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Jonathan Bamba, un Vert d’attaque

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Auteur de deux buts et d’une passe décisive lors des trois premières journées de championnat, Jonathan Bamba semble disposer de la confiance de son nouvel entraineur à l’ASSE, Oscar Garcia. Formé en région parisienne, il a dû, avant d’en arriver là, écumer les prêts dans des conditions pas toujours évidentes.

Jonathan Bamba fait ses premiers pas avec le ballon rond au CAP Charenton à l’âge de six ans. Trois ans plus tard, il prend une licence dans le club de sa ville natale : l’UJA Alfortville.

« Un leader naturel » par ses qualités techniques et son caractère

Le jeune attaquant se fait, rapidement, remarqué par ses performances et est surclassé dans les équipes de jeunes de l’UJA. Mohamed Ben Rhouma, son entraineur en -13 ans se souvient qu’il l’a repéré « lors d’un tournoi, où il jouait avec les Benjamins. Je l’ai, tout de suite, intégré avec mon équipe. Sur le terrain, il avait les qualités de quelqu’un qui pouvait viser beaucoup plus haut ». Dès lors, chaque année, il ne connaitra que des montées avec son équipe. De belles saisons, durant lesquels le Francilien jouera les premiers rôles. « Il portait l’équipe, il était notre leader technique. Il était petit, en taille, par rapport aux autres. Mais quand il était sur le terrain, ce n’était plus la même chose. Il y avait lui et les autres » détaille son ancien coach. Au sein d’une belle génération à Alfortville, où figurent notamment Hamadou Karamoko, Benjamin Karamoko et Nathan Dekoke (évoluant, aujourd’hui, respectivement au FC Nantes, à l’ASSE et à l’ASC Amiens), il sort du lot et débloque les situations grâce à sa technique.

Jonathan Bamba, deuxième en bas en partant de la gauche, et Mohamed Ben Rhouma, en bas à droite

Mais l’Alfortvillais n’est pas qu’un leader technique, il l’est, assez surprenamment, par son caractère. Mohamed Ben Rhouma, qui en avait fait le capitaine de son équipe, explique son choix : « Il n’était pas uniquement capitaine par rapport à ses qualités techniques. C’était un leader naturel. On ne dirait pas à première vue car c’est quelqu’un de posé. Mais lorsqu’il fallait faire un résultat, il n’hésitait pas à lever la voix. Ou lorsque cela n’allait pas dans le vestiaire, il le faisait savoir ». En septembre 2009, il intègre le pôle espoir de Reims après avoir échoué au stage final pour rentrer à l’INF Clairefontaine. Alors qu’il commence à se faire une petite réputation en Ile de France et à être sélectionné dans les équipes départementales et régionales, il est repéré par l’AS Saint-Etienne. « On connaissait Ludovic Paradinas, le recruteur de l’ASSE. Il est venu voir ses matchs et l’a suivi régulièrement. Il a estimé que c’était un jeune qui méritait de venir au centre de formation de l’ASSE » assure Mohamed Ben Rhouma.

Formation et débuts professionnels à l’ASSE

Jonathan Bamba intègre le centre de formation de l’AS Saint-Etienne à 15 ans. Après une première saison aboutie avec les U17 (20 matchs, 7 buts), il est surclassé en U19 lors de la saison 2012-2013. En novembre 2013, il est appelé en équipe de France U18 pour disputer le tournoi international de Limoges « Lafarge Foot Avenir ». Il inscrit un doublé contre la République Tchèque (4-0) qui permet à l’EDF de remporter ce tournoi, devant les Etats-Unis, pour la cinquième fois consécutive. C’est, également, lors de cette saison qu’il commence à évoluer avec l’équipe réserve. Jouant un rôle décisif dans la montée de l’équipe réserve en CFA, il signe son premier contrat professionnel, le 29 avril 2014, en même temps que Nathan Dekoke, inséparables depuis Alfortville. Avec 25 matchs de CFA2 et 6 buts, il commence à attirer l’attention de Christophe Galtier, en compagnie d’Allan Saint-Maximin.

Jonathan Bamba avec l’équipe réserve des Verts

Sa saison 2014-2015 est partagée entre le groupe professionnel et l’équipe réserve. Appelé à plusieurs reprises par l’entraineur stéphanois, il n’entre pas en jeu et reste sur le banc. Jusqu’au 25 janvier 2015, date à laquelle il fait ses grands débuts en Ligue 1 contre le Paris Saint-Germain. S’en suivront trois autres apparitions (Caen, Guingamp et Red Star) pour un total d’une trentaine de minutes passées sur le pré vert. A l’été 2015, il réalise une bonne préparation et inscrit même un magnifique but contre l’Ajax.

