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Olivier Auriac : « Ce n’est pas une marche, mais un escalier entre L2 et L1 »

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 Formé aux Girondins de Bordeaux, puis joueur du Stade Brestois, équipe avec laquelle il a connu sa première montée, Olivier Auriac a surtout passé l’essentiel de sa carrière au SCO d’Angers. Bien que retraité depuis cet été, l’instigateur de la désormais célèbre « Dalle Angevine » demeure très impliqué dans le projet et est garant de la progression continue de son Club de cœur. Entretien.

Pour commencer, qu’allez-vous retenir de votre carrière ?

« Tout d’abord, mon premier match en Ligue 1 avec Bordeaux à Monaco, la victoire en Coupe de la Ligue avec Bordeaux, la première année également. Mon passage à Brest, où j’ai connu ma première montée, a aussi été très formateur. Cela a véritablement lancé ma carrière. Pour finir, et plus récemment, la montée en Ligue 1 avec Angers. »

La Dalle Angevine, que vous avez créée avec Charles Diers, prend de l’ampleur. Qu’apporte-t-elle aux autres sports angevins, en dehors du SCO ?

« La Dalle Angevine a pour but premier de fédérer les différents clubs. Partager les mêmes valeurs, la même éthique, défendre l’intérêt de la Ville, c’est surtout cela La Dalle Angevine. Les clubs ont tout à gagner à adhérer à cette devise. C’est avant tout une association et non une entreprise à but lucratif. »

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Travail, Rigueur, Humilité. Les caractéritiques prônées par La Dalle Angevine sont-elles celles qui vous ont permis, à titre personnel, de réussir dans le football ?

« Oui. Pour moi, c’est essentiel. Pas uniquement dans le football, dans la vie aussi. L’entreprise et la réalisation d’un projet passent par ces qualités. »

Avez-vous senti, en 15 ans de carrière, une évolution des mentalités chez les joueurs ?

« Oui, et je pense que c’est un phénomène de société, générationnel. À mes débuts, Facebook n’existait pas encore. L’évolution passe aussi et surtout par l’utilisation des réseaux sociaux qui deviennent des vecteurs majeurs d’information. Même les médias traditionnels s’appuient sur ces nouveaux éléments pour véhiculer l’information. »

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Qu’avez-vous envie de dire aux jeunes, voire même moins jeunes joueurs de Ligue 2 qui veulent tenter l’aventure Ligue 1 ? La marche est-elle si haute ?

« Je ne pensais pas que la marche était aussi haute. Avec le recul, on se rend compte que ce n’est pas une marche, mais un escalier entre L2 et L1. Mais rien n’est perdu, il faut croire en ses rêves. Et peut-être, pour les joueurs qui ont moins de talent, et je sais de quoi je parle (rires), avoir la chance de tomber dans un club qui réalise l’exploit de monter en Ligue 1. »

Quel regard portez-vous sur l’arbitrage français ? Pourquoi tant de polémiques selon vous ?

« Pour passer mon diplôme d’entraîneur, j’ai dû faire une formation d’arbitre. Cela m’a permis de réaliser que ce n’était pas un rôle facile. On peut dire ce que l’on veut, mais le jeu va de plus en plus vite, leurs décisions sont de plus en plus décortiquées en raison des nombreuses caméras. Leur métier est difficile. Ce sont des gens, tout comme nous, joueurs, entraîneurs, qui aiment leur métier. Nous devons les respecter par rapport à ça. Le seul petit reproche que l’on pourrait faire à certains, c’est qu’ils n’ont pas une sensibilité football incroyable. Certains, se sachant filmés, peuvent avoir tendance à prendre la grosse tête. C’est le même constat pour les joueurs, on fait partie d’un même ensemble. »

Fahid Ben Khalfallah est arrivé la même saison que vous à Angers, en 2007. Il est désormais à Melbourne en Australie. Partir pour une tout autre destination vous a-t-il tenté ?

« Oui, mais je n’en ai pas eu l’opportunité, même si j’ai failli rejoindre Fahid, ça aurait été sympa. Cela aurait été une bonne opportunité mais d’autres projets sont arrivés. Cela aurait pu se faire, mais j’ai décidé de rester. »

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Pour finir, vous avez connu Jean-Louis Garcia (2007-2011) puis Stéphane Moulin (2011-2016) en tant que coach. Quel a été pour vous le principal changement ?

« Avec Stéphane Moulin, on a pu davantage attaquer, se lâcher, jouer pour marquer et non pour ne pas prendre de buts. L’évolution est là. Jean-Louis nous a apportés une grande culture tactique, tandis que Steph’ nous a apportés un jeu plus libéré, axé sur l’attaque. Ils sont très complémentaires. »

Propos recueillis par Anatole Jouet

L’équipe Stadito tient à remercier Olivier Auriac de nous avoir accordé de son temps pour répondre à nos questions, et lui souhaite une bonne continuation.

Anatole Jouet

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