A LA UNEACTUALITÉAngleterreLeague OnePort Vale

Anthony De Freitas : « l’ambition de percer en Angleterre »

0

anthony-de-freitas

Formé à l’AS Monaco, Anthony De Freitas est depuis cet été en Angleterre, avec le club de Port Vale qui évolue en League One. Pourtant, le joueur n’a pas eu un parcours simple jusqu’ici. Mais il a su prendre son mal en patience afin de rebondir. Pour Stadito, Anthony De Freitas a accepté de revenir sur son parcours.

L’AS Monaco, un club très formateur…

« Même si c’est un club que je n’ai rejoint qu’à 18 ans, puisque j’ai notamment évolué à l’Olympique Lyonnais plus jeune, ça reste le club qui m’a tout appris. Notamment en tant que footballeur, où j’ai travaillé avec de très bons coachs expérimentés, avec qui j’ai fais tout les progrès, tant sur le plan technique, tactique, où j’ai connu les vraies exigences du haut niveau en m’entraînant avec les meilleurs joueurs de ma catégorie. L’AS Monaco est réputé pour avoir l’un des meilleurs centres de formation, c’est un club qui a formé de nombreux joueurs qui évoluent aujourd’hui dans beaucoup de championnats professionnels, que ce soit en France ou à l’étranger. C’est le club avec qui j’ai remporté le Championnat de France U19, avec qui j’ai connu mes premières sélections en Équipe de France U20. Donc c’est vraiment le club qui m’a fait connaître le haut niveau en tant que footballeur. Mais c’est aussi un club qui m’a formé en tant qu’homme parce que c’est là-bas où j’ai connu ma première expérience de vie seul, où j’ai eu mon premier appartement. Et c’est à ce moment que tu dois réellement se prendre en main en étant organisé. Tu dois notamment avoir une bonne hygiène de vie, manger sainement. Tu dois apprendre à manger, à cuisiner de bons plats, tu peux plus manger trop de cochonneries. Il n’y a plus personne derrière toi au niveau du sommeil pour te dire d’aller te coucher. C’est toi qui doit gérer tes heures de sommeil afin d’être en forme pour le lendemain à l’entraînement ou au match. C’est donc vraiment mes années monégasques qui m’ont donné une réelle base en tant que footballeur et en tant qu’homme. »

a

Anthony De Freitas sous le maillot de l’AS Monaco.

Le départ de la Principauté…

« À la suite de mon contrat stagiaire pro, j’ai signé un contrat professionnel avec une option de deux ans. Je m’entraînais avec le groupe professionnel, j’évoluais en réserve, j’ai fais ma première apparition banc professionnel en Coupe de la Ligue. Mais j’étais réticent. On avait évoqué une prolongation au mois de janvier durant le mercato d’hiver, mais je pense que c’était une époque où je manquais un peu de patience. On voyait notamment avec les jeunes du centre que c’était pas mal bouché. Avec un très gros budget, le club commençait à acheter de très très bons joueurs, de très bons jeunes issus de toute l’Europe. Et je pense que c’est une période où j’ai un peu pêché avec mon manque de patience. J’ai été impatient, je voulais absolument connaître le haut niveau. »

Valère Germain, Anthony Martial, Yannick Ferreira Carrasco…

« Tout le monde savait déjà qu’ils pouvaient réussir au plus haut niveau. C’était des joueurs très forts. Ça sautait aux yeux de tout le monde. Malgré leur jeune âge, ils étaient déjà capables de faire la différence au niveau professionnel. On sentait qu’ils avaient les qualités et le potentiels pour faire une grosse carrière, et pour jouer des matchs de haut niveau. C’était des mecs sérieux. Ils ont vite compris les exigences du haut niveau, avec le travail qu’il y a à fournir. J’ai appris au quotidien avec eux, que ce soit à l’entraînement ou lors des matchs en équipe réserve. J’ai pas vraiment d’anecdotes… C’est juste des mecs avec qui j’ai fais de nombreux progrès. Il ne rechignaient pas lorsqu’il devait redescendre en réserve. Ils donnaient tout, jouaient le jeu, et qui étaient très bons. Ils aimaient jouer au football. »

Un essai à Clermont sans contrat à la clé…

« Je sortais d’un contrat professionnel avec l’AS Monaco. Financièrement, Clermont n’est pas un club qui a un très gros budget. Je crois que le club fait parti des plus petits budgets de Ligue 2. Donc, déjà à la base, le club n’avait pas grand chose à me proposer. Surtout pour un joueur comme moi qui n’avait évolué qu’en équipe réserve. Et, en plus de cela, c’était un club qui voulait des joueurs d’expériences et qui avaient déjà goûté au niveau professionnel. Sans vous le cacher, de mon côté je m’attendais à d’autres opportunités, que ce soit en France avec d’autres clubs de Ligue 2 ou même à l’étranger. »

a

Anthony De Freitas au premier rang, en deuxième place en partant de la droite, sous le maillot Bleu en Équipe de France U20.