Ces bonnes performances lui permettent d’avoir du temps de jeu en début de saison. Il connaît sa première titularisation lors de la première journée de championnat contre Toulouse. En tout, il dispute quatre rencontres lors des huit premières journées, ainsi que quatre matchs de Ligue Europa. Il inscrit même son premier but en professionnel contre le FC Nantes après un joli slalom.

Mais fin septembre, suite à une déroute face à l’OGC Nice (4-1) où il est sorti à la mi-temps, il retourne en équipe réserve. Une situation qui ne le satisfait évidemment pas. En accord avec Christophe Galtier, il décide alors de partir en prêt afin d’enchainer les matchs et prendre de l’expérience.

S’endurcir en Ligue 2

Mi-janvier, Jonathan Bamba est prêté six mois au Paris FC, lanterne rouge de Ligue 2. Désiré par l’entraineur Jean-Luc Vasseur, il trouve sa place immédiatement. A partir de son arrivée, il dispute 14 des 17 rencontres disputées par le PFC. Dans le club parisien, il obtient ce qu’il était venu chercher : du temps de jeu. En revanche, ses statistiques, ainsi que la situation du PFC, sont loin d’être idylliques. Zéro but, deux passes décisives et une vingtième place en championnat, synonyme de relégation en National. Mais son ancien partenaire, Hervé Lybohy, met surtout en lumière son influence sur le terrain : « Cette saison-là a été difficile pour tous les attaquants, dont Jonathan. Ses statistiques n’étaient pas bonnes mais dans le jeu, on sentait qu’il avait d’énormes qualités d’explosivité et de vitesse. Il pesait dans le jeu malgré le fait qu’il n’est pas marqué, ni fait de passe décisive. Il me semble, d’ailleurs, qu’il avait provoqué deux ou trois penalties ».

Jonathan Bamba sous le maillot du Paris FC

Une expérience difficile qui va permettre à celui qui peut évoluer sur tout le front de l’attaque de gagner en maturité. « Ce qui m’a marqué, c’est que dès son arrivée, on a senti qu’il voulait aider l’équipe. Il se sentait vraiment concerné par l’objectif qui était le maintien. On sentait qu’on pouvait compter sur lui que ce soit sur ou en dehors du terrain. C’est un joueur qui bosse, qui est humble et mature malgré son jeune âge » confie l’actuel capitaine du Paris FC. En fin de saison, il est récompensé de ses efforts par une sélection avec l’équipe de France U20 pour disputer le festival international de Toulon. Il joue les cinq rencontres des Bleuets, qui s’inclineront en finale contre l’Angleterre (2-1). Le Stéphanois termine deuxième meilleur buteur de la sélection, avec deux buts.

Victime d’un changement tactique à Saint-Trond

Alors que Jonathan Bamba retourne à Saint-Etienne en espérant avoir sa chance, Christophe Galtier ne semble pas compter sur lui. Il repart donc pour un nouveau prêt, cette fois-ci en Belgique, à Saint-Trond. Il débute la saison en tant que titulaire sur le côté gauche de l’attaque mise en place par son entraineur, l’ex-international croate, Ivan Leko. Alors que son équipe connaît un début de saison compliquée, il semble faire son trou et inscrit même un doublé contre Waasland-Beveren lors d’une des deux seules victoires des Canaris au cours des quinze premières journées.

Mais fin-octobre, il disparaît de l’équipe et ne reviendra que pour disputer des bouts de matchs en Coupe de Belgique. Une mise à l’écart qui s’explique par un changement tactique opéré par Ivan Leko, qui souhaitait jouer de façon plus défensive. « On évoluait dans un système en 4-2-3-1 et on est passé en 5-3-2. Les ailiers étaient donc en concurrence avec les latéraux. Le coach voulait jouer avec un esprit défensif et il était exigeant sur les replacements défensifs. Il a donc « sacrifié » les ailiers » informe son ancien coéquipier, Yohan Boli. Malgré tout, sa relation avec le coach croate reste bonne et il continue de travailler, d’être professionnel « sans jamais rien dire, sans exprimer ses états d’âme » ajoute celui qui s’apprête à disputer sa troisième saison avec le STVV. Dès lors, un départ devient inéluctable afin de retrouver du temps de jeu. « Un joueur prêté et qui ne joue pas, ce n’est pas bon. Il a fait le bon choix pour lui car, de toute façon, on n’a pas changé de système jusqu’à la fin de la saison » confirme Yohan Boli. Ce dernier lui prédit un bel avenir malgré ce passage difficile en Belgique : « C’est un grand espoir du foot français, je pense. Quand il est en confiance et bien encadré, il peut faire de grandes choses ».

