Summerito – En Avant Guingamp : Et maintenant ?

Dans le ventre mou de la Ligue 1 l’an passé, dixième au classement final, En avant Guingamp aura longtemps pu espérer faire mieux. Dans le top 5 à la mi-saison après un début de saison tonitruant, les Costarmoricains se sont progressivement écroulés en 2017, pour terminer sur les rotules. Un classement pouvant paraître décevant au vu de leur début d’exercice, mais globalement appréciable pour une équipe dont le maintien reste l’objectif premier. Si le club a perdu Marçal, son meilleur passeur envolé à Lyon, le président Desplat a su conserver son homme clef, Antoine Kombouaré. Concernant donc le mercato, difficile de juger de la réussite ou non des acquisitions et des pertes du club, le recrutement étant très habituel, à savoir des joueurs globalement méconnus, que l’on peut qualifier de coups de poker. Focus sur un club aussi champêtre que familial, qui devra se ressaisir après des derniers mois compliqués.

La saison passée

Le Top 10, un quart en Coupe de La Ligue, une demi en Coupe de France, un public toujours autant passionné, une qualité de jeu appréciable, une pelouse parfaite, sur la papier nul fan d’En Avant Guingamp ne peut se plaindre d’un tel exercice. Et pourtant, que la fin aurait pu être autre si les hommes de Kombouaré avaient su tenir la longueur… Globalement, si la saison des rouges et noirs était un repas, l’addition aurait compté quelques superbes fruits de mer en entrée, une solide crêpe en guise de résistance, mais un cidre un peu trop amer empêchant le dîner de finir sur une belle note de caramel beurre salé… Un début fantastique, puis un brusque coup d’arrêt pour une arrivée pas aussi goûteuse que ce que l’entame laissait présager. Mais, las de ces comparaisons culinaires, concentrons nous sur le football. Sur le bilan global, la saison est réussie donc, même si la fin fut presque catastrophique. Le graphique suivant, tiré du site footipedia.com, présente révolution de la saison des coéquipiers de Jimmy Briand, et illustre bien la difficile digestion d’une première partie de folie.

Pas de cuisine sans cuisiniers. Les joueurs, et notamment les recrues, furent de réelles satisfactions, à l’instar de Marçal, meilleur passeur du club et centreur hors pair, Johnsson aussi solide que bon relanceur, ou encore Didot et Deaux, les stabilisateurs. Point noir, les blessures, qui minèrent la défense en seconde partie de championnat, et privèrent le « El Magnifico » Nicolas Benezet d’une très bonne partie de l’exercice. La défense justement, qui pourtant armée du duo le plus sous côté de Ligue 1 en charnière (Kerbrat – Sorbon) s’est écroulée après la trêve, finissant avant dernière (juste devant Montpellier) sur la seconde partie de saison. Autre point faible, l’extérieur avec seulement deux victoires, un ratio bien compensé par l’efficacité dans l’antre de Roudourou, toujours aussi animée et festive, enceinte où les locaux ne sont tombés que 4 fois, dont trois fois contre des adversaires de gros calibre (Nice, Monaco et l’ASSE) et une fois sur un terrible coup du sort en fin de match (Caen).

Pourtant, loin de se faire servir sur un plateau aux ogres de la Ligue 1, nos paysans nous auront également habitué à quelques gros coups. Un nul à Monaco, une victoire face à Marseille, Lille, Nantes. Même les « gros », Lyon et le Paris Saint Germain se sont cassés les dents sur la côte de granit rose. Lyon n’aura d’ailleurs jamais vaincu Guingamp cette année, les rouge et noirs s’en étant allé chercher la gagne dans ce « formidable outil » qu’est le Parc OL par deux fois (une en championnat, et une en Coupe de la Ligue aux tirs aux buts). Une façon de montrer que le club breton est bel et bien présent dans notre championnat.

Enfin, il faut tout de même souligner que les bretons vont entamer leur 5ème saison consécutive en Ligue 1, alors que deux des quatre précédentes furent achevées dans le top 10, mentionnons le également.

