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Damien Da Silva, taille patron

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Passé par le centre de formation des Girondins de Bordeaux pendant dix ans, Damien Da Silva a dû faire ses armes en Ligue 2 et en National. Discret, travailleur et combattant dans l’âme, le Caennais est un homme de base des Malherbistes, avec lesquels il entame sa quatrième saison.

Né à Talence, dans la banlieue bordelaise, Damien Da Silva commence à jouer au foot aux Girondins de Bordeaux, à l’âge de cinq ans. Il intègre le club au scapulaire sur les conseils d’un ami de ses parents, éducateur chez les Girondins.

Une formation au Haillan

Damien Da Silva passera dix ans chez les Marines et Blancs. Réservé, généreux et très travailleur, il ne sort pas forcément du lot. Il faut dire qu’à l’époque, il n’évolue pas en défense mais au milieu. Un poste qui correspondait moins à ses qualités. « Pour jouer au milieu, il manquait un peu de technique mais il compensait par son placement et sa vision du jeu. Comme il était dur sur l’homme, très combatif et doté d’un bon jeu de tête, lorsqu’il a été replacé en défense, il a été très efficace » explique Jean-Jacques Gresser, préparateur physique du centre de formation et responsable de la préformation à Bordeaux. Malheureusement, « personne n’a pensé à le faire décrocher en défense durant sa formation » continue-t-il.

C’est sur les terrains d’entrainements du Château du Haillan que Damien Da Silva a touché ses premiers ballons

Celui qui s’inspire, alors, d’Eduardo Costa, milieu de terrain brésilien ayant joué trois saisons en Gironde, côtoie, notamment, dans sa génération Paul Baysse et Henri Saivet, ce dernier étant surclassé. Il portera même le brassard à quelques reprises. « Ne serait-ce que par sa rage de vaincre, il a ce tempérament de leader. C’est quelqu’un de bien qui a des valeurs parce que sa famille les lui a inculquées. Il a un certain respect de ses coéquipiers » indique Jean-Jacques Gresser. Devant faire face à une grosse concurrence à son poste, le Bordelais doit faire ses bagages à 15 ans. « Cela nous a servi de leçon, en quelque sorte, parce qu’il ne faut pas toujours être hâtif dans son jugement avec les jeunes. On ne sait jamais comment un jeune va évoluer. Parfois il y a des joueurs qui sont moins doués mais plus travailleurs. Et ce sont souvent ceux-là qui réussissent » avoue celui qui a suivi le parcours et est resté en contact avec son ancien protégé.

Repositionné en défense aux Chamois Niortais

Poussé vers la sortie par Bordeaux, Damien Da Silva rebondit un peu plus au Nord, aux Chamois Niortais. « Il a dû quitter son cocon familial et sportif. Il a été livré à lui-même et cela l’a rendu encore plus fort » affirme Jean-Jacques Gresser. Repositionné en défense centrale, il s’adapte vite et bien à sa nouvelle équipe. « Il était très revanchard, il voulait prouver à tout le monde qu’il était un bon joueur. Etant derrière lui sur le terrain, c’était une assurance. Nous sommes vite devenus complices. Nous avions nos automatismes et nous nous connaissions par cœur » se rappelle Simon Pontdemé, qui considère son ancien coéquipier comme un frère. « On a vécu beaucoup de choses ensemble en quatre ans. Demi-finale de Gambardella, équipe de France de jeunes, premier contrat professionnel, matchs en Ligue 2… Forcément cela crée des liens » ajoute-t-il.

Damien Da Silva (en haut, quatrième en partant de la droite) lors de la photo officielle à Niort

Un parcours historique en Gambardella pour Niort qui élimine Marseille en quart et s’incline aux tirs aux buts contre Sochaux au tour suivant. « Le club avait fait en revue de presse pour les spectateurs lors de la réception de l’OM en quart de finale de Gambardella, au Stade René-Gaillard devant 6 000 spectateurs, un duel questions-réponses entre nous deux » se remémore Simon Pontdemé. L’équipe de France U17 et U19 où il sera même nommé capitaine par ses sélectionneurs. « Nous avons débuté ensemble contre la Roumanie. C’était une grande fierté de représenter le club de Niort qui jouait en Ligue 2 et notre génération 1988 » souligne l’actuel gardien du FC Chambly en National. Et ses débuts dans l’équipe première, avec une apparition, en National lors de la saison 2005/2006, sous les ordres de Philippe Hinschberger, entraineur du FC Metz aujourd’hui. Puis la Ligue 2, la saison suivante où il commence à faire son trou petit à petit : sept matchs en 2006/2007 et quatorze en 2007/2008. Mais lors de cette dernière saison, le club est relégué en National, une épreuve douloureuse qui va lui permettre d’obtenir du temps de jeu en troisième division.

