Summerito – ESTAC : Un an seulement après l’avoir quitté

Meurtrie par sa dernière saison en Ligue 1, l’Espérance Sportive Troyes Aube Champagne (plus simplement dit ESTAC) est sur le point de redécouvrir ce championnat qui a laissé plus de séquelles dans les têtes des suiveurs du football français que dans les têtes de ses acteurs. Après une seule saison dans l’antichambre qu’est la Domino’s Ligue 2, le club aubois de la cité du Romantisme devra rapidement allumer la mèche de la victoire pour ne pas voir resurgir ses démons. Focus sur l’ESTAC à quelques encablures du début de cette longue route vers le maintien.

La saison passée

Au sortir d’une saison 2015/2016 passée dans les bas fond de l’élite, les dirigeants troyens n’eurent qu’un seul objectif en tête : « la reconstruction après une saison délicate pour ne pas dire pire » d’après les mots du président Daniel Masoni. Cette reconstruction a été fondée autour de deux hommes. Pour la première fois sous l’ère Daniel Masoni, l’ESTAC confiait à une personne nouvelle le rôle de Coordinateur Sportif. Luis de Sousa est donc nommé responsable du recrutement de l’ESTAC tandis que Jean-Louis Garcia (ex-Lens, ex-Angers et ex-Grenoble) prend les rênes du groupe professionnel. Ce choix de coach arrivé le 9 mai 2016, avant même la fin du championnat, est un message d’humilité envoyé par le club troyen puisqu’il fait revenir dans le monde professionnel un entraîneur d’expérience redescendu d’un échelon (en CFA avec Grenoble).

Luis de Sousa au premier plan en pleine discussion avec le coach Jean-Louis Garcia – Photo Jérôme BRULEY
« Pour mission de finir 10-12ème »

Si les acteurs décisionnaires ont changé, l’effectif pro a lui aussi connu de gros bouleversements durant l’été passé. Les treize arrivées au sein de ce groupe ont fait souffler un vent frais favorable à cette reconstruction. « Parti dans l’inconnu« , les différents éléments ajoutés à l’ossature expérimentée des Nivet, Darbion, Azamoum, Ben Saada et consort ont formé une base de travail intéressante pour Jean-Louis Garcia qui avait « pour mission de finir 10-12ème » avant cet exercice. Le président troyen s’était donné « deux ans » pour repartir de l’avant et pourquoi pas revenir en Ligue 1. Ce fut chose faîte seulement un an après.

« Recréer un climat positif »

Aux micros de Canal+Sport en novembre dernier, Jean-Louis Garcia faisait le point sur la situation de son club qui retrouvait une série incroyable de sept matchs sans défaite. « Le club est resté serein malgré nos deux premiers matchs difficiles » telle fut la première analyse du technicien troyen. Le plaisir de travailler avec « un groupe de joueurs extraordinaires, réceptifs, intelligents et surtout talentueux » n’est sans doute pas anodin à la « plus que réussite » de sa mission reconstruction. L’arrivée d’Adama Niane, le 24 août dernier à quelques jours de la fin du mercato, est sans aucun doute le symbole de la réussite de ce recrutement malin qui a apporté des hommes frais mentalement et physiquement en quête de reconnaissance. Venu du FC Nantes où il n’a jamais eu sa chance au plus haut niveau, l’attaquant malien n’a pas attendu pour prouver son efficacité. Double buteur lors de sa première apparition à Nîmes, il a enchaîné les buts jusqu’à s’octroyer le titre de meilleur buteur de ce championnat en mai dernier.

Adama Niane symbole d’un recrutement gagnant.
Des matchs charnières bien négociés

Au mois de février, l’ESTAC pointait à la 6ème place avec 40 points. A cette époque, ses chances de monter en Ligue 1 étaient estimées à 20% et pourtant. A ce moment, l’ESTAC venait de pulvériser (4-0) le futur champion Strasbourg et entrevoyait trois sommets contre des concurrents directs dont 2 lors des 4 dernières journées. Sur cette route, le club à se présenter devant l’ESTAC fut l’Amiens SC lui aussi rapidement balayé 4-0 comme son prédécesseur strasbourgeois. Pied de nez de l’histoire, pour monter, il était bien vu de se prendre une fessée au Stade de l’Aube.

Une équipe soudée pour des succès probants.

Par la suite, les hommes de Jean-Louis Garcia ont enchaîné 7 victoires lors des 10 derniers matchs battant coup sur coup le Stade Brestois et le Stade de Reims sur ses terres avant de conclure par une remontada à Sochaux (2-3) après avoir été mené 2-0. Après avoir cru à la Ligue 1 pendant deux minutes au coup de sifflet final, le but de Bourgaud à la 90+6′ pour Amiens sur la pelouse de l’ennemi rémois, conduisit l’ESTAC en barrage pour affronter le FC Lorient.