Les forces de l’équipe

Le club guingampais tire sa principale force de son collectif, et à su dévoiler certaines individualités. Qu’on aime ou pas, les rouges et noirs misent leur jeu sur les contres et la verticalité, en s’appuyant sur des éléments rapides et vifs. Des latéraux qui montent -à voir comment Rebocho imprimera sa patte sur ce jeu, et si il arrivera à suppléer Marçal -, un milieu solide et stable avec ce triangle Diallo, Deaux, Didot et des flèches sur les côtés. Coco toujours présent, quid de Salibur ? Acteur majeur de l’équipe l’ancien Clermontois est annoncé sur le départ. Une perte qui pourrait favoriser un retour au 4-4-2 utilisé avant le mois de novembre 2016 par Kombouaré. Enfin, un joueur devant, capable de mourir pour le maillot, idole du stade et récemment prolongé, Jimmy Briand (12 buts, 4 passes). Donc pour recentrer, le premier point est le collectif, cette osmose entre les joueurs permettant de créer cette rapidité d’exécution en contres. Nous avons évoqués plus hauts les éléments forts et notamment la charnière, parlons maintenant de l’atmosphère entourant ce club.

Ici, nous évoquons l’ambiance, la ferveur, la magie, ce truc en plus, ce côté aussi champêtre qu’intriguant (il suffit de voir les routes qui mènent à Guingamp pour le comprendre) et ses fameux supporters. Pas étonnant que l’EAG soit aussi performant à domicile. C’est un phénomène assez difficile à décrire et à expliquer mais le club peut se targuer d’être vraiment unique. C’est le mot pour décrire la statistique suivante.

15 202. C’est le nombre de supporters participants au projet « Kalon » d’actionnariat populaire. Mesure plus symbolique qu’autre chose, mais tellement révélatrice de l’âme qui entoure ce club.

Bref, plus besoin de commentaires sur cet aspect, de toute façon quand vous en êtes à un stade ou le… stade compte plus d’abonnés que d’habitants dans la ville, vous êtes sur une base fantastique. Donc, pour résumer, le collectif et l’atmosphère font pour moi, partie des forces les plus intéressantes de l’équipe, en espérant un pillage mesuré des clubs adverses.

L’entraîneur

S’il ne fut pas cité dans les forces de l’équipe, c’est uniquement pour lui consacrer ce petit aparté. Difficile d’oublier « Casque d’or« , qui, révélé à Valenciennes, remarquable au PSG, boudé en Arabie Saoudite, ressuscité à Lens, avait posé ses valises l’été dernier. Cette dixième place est aussi la sienne, celle d’un homme qui en plus de savoir s’adapter et composer, reste une personnalité admirable.

Antoine Kombouaré

Le mercato

Le club dirigé par Bertrand Desplat s’est empressé de prolonger des hommes forts. Kebrat, Ikoko, Sorbon, et Jimmy Briand, dossier compliqué. Pour compenser la perte de Marçal, l’EAG a recruté Pedro Rebocho en provenance de Moreirense. Plusieurs autres joueurs ont signé : Phiri, jeune milieu venu de Brondby, Thuram, Razza Camara, Traoré, Eboa Eboa ou encore le portier Caillard. Un mercato peu reluisant sur le papier, mais ayant tout à prouver.

« Phiri » kou est arrivé.

Côté départs, l’une des grosses pertes est celle du polyvalent Sankoh, parti à Caen. Alexandre Mendy à quant à lui signé à Bordeaux, alors que Salibur pourrait l’y rejoindre. De Pauw, le joker de luxe s’est également envolé, tout comme Dorian Lévêque. Si Salibur venait à quitter le navire, le club sera sans doute obligé de sortir le chéquier. Une doublure en pointe et un défenseur de plus pourraient également être bénéfiques. Mais à ce jour, il est difficile d’estimer si le club à réussi son marché.

A quoi s’attendre ?

Je pense que Kombouaré, ne se contentera pas forcément d’une place dans le ventre mou. Pour moi, le maintient sera rapidement acquis et l’EN Avant pourrait uns régaler sur une coupe nationale, avec pourquoi pas une nouvelle apparition au Stade de France. De nombreux facteurs pencheront dans la balance, il faut attendre de voir si Salibur va rester, quel sera le rendement des recrues ou du prometteur Livolant. Honnêtement, il me parait compliqué pour le club Breton de viser l’Europe par le championnat, surtout au vu de la concurrence nouvelle qui arrive cette année avec les investissements réalisés par les concurrents des guingampais. Ces derniers comptent un petit budget et doivent espérer que les coups tentés au merato seront payants. Enfin, il me parait très peu probable, voir nul, que l’EAG descende en Ligue 2. Pour l’instant, laissons le club se relancer.

