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Summerito – Paris Saint-Germain : enfin un projet crédible ?

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Le titre peut paraître dur au vu du palmarès du PSG depuis le rachat par les Qataris. Mais les nombreux errements de la direction parisienne, dont nous eûmes moult exemples l’an passé, ont grandement taché la crédibilité du projet parisien. Cet été, la venue d’un directeur sportif semble avoir redonné un coup de fouet au club. Malgré tout, les cicatrices de la saison dernière (perte du titre, élimination en huitième de finale de Ligue des Champions), seront bien difficiles à combler. Avec une préparation hésitante et perturbée par le feuilleton Neymar, difficile de dessiner les contours de la saison prochaine, pour un club qui vient de remporter son premier titre ce week-end, le Trophée des Champions.

 

La saison passée

En un mot, tumultueuse. Difficile d’apprécier l’exercice 2016-2017 du club de la capitale, tant l’équipe avait potentiellement les armes pour faire mieux. A nuancer cependant, car, si sur le point de vue du palmarès pur, le club n’a remporté “que” la Coupe de France et la Coupe de la Ligue, sa campagne européenne et son bilan comptable en championnat furent plus qu’honorables. Alors pourquoi deux tels échecs ? Tout simplement parce que le PSG est tombé sur deux os, en la personne de Monaco, étincelant, et du FC Barcelone, renversant. Là on l’on peut être déçu, c’est sur la “remontada” opérée par le club catalan. En huitièmes de finale aller, les Parisiens avaient livré l’une des plus belles prestations d’un club français sur la scène européenne depuis des lustres, peut-être même depuis la finale de Coupe des Coupes en 1996 ou le quart de finale face au Real en 1993, une autre époque. Un match gagné 4-0, dans un Parc en fusion, et une domination à tous les étages, avec des prestations XXL de Di Maria, Rabiot, Draxler ou Kimpembe… Seulement, après un énorme tapage médiatique et une gestion désastreuse du retour, le Paris SG est ressorti humilié du Camp Nou, avec un cinglant 6-1 encaissé au retour. Paul Le Guen s’en souvient encore très bien.

Sergio Roberto ici à l’image, auteur du sixième but catalan au Camp Nou le 8 mars dernier.

 

En Ligue 1, avec 87 points, le PSG d’Emery aura livré une excellente prestation mais n’aura su bouleverser la domination d’un club monégasque en état de grâce cette saison. Les joueurs de la capitale, Cavani (meilleur buteur du championnat avec 35 buts) en tête ont donc laissé échapper un trophée acquis depuis 2013. Mais globalement, ce fut une bonne saison, avec en point d’orgue le broyage, la destruction, l’humiliation historique infligée à un Olympique de Marseille en plein naufrage au Vélodrome (5-1), match dont beaucoup de supporters de l’OM ne se sont visiblement pas remis. La deuxième place du club reste donc plus due à la réussite monégasque qu’à un désastre sur le terrain, malgré quelques errements.

Photo maxppp

 

Globalement, la réelle question que l’on peut se poser se situe autours de la gestion de ce club. L’intersaison 2016 est pour certains le facteur X dans cette saison loupée. Premièrement, le licenciement de Blanc. En quoi le club avait-il intérêt à licencier un entraîneur récemment prolongé et auréolé de 4 titres de champions de France ? Certes, Blanc n’aura jamais passé les quarts de C1 mais la question peut se poser. Ensuite, le recrutement. Le PSG est-il attirant ? Jesé, Krychowiak, Ben Arfa étaient-ils désirés par le nouveau coach ? Était-ce “faute de mieux” ? Sans parler de la perte de David Luiz, qui reste une valeur sûre à son poste avec Chelsea (après certes une saison en dents de scie). Et que dire de la fuite à répétition des talents du centre de formation, du cas Serge Aurier ou des insultes de Zlatan Ibrahimovic, avant la ridicule vidéo d’Hatem Ben Arfa ? Ce sont toutes ces petites choses qui ont inéluctablement conduit le PSG à une saison plus que mitigée. Ainsi, il était légitime de se demander comment, par qui et dans quelle direction, ce club était géré… Dans tous les autres grands clubs européens, ce genre de choses n’arrive jamais, un recadrage était impératif.

 

L’intersaison

Cette année, les choses semblent évoluer. Un nouveau directeur sportif, Henrique (ex-Porto), est enfin arrivé, dans un club où le poste faisait défaut depuis le départ de Leonardo. Petit plus, Antero Henrique est désormais assisté de Maxwell, qui, en plus de connaître parfaitement le PSG actuel, dispose d’un réseau important. Ce duo aura donc livré quelques belles démonstrations de fermeté (Verratti, Motta…), et opéré des achats intéressants (Berchiche, Alves). Ombre au tableau, le club n’arrive pas à se séparer de quelques joueurs qui feraient mieux de changer d’air, tels qu’Aurier ou Jesé. Concernant Krychowiak, le club semble se diriger vers une seconde saison, le Polonais disposant de nombreuses qualités, malgré un dernier exercice catastrophique. Autre point noir, le départ d’un grand espoir du club, Jean-Kévin Augustin, transféré à Leipzig et symbole de ce mal récurrent au PSG qu’est la perte de ses jeunes prometteurs. D’autres comme Georgen ou Callegari pourraient bien avoir le même destin. Enfin, par un sublime montage financier, le club semble en passe de réaliser le transfert de l’histoire en achetant Neymar au Barça, opération presque irréelle. De ce probable transfert, qui semble en bonne voie, nous ne dirons rien de plus, évitant de vouloir surenchérir dans la course au buzz des médias et dans la spéculation à trois francs.

