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Ces vieilles gloires tombées dans l’ombre [Épisode 2] : Leeds United

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Ils étaient au sommet, ou presque. Le gratin du football Européen. Dominateurs à leur époque, ils n’ont pas su se maintenir au plus haut niveau tels le Real Madrid, Barcelone ou Manchester United.
Ces vieilles gloires, aujourd’hui presque effacées des mémoires collectives vivent au travers de souvenirs anciens. Des finales de Reims en Coupe des Clubs Champions aux deux victoires de Parme en Coupe de l’UEFA, portraits de ces nostalgies du football européen. Aujourd’hui, le club Anglais de Leeds United.

 

Ron Devie applaudi par ses joueurs lors de la remise du trophée d’entraineur de l’année 1969

Ils ont disparu de la scène Européenne 

1. Stade de Reims (A retrouver ici)
2. Leeds United
3. Nottingham Forrest
4. Hambourg HSV
5. Étoile Rouge de Belgrade
6. Göteborg IFK
7. Parme FC

 

-Épisode 2-

Leeds United

-1 Finale de Coupe des Clubs Champions : 1975
-1 Finale de Coupe des Coupes : 1973
-Aujourd’hui : Championship
-Dernière apparition en coupe d’Europe : 2002-2003 (3ème Tour de C3)

 

Un club majeur outre-manche

Leeds United n’est pas un club anodin dans le paysage footballistique britannique étant pendant près d’une quinzaine d’années (1960 à 1975 environ) l’une des équipes les plus solides outre-manche. En difficulté par la suite, Leeds renaitre à la fin des 80’s pour connaître une seconde jeunesse (1988-1995). Enfin, de 1998 à 2002, après trois ans de flou, le club va vivre ses derniers moments de gloire.

En effet, le club aux trois Premier League, deux coupes de l’UEFA et une Cup a connu trois périodes de prospérité évidente.
L’une sous la baguette d’un entraîneur symbolique : Don Revie et de son « Dirty Leeds », un jeu basé sur le physique et le fameux Kick and Rush, l’autre emmenée par Eric Cantona sur le terrain et Billy Bremner -meilleur joueur de l’histoire du club du Yorshire- sur la touche et la troisième symbolisée par la demie de C1 en 2001.
Cette dernière restera l’ultime épopée d’une équipe ayant connu son apogée avec un titre en 1992 pas loin de 20 ans après le mythe de la génération précédente.

Johnny Gilles, légende du club, va connaître les premiers succès du Leeds United

Symbole du premier âge d’or, elle manqua d’entrer dans l’histoire définitivement avec une finale de Ligue des Champions perdue 2-0 contre le Bayern de Müller et Beckenbauer sous les yeux d’un Parc des Princes comble. Allan Clark, John Charlton, Peter Lorimer, Johnny Gilles et leurs coéquipiers manquent alors l’occasion de consacrer Don Revie,  un entraineur précurseur et (trop) méconnu aujourd’hui, la faute à un Bayern de feu et un arbitrage scandaleux.
Au début des années 2000, Leeds United va même connaitre 5 top 5 de suite en Premier League et une demie finale de C1 en 2001 mais va de nouveau rechuter la faute à de hasardeux placements financiers et à des dizaines de millions d’euros de dettes.

Le club fondé en 1919, a donc connu trois grandes périodes, avant de sombrer et de s’enfoncer inexorablement dans l’oubli.

 

 

Les premiers fastes

La prospérité de Leeds va démarrer en 1961 et l’arrivée de Don Revie sur le banc d’Elland Road. L’ancien avant-centre du club, passé par Manchester City ou Sunderland notamment, dirige alors sa première équipe, avec pour principaux faits de gloire sur le terrain 6 sélections chez les Three Lions, deux Championnats et une Cup. Sur le banc des Peackock, il sera élu trois fois manager anglais de l’année. Pourtant, sa première saison à la tête de Leeds n’est pas de tout repos avec un maintien en D2 acquis à la dernière journée. La magie va alors commencer à opérer, avec deux ans plus tard une accession en Premier League, grâce à une politique basée sur la jeunesse. En 1964-65, Leeds va donc connaître sa première saison dans l’élite du ballon rond d’outre-manche, arborant par ailleurs le blanc pour la première fois, une couleur mythique désormais, tout comme le surnom dérivé, les « Whites ».

