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Florian Martin, un Breton qui s’éclate à l’Est

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Très attaché à sa région natale, la Bretagne, Florian Martin n’a pas réussi, pour son plus grand regret, à s’imposer au FC Lorient, son club formateur. Relancé à Carquefou puis confirmé à Niort, il est, aujourd’hui, l’un des meilleurs joueurs de Ligue 2 avec le FC Sochaux. 

Florian Martin débute le football à l’AS Gestel, équipe du pays lorientais. Il y reste pendant six ans avant de rejoindre, son club de cœur, celui de sa ville natale, celui où il allait voir les entrainements avec son père : le FC Lorient.

Le FC Lorient : son club de cœur

Florian Martin arrive à 11 ans au FCL. Il se révèle rapidement comme l’un des meilleurs joueurs de sa génération. « Dès qu’il est arrivé à Lorient, avec sa frappe de balle, il marquait but sur but, sur petit puis sur grand terrain. Un pied gauche comme le sien, on n’en voit pas tous les jours. Donc on se doutait que s’il continuait à travailler, cela allait devenir un joueur professionnel » indique Guillaume Gégousse, qui a passé dix ans, de la catégorie Benjamins jusqu’à l’équipe réserve, avec lui chez les Merlus. Ses qualités rappellent celles d’un joueur qu’il apprécie : Stéphane Pédron, joueur du FCL de 1997 à 1999 puis de 2003 à 2007. « Un pied gauche exceptionnel avec une grosse frappe de balle » fait remarquer son ancien coéquipier au centre de formation.

Florian Martin avec l’équipe réserve lors de la saison 2008-2009 (en au haut, au centre)

A seulement 17 ans, il fait ses débuts avec l’équipe réserve du FC Lorient et s’imagine alors pouvoir rapidement avoir sa chance en Ligue 1. « On côtoyait tous les deux, le groupe professionnel donc forcément tu as envie de jouer en professionnel » confie Guillaume Gégousse. Mais il n’aura jamais cette chance, et cela restera la plus grosse déception de sa carrière. « Cela ne s’est pas présenté parce qu’il y avait une génération qui tournait bien avec les Gameiro et Amalfitano » précise l’actuel joueur de Concarneau, en National.

Florian Martin et le FC Lorient, une histoire d’amour qui s’est mal terminée © Patrick Guigueno

Pourtant, en équipe réserve, ses performances sont bonnes et il participe à la montée de sa formation en CFA. « Lors de la montée, il donne plusieurs passes décisives à Gaëtan Courtet, qui marque une vingtaine de buts. Et l’année suivante, en CFA, on était un peu dans le dur et on a joué le maintien jusqu’à la dernière journée » mentionne Guillaume Gégousse. A 21 ans et n’ayant pas percé en équipe première, il se voit dans l’obligation de partir, pour son plus grand malheur. « A cet âge-là, on ne se rend pas toujours compte de tous les efforts qu’il faut faire au niveau de l’extra-sportif. Cela a été un déchirement de quitter son club formateur mais cela lui a permis de faire son autocritique et de se relancer à Carquefou » confirme son ex-coéquipier.

A Carquefou pour « redécouvrir le plaisir de jouer au foot »

En 2011, Florian Martin s’engage alors avec Carquefou, en CFA. Arrivé la même année, Kévin Bodin se rappelle de leur première rencontre : « J’ai senti qu’il était content d’être là mais que derrière, il avait une réelle ambition de jouer plus haut ». Il réalise une première saison pleine avec une dizaine de buts, autant de passes décisives et une montée en National. « Il a été l’un des grands artisans de la montée, surtout sur la deuxième partie de saison où ses statistiques se sont envolées » assure Kévin Bodin. Un rôle décisif qu’il doit beaucoup à Denis Renaud, l’entraineur de l’USJA. « Il marche beaucoup à la confiance et Denis Renaud lui en donné. Il l’a toujours encensé, encouragé et laissé faire ce qu’il voulait, entre guillemets. Il avait bien cerné le personnage et a réussi à l’emmener là où il voulait. Ce qui a été flagrant, c’est sa progression entre le début et la fin de la saison » explique son ancien partenaire. Ce dernier ne retient du gaucher que deux petits défauts : « Lorsqu’il était remplaçant à cause d’une blessure ou d’une fatigue, on avait l’impression que le monde s’écroulait. Il baissait un peu la tête. Mais c’est tellement un joueur complet qu’il n’avait pas de gros défauts flagrants. A part son pied droit mais cela se comprend pour un gaucher (rires) » avoue Kévin Bodin.