Antero Henrique, le nouveau directeur sportif du PSG (photo parisfans.fr)

 

Concernant la préparation, le club a déçu face aux autres grands d’Europe en International Champions Cup. Un nul face à la Roma (1-1, victoire aux tirs au but), et deux défaites contre la Juve (2-3) et Tottenham (2-4). Pas rassurant mais peu révélateur non plus. Au moins, le club a pu mesurer sa côte de popularité grandissante hors de nos frontières. Et un feuilleton autre que le transfert de Neymar s’est invité à la table des dirigeants qataris, le cas Ben Arfa, écarté du groupe par Unai Emery.

Ce week-end, le PSG avait son premier réel test face à une équipe de Monaco toujours plus séduisante malgré le départ des cadres, le Trophée des Champions. Sans vraiment briller et parfois malmenés, les Parisiens ont finalement conquis leur cinquième trophée estival consécutif en allant s’imposer 2-1 à Tanger, notamment grâce à la recrue Dani Alves. Enfin, mal récurrent depuis plusieurs saisons, le poste de gardien de but a vu Alphonse Aréola prendre la place de titulaire, après la désastreuse préparation de Kévin Trapp. Difficile de savoir qui gardera la cage parisienne, les deux joueurs paraissant trop souvent fébriles. Un autre point à travailler pour la direction sportive de l’équipe.

Dani Alves, buteur pour son premier match avec le PSG face à Monaco samedi dernier (photo Getty Images)

 

La saison à venir

Avec un effectif peu renouvelé (en attendant la possible venue de Neymar, ce qui changerait absolument tout et ferait clairement passer le club dans une nouvelle dimension) et une concurrence accrue qui pourrait coûter quelques points (Marseille, Lille, Nantes) le club devra montrer un visage plus ambitieux encore que l’an passé. Ne pas perdre de points face à des équipes jugées plus faibles sera essentiel, tout comme éviter les affaires extra-sportives intempestives.  A domicile, le club pourra compter sur ce qui est redevenu une force, les supporters. On peut dire beaucoup de choses sur le CUP, grâce à lui le Parc revit et semble bien plus bruyant que d’autres stades réputés dans ce domaine. On ne va pas se mentir, le PSG doit être champion, c’est impératif. Pour le club, pour Emery, pour les moyens investis… Tout se jouera dans la capacité à être régulier, et à ses joueurs majeurs de tenir la longueur (attention à la dépendance vis à vis du rendement de Cavani notamment). En Ligue des Champions, le dernier carré doit être atteint pour parler de saison réussie. Et remporter une nouvelle fois les coupes nationales sera forcément un objectif pour un ogre parisien peu disposé à laisser des miettes.

Une chose est sûre, Paris doit faire mieux.

 

Le mot du supporter

Sur la saison passée : « Forcément déçu du résultat, Paris nous fait rêver mais la deuxième place est dure à avaler. Monaco fait une belle performance et montre qu’il faut laisser leur chance aux jeunes, ce qui semblait être le cas pendant PSG-Barca mais finalement pas tenu, on a pêché là-dessus je dirais. Après le record de points de l’an passé ça fait mal de se voir deuxième »

Sur l’intersaison : « Reprise timide je dirais, une tournée américaine difficile à suivre et décevante face à Tottenham et Turin. Bon rattrapage sur le Trophée des Champions avec un match qui promet une belle saison, deux équipes à la hauteur. Et encore une fois Paris pèche par son projet. Les joueurs sont plus intéressés par la capacité qu’a le PSG d’influencer sur leur revalorisation salariale plutôt que par le projet sportif qui est de ramener la coupe aux grandes oreilles dans l’Hexagone dans les 5 années. Et enfin, je suis toujours tenu en haleine par le feuilleton Neymar… »

Sur les espoirs pour l’an prochain : « Qu’on reprenne le leadership de la Ligue 1 et qu’on dépasse enfin ces quarts de finale qui font mal à l’ego. Il est temps que Paris devienne réellement décisif dans les gros matchs (comme au match aller face au Barça) tout en restant humble pour éviter les déconvenues. »

 

L’épisode précédent :

Summerito – OGC Nice : La Coupe d’Europe en ligne de mire

Waldemar de Laage
Etudiant en IUT de Journalisme, je consacre une grande partie de mon temps libre à suivre l'actualité sportive. Grand passionné de Football et de Cyclisme, je suis également amateur de cinéma à mes heures perdues. Twitter : @delaagewaldemar

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