Olivier Veigneau (Kasimpasa) : « un retour en France peut être envisageable »

L’ancien capitaine du FC Nantes Olivier Veigneau est exilé en Turquie depuis 2 ans désormais, dans le club stambouliote de Kasimpasa. Formé à Monaco, et passé notamment par l’OGC Nice, le latéral gaucher de 32 ans a accepté de revenir sur son parcours, sur ses nouvelles ambitions mais également sur la vie en Turquie, pour Stadito.

Son début de carrière

Olivier Veigneau débute en Ligue 1 en 2005 avec l’AS Monaco, sous les ordres de Didier Deschamps. « Cette première année avec les pros a été très riche ! Pour se remettre dans le contexte, l’année précédente, l’AS Monaco avait joué la finale de la Ligue des Champions face à Porto et quelque mois plus tard, je côtoyais ces joueurs… c’était fou ! », nous raconte-t-il. Pour son deuxième match chez les professionnels, le latéral gauche inscrit son premier but sous les couleurs monégasques, en Coupe de la Ligue face à Montpellier. « Et l’année suivante, je marque en championnat face à Rennes, et en Coupe d’Europe face à Hambourg alors que n’avais jamais inscrit le moindre but pendant toute ma formation », poursuit-il. Durant cette année, Olivier Veigneau a « eu la chance de côtoyer des supers joueurs, en particulier Patrice Évra dont [il aimait] s’inspirer ». Le joueur intègre également l’Équipe de France U18 (entre 2003 et 2004, 8 matchs) puis l’Équipe de France Espoirs (entre 2005 et 2006, 8 matchs), où il « côtoie les meilleurs ».

Olivier Veigneau lors d’un match de Coupe d’Europe en décembre 2005 face au CSKA Sofia (photo Flash Press).

 

Le natif de Suresnes connaît ensuite un tournant dans sa carrière. « Monaco était en phase de transition : les coachs et les dirigeants se sont succédé et j’ai alors demandé à être prêté ». Olivier Veigneau est donc prêté à l’OGC Nice entre 2006-2007, une expérience qu’il juge « peu convaincante », puisque le joueur revient blessé sur le Rocher, s’étant fracturé le pied. De plus, Frédéric Antonetti, alors entraîneur du Gym, ne lui a pas donné beaucoup de temps de jeu : il n’a participé qu’à 20 rencontres sous le maillot niçois.

Olivier Veigneau saisit alors l’opportunité de rejoindre le MSV Duisburg en Bundesliga. Mais le latéral droit, à peine arriver dans son nouveau club, connaît une nouvelle désillusion. « Je me suis blessé gravement au genou dès mon deuxième match, et à la fin nous avons été relégués ». Malgré cette saison difficile, le défenseur nous indique que « l’adaptation en Allemagne s’est très bien faite ». Au final, « [il] garde de magnifiques souvenirs de Duisburg avec qui [il a] disputé la finale de la Coupe d’Allemagne à Berlin devant 75 000 personnes ».

Olivier Veigneau sous les couleurs de Duisburg (photo Getty).

 

Ses années au FC Nantes

En 2011, le joueur est en fin de contrat à Duisburg. « J’ai attendu des offres mais elles ne sont jamais arrivées », nous explique Olivier. « C’est difficile de voir tout le monde reprendre l’entraînement et toi de ne pas avoir de contrat. J’étais au chômage alors je me suis entraîné avec la CFA de Monaco », nous raconte le natif de Suresnes. Puis, fin juillet, le FC Nantes approche le joueur alors âgé de 26 ans : « Le FC Nantes représente tellement de choses pour le football français que je n’ai pas hésité. Après un essai concluant, j’ai signé ».

Lors de sa première saison sous le maillot nantais, le défenseur français participe à 35 matchs de Ligue 2, et il marque également un but en Coupe de France. Le FC Nantes termine à la neuvième place du championnat, mais affiche clairement ses ambitions de remonter dans l’élite. A l’issue de la saison 2012-2013, Olivier Veigneau participe à 33 matchs de Ligue 2 et devient un des hommes forts de la remontée en Ligue 1, sous les ordres de Michel Der Zakarian. Le 17 juin 2013, les Nantais sont officiellement promus, après leur victoire à domicile face à Sedan (1-0) : « Lors du coup de sifflet final, je n’ai même pas été effrayé par l’envahissement ! Les supporters étaient tellement heureux que c’était magnifique de voir tous ces gens nous prendre dans leur bras, nous remercier… puis j’ai fondu en larmes dans les bras de ma femme et de mon père », se remémore-t-il. Malgré un « scénario incroyable avec le carton rouge de Lucas (Deaux), le but contre son camp, les parades de Rémy (Riou), tout s’est finalement bien déroulé ! », affirme Olivier Veigneau.