Mais il va vivre une saison galère en National avec une descente en CFA en fin de saison. « On a pris de l’expérience au niveau mental plus que sportivement » admet Simon Pontdemé. Dans cette équipe rajeunie du fait de la descente, il n’hésite pas à prendre ses responsabilités. « C’était un leader naturel, un capitaine car il était exemplaire sur et en dehors des terrains. Même si dans la vie de tous les jours, il est plutôt calme et discret » note son ami. La descente des Chamois en quatrième division et la perte du statut professionnel, l’oblige à quitter le club, alors qu’il attire quelques équipes de Ligue 2.

Des moments difficiles à Châteauroux

C’est finalement à Châteauroux qu’il est transféré, à l’été 2009, après quatre saisons à Niort. Devant faire face à une grosse concurrence en défense (Lamine Koné, Henri Bédimo, Romain Brégerie entre autres), il ne jouera que très peu. Huit rencontres de Ligue 2 au total et une saison passée entre le banc et l’équipe réserve. La saison suivante avec les départs de ses principaux concurrents en défense et l’arrivée d’un nouvel entraineur Didier Tholot, il pense avoir enfin sa chance.

Damien Da Silva (en haut, troisième en partant de la droite), lors de la photo officielle à Châteauroux

Contrairement à ses espérances, il ne disputera qu’un seul match lors des six premiers mois de la saison 2010-2011. Une situation qui le désespère. « C’est le seul moment où j’ai senti qu’il était prêt à lâcher. Alors qu’en général, c’est quelqu’un qui ne lâche jamais rien » se souvient Jean-Jacques Gresser. Un départ devient, dès lors, inéluctable mais le Castelroussin peine à trouver un club, même en National. Il pense alors tout abandonner et retourner dans sa Gironde natale.

Retour en National pour sortir de la galère

Encouragé par sa famille, il parvient à signer au FC Rouen, en National. Clin d’œil du destin, il retrouve son club formateur, les Girondins de Bordeaux, en Coupe de France, quelques jours après sa signature. Content de retrouver du temps de jeu et de la confiance, il s’impose rapidement comme un titulaire. « Il était dans un état d’esprit positif, celui de reprendre, de nouveau, du plaisir dans un vestiaire et sur le terrain. Ses qualités de vitesse et d’impact notamment apportaient un vrai plus à l’équipe » observe Pierre Vignaud, son coéquipier durant deux ans et demi à Rouen.

Damien Da Silva a réussi à se relancer avec Rouen

Disposant de la confiance de son entraineur, Eric Garcin, le Rouennais enchaine et s’impose comme un titulaire à part entière. L’arrivée de Didier Ollé-Nicolle, à l’été 2012, n’y change rien. Au contraire, il est nommé, malgré son jeune âge (24 ans), capitaine par ce dernier. « Il fédérait tous les joueurs derrière lui et était irréprochable sur le terrain donc qu’il ait le brassard était évident. C’est quelqu’un sur qui on peut compter » confirme Pierre Vignaud.

Damien Da Silva au duel avec Mathieu Valbuena lors du seizième de finale contre l’OM

Lors de cette saison 2012-2013, le FCR réalise de belles performances en championnat et en Coupe de France. Dans cette dernière, le club atteint les seizièmes de finales contre l’Olympique de Marseille. Pour Pierre Vignaud et tout le groupe rouennais, ce parcours restera « un très beau souvenir, qui a permis au groupe de finir la saison avec un plein de confiance et de souder encore plus les joueurs ». En National, les Diables Rouges se hissent sur le podium, synonyme de montée en Ligue 2. Mais une pénalité de trois points suite à des irrégularités dans les comptes du club les privent de l’accession. Finalement, c’est même une rétrogradation administrative du club en DH qui est prononcée. Libéré de son contrat, le capitaine du FCR se met à la recherche d’un nouveau club.

Un passage express à Clermont

Nommé dans l’équipe type de National, Damien Da Silva ne manque pas de propositions. Fin août, il s’engage avec le Clermont Foot 63 pour remplacer le capitaine, Damien Perrinelle. Désiré par son coach, Régis Brouard, il retrouve, dans le Puy-de-Dôme, Emmanuel Imorou, croisé à Châteauroux et qui deviendra un de ses proches dans le vestiaire. Titulaire dès son arrivée, ses qualités en font rapidement un cadre des Clermontois. « Il n’a pas fait la préparation avec nous mais, par la suite, il est monté en puissance et a fait une superbe saison. Il a toutes les qualités du défenseur moderne : duel, relance, anticipation, expérience… Il était déjà prêt à jouer en Ligue 1 » informe son ancien partenaire Yohan Betsch.

