stade Pierre-Mauroy de Lille (0-4). Depuis, ils restent sur une série de 4 matches sans victoire, en championnat (nul 1-1 contre Montpellier ; revers 2-3 à Lyon) comme en Ligue des Champions (défaites à domicile 0-3 contre Porto et 1-2 contre le Besiktas).

Au lendemain d’une saison magnifique ponctuée par un titre de Champion de France et une demi-finale de Ligue des Champions, le soleil peine à se relever. Tant dans le jeu que les résultats, le zénith semble bien loin pour les hommes de Leonardo Jardim. S’ils ont pu sauver les apparences contre des équipes plus abordables (succès contre Toulouse, Dijon, Metz, Marseille, Strasbourg, Lille), ils ont cependant échoué lors de tous leurs gros rendez-vous. La gifle reçue à Nice avait servi d’avertissement (0-4). La mauvaise série actuelle n’en est que la confirmation.

 

A l'image de son équipe, Fabinho peine à trouver son meilleur niveau © Jonathan Tunick

A l’image de son équipe, Fabinho peine à trouver son meilleur niveau © Jonathan Tunick

 

Le fruit de la politique sportive

Ce n’est pas la première fois que Monaco connaît de tels soucis. C’est même une chose assez courante. La saison du titre fait presque office d’exception. Les deux premiers exercices de Jardim à la tête de l’équipe princière n’avaient en effet pas démarré sous les meilleures auspices. Après 9 journées de championnat, l’ASM affichait 4 défaites et 2 nuls en 2014 (13ème avec 11 points) puis 2 défaites et 4 nuls en 2015 (10ème avec 13 points).

Cette saison, la situation est globalement mieux engagée (2ème avec 19 points), mais la source du problème reste fondamentalement la même. C’était déjà le cas en 2014, cela s’est répété en 2015, cela se confirme en 2017 : Monaco est victime de la vague de départs subie durant l’été. Les maux ne sont pas nouveaux. Il y a trois ans, James Rodriguez et Radamel Falcao avaient quitté le navire. La saison suivante, ce fut Abdennour, Ferreira-Carrasco, Kondogbia, Kurzawa ou encore Martial. Le schéma se répète.

Falcao doit désormais faire sans Mbappé © Jonathan Tunick

Il n’y a pas de mystère. Le seul début de saison satisfaisant de l’ère Jardim, c’était l’an dernier, sur la route du titre. C’est aussi la seule saison du coach portugais où la balance des transferts était négative, avec un déficit avoisinant les 32 millions d’euros. Une somme bien loin du bénéfice de 150 millions récolté durant le dernier mercato (en comprenant le prêt de Mbappé). La dynamique actuelle n’est que le fruit de la politique sportive. Au meilleur de sa forme, le phénix s’est immolé. Et si les Monégasques parviennent encore à garder le cap en Ligue 1, ils en payent déjà les conséquences en C1, où la sortie de piste n’est plus très loin.

 

Un mal individuel et collectif

Ainsi, les difficultés récentes de l’ASM n’ont rien d’étonnant. Elles sont la conséquence logique du chamboulement d’un effectif que Leonardo Jardim doit désormais repenser. Et, justement, le tacticien portugais peine à dégager un schéma de jeu et un onze titulaire. 4-4-2 ou 4-2-3-1 ? Moutinho ou Tielemans ? Diakhaby ou Jovetic ? Ghezzal ou Rony Lopes ? Quid de Keita Baldé ? Sur le Rocher, les certitudes sont encore minces après deux mois de compétition.

En ce sens, Monaco rencontre une double difficulté : les recrues peinent à atteindre le niveau annoncé alors que le collectif se cherche des automatismes. L’effectif a intrinsèquement perdu en qualité, mais l’intégration des nouveaux arrivants pose toutefois question. Si complémentaires l’an passé, les binômes mis en place par Jardim (Sidibé – Silva, Mendy – Lemar, Fabinho – Bakayoko et Falcao – Germain / Mbappé), ont tous été cassés, à l’exception de la charnière Glik – Jemerson. Aujourd’hui, ils ne parviennent pas à se renouveler.

 

Et, pour ne rien arranger, le mal est contagieux. A l’exception d’un Radamel Falcao rugissant de toutes ses forces (13 buts toutes compétitions confondues), les cadres de l’an dernier ne sont guère à leur avantage. Lemar a l’air perdu depuis le départ de Benjamin Mendy, tandis que Fabinho semble traîner son spleen au milieu de terrain. Même Kamil Glik, intraitable lors du mois d’août, montre des signes de fébrilité depuis plusieurs semaines, notamment en Ligue des Champions.

 

Pas encore le temps du fatalisme

Il existe ici une certaine forme de paradoxe. Monaco réalise un départ plus que convenable en Ligue 1, mais ses lacunes actuelles nous apparaissent plus évidentes que lors des dernières saisons. Ce n’est pas anormal non plus. L’ASM doit porter le poids des éclatants résultats obtenus il y a quelques mois. Mais, avec quatre titulaires en moins (sans compter Germain), la tâche est beaucoup plus ardue. Falcao ne peut pas servir de béquille à plein temps. Et il faut du temps avant de retrouver une stabilité.

Jardim en a l’habitude. Chaque année, il sait tirer le meilleur des hommes à sa disposition. Pour preuve, il n’a jamais été absent du podium depuis sa prise de fonction (3e en 2015 et en 2016, 1e en 2017). Cette saison, l’objectif reste le même. Et, contrairement à l’été 2015, les départs, certes majeurs, ont relativement bien été comblés. En Ligue des Champions, il reste une lueur d’espoir. En Ligue 1, les voyants sont encore au vert. A Monaco, ce n’est pas encore le temps du fatalisme. La réception de Caen, à 17h, est une marche à gravir. La première vers la renaissance du phénix.

Leonardo Jardim entame sa quatrième saison sur le banc monégasque © Jonathan Tunick

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