Florian Martin (à gauche) et Kévin Bodin (à droite) lors de leur présentation à Carquefou

Au mercato estival, les dirigeants carquefoliens changent une grande partie de l’effectif. Mais ils conservent leur milieu offensif. « Le club ne pouvait pas trouver quelqu’un de ce niveau, sauf un joueur d’expérience qu’ils auraient payé beaucoup plus cher. Et pour lui non plus, je ne voyais pas l’intérêt, à 22 ans, de partir, alors qu’il était dans la continuité d’une belle saison. Il ne voulait pas brûler les étapes non plus. Il souhaitait prendre de l’expérience et la montée en National lui a énormément servi. Le National est plus médiatisé que la CFA, il y a beaucoup plus d’observateurs. » affirme celui qui évolue actuellement au Lannion FC, en National 2. Sa deuxième saison est, de nouveau, aboutie (14 buts et 15 passes décisives en championnat) et il participe amplement au maintien assuré très facilement par les Carquefoliens (7ème place au classement). Avec Christian Bekamenga et Thomas Delanoë, ils forment la quatrième meilleure attaque du championnat.

Florian Martin a réussi à rebondir avec l’USJA Carquefou

De ses deux saisons en Pays de la Loire, le Lorientais ne retient que du positif. Il les considère même comme ses plus belles années de footballeur. Cela ne surprend pas Kévin Bodin : « Contrairement au monde professionnel, il n’y avait pas la pression qu’on peut avoir, l’objectif de victoires, le fait de ne penser qu’à soi parce que c’est un peu cela le monde professionnel. Il a redécouvert ce que c’était le plaisir de jouer au foot. Sa vision du foot a complètement changé à ce moment-là. Cela lui a fait prendre conscience qu’il n’y avait pas que le foot dans la vie ».

Un vrai caractère de Breton

Florian Martin le dit, lui-même, il a un vrai caractère de Breton. « C’est le Breton par excellence. Il n’hésite pas à dire ce qu’il pense et cela peut en froisser certains » souligne Guillaume Gégousse. Des propos confirmés par Kévin Bodin : « Quand il n’était pas d’accord avec certains, il le faisait comprendre. C’est sûr qu’il est têtu et que quand il a une idée en tête, c’est compliqué de lui faire changer. Mais moi je ne l’ai pas ressenti à l’extérieur, c’était plus sur le terrain où il était un peu râleur et mauvais perdant. Mais c’est sa force. Je pense que c’est pour cela qu’il est à ce niveau aujourd’hui. Il a tellement un esprit de gagneur, de compétiteur, qu’il a toujours bossé et fait en sorte que cela se passe bien pour lui ».

Florian Martin retourne souvent en Bretagne pour retrouver la mer

Mais le joueur d’1m79 pour 79kg n’est pas que franc, têtu et mauvais perdant, il est aussi gentil, avenant et drôle. « Pour l’anecdote, lorsque l’on est arrivé à Carquefou, on ne connaissait personne dans l’équipe. Et la veille de la reprise, alors qu’on ne se connaissait que de vue, on avait déjà joué l’un contre l’autre mais c’est tout, il m’envoie un message. Et je me souviens parce que cela m’avait marqué, j’avais l’impression qu’on était déjà potes. Il m’avait dit : « Salut Kev, comment ça va ? On est dans la même résidence, est-ce que cela te dérange de m’emmener à l’entrainement demain ? ». Un truc vraiment sympa. C’est un bon personnage » se remémore Kévin Bodin.

Un joueur confirmé de Ligue 2 aux Chamois Niortais

Elu dans l’équipe-type de National avec Carquefou, les bonnes performances de Florian Martin attirent les clubs de deuxième et de première division. Ce sont finalement les Chamois Niortais qui décroche sa signature pour un contrat de trois saisons. Pour sa première saison en Ligue 2, il s’impose comme un titulaire aux yeux de Pascal Gastien avec 27 rencontres disputées pour cinq buts et sept passes décisives. Au niveau collectif, la saison des Niortais est très bonne avec une 5ème place au classement et une montée jouée jusque dans les dernières journées.

