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Benjamin Lecomte, capitaine tourné vers l’avant

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Titulaire dans les buts de Lorient depuis deux saisons après avoir trop longtemps joué les seconds rôles, Benjamin Lecomte en porte désormais le brassard. Celui qui s’est imposé comme un des meilleurs du championnat à son poste assure dignement la relève de Fabien Audard, comme prévu par les dirigeants du FCL il y a plusieurs saisons. Lecomte incarnera plus que jamais un rôle décisif dans un club à la peine en ce début de saison qui jouera comme toujours le maintien. Avant de viser plus haut ? Grâce à un entretien exclusif que nous avons obtenu avec lui et à des témoignages de Guillaume Gégousse et Ivan Vélandia, côtoyés lors de sa fin de formation à Lorient, et de Steven Paulle, coéquipier lors de son prêt à Dijon, Stadito revient sur la progression d’un gardien plein de confiance et d’ambition.

« On m’a prêté des gants et j’ai fait les tests en gardien »

De par ses envolées spectaculaires dont il nous gratifie presque chaque weekend, dur de croire que le rôle de gardien de but n’est pas un caractère inné chez Benjamin Lecomte. Et pourtant, le natif de Paris arrive entre les poteaux sur le tard, presque par hasard. « J’ai commencé dans les buts à 14 ans, c’est vrai que c’est un peu tard peut-être par rapport à certaines personnes, mais voilà ça c’est les aléas du foot, on n’est pas forcément tout de suite mis à son meilleur poste, relative-t-il.  Les choses ont fait que j’ai fini par me retrouver dans les buts, et que j’y prenais goût. J’aimais bien y aller petit, pour tout ce qui était tournoi, aller dans les buts et voilà, j’ai fini par basculer du côté du gardien de but. » Ce basculement, il se fait notamment à la suite de ses tests à l’Institut national du Football à Clairefontaine, où le jeune joueur espère obtenir une formation qui le mènera au football professionnel. Il nous raconte l’anecdote qui l’aura définitivement poussé entre les poteaux :

« Mon papa avait mis joueur de champ, et gardien de but en deuxième poste, parce que lui aussi aimait bien que j’aille aux buts. En fin de compte, un gardien s’est blessé pendant les tests, et comme ils se sont retrouvés avec un gardien en moins et que ça compliquait les choses pour les matchs, ils ont regardé les fiches et vu que j’avais mis « gardien ». C’était un peu marrant parce que j’étais pas du tout préparé à aller dans les buts, c’était plutôt un second choix et je n’avais même pas d’équipement sur moi. On m’a prêté des gants et puis voilà, j’ai fait les tests en gardien, et ça leur a plutôt plu puisque je suis allé jusqu’au stage probatoire qui est le dernier tour avant l’entrée à Clairefontaine. »

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« Avant d’être un super gardien, c’est quelqu’un qui a évolué pendant longtemps en tant que joueur de champ. Déjà quand il est arrivé, il avait la qualité de se débrouiller très bien avec ses pieds. » – Guillaume Gégousse (Photo : © JM Louarn)

S’il n’est finalement pas sélectionné après le stage probatoire – « il y avait des vrais gardiens avec qui il était dur de rivaliser » justifie-t-il -, cette expérience convainc Benjamin de son potentiel comme dernier rempart de son équipe. Après une saison dans les buts d’Antony, où il se familiarise avec le poste, il effectue des tests à Niort, dont il parvient à intégrer le centre de formation, à 15 ans. Ses débuts dans un centre de formation professionnelle ne sont pas faciles, puisqu’il y tient un rôle de doublure.

Le retard rattrapé grâce à un travail acharné

Mais trois ans plus tard, quand il rejoint Lorient pour y effectuer sa fin de formation, Lecomte est grandi d’avoir « réussi à renverser la hiérarchie à force de travail et d’abnégation » et a définitivement rattrapé son retard sur d’autres gardiens de formation. Ivan Velandia, doublure du portier Alban Joinel en équipe réserve, voit arriver un « gardien complet ». Celui qui garde actuellement les buts de Sainte-Geneviève nous dit même qu’il savait qu’il était mis en semi-concurrence avec un « futur très grand ». S’il est devant Velandia dans la hiérarchie, Lecomte ne doit pas moins aller chercher du temps de jeu avec les U19 lors de ses premiers mois en Bretagne. La faute à un Alban Joinel dans la forme de sa vie et bénéficiant du titre de troisième gardien du club, et ce malgré le talent de l’ancien Niortais qui aurait pu lui permettre de le concurrencer. « Ses qualités premières étaient son jeu au pied et sa lecture du jeu. Il était énorme et il le prouve encore en Ligue 1. » analyse Ivan. Sa justesse technique balle au pied, héritage de son parcours comme joueur de champ, devient presque sa marque de fabrique sur le terrain. « Quand il est arrivé, il se débrouillait déjà très bien avec ses pieds. » nous raconte Guillaume Gégousse, arrière gauche de la CFA 2.