La statue de Don Revie aux abords d’Elland Road. L’entraineur est devenu un mythe dans le football anglais pour son jeu en « Kick and Rush » et son insolente réussite.

Ceux-ci vont en dix ans (de 1965 à 1975), remporter deux championnats, ou encore deux Coupes de Villes de foire, entre autres (5 deuxièmes places en championnat notamment). Ces succès vont faire du Leeds United l’un des clubs les plus jalousé et détesté du Royaume, phénomène encore présent aujourd’hui (même si de nos jours, cette haine est due au phénomène hooligan très implanté dans la troisième ville d’Angleterre).  Ayant repris à sa sauce le fameux mais non-moins controversé Kick and Rush, Revie quitte Leeds pour la sélection après le titre de 74. Il est remplacé par Brian Clough, un entraîneur venu de Derby County, opposé de Devie de par le style de jeu, et opposant virulent au Kick and Rush. La première saison de Clough ne durera qu’un mois et demie (!) étant critiqué par en interne (les joueurs n’adhereront pas à son projet de jeu) mais surtout par les supporters. Rapidement remplacé par Jimmy Arnfield, ancien capitaine de la sélection anglaise, Clough voit Leeds réussir (sa première saison post-Revie) sans lui , malgré une fin amère. En 1975, le club perd en effet la finale de la C1 contre le Bayern, dans des circonstances évoquées plus haut.
Cette date marque le début du déclin du club du Yorkshire, après trois ans de suspension de compétitions européennes suite à des bagarres entre supporters.
L’équipe va alors s’enfoncer dans le ventre mou, puis en seconde division.

Billy Bremner, icône du Leeds United face à Franz Beckenbauer le 28 mai 1975. Ce soir là, le club du Yorkshire s’incline en finale de Coupe des Clubs Champions au Parc des Princes. Aujourd’hui, les supporters anglais clament toujours haut et fort qu’ils sont champions d’Europe et que ce titre leur a été volé par l’arbitre français Michel Kitabdijan (au centre).

 

Un second souffle

Un nouvel entraineur va redonner à Leeds son lustre d’antant, près de 15 ans plus tard. Au début de la saison 1988, Howard Wilkinson débarque dans la zone technique des « Whites », en lieu et place du meilleur joueur de l’histoire du Leeds United, Billy Bremner. Le nouveau venu débarque avec un bilan plutôt flatteur acquis à Sheffield Wednesday (173 victoires en 255 matchs).
Leeds est alors au tréfonds de la seconde division mais, sous la houlette de leur nouveau coach, les Peackocks remontent en D1 pour la saison 1990-1991, à l’issue de laquelle il terminera au pied du podium. Wilkinson redresse donc rapidement le club, avant d’être sacré la saison suivante avec des éléments comme Gordon Starchan, le tout jeune

Gary Kelly (qui fera toute sa carrière au club, jusqu’en 2007, n’abandonnant jamais le navire) et le légendaire Cantona (qui rejoindra d’ailleurs l’ennemi juré Manchester United comme Rio Ferdinand ou Alan Smith le feront plus tard).

Eric Cantona, roi de Leeds United avant de devenir le « King » de Manchester

Seulement, le club va connaitre un exercice 1992-1993 très compliqué avec une sortie précoce en Ligue des Champions et une 17ème place finale en D1.
Trois années durant, Wilkison va peiner à recréer l’osmose régnant à Elland Road et sera limogé en 96. Malgré cette légère période de doutes, celui qui entrainera l’équipe d’Anglettere à deux reprises par intérim laisse de solides acquis dans la formation à son successeur, George Graham.

George Graham, l’ancien banni qui insufflera un vent nouveau

Un nouveau départ

Cet ancien international Écossais connaît n’en est pas à sa première expérience sur un banc de touche et fait office valeur sûre pour un club en plein doute, après 6 titres glanés avec Arsenal (deux championnats et une C2 notamment), un club qui l’avait rendu célèbre en tant que joueur. Seulement, il sort d’un an de suspension par la fédération anglaise pour corruption et arrive avec une étiquette d’ancien banni, et d’« homme qui a fait signer Denis Bergkamp ». Notons par ailleurs que Graham est considéré comme l’un des fondements de l’ère Wenger. C’est lui qui a lancé Adams ou Bergkamp, faisant jouer le Batave au détriment d’une autre légende des Gunners, Ian Wright.
Arrivé en 1996 donc, le nouveau coach des pensionnaires d’Elland Road met deux saisons pour redorer le blason du club.
En 1998, Graham qualifie Leeds en C3 avec une belle cinquième place, acquise grâce à des éléments clefs tels que Alan Smith et ses fameux cheveux décolorés. L’entraineur écossais va pourtant quitter le club, pour Londres et les Spurs, laissant son siège vacant à David O’Leary.