La folie après le but de Samuel Grandsir pour la remontada à Bonal qui offrait virtuellement la montée à l’ESTAC.
Des barrages Benjisime

Le 25 mai dernier, sur la belle pelouse du stade de l’Aube, les 22 acteurs aubois et bretons donnent le coup d’envoi des premiers barrages d’accessions depuis 1993. Ce retour des barrages sonne comme un événement incontournable dans le monde du football français. Les yeux rivés sur la ville de Troyes, les passionnés de football assistent à un match tendu, maîtrisé par les locaux qui concrétisent juste avant la pause par un but du numéro 8 Stéphane Darbion qui a bien suivi un tir de Benjamin Nivet repoussé par Lecomte. Alors que le FC Lorient est bien revenu dans le match en égalisant par Majeed Waris et que ce match aller tend vers sa fin, sur un mauvais dégagement de la défense lorientaise, le vétéran du football français Benjamin Nivet arme et adresse une frappe puissante ras du sol au plus proche du poteau droit du portier breton. Le stade de l’Aube chavire. Ce sont les Troyens qui virent en tête avant le match retour se déroulant trois jours plus tard.

Benjamin Nivet vient à bout du premier acte des barrages – Photos Jérôme BRULEY

Lors de ce match retour, dans une composition défensive avec notamment Thiago en sentinelle à la place du héros Benjamin Nivet laissé sur le banc, l’ESTAC s’apprête à lutter pour monter. Face à une équipe lorientaise entreprenante mais loin d’être tranchante, la défense auboise tient bon et s’offre même l’occasion de tuer le match sur un contre mal joué par Grandsir manquant son piqué devant Lecomte. Après une tête arrière salvatrice de Johann Obiang et un dégagement de la tête du divin chauve Benjamin Nivet, les trois coups de sifflets retentissent, l’ESTAC retrouve la Ligue 1 un an seulement après l’avoir quitté.

La joie de la montée, émotion courante à Troyes – Photo : Jérôme Bruley
« Le club a grandi, nous ne sommes pas du tout dans la même situation qu’il y a deux ans. On est beaucoup beaucoup plus fort. »

En dressant le bilan de la saison passée, Daniel Masoni remercie l’ensemble de ses hommes (joueurs et staff) pour le travail effectué. En vue de la saison prochaine, il a également tenu à saluer les supporters troyens fidèles à leurs couleurs malgré les moments difficiles connus par son club et souhaite « leur montrer rapidement sur le papier que l’ESTAC pourra jouer un rôle et le montrer sur le terrain« . Conscient de la difficulté de la tâche qu’il reste à venir, il sait « qu’il y aura des bas » durant la saison mais comme il le dit, « il faut faire en sorte que ces bas ne soient pas aussi bas que ceux de ces derniers temps« . Une chose est sûr dans ses paroles : « Le club a grandi, nous ne sommes pas du tout dans la même situation qu’il y a deux ans. On est beaucoup beaucoup plus fort. »

Photos Jérôme BRULEY

Les forces de l’équipe

Dans les colonnes du journal local L’Est-Eclair, Jean-Louis Garcia faisait l’état des lieux de son groupe et des ambitions qu’il avait pour ses joueurs en vue de la saison à venir. A la base du projet de structuration du Sporting Club de l’Ouest Angers, l’ancien gardien de l’AS Cannes a bien envie de se calquer sur la méthode utilisée par Stéphane Moulin, dont il a été le « mentor », dans la cité angevine. Pour se faire, il souhaite « faire parler la force collective« . Petit aperçu des forces et des faiblesses de cette équipe troyenne.

  • Jean-Louis Garcia (entraîneur)

Une pensée pour son père décédé et un bref bilan de sa carrière, voici comment cet homme heureux a réagit quelques minutes après l’exploit de son équipe. « Il ne me manquait que l’accession de Ligue 2 à Ligue 1, j’avais fait toutes les accessions depuis le CFA2, c’est juste fabuleux » confiait t-il le soir de la montée au micro de Brice Miko pour ESTAC TV. Passé par Cannes, Monaco, Châtellerault, Nancy et Nantes en tant que gardien de but puis par Bordeaux, Toulon, Angers, Lens, Châteauroux et Grenoble, le natif d’Ollioules est un fin tacticien. Sa position de gardien dans sa carrière lui permet de mettre en place une défense solide tout en laissant libre-cours à ses offensifs pour opérer. Celui qui a pour relais Benjamin Nivet depuis son arrivée au club en mai 2016, ne cesse de prouver qu’il a l’étoffe pour exercer à un niveau supérieur. Cette saison, JLG découvrira pour la première fois la Ligue 1. A suivre.

