Le rêve de Coupe par Sébastien Meyer (Sarreguemines)

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Après avoir eu la chance d’échanger avec Florian Trimborn et Elhassane M’Barki, Stadito vous propose maintenant de découvrir un entretien avec l’entraîneur de Sarreguemines, Sébastien Meyer. Celui qui a mené ses joueurs à la victoire à trois reprises face à des formations de Ligue 2 en Coupe de France ces deux dernières saisons, accepte de revenir sur le parcours de son équipe.

Le résultat d’un gros travail…

« Battre trois équipes de Ligue 2 consécutivement (Dijon et Valenciennes par deux fois) met surtout en évidence le travail colossal qu’il y a derrière. Aussi bien au niveau des joueurs que du staff technique… Ensuite, sachant tout ce travail en amont, cela évoque beaucoup d’émotion, car rien ne nous a été offert. Il a fallu aller chercher ces qualifications avec ses tripes. Je remercie les garçons pour le courage dont ils ont fait preuve sur ces trois matches. »

Deux exploits en deux saisons face à Valenciennes…

« Les deux ont un charme particulier car nous étions attendus sur ces deux matches. Les deux rencontres se ressemblent car nous menons à chaque fois au score et j’ai le sentiment que ces victoires sont à chaque fois méritées. Mon équipe a le mérite de maîtriser le match à chaque fois en défendant toujours son ou ses buts d’avance par une défense bien organisée. Les deux victoires m’ont procuré d’immenses émotions. »

Source : va-fc.com
Un immense bonheur après la qualification pour les 1/32…

« Comme je l’ai dit un peu plus tôt, la victoire fait ressortir beaucoup d’émotions tant l’implication en amont de ce type de matches est importante pour ne pas dire exclusive. Avec la fatigue et le stress accumulé, cela fait un mélange qui demande beaucoup de maîtrise pour être contenu… Mais on y arrive quand même ! »

Une histoire d’amour autour de la Coupe de France…

« Avant le 8ème tour de la Coupe de France 2015/2016 face à Dijon, alors leader de Ligue 2, j’avais lancé à mon staff: « si on se qualifie, je me marie avec ma conjointe ! ». Bien sûr, dans le vestiaire à l’issue du match, mes collègues se sont empressés d’aller chercher madame pour me faire assumer mes responsabilités, chose que j’ai faite… Cette année, j’ai un peu provoqué le même type d’engagement auprès de mon adjoint mais aussi kiné, Nicolas Bour, qui a fait le même « pari » et qui a lui aussi assumé en mettant son genou à terre devant tout le vestiaire. Ce sont les petits histoires annexes qui entourent notre parcours… »

Encore une équipe de Ligue 2 pour le prochain tour…

« Les joueurs rêvaient de rencontrer une équipe de Ligue 1 après avoir éliminé trois équipes de Ligue 2 en autant de matchs. Je pense qu’ils le méritaient. Mais « Dame Coupe » en a décidé autrement et il faut le respecter. On rencontre tout de même un monument du football français qui a un glorieux passé ! Pour ma part, je voulais surtout recevoir pour offrir un match supplémentaire à toute la Moselle. Et quel que soit l’adversaire, mes joueurs savent que je donnerai tout pour tenter de gagner le match… »

Ne pas se mettre trop de pression…

« Nous allons aborder cette rencontre comme toutes les autres. En faisant preuve du plus grand professionnalisme aussi bien sur le terrain qu’en dehors. On va appliquer la recette qui a déjà marché, mais en essayant toujours d’innover pour ne pas que les garçons banalisent ce type de matches. »

La joie des joueurs dans les vestiaires après la qualification obtenue face à Valenciennes. – Source : Sarreguemines FC.
Une équipe qui grandit…

« Le coach que je suis ne peut et ne veut surtout pas sortir des joueurs en particulier. Je préfère parler de « l’équipe ». C’est une équipe imprévisible, plutôt talentueuse, qui sait se transcender, mais qui est aussi capable de se laisser endormir sur des matches moins prestigieux. On essaie d’être organisés sur tous les plans et de s’adapter au match à venir en répondant de manières diversifiées aux problèmes qui nous sont posés. On se base également sur une belle fidélité au club. La plupart des cadres actuels sont là depuis de longues années. Je suis au club depuis quatre ans et demi maintenant et notre projet ne cesse de grandir. Le club se structure et devient de plus en plus professionnel. »

La passion d’entraîner avant de penser à une carrière…

« Il faut savoir que je suis avant tout un grand passionné qui entraîne depuis l’âge de 14 ans. Je n’ai jamais eu d’ambition particulière dans le football, sport populaire par excellence. De ce fait, je n’attends rien de particulier et je n’ai jamais eu de contact venant d’autres clubs. J’ai mon travail à côté (professeur d’EPS) et je fais cette deuxième activité avant tout par passion. Ensuite, n’ayant pas été un grand joueur (je n’ai joué qu’en DHR), les portes sont plus dures à ouvrir pour les éducateurs comme moi. Nous ne sommes pas au Portugal, par exemple, où les entraîneurs ont, pour la plupart d’entre-eux, suivi une formation universitaire comme moi… En France, le passé de joueur est souvent plus important. C’est comme ça et je ne m’en plains pas… Je suis déjà très content d’être là où je suis, car je connais de nombreux éducateurs, tout aussi compétents, qui n’ont pas la chance de vivre ce que je vis depuis quelques années… Maintenant personne ne sait de quoi l’avenir est fait… »

Source : Le Républicain Lorrain
« Seul on va vite, ensemble on va loin »

« C’est la phrase qui nous suit depuis notre 7ème tour de Coupe de France en Guadeloupe il y a deux ans. Elle est devenue une véritable devise au sein du club et apparaît à toutes mes causeries afin de mettre en avant l’importance d’être une équipe pour renverser les montagnes. Ensuite, lors de gros matches, j’aime bien illustrer mes causeries de citations qui répondent aux problèmes qui risquent de nous être posés. Pour ce match, parmi les trois que j’ai utilisées, il y en a une qui m’a parlée: « La chance n’existe pas. Ce que vous appelez « chance », c’est l’attention aux détails » (Winston Churchill). En effet, face à une équipe professionnelle, cette donnée est essentielle et je pense que nous avons su maîtriser ces détails lors de nos trois exploits. »

Stadito remercie Sébastien Meyer pour sa disponibilité et sa gentillesse et lui souhaite bonne chance pour la suite de la saison.
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