 

« J’ai été fier d’être le capitaine de l’équipe qui est remontée en Ligue 1 »

L’ancien capitaine du FC Nantes garde de magnifiques souvenirs de l’ambiance à la Beaujoire. « L’ambiance de la Beaujoire était exceptionnelle. Je n’avais pas imaginé qu’un tel engouement allait se produire pour notre retour dans l’élite », avoue-t-il. Et quand on lui demande de nous donner un moment qui l’a marqué lors de son passage à Nantes ? « Mon but face à Paris m’a particulièrement marqué (en demi-finale de Coupe de la Ligue, le 4 février 2014) ! C’était la folie, tout le stade s’est soulevé. En plus j’ai marqué du pied droit », lui le gaucher. Olivier Veigneau nous affirme que « ce match reste un grand regret de mes années nantaises. Nous avions le sentiment que nous pouvions les faire tomber. Mais comme souvent, une erreur d’inattention nous a privé des prolongations, et nous nous sommes fait éliminés ».

Olivier Veigneau sous les couleurs du FC Nantes.

 

Son départ en Turquie

En août 2015, le défenseur de 30 ans fait le choix de partir en Turquie, dans le championnat de Süper Lig, alors en plein essor. Il est arrivé dans le club de Kasimpasa, club situé à Istanbul, capitale du pays. « Après quatre belles années à Nantes, j’ai senti qu’il était temps de changer d’air. En acceptant de partir en Turquie, j’avais plus de visibilité avec un contrat plus long et financièrement plus intéressant que ce que je pouvais espérer en France », assure-t-il. Cet été, Olivier Veigneau a prolongé de deux ans avec son nouveau club, ce qui le « conforte dans [son] choix ». Le joueur nous indique qu’il a été compliqué pour sa famille de quitter la France et de changer de quotidien : « L’adaptation a été un peu compliquée pour ma femme et mes enfants qui se sentaient vraiment bien à Nantes. La vie y est tellement agréable… mais petit à petit, nous avons pris nos marques et aujourd’hui tout se passe bien ». Pour Olivier Veigneau, « la vie ici est bien différente de Nantes… il y a 17 millions d’habitants donc difficile de comparer ! Mais c’est une ville magnifique et nous prenons plaisir à la visiter », poursuit-il. Malgré tout, « dès que le calendrier le permet, nous rentrons quelques jours en France voir la famille, les amis ».

 

« Le championnat turc devient plus attractif »

Depuis plusieurs mois désormais, beaucoup de joueurs connus rejoignent la Süper Lig. Le championnat s’affirme et devient de plus en plus attractif, comme nous l’indique Olivier Veigneau. « Quand vous voyez des noms comme Valbuena, Gomis, Belhanda, Ménez, Dirar… ajoutés aux Sneijder, Van Persie, Eto’o, Quaresma, Pepe… c’est top ! Ils amènent leur expérience du haut niveau et le championnat en devient plus intéressant et compétitif. BeIN Sports vient d’acheter les droits pour le championnat turc, tant mieux ».

La saison dernière, la trentenaire a disputé 36 matchs sous le maillot de Kasimpasa, ce qui fait de lui un titulaire indiscutable dans l’équipe. « Après un début de championnat poussif, l’objectif est vite devenu le maintien. Heureusement pour nous, nous nous sommes mis à l’abri rapidement », nous explique-t-il. « Les ambitions pour la saison prochaine ? Pour cette saison, nous ne savons pas trop car l’effectif a été pas mal remanié, donc on verra après la préparation et les matchs amicaux », indique Olivier Veigneau.

 

« Un retour en France peut être envisageable »

Le joueur de 32 ans ne ferme pas la porte à un retour en France prochainement. « Un retour en France peut être envisageable, bien sûr ! Tout dépend des opportunités qui s’offriront à moi. Mon contrat s’achèvera quand j’aurai 34 ans. L’objectif d’ici là est de jouer, enchaîner les matchs, et rester compétitif car à mon âge, ça devient de plus en plus difficile ! », conclue-t-il.

 

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