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L’arbitrage vidéo : « plus de justice, moins de frissons »

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Mis en pratique pour la première fois en international lors de France-Espagne, l’arbitrage assisté par vidéo a beaucoup fait parler. Tous les amateurs de foot ont donné leur avis, positif au négatif après ce match qui a vu M. Zwayer recourir deux fois à la technologie. Stadito accorde la parole à ceux qui ont vécu cette nouveauté depuis les tribunes, où la situation très brouillonne soulève un véritable problème.

Chacun avait sa raison d’apprécier la nouveauté testée par la FIFA. Gommer de l’avenir du football les erreurs de l’homme en noir susceptibles de modifier le cours d’un match, bien sûr, mais aussi épargner les arbitres, trop souvent pris à parti. Ce sont quelques arguments qui incitaient Thomas, Claire et Alexandre à avoir un avis relativement positif – ou, du moins, intéressé – sur la grande question football de la semaine.

Mais, en pratique, nos trois supporters des Bleus ont fait face à un problème que n’ont pas connu les presque 6 millions de téléspectateurs. « Sur le but de Griezmann, le stade s’est levé d’un seul homme, nous raconte Thomas. Le numero 7 français a dansé, toute l’equipe célébrait. Le speaker a annoncé le but. L’équipe de France s’est replacée. Et puis l’arbitre a fait de grand geste comme s’il mimait le contour d’une télévision. » Si Thomas a vite compris ce qu’il se passait, ce ne fut pas le cas de tout le monde. Claire fait partie de ceux qui n’ont pas compris sur le coup et ont mis du temps à réprimer le sentiment collectif de joie. « À ce moment-là, les gens étaient tellement heureux qu’on a tous mis du temps à comprendre ce qu’il s’était passé. Dès lors qu’on a compris, une déception générale s’est sentie. »

Un problème de communication, donc, à la base de cette désillusion, qui mène peut-être au plus gros défi de l’arbitrage vidéo : comment faire patienter les supporters pressés de supporter un but ? « Si on reste devant sa télé, le temps d’un ralentir on ne s’en rend pas compte, concède Thomas. Mais au stade, c’est insoutenable. C’est comme si on devait se retenir d’exulter, de respirer, pendant 30 secondes après un but. » Même Alexandre, qui a apprécié l’expérience vidéo bien qu’elle n’ait pas réussi aux Français, regrette lui aussi un soucis de communication : « Les personnes en tribune ne comprenaient pas. Ils insultaient l’arbitre… » Quand les simples indications de l’arbitre ne suffisent pas, pour le jeune CM sportif, il faut passer à un stade supérieur, avec plus d’informations. « Il y a des efforts à faire sur la vidéo, assume-t-il. Pourquoi ne pas passer les ralentis sur l’écran géant pour prouver aux supporters que l’arbitre a raison ? »

arbitrage vidéo

L’arbitrage vidéo vu par le dessinateur Vidberg (Dessin tiré de son blog Le Monde).

Le verdict de nos trois témoins, bien qu’ayant des avis divergents concernant les effets sur le rythme du match -Alexandre pense que le but annulé de Griezmann a assommé les Bleus-, va dans un sens. La rectification des erreurs d’arbitrage est un frein à la passion des supporters. Claire avoue être devenue sceptique par rapport à cette innovation qui « enlève l’ambiance et la magie d’un but marqué ». Thomas, qui assure que le test de mardi soir a modifié son avis sur la question, est probablement le plus critique : « Au stade, on ne peut plus vibrer dans ces cas-là. Si on doit attendre une minute après chaque but pour le célébrer, Il n’y a plus un seul intérêt à venir au stade. On y vient pour voir le spectacle en direct ! L’arbitrage vidéo, c’est plus de justice, et moins de frissons, en fait. »

Alexandre, Claire et Thomas nous confirment une crainte dont certains avaient fait part bien avant France-Espagne. Pensée pour les téléviseurs et les investisseurs, cette innovation qu’est l’arbitrage assisté par vidéo ne convient pas au football de stade. Celui-ci pourrait d’ailleurs en prendre un coup si cette pratique se répandait. Nos voix du stade sont à l’unisson : le progrès est à repenser.

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Jonathan Tunik

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