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Olivier Robin : « nous allons nous maintenir cette année »

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Gardien de but de 35 ans, Olivier Robin est une figure emblématique au Stade de la Colombière d’Épinal. Peu bavard, le joueur passé par le FC Metz a su s’imposer dans la durée dans le club vosgien. Pour Stadito, il a accepté de se confier.

Tous les chemins mènent à Épinal…

« Je suis originaire de la plaine vosgienne, où j’ai grandit. J’ai donc commencé le foot à Châtenois. Ensuite j’ai rejoint Épinal en 4ème pour les sections sportives et j’ai donc intégré le SAS football. J’y suis resté 4 ans. Puis, en 1998, le SAS dépose le bilan, je suis repéré par le FC Metz, où je signe un contrat d’apprenti footballeur pour deux ans. Ensuite j’ai signé un contrat d’un an en tant que stagiaire. Durant ces trois années, je joue en 17 ans nationaux, dispute une demi-finale de Gambardella, joue la DH, CFA et j’apparais même deux fois sur le banc avec la Ligue 1. Malheureusement mon contrat n’ayant pas été renouvelé, j’ai dû retrouver un club… pas facile. Je suis parti à la Chapelle St-Luc, club de CFA, dans la banlieue troyenne. J’ai commencé à travailler en tant qu éducateur sportif et j’ai donc passé des diplômes en parallèle. Au bout de trois ans, Épinal me sollicite pour revenir et notamment en CFA. J’ai choisi de revenir à Épinal parce que c’est mon club de cœur et on me proposait d’intégrer la mairie si je réussissait un concours dans la fonction publique. J’ai réussi et je suis éducateur sportif à la mairie d’Épinal. »

Une belle fidélité…

« J’évolue au SAS depuis treize ans, plus quatre en jeune. Je m’y sens bien, je suis chez moi. Le froid ne me fait pas peur, on s’y fait (rires). Ce qui est le plus gênant ce sont les conditions pour s’entraîner, c’est parfois délicat, mais il faut s’adapter. Avec ce club j’ai tout connu, CFA, CFA 2, National, des montées, des descentes… des exploits en Coupe de France !!!! Le club a beaucoup changé depuis mon retour. Les structures ne sont pas les mêmes, le club s’est professionnalisé, je suis un des seuls joueurs à travailler… Quand je suis revenu j’espérais rebondir à Épinal et pourquoi pas repartir dans un club supérieur. Je n’ai jamais eu d’opportunités, mais je suis très content du parcours effectué avec Épinal. »

Emmanuel Adebayor…

« À Metz j’ai côtoyé Emmanuel Adebayor, il était plus jeune que moi. Il s’entraînait avec nous notamment les deux dernières années avec la CFA. Il avait clairement des qualités ! Mais il craignait le froid… Vraiment… Il mettait deux, trois paires de gants ! »

Beaucoup de souvenirs avec Épinal…

« Mes meilleurs souvenirs ? La Coupe de France bien évidemment !!!! Mais aussi la première année de National où nous avons raté de peu la montée en Ligue 2. Ça reste un très bon souvenir mais aussi une énorme déception et donc un de mes pires souvenirs. Dans mes pires souvenirs, il y a également eu la saison 2014/2015 où nous avons fini dernier avec très peu de points et notamment trois cartons rouges, en ce qui me concerne. On y reviendra après… »

Deux repêchages en deux saisons…

« Il est vrai qu’on passe pour une équipe « miraculée » qui est quasiment toujours repêchée. Enfin, entre parenthèse, le club ne vit pas au-dessus de ses moyens contrairement à certaines équipes. Ces dernières années, étant repêché vers le 15 juillet, l’effectif a souvent été fait en fonction du CFA et non pas du championnat de National. Et puis il ne faut pas oublier que le club a un des plus petits budgets, ce qui ne nous facilite pas la tâche. Malgré ça je suis persuadé que nous allons nous maintenir cette année ! »