Révélation avec le SCO Angers

Jonathan Bamba résilie donc son contrat avec Saint-Trond, le 3 janvier et s’engage, le lendemain, encore en prêt, avec le SCO Angers. En Maine-Loire, il retrouve son entraineur en U19, chez les Verts, Abdel Bouhazama devenu directeur du centre de formation du SCO. Pourtant en manque de compétition, il est titulaire, quelques jours après son arrivée, en Coupe de France, contre Granville. Et il se montre déjà décisif en provoquant un but contre son camp.

Jonathan Bamba, en compagnie d’Olivier Pickeu et Stéphane Moulin

Face aux blessures (Ketkeophomphone, Andreu, Sunu) et aux départs à la CAN (Ndoye, Toko Ekambi, Diedhiou, Pépé), Stéphane Moulin donne sa chance au natif d’Alfortville. Ce dernier va la saisir et participer amplement à la remontée au classement des Scoïstes. Pour la première fois de sa carrière, il parvient à enchainer au plus haut niveau : seize matchs disputés dont neuf titularisations en Ligue 1 sur la deuxième partie de saison. Et les statistiques commencent également à être au rendez-vous : trois buts et deux passes décisives. Cerise sur le gâteau, avec la Coupe de France où il contribue au beau parcours d’Angers en disputant la demi-finale et la finale, au Stade de France, perdue contre le Paris-SG. Avant de partir en vacances, il a la chance de retrouver la sélection avec deux rencontres amicales remportées par les Bleuets. Appelé par le nouveau sélectionneur, Sylvain Ripoll, il dispute une cinquantaine de minutes.

L’homme en forme des Verts

De retour cet été, à l’AS Saint-Etienne, Jonathan Bamba a enfin sa chance avec son nouvel entraineur, Oscar Garcia. Alors que Christophe Galtier semblait ne pas avoir confiance en son jeune attaquant, le technicien espagnol en a fait un titulaire indiscutable (il a disputé l’intégralité des trois premières journées). Sa polyvalence, sa vitesse et son explosivité combinés à la technique de Romain Hamouma et d’Oussama Tannane ou à la puissance de Loïs Diony permettent aux Verts de proposer un jeu intéressant et de réaliser, pour l’instant, un sans-faute (trois victoires en trois matchs).

Le numéro 14 de Sainté est sorti grandi de ses prêts et a gagné en efficacité. Deux buts et une passe décisive en trois matchs. Du jamais vu pour ce petit gabarit (1m73 pour 67kg) qui n’hésite pas à prendre ses responsabilités, du haut de ses 21 ans, et à tirer les penalties comme contre Amiens. Pourtant son avenir n’est pas encore fixé. Sous contrat jusqu’en juin 2018, il n’a pas encore prolongé malgré des offres de la part des dirigeants stéphanois. Forcément sa situation attire de nombreux courtisans. Voici une liste non exhaustive : SCO Angers, Werder Brême, Fiorentina, Atalanta Bergame, Newcastle, FC Séville. Pour le prolonger, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer devront peut-être céder sur le salary cap (pas de salaire mensuel au-dessus des 90 000€ hors primes). Cette règle semble quelque peu obsolète aujourd’hui et empêche les Verts de passer à un autre cycle. Pourtant tout semble réuni aujourd’hui, avec Oscar Garcia au poste d’entraineur, des cadres conservés tels Loïc Perrin, Stéphane Ruffier et Romain Hamouma, des recrues prometteuses comme Assane Dioussé et Lois Diony et enfin une talentueuse génération formée au club emmenée par Ronaël Pierre-Gabriel et Jonathan Bamba.

Stadito remercie Mohamed Ben Rhouma, Hervé Lybohy et Yohan Boli pour leur gentillesse et leur disponibilité.

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Clovis Canivenc

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