Crédit photos : ESTAC – Brice Miko
  • Samuel Grandsir (offensif droit)

Virevoltant sur son aile droite durant toute la saison passée, le joueur formé au club disputera sa deuxième saison professionnelle. Après des débuts fougueux (deux cartons rouges concédés en début de saison), Samuel Grandsir a su faire son trou dans le groupe troyen. Petit et puissant, sa vitesse a largement contribué à déséquilibrer les blocs adverses. Avec trois buts et trois passes décisives en 32 matchs joués, il a offert une solution plus qu’intéressante pour le turn-over, capable même de briller en pointe comme il a pu le faire lors de la rencontre contre le Stade Brestois en fin de saison passée.

  • La défense

Secteur de jeu qui a pêché par le passé proche de l’ESTAC en Ligue 1, la défense fut le premier chantier de Jean-Louis Garcia. Désireux d’ajouter, par petites touches, des éléments bonifiants sur chaque ligne, le staff s’est vite attelé à renforcer sa ligne défensive. « Majestueuse » sur la fin de saison, comme le soulignait JLG lors de la présentation d’une des recrues, la charnière Giraudon-Hérelle sera appuyée par l’expérimenté Oswaldo Vizcarrondo libéré par le FC Nantes et par le jeune brésilien Gabriel. Sur les ailes, Aloïs Confais devrait retrouver le milieu de terrain suite à l’arrivée de Matthieu Deplagne qui vient doubler ce poste pouvant être occupé par Jérémy Cordoval. Si cette défense n’est pas réellement un point faible de l’ESTAC, elle sera mise à rude épreuve dès le début du championnat.

Jimmy Giraudon (à gauche) et Oswaldo Vizcarrondo (à droite) pourraient formés la charnière de l’ESTAC cette saison. – Crédit photos : ESTAC – Brice Miko

 

Le mercato

A l’heure de la reprise, le 27 juin dernier, l’ESTAC avait réussi son premier pari : réunir trois recrues avant même d’aborder sa préparation physique d’avant-saison. Trois recrues sur la ligne défensive et non des moindres et un feu-follet confirmé à l’échelon inférieur, voici ce que Jean-Louis Garcia et les dirigeants du club troyen ont déniché avant cette reprise et par la suite. Focus sur les recrues :

  • Matthieu Deplagne (latéral droit) :

Jeune latéral droit de 25 ans en pleine force de l’âge, Matthieu Deplagne « quitte le nid montpelliérain » après 16 ans passés dans l’Hérault. « Arrivé au bout d’un cycle » dans le club héraultais, le défenseur de métier a décidé de « voler de ses propres ailes » en s’installant dans la cité tricasse. Après un début de carrière riche et complet, avec notamment un titre de champion de France de Ligue 1 dès sa première saison en pro et la Ligue des Champions lors de sa deuxième, ce transfert sonne comme un « nouveau et beau challenge que celui du maintien« . Comme le souligne Jean-Louis Garcia à propos des critiques venues du sud de la France, « au fil des années, on ne fini par ne voir que les défauts« , c’est ainsi que ce départ sonnera pour lui comme la révélation du réel potentiel du fils de Dominique Deplagne, gardien professionnel entre 1979 et 1993.

Matthieu Deplagne lors de sa présentation le 27 juin dernier.

Un contrat de trois ans en main, celui qui, décrit comme un « latéral costaud et puissant, capable de jouer en défense centrale » par son nouveau coach, espère « jouer une bonne trentaine de matchs » cette saison. Il avait déjà eu un contact l’an passé avec l’ESTAC. JL. Garcia a déclaré avoir déjà appelé Matthieu l’an passé à son arrivée à Troyes mais ce dernier souhaitait « évoluer en Ligue 1« . 

  • Oswaldo Vizcarrondo (défenseur central) :

Géant, guerrier et adepte des joutes en Ligue 1, Oswaldo Vizcarrondo (1,91m, 85kg) est venu à Troyes pour apporter une expérience du haut niveau. « Je suis venu pour donner mon expérience et je compte assumer mon rôle en donnant l’exemple aux plus jeunes » déclarait-il le 28 juin dernier lors de sa présentation aux côtés du président troyen et de son coach Jean-Louis Garcia. C’est d’une voix grave et posée, que celui qui accumule 332 matchs professionnels à son compteur, dont 130 dans l’élite française, annonçait son dévouement pour ses nouvelles couleurs : « Je vais tout donner pour ce maillot! » lança t-il en réponse à un journaliste l’interrogeant sur sa mission. Au-delà de développer un jeu qu’il décrit comme « agressif« , Oswaldo souhaite rendre sa grinta « contagieuse«  pour qu’elle « déteigne » sur tous ses coéquipiers.  