David O’Leary, symbole des derniers fastes de Leeds

À 40 ans, l’ancien joueur du club (12 matchs), est alors connu pour être une légende à Arsenal (dont l’histoire semble donc rencontrer celle de Leeds à plusieurs reprises à l’époque) dont il est tout simplement le plus capé (722 apparitions). Cet ancien arrière central (aux 68 sélections) constitue alors un réel pari, Leeds étant son premier banc.
Le pari va s’avérer payant, Leeds tutoyant les sommet en terminant dans le top 5 à 5 reprises et en atteignant les demies de Champions League en 2001 (défaite contre le grand Valence de Canizares et autres Mendieta), sortant notamment l’un des favoris, La Corogne, au tour précédent. L’année précédente, c’est la Coupe de l’UEFA qui avait vue Leeds atteindre le dernier carré.

Olivier Dacourt disputa 82 rencontres pour Leeds United, le club qui lui permit de découvrir l’Équipe de France

Cette époppée reste à ce jour le dernier fait d’arme européen du club du Yorkshire mené alors par Smith, Bakke, Viduka, Kewell ou Dacourt (le français fut très apprécié dans le Yorkshire pour impact physique et son jeu rugueux).

 

The End

A la fin de la saison 2001-2002, Leeds va commencer à s’effondrer. Pourquoi ? L’argent, encore est toujours, ce même argent responsable de tant de maux dans le football mondial.
A l’époque, le modèle économique de recrutement et de viabilité du club, ne fonctionne que si Leeds obtient la manne financière générée par la qualification en C1. Mais en terminant cinquième, la structure menée par Chris Aker, directeur du club, mais surtout Peter Ridsale, propriétaire, va s’effondrer.

Peter Ridsale, l’homme qui a tué le club. Aujourd’hui encore, l’ombre de ses erreurs rode dans les travées d’Elland Road.

Attaqué de tous les côtés par ses créancier, Leeds se contraint à vendre des éléments majeurs tels que Robbie Keane, Lee Bowyer, Robbie Fowler, Jonathan Woodgate mais surtout Rio Ferdinand, le jeune prodige parti chez le rival Manchester United ou encore Alan Smith, l’un des symboles du renouveau du club. L’une des images marquantes de ce tournant est le passage du numéro 10, de Harry Kewell à Lamine Sakho…

Alan Smith embrasse l’écusson de Leeds au soir de la relégation en D2 à l’issu de la saison 2003-2004. Mais l’international anglais, demi finaliste de la C1 en 2001, va perdre son statut d’idole après son départ pour Manchester United. Pourtant, il refuse sa prime de transfert et sera toujours soutenu par les dirigeants.

Ces départs qui poussent O’Leary à fuir le club, envoient un peu plus Leeds dans la tourmente.
Après plusieurs rachats plus ou moins douteux, le club va donc s’enfoncer dans une terrible spirale négative, le conduisant même brièvement en troisième division. Tel un bête jouet passant de main en main, le club paie cher la folie des grandeurs opérée par Ridsale, qui aura littéralement détruit une structure, une équipe, et 37 000 passionnés.

 

Loin de son standing, Leeds tente de renaître en seconde division

Aujourd’hui, les pensionnaires d’Ellen Road, toujours animés par sa ferveur si particulière et ses supporters de caractère, évoluent en seconde division, avec pour coup d’éclat « récent », une victoire contre l’ennemi juré Man-U en Cup. C’était en 2010.
Plus proche de la troisième division que de son standing historique et logique, Leeds étant la troisième ville du pays, le club se cherche aujourd’hui un renouveau. Pas sûr que le président actuel Massimo Cellino, connu pour être un mangeur de coachs à Cagliari et recemment impliqué dans des affaires judiciaires ne parvienne à redonner au Leeds United son lustre d’autrefois.

Massimo Cellino, propriétaire et président controversé du club représente tout ce que les supporters détestent : un actionnaire instable qui fait perdre a Leeds son âme d’antan

 

Waldemar de Laage
Etudiant journalisme, passionné par le monde des tribunes. Twitter : @delaagewaldemar

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