Damien Da Silva avait déjà le niveau pour la Ligue 1 à Clermont © Le Républicain

Absent à seulement deux reprises en Ligue 2, le numéro 22 de Clermont joue un rôle essentiel dans le maintien obtenu relativement facilement par le CF63. « Malgré son jeune âge, il dégageait un certain charisme et jouait comme un joueur d’expérience. Il rassurait énormément en défense » constate Yohan Betsch. Après seulement une saison en Auvergne, il semble déjà être armé pour jouer en Ligue 1. « A la vue de son niveau lors de cette saison, c’était une évidence. Il était mûr pour passer ce cap » témoigne celui qui joue actuellement à Annecy en National 2 et pour qui, il est « le coéquipier qu’on voudrait tous avoir ».

Taulier du SM Caen et valeur sûre de Ligue 1

C’est chez un promu en Ligue 1 qu’il s’engage pour environ 300 000 euros : le Stade Malherbe de Caen. Repéré lorsqu’il évoluait à Rouen, il arrive un peu dans la discrétion, en compagnie d’Emmanuel Imorou. Mais très vite, il s’impose dans le onze et le cœur des supporters malherbistes. Titulaire à 35 reprises pour sa première saison, il inscrit son premier but dans l’élite et de quelle manière !

Si ses partenaires dans l’axe de la défense changent (Yahia, Appiah, Ben Youssef, Genevois…), lui reste et garde le même niveau de performances. Preuve de son importance, un an seulement après son arrivée, il est prolongé jusqu’en 2018 par ses dirigeants. Celui qui évoluait dans l’anonymat du National, il y a seulement quelques saisons, et, à présent, au marquage de Zlatan Ibrahimovic, Edinson Cavani ou encore Radamel Falcao. Sa deuxième saison au Stade Malherbe se conclut à la septième place du classement, soit le meilleur classement du club depuis plus de vingt ans.

Damien Da Silva ne s’est pas démonté face à Zlatan Ibrahimovic

Le numéro 28 des Caennais se permet même de marquer quelques buts lors de chaque saison. Dont un face à son club formateur : les Girondins de Bordeaux. « A chaque fois, qu’il vient jouer au Stade Lescure et maintenant au Matmut Atlantique, c’est un grand plaisir pour lui. Cela lui fait du mal de jouer contre son club de cœur mais il a une grosse envie de prouver. Il n’a pas de rancœur même s’il a quitté les Girondins avec regret » confie Jean-Jacques Gresser.

Sa saison dernière fut plus compliquée, comme pour l’ensemble de l’effectif caennais. Sauvé in-extremis, le SM Caen a encaissé 65 buts en 38 journées. Joueur le plus utilisé par Patrice Garande, le défenseur d’1m84 pour 82kg n’est pas exempt de tout reproche mais a semblé devoir, parfois, tenir la baraque tout seul.

La sélection portugaise, le rêve ultime ?

Reparti sur de nouvelles bases en ce début de saison 2017-2018, Damien Da Silva a vu arriver un nouveau partenaire en défense central : Alexander Djiku. Et leur association semble prometteuse. Dans le premier tiers du classement après cinq journées, le Stade Malherbe n’a concédé que trois buts, soit la meilleure défense de Ligue 1 avec le Paris-SG. Elu joueur du mois d’août par les supporters caennais, il est, à présent, le vice-capitaine derrière Julien Féret. Sous-contrat jusqu’en juin 2018, il n’a toujours pas prolongé et pourrait aller voir ailleurs dans un an. « Je crois que l’objectif qu’il se donne actuellement, c’est de partir vers un autre club. Même s’il aime bien Caen et que Caen le lui a bien rendu » estime Jean-Jacques Gresser.

Viser un club d’un standing supérieur afin d’accéder à son rêve : la sélection portugaise. Portugais de par son père et Français de par sa mère, il a toujours eu une préférence pour le Portugal malgré ses sélections en équipe de France de jeunes. « Le Portugal était sa sélection de cœur depuis tout petit. Il nous cassait déjà les pieds avec sa Seleção portugaise (rires) » s’amuse Simon Pontdemé. Même si, à 29 ans, le challenge risque d’être compliqué, sa carrière est une preuve qu’il ne lâche jamais rien.

Stadito remercie Jean-Jacques Gresser, Simon Pontdemé, Pierre Vignaud et Yohan Betsch pour leur gentillesse et leur disponibilité.

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https://stadito.fr/2017/09/03/florian-martin-breton-seclate-a-lest/

Clovis Canivenc

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