Souligné par son nouvel entraîneur Jean-Louis Garcia, cet état d’esprit de combattant va être un atout indéniable lorsque les matchs deviendront cruciaux pour le maintien. « C’est un très grand professionnel. En plus de cela il possède une expérience exceptionnelle avec des matchs en Amérique du Sud dans des stades avec des ambiances incroyables sous le maillot du Venezuela contre Messi, Neymar et tous les meilleurs. » insistait JLG. Cette deuxième recrue défensive rejoint l’ESTAC pour les deux prochaines saisons.

  • Bryan Pelé (milieu excentré) :

Jeune et virevoltant, Bryan Pelé, 25 ans, formé au FC Lorient sous l’ère Christian Gourcuff est la première recrue offensive troyenne. Cet ailier de poche (1,69m) n’a pas été conservé par le Stade Brestois à la suite d’une saison pourtant aboutie (33 matchs et 7 passes décisives). « Le club me suit depuis le mois de janvier. J’en suis très flatté. Ce club produit un beau jeu qui correspond à mon style de jeu » déclarait Bryan Pelé en démarrant sa présentation le 29 juin dernier. « Je suis un joueur plutôt malin qui aime jouer dans les intervalles. Je suis explosif et mon jeu est basé sur la vitesse. Même s’il y avait d’autres clubs qui m’ont sollicité, je souhaitais retrouver la Ligue 1 et quand mon agent m’a indiqué que l’ESTAC était très intéressé je n’ai pas hésité une seconde » ajoutait-il.

Après avoir signé pour deux saisons ce nouveau joueur, Jean-Louis Garcia mettait en exergue sa polyvalence, pouvant « jouer aussi bien à gauche de façon excentrée qu’à droite dans un rôle à la Robben en repiquant dans l’axe pour finir pied gauche ». Cette arrivée semble ravir le technicien troyen.

  • Gabriel (défenseur central) :

Recruté peu après la reprise de l’entraînement, le jeune Brésilien Gabriel arrive à Troyes dans l’optique de s’acclimater à la France et à son championnat. Dans la tradition des joueurs brésiliens accueillis à Troyes (Rincon, Marcos, Thiago …), Gabriel arborera le maillot bleu. Ce défenseur central à fort potentiel est prêté à Troyes pour une saison sans option d’achat par le LOSC où il est arrivé en janvier dernier. Recruté par le spécialiste Luis Campos, nul ne doute de l’avenir radieux qui le guette. En attendant, il vient dans l’Aube pour « engranger du temps de jeu » lui qui se décrit comme « à l’aise dans le jeu aérien, fort dans les duels« . Son objectif est clair : « Je veux m’imposer en Europe et si possible dès cette année« . 

Selon le coach Jean-Louis Garcia, il faudra cependant être patient avant de voir le prodige brésilien à l’oeuvre puisqu’il fait état « de pépins physiques non soignés« . Sa reprise s’est effectuée par un travail personnalisé en dehors du groupe. Conscient du travail à effectuer, JLG ajoute qu’il « adore travailler avec des jeunes joueurs à forts potentiels et aime les faire progresser en les conseillant« . « Gabriel est un diamant brut. Il y a beaucoup à travailler mais si le LOSC a investi sur lui, ce n’est pas pour rien » ajoute-t-il.

  • François Bellugou (milieu défensif) :

En quête d’un milieu de terrain défensif, l’ESTAC s’est tournée vers l’expérimenté François Bellugou, acteur malheureux des derniers barrages remportés par le club troyen au détriment des Morbihannais dont il faisait parti. Passé par Montpellier, Sète, Guingamp puis plus récemment par Nancy et Lorient, ce trentenaire a déjà bien baroudé avant de poser ses valises dans l’Aube. Cumulant 79 matchs dans l’élite et le double à l’échelon inférieur (158), il arrive à Troyes dans la peau du cadre solide pouvant apporter sa connaissance du contexte à une équipe peu expérimentée. « J’avais envie de rester en Ligue 1 Conforama. Je me reconnaissais dans le projet de Troyes.  » affirmait-il le 12 juillet dernier lors de sa présentation à la presse.