Qualifications contre Lyon et Nantes en Coupe de France…

« Il est vrai que ces dernières années, nous avons souvent retrouvé au minimum les 1/32 de finale de la Coupe de France. Cette compétition est particulière, on oublie le championnat et on espère chaque année créer un exploit… ou deux comme en 2013. En ce qui concerne cette épopée, je ne me souviens plus vraiment du parcours avant les 1/32… Il me semble qu’on a joué contre Magny, une DH,et on a du mal à se qualifier. Comme quoi la Coupe… Le principal c’est d’être toujours au tirage. Mon meilleur souvenir c’est Nantes. Pourquoi ? Parce que j’arrête le dernier penalty de Fabrice Pancrate, ce qui nous envoie en 1/8, une première pour le club !!! Et, puis, pour le clin d’œil lors de cette épopée j’ai pu rentrer avec mon fils qui avait trois ans à l’époque. Ça devait sûrement être mon porte bonheur !!!! En tout cas cette épopée restera à jamais gravée dans mon cœur !!! Ce sont des moments intenses mais qui passent tellement vite. J’ai été invité au tirage au sort des 1/8, suivi d’une émission avec David Ginola et Olivier Dacourt. »

Cheikh Ndoye, Gaëtan Bussmann…

« J’ai côtoyé de nombreux joueurs qui jouent maintenant parmi l’élite. Épinal a servi de tremplin pour ces joueurs. Le national permet à certains de rebondir, à d’autres de trouver du temps de jeu. Je pense que nous avons aussi permis à ces joueurs de pouvoir évoluer au-dessus. Le foot c’est un sport collectif, il faut une équipe pour être mis en avant. Il faut que tout le monde regarde dans le même sens ! Après, les qualités de chacun font que certains réussissent plus que d’autres.
Certains autres joueurs auraient pu jouer au niveau supérieur. Mais il faut avoir les opportunités, faire les bons choix, ne pas être embêté avec des blessures… Et puis il n’y a pas énormément de places. Très peu de joueurs deviennent professionnels ! »

Une saison 2014-2015 rouge…

« Ah ces trois cartons rouges ! Difficile à encaisser ! Surtout quand on connaît une saison délicate comme la saison 2014/2015. J’ai eu souvent des cartons suite à une sortie dans les pieds d’un attaquant. Il était souvent plus malins que moi. La double sanction, c’était une aberration. Un carton rouge, l’équipe joue à dix, penalty et deux matchs de suspension pour le gardien ! Depuis cette année cette règle a changé, c’est une bonne chose pour nous, les gardiens. Je ne prendrai peut-être plus de cartons d’ici là fin de ma carrière (rires). »

Un parcours honorable…

« Je suis très satisfait de ma carrière ! Si je n’ai pas évolué en Ligue 1 ou en Ligue 2 c’est que je ne le méritais pas. C’est ma vision des choses. Il est vrai que quand on a 20 ans et qu’on s’entraîne avec les pros, on rêve d’en faire son métier. À l’époque j’étais trop gentil, je regardais trop jouer le pros, intimidé certainement. Je suis fier de mon parcours ! Le seul regret, c’est de ne pas être monté avec Épinal en Ligue 2. Peut-être aurais-je pu jouer en Ligue 2…mais avec des si… En tout cas, on ne m’a jamais contacté, je n’ai jamais eu d’agent pour gérer ma carrière. »

 » les paroles se taisent et les actes parlent « 

« Référence à mon ancien coach, et actuel directeur technique, Laurent Bénier. J’aime cette citation parce que je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup, notamment dans le vestiaire. Je préfère me taire et agir sur le terrain. Beaucoup de joueurs parlent pour ne rien dire. »

Stadito remercie Olivier Robin pour sa disponibilité et sa gentillesse et lui souhaite bonne chance pour la suite de la saison.

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