Florian Martin lors de sa signature aux Chamois Niortais

A l’intersaison, Pascal Gastien est remplacé par Régis Brouard. Un entraineur au fort caractère comme son numéro 8. Les deux s’emporteront d’ailleurs à quelques reprises. Mais sur le terrain, le coach donne sa confiance et de la liberté à son milieu de terrain. Titulaire indiscutable (titulaire lors de 37 des 38 journées de Ligue 2), il se distingue en étant le co-meilleur passeur du championnat, en compagnie de Johan Cavalli, avec 11 passes décisives (auxquels s’ajoutent 5 buts). Mais la saison des Chamois est éprouvante avec un hiver passé dans les bas-fonds de la Ligue 2 et une 11ème place au final. Le Merlu qui souhaite passer un cap et s’approcher la Ligue 1, quitte alors les Deux-Sèvres pour le Doubs et le FC Sochaux.

Un habitué des buts exceptionnels

Il suffit de regarder les tops buts de ces dernières saisons en Ligue 2 pour s’en rendre compte. Florian Martin marque souvent de loin et cela donne des buts magnifiques. Son pied gauche combiné à sa puissante frappe de balle et à sa précision en font un artificier en chef sur les pelouses de deuxième division. Une qualité qu’il possède depuis son plus jeune âge. « On était à l’école ensemble et il pouvait faire partir quelqu’un d’un but par peur de sa frappe de balle. Cela a toujours été son gros point fort » s’amuse Guillaume Gégousse. Kévin Bodin se souvient aussi de quelques buts « pas aussi beaux que ceux qu’il met en ce moment mais pas mal quand même. Il tentait beaucoup de frappes de loin. On voyait qu’il avait énormément de puissance, c’était impressionnant. A l’époque, il avait moins d’expérience donc c’était moins précis mais on sentait qu’il avait cette volonté pour frapper de loin et des capacités pour le faire ».

Petit florilège des buts de Florian Martin en Ligue 2 :

Bientôt la Ligue 1 avec le FC Sochaux… ou un autre club ?

Arrivé à Sochaux, en 2015, Florian Martin a, pour l’instant, vécu deux saisons en demi-teintes. Venu pour découvrir la Ligue 1 avec l’ambitieux projet vendu par les investisseurs chinois du groupe  , il est, pour l’instant, resté très loin de l’élite, qu’il n’a encore jamais connu. Sa première saison avec les Sochaliens s’est passé dans les dernières positions du championnat avec un maintien obtenu lors de la dernière journée. Une saison où ils avaient laissé beaucoup d’énergie dans leur parcours jusqu’en demi-finales de la Coupe de France. Le numéro 11 des jaunes et bleus avait, d’ailleurs, eu un rôle important dans cette épopée en marquant contre Monaco en huitièmes de finales puis en délivrant une passe décisive contre Nantes en quarts de finale.

A 27 ans, Florian Martin est cadre du FC Sochaux

Si sa deuxième saison avec les Lionceaux s’est déroulé dans le ventre mou, loin de la lutte pour le maintien, personnellement, une fracture du métatarse l’éloigne des terrains pendant quatre mois. Revenu en février, sur les terrains, il termine la saison en boulet de canon avec 4 buts et 2 passes décisives lors des 9 dernières journées.

En ce début de saison 2017-2018, il fait figure de cadre au sein d’un effectif rajeuni. Evoluant tantôt sur le côté gauche, tantôt derrière l’attaquant, il sera le leader offensif d’une équipe qui vise la montée malgré les incertitudes qui planent sur les investisseurs chinois. Sur les cinq premières journées de championnat, celui qui sera en fin de contrat l’été prochain, semble avoir commencé sa saison par le bon bout avec quatre buts et une passe décisive. Dans un an, la question d’un départ se posera forcément et s’il continue sur cette lancée, la Ligue 1 lui tendra les bras. Peut-être avec le FC Lorient, afin de boucler la boucle, comme a pu le faire, cet été, Gaëtan Courtet, au sein de son club de cœur.

Un petit dernier pour la route…

Stadito remercie Kévin Bodin et Guillaume Gégousse pour leur gentillesse et leur disponibilité.

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https://stadito.fr/2017/08/27/benjamin-andre-travailleur-de-lombre/

Clovis Canivenc

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