© Jonathan Sottas

De son côté, Jean-Louis Garcia a fait l’état d’un suivi de longue date : »François est un joueur que je suis depuis l’époque où j’entraînais Angers, alors qu’il était à Sète. » Il avoue avoir été attentif à la situation d’un garçon qu’il décrit comme un joueur avec « une belle intelligence de jeu.« . Satisfait du recrutement effectué, il annonce que le club va « encore le peaufiner » avant d’entamer la saison.

  • Du côté des départs

Cet été, l’ESTAC a connu un nombre important de fins de contrats. Dans ce cas, Carlos Eduardo Rincon, défenseur brésilien arrivé à Troyes en août 2011, Mahamadou N’Diaye, défenseur malien arrivé en 2013 et pas épargné par les blessures (fracture du tibia-péroné à son arrivée) et Henri Bienvenu, erreur de casting du côté de Troyes arrivé en 2014 en provenance de Turquie. Ces trois joueurs quittent le club troyen. En plus de ces départs s’additionne celui du défenseur central Johan Martial, qui, après avoir résilié son contrat à l’ESTAC, s’est engagé avec le Maccabi Petah-Tikva (Israël). Durant le stage effectué à Vichy, le brésilien Thiago a également quitté l’ESTAC après six saisons de bons et loyaux services direction Valenciennes où il s’offrira un dernier challenge du haut de ses 34 ans.

Une mission bien préparée

Depuis la validation de son accession à l’élite, l’ESTAC fait preuve de cohérence dans ses choix et ses recrutements. Cette cohérence est notamment remarquée par les différents spécialistes qui gravitent autour du club et qui ont notamment vu la prolongation du vétéran Benjamin Nivet d’un bon oeil. L’heure est à l‘apport d’expérience dans cet effectif qualitatif en quête d’assurance pour aborder ce rude championnat. En effet, son coach Jean-Louis Garcia aura pour la première fois la charge d’une équipe de l’élite.

Crédit photos : ESTAC – Brice Miko.

L’objectif numéro un est de stabiliser ce club à ce niveau comme a pu le faire Angers qui débutera sa troisième saison ou même Guingamp. Le chemin à suivre sera celui parcouru par Dijon ou Metz la saison passée qui se sont offert une prolongation d’exercice pour 2017/2018. Durant les 12 dernières saisons, l’ESTAC a connu trois montées en Ligue 1 mais n’est parvenu à se maintenir qu’une seule fois au terme de la saison 2005/2006. L’enjeu est donc conséquent pour ce club représentant la ville de Troyes habituée à héberger une équipe productrice de spectacle. Il faudra donc cette saison savoir être plus pragmatique que par le passé pour prendre les points où ils se trouvent quitte à (peut-être) sacrifier le beau jeu.

Paroles de supporters

Pour conclure cette vision d’avant-saison côté aubois, nous avons décidé d’interroger plusieurs supporters pour prendre le pouls au coeur des passionnés des Bleu et Blanc. En comparaison avec l’euphorie du titre de champion de Ligue 2 obtenu en 2014/2015, nos trois homologues semblent davantage sereins avant d’entamer un nouvel exercice dans l’élite.

« Je crois que c’est la saison en Ligue 1 la plus préparée » lance Romain. Mathieu, abonné depuis 14 ans au Stade de l’Aube, partage ce même sentiment : « c’est l’une des premières fois que je vois un développement digne d’une vraie équipe qui monte« . Cette cohérence de développement est notamment marquée par la prise de fonction de Jean-Louis Garcia, « Garcia a apporté une nouvelle ère très positive » ajoute Mathieu tandis que Louis le qualifie de « très humble, fédérateur, optimiste« .

L’expérience apportée très tôt au sein du groupe est aussi un des facteurs des plus rassurants pour les habitués « le recrutement qui est plutôt pas mal, avec des joueurs d’expérience et des joueurs un peu plus jeunes » souligne Louis. Tous trois sont persuadés que le maintien est loin d’être utopique. « Masoni ne fera pas les mêmes erreurs grâce aux années passées » finit-il.

Pour finir, chacun d’entre eux avance un petit pronostic :

  • Romain : « Je nous vois terminer 16-17ème grâce à notre cohésion d’équipe et notre collectif« 
  • Louis : « A dans un an pour voir où nous serons, mais moi j’y crois à ce maintien !« 
  • Mathieu : « Le maintien est l’objectif clair et il est réalisable. Nous savons tous qu’il y aura des hauts, des bas voire des très bas, mais nous, supporters, seront toujours la de la 1ère journée à la 38ème, et plus si barrage.« 

 

L’épisode suivant : à demain

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