L’équipe probable :

Johnsson / Rebocho – Sorbon – Kerbrat – Ikoko / Diallo – Deaux – Didot / Coco – Briand – Salibur (si celui-ci reste)

 

Le mot roman du supporter

@UsualGuilty, contributeur des RoudBoys et supporter du club
L’an dernier

Au bout du compte, une saison très satisfaisante, parce que «quand on est Guingamp» (comme dirait le président), on est forcément heureux d’un maintien rapide, d’une 10e place et d’un très bon parcours à Roudourou (le meilleur qu’on ait eu en Ligue 1). Mais on a quand même un petit goût d’inachevé à cause de la seconde partie de saison complètement ratée à l’extérieur où en plus de perdre, on voyait une équipe un peu apathique, peu portée vers l’avant et où on finissait généralement par prendre des petites branlées. Le plus gros regret reste la demie de Coupe de France à Angers, où, à part les 20 premières minutes, on passe complètement à côté du match… Tout cela s’opposait à la première partie de saison où l’on avait une équipe plaisante à voir jouer, offensive, bousculant et/ou battant les gros, finissant avec 5 défaites (jamais déshonorantes) en 19 matchs. On était, certes, probablement au-dessus de notre rendement, mais il y a eu quelques regrets de ne presque plus avoir vu cette équipe après la trêve…

La préparation

Assez classique pour l’instant. Le bon vieux stage en Bretagne et quelques matchs amicaux assez habituels pour intégrer les recrues. Un bilan des matchs équilibré mais bon, pour moi, c’est jamais très révélateur. Le petit événement est la venue du Torino à Roudourou bientôt, mais idem, ce ne sera pas très significatif puisque le Torino aura à peine démarré sa prépa. Mais ça reste fun..

Le mercato
Il a pas mal mis de temps à se dessiner cette année. Le 11 de départ ne bouge pas trop par rapport à l’an dernier avec 1 ou 2 départs mais on a choisi de dégraisser et recruter surtout au niveau des remplaçants pour «redonner un nouveau souffle» selon Kombouaré. On a très vite remplacé Marçal au poste de latéral gauche par un portugais (Pedro Rebocho) et on a recruté un milieu polyvalent venant du championnat danois (Phiri). Pour ces deux-là, on est un peu dans l’inconnu. Après, on a mis un peu de temps à voir quel axe les dirigeants allaient donner au mercato. Le club a déjà choisi de miser un peu sur l’avenir avec 2 jeunes défenseurs (Eboa Eboa et Traoré qui a été reprêté immédiatement) pour remplacer dans l’avenir la paire hyper-expérimentée Sorbon-Kerbrat, et un gardien (Caillard). Et au niveau offensif, le club a recruté plutôt des bons espoirs qui n’ont finalement pas percé (Thuram et Razza). Donc, en gros, on reste pas mal dans le flou, on ne sait pas trop ce que ça va donner, si ces nouveaux joueurs vont pouvoir concurrencer les titulaires…etc… C’est un vrai challenge aussi parce que les joueurs qu’ils doivent remplacer étaient de vrais bons mecs très aimés par le public (Lévêque, Sankoh, De Pauw). Le fait qu’il n’y ait pas un seul nom un peu ronflant inquiète un peu les supporters, c’est normal, mais « wait & see » comme disent les jeunes… Avant la reprise du championnat, les supporters attendent surtout que le club recrute un vrai 9 compensant le départ du grognon Mendy pouvant être une alternative à Privat, et possiblement un latéral gauche en doublure.  Côté départ, on attend de voir s’il y a une offre intéressante pour laisser partir Salibur, le joueur n’est pas contre rester ou partir. Enfin, le club a aussi fait un bon travail pour prolonger certains joueurs (Kerbrat, Briand, Ikoko…), ce qui n’est pas négligeable.
Espoirs pour la saison à venir

Si on veut être raisonnable, quand on est Guingamp, une place en fin de saison au milieu de tableau serait forcément idéale. Mais justement on est Guingamp et on n’aime pas les saisons à roupiller dans le ventre mou, donc on veut surtout du frisson, comme d’habitude taper des gros clubs à Roudourou et le maintien au bout. On ne veut surtout ne pas rester sur la lancée de 2017 et retrouver une équipe beaucoup plus enthousiaste surtout à l’extérieur. A domicile, on espère toujours être aussi solide, et c’est apparemment une priorité de Kombouaré.

L’épisode précédent :

Summerito – Lille OSC : Nouveaux dirigeants, nouvelles ambitions

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