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Elisa Launay : « cet écart peut se réduire mais il faut du temps, de la patience et de l’argent »

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Elisa Launay, 19 ans, commence déjà à se faire une place dans le championnat de D1 féminine. Pour Stadito, elle a accepté de se confier et ainsi revenir sur son parcours, la saison actuelle, l’Équipe de France et le football féminin.

Le parcours…

« J’ai commencé à jouer joueuse de champ. Puis je suis devenue gardienne de but à 14 ans et demi. J’ai suivi une formation de trois ans à Clairefontaine en suivant cursus scolaire. J’ai eu le bac puis je suis allée rejoindre le Montpellier Hérault Sport Club pour une année entière où je me suis entraînée avec la D1 la semaine et jouer le week-end avec les U19. Au cours de cette année j’ai suivi une formation BP JEPS pour devenir éducatrice sportive. L’année suivante, qui est celle-ci, je suis arrivée à Bordeaux pour jouer sous les couleurs Marine et Blanc. Mon père et mon frère étant gardiens de buts, j’ai voulu poursuivre le même parcours que ma famille. »

Un poste de gardien de but…

« J’ai choisi ce poste car j’ai un caractère solitaire, je suis timide et donc je ne vais pas beaucoup vers les gens. C’est un poste individuel, donc c’est plus facile pour moi. Mais j’adore ce poste car j’aime plonger, arrêter des frappes, j’adore la sensation que me procure chaque arrêt que je fais qui éloigne le danger pour mon équipe. J’aime l’adrénaline que j’ai lorsqu’un danger approche et que je suis le dernier rempart. Même si j’avoue que pour être gardien de but il faut être assez folle pour aimer se faire tirer dessus … mais j’apprécie quand même. »

Un changement de club lors de l’été 2016…

« J’ai quitté le MHSC car je n’y avais aucun avenir footballistique. J’aurais eu un entraînement de très haute qualité, certes, mais pour moi le fait de ne pas jouer le week-end me paraissait invraisemblable pour ma progression. Tout se résume aux erreurs ou aux bonnes choses que l’on fait durant un match. Bordeaux a su me proposer quelque chose qui correspond entièrement a mes attentes et me fixe un objectif qui me motive davantage. »

Les “gros” et les “petits” en D1 féminine…

« Je pense que cet écart peut se réduire, mais il faut du temps, de la patience et de l’argent … restons réalistes ! Ces équipes là ont tous ce qu’il faut, et mettent donc toutes leurs chances de leurs côtés. En ce qui concerne Bordeaux, car je parle en connaissance de cause, on doit gérer les entraînements qui sont le soirs, mais aussi pour la plupart, les études ou le travail. Donc s’entraîner et travailler en même temps c’est respectable je trouve. Et c’est ce qui me donne de l’espoir car Bordeaux tente de faire le maximum pour nous aider à y parvenir. »

Objectif maintien…

« Je pense que l’on a les capacités désormais pour y arriver. Maintenant, il faut que l’on reste solidaires, et que l’on se donne à 100% pour y arriver. On ne peut plus dire que nous sommes en apprentissage, c’est terminé. Il faut agir et c’est ce que l’on va faire. On a toute quelque chose de spécial. Certaines ont la technique, d’autres la vitesse, la lecture du jeu, l’endurance … certaines en ont même plusieurs à la fois. Donc, on peut le faire et on va le faire. »

Bordeaux mise sur le long terme…

« Ne nous précipitons pas. Nous avons des objectifs qui sont immédiats, mais être le “Cador” de la D1 ne fait pas parti de ces objectifs. Il fait parti des objectifs sur le long terme. Pour moi, il y a déjà un engouement ! Même s’il n’est pas encore très visible, il est bien là. »

L’Équipe de France…

« C’est un objectif, après ce n’est pas mon objectif premier aujourd’hui. Je préfère me focaliser sur mon équipe et les objectifs de celle-ci pour cette année, car elle est importante. L’Équipe de France A est un objectif sur le long terme. Je n’ai que 19 ans, j’ai encore le temps et je suis consciente que je n’ai pas le niveau, pas encore. Peut-être plus tard, je l’espère en tout cas. Le plus important, aujourd’hui, c’est le maintien de l’équipe, et je me focalise sur ça. »

Un football féminin en développement…

« Ma vision sur le football féminin est simple. C’est un sport qui finira par être aussi développer que le football masculin. Mais avant que cela arrive, il va falloir beaucoup de patience. On a déjà fait de très gros progrès depuis quelques années. Il faut que l’on gagne des championnats, des compétitions internationales pour se faire connaître. Je prends pour exemple la Coupe du Monde des féminines il y a quelque année où l’on a joué l’Allemagne en quart de finale, et où, si je me souviens bien, l’audience de la chaîne W9 qui a diffusé le match ce soir là avait explosé. Ils avaient battu leur record d’audience. Je trouve qu’il y a une énorme inégalité entre les garçons et les filles, mais je suis persuadée que cela va changer durant les années qui vont suivre. Chaque année il y aura une amélioration, même petite. »

“Le matin, tu peux rester couché pour continuer ton rêve, ou te lever pour le réaliser”

« Chaque jour je me lève avec la même idée en tête, réaliser mon rêve qui est de vivre de ma passion jusqu’à ce que je puisse plus en faire. Profiter de chaque instant de bonheur qu’elle m’apporte. »

Stadito remercie Elisa Launay pour sa disponibilité et sa gentillesse et lui souhaite bonne chance pour la suite de la saison.

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