Un bref passage à Chasselay…

« Pendant près de cinq mois, je n’avais pas de club. Monaco m’avait libéré fin juillet et, entre temps, j’avais contracté une blessure au genou droit, au niveau du ménisque. J’avais un petit décalage au niveau du bassin qui a provoqué une inflammation. Cela m’a donc freiné puisque je ne pouvais pas m’entraîner et donc faire des essais. J’ai même failli me faire opérer. Cela a été une période très difficile à vivre pour moi. Le soutien de ma famille et mes proches, qui ont toujours cru en moi, m’a permis de vite remonter la pente. Heureusement, par la suite, je suis redescendu dans le Sud avec l’étiopathe, Julien Cereghelli, à Cannes, qui m’a tout remis en place. Pour revenir à Chasselay, mon père avait rencontré le père de Ludovic Giuly, qui est encore le directeur sportif du club. Ainsi, il m’avait proposé de venir m’entraîner avec le groupe. C’était un bon groupe, et le bon endroit pour revenir reprendre du rythme. Donc je suis aller là-bas fin novembre, et j’y suis resté à peine un mois. Ce passage m’a vraiment fait du bien avec une belle équipe. J’ai pu retrouver des sensations et du rythme. Le club m’avait proposé de participer au dernier match du mois de décembre face à Grenoble, alors que jusqu’ici je m’entraînais seulement avec le groupe. Il fallait donc signer une licence. Pour moi, il n’y avait aucun souci car tout était bon à prendre. Après, je me suis mis d’accord avec les dirigeants pour que si une opportunité se présentait dès le mois de janvier, il ne fallait pas que je sois bloqué par quoi que ce soit. Donc, on s’était mis d’accord, ce que j’ai vraiment apprécié. J’ai peut-être joué une vingtaine de minutes contre Grenoble, et j’ai marqué le but du 2-2, score final. Ça reste donc un super souvenir. Je tiens encore à remercier le papa de Ludovic Giuly, ainsi que le club de Chasselay pour cet accueil et cette aide. »

La première expérience à l’étranger à Varzim…

« Pour moi, c’est un nouveau championnat, une nouvelle culture. Je passe un cap avec ce club puisque j’ai fais mes premiers matchs en tant que professionnel. Je pense que le championnat portugais, est sous-estimé. Il y a un très bon niveau, avec beaucoup de qualités techniques et tactiques et pas mal d’intensité. Ça n’a pas forcément été facile au début. Mais je n’avais pas trop d’appréhension parce que je suis d’origine portugaise, du côté de ma maman. Ainsi, la barrière de la langue s’est vite effacée. C’est une très bonne expérience pour moi. »

a

Anthony De Freitas sous le maillot de Varzim.

L’arrivée à Port Vale…

« L’Angleterre m’a attiré. Aujourd’hui, tout le monde sait que c’est le meilleur championnat au monde, au niveau de l’effervescence qu’il existe au niveau du football, même en League One où j’évolue avec mon club. On ne le retrouve nulle part ailleurs. De plus, le coach est Portugais, ancien entraîneur du Vitória Setúbal, et Ludogorets, en Bulgarie. Donc, c’est un entraîneur qui veut que l’équipe joue au ballon et avec une physionomie de jeu très technique et tactique. Cela, en plus de l’envie du président de monter en Champinship et de vouloir faire partie des six meilleurs équipes du championnat et jouer les play-off, était bon à prendre pour moi. Je n’ai pas hésité une seule seconde. »

L’Angleterre plutôt que la France…

« Bien évidemment, j’ai l’ambition de percer en Angleterre. J’aimerais vraiment laisser une marque. C’est un championnat où tout va très vite. Tu vois beaucoup de joueurs évoluer dans les divisions inférieures qui finissent en Premier League. C’est un championnat ouvert, donc rien n’est impossible. Tous les week-end, ils y a des scores fous, ça joue à fond jusqu’à la 97ème minute… Pour tout amoureux du football, c’est le championnat où il faut évoluer. Après, retourner en France, je ne pense pas qu’actuellement ce soit une ambition. Mais toute proposition est bonne à étudier. Mais si je peux vraiment faire mon trou en Angleterre, je ne m’en priverais pas. »

a

Anthony De Freitas sous le maillot de Port Vale.

En Angleterre et nulle part ailleurs…

« Ce n’est pas seulement un changement entre la France et l’Angleterre, c’est un changement entre l’Angleterre et tout les autres pays, je pense. Il y a très peu de pays où l’on peut retrouver une telle effervescence autour du ballon rond. Dans chaque division, tu joues dans des stades pleins, sur des pelouses magnifiques. C’est un championnat hyper relevé, hyper intense. Sur quelques matchs, j’ai déjà fais beaucoup de progrès. C’est un championnat où il faut être prêt. C’est du box to box, donc c’est de l’attaque-défense, ça va très vite. Tu joues devant 20 000 personnes. Il y a très peu de stades en France, en Ligue 2 ou même certains stades en Ligue 1, où tu joues devant 20 000 personnes, avec une ambiance de feu, avec des supporteurs qui te suivent partout. C’est juste incroyable. Il y a une telle ambiance, une telle effervescence. Bref, l’Angleterre c’est magnifique ! »

Stadito remercie Anthony De Freitas pour sa disponibilité et sa gentillesse et lui souhaite bonne chance pour la suite de la saison.

You may also like

More in A LA UNE