« Je me rappelle d’un match où il a fait un geste qui m’a marqué, conte Ivan Velandia. Un long ballon rapide arrive de 40 mètres, n’importe quel gardien l’aurait pris avec les mains. Lui, il nous sort un contrôle du pied gauche tel un numéro 10. »

Pour rattraper le retard qu’il a pris sur la formation d’un gardien de but au parcours « standard », Lecomte n’a pas de secrets : sa progression passe par un travail acharné – « dans sa tête, il n’a jamais lâché » nous dit Ivan – pour combler les quelques lacunes restantes. « C’est vrai qu’il avait pas mal de talent, notamment sur sa ligne, où c’est un vrai chat, souligne Gégousse. En plus de ça, c’est un gardien qui a beaucoup travaillé au niveau de tout ce qui est sorties aériennes. Il a beaucoup pris exemple sur Fabien Audard sur ces situations. »

À Lorient pour faire son trou

Ce travail porte ses fruits pour Lecomte, et lui donne raison après le choix qu’il a fait de rejoindre Lorient, son bac en poche. Pas forcément une évidence. « Je sais qu’il avait l’intérêt de plusieurs clubs de Ligue 1, notamment, et à Lorient il avait peut-être des perspectives plus importantes de jouer en Ligue 1 par la suite. » expose Guillaume, qui avance également le contexte similaire entre son ancien club et Lorient : « C’est un club familial, un peu similaire à Niort, il n’a pas eu de soucis d’adaptation à ce niveau là, à Lorient il a retrouvé la même stabilité et le même confort. » Gégousse ne se trompe pas, Lecomte va exactement dans ce sens lorsque la question lui est posée, évoquant l’esprit familial similaire, « pas ce qu’on peut appeler une usine à joueurs. » C’est après des échanges avec l’entraîneur des gardiens qu’il décidera de faire ce choix « purement sportif » de rejoindre un club où il veut « vraiment faire [s]on trou et progresser » même si la proposition financière du FCL ne fait de loin pas partie des plus intéressantes dont il dispose.

Résultat, son intégration est une réussite sur tous les points. « Il est arrivé à rentrer dans la mentalité des Merlus très rapidement » dit le gardien remplaçant, alors que le latéral affirme que sa principale qualité est d’être un « garçon très intelligent »« À Lorient, avec mon appartement, c’est une nouvelle vie qui se met en place, bien évidemment, parce qu’on n’est plus au centre de formation, s’exprime l’intéressé. On est seul chez soi, face à un nouveau challenge individuel aussi, une découverte dans une nouvelle vie avec de nouvelles personnes. »

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« Je me rappelle d’un match où il a fait un geste qui m’a marqué. Un long ballon rapide arrive de 40 mètres, n’importe quel gardien l’aurait pris avec les mains. Lui, il nous sort un contrôle du pied gauche tel un numéro 10. » – Ivan Vélandia

« Audard était un peu son grand frère »

Parmi ces nouvelles personnes, une d’elle jouera une multitude de rôle pour le natif de Paris. Guillaume Gégousse, qui fera ses premiers passages dans le groupe pro en même temps que Lecomte et que plusieurs autres joueurs de la réserve, raconte que son intégration se passe très bien grâce notamment à Fabien Audard qui le prend sous son aile. « C’était un peu son grand frère ».

« J’ai tout de suite eu une bonne relation avec Fabien, en tant que jeune gardien qui arrivait et aussi parce que j’avais envie d’apprendre à ses côtés, nous confirme l’intéressé. C’était un des meilleurs gardiens de Ligue 1 à l’époque donc forcément pour progresser il faut s’inspirer des très bons. Cela m’a permis de progresser sur plein de points et franchir des paliers. »

Cependant, en plus d’être un soutien, Audard incarnera à lui seul le challenge qui se dresse devant le joueur venu à Lorient pour devenir un joueur de Ligue 1. « Je savais que de toute façon ça allait être un chemin assez long et compliqué parce que Fabien est un super gardien. Pour détrôner un gardien comme ça, il faut plus que du talent » nous explique-t-il.

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« Benjamin regardait toujours devant, jamais derrière. » – Guillaume Gégousse

 

Un passage du témoin qui prend plus de temps que prévu

Mais il n’abdique pas et travaille dans cette perspective de devenir le successeur d’Audard, un statut qui lui est déjà presque destiné, en quelque sorte, tant ses dirigeants et formateurs comptent sur lui pour « préparer la suite ». Pas de quoi rajouter de la pression au jeune gardien remplaçant : « Benjamin a toujours été sûr de lui, il n’a jamais douté, explique le joueur de Concarneau. Il savait qu’il avait des qualités, il croyait en ses qualités, et il regardait toujours devant, jamais derrière. De la pression, dans ce milieu, il y en a forcément énormément, mais lui ne la ressentait pas, ou en tout cas n’en tenait pas compte. C’est une qualité indispensable pour un gardien, car c’est un rôle décisif, un poste où on est amené à faire des erreurs, mais lui était très fort dans sa tête. »

 Pour sa première saison dans l’effectif pro, le troisième gardien lorientais doit composer avec un temps de jeu réduit que ce soit chez les pros – avec deux entrées en jeu en Ligue 1 et une titularisation en Coupe de la Ligue – ou avec la réserve, selon le peu de libertés que lui accorde le calendrier des pros. Cependant, Lecomte ne vit pas cette saison comme une frustration, puisque son rôle est clairement défini et qu’il se sent encore progresser.

« La deuxième année, elle est un peu plus dure, parce que forcément, lorsqu’on a commencé à jouer, on a envie de rester sur le terrain mais on prend vite conscience que c’est pas du tout si facile que ça en a l’air et qu’il faudra beaucoup plus de travail pour s’installer. »

Le joueur de 20 ans, devenu deuxième gardien, pense alors clairement à saisir les chances qu’il aura pour renverser la hiérarchie, mais tout ne se passe pas comme prévu. « Si j’avais été plus intelligent et meilleur à certaines occasions, j’aurais peut-être pu faire basculer les choses un peu plus rapidement » explique-t-il dès que nous abordons le sujet. Sur cette deuxième saison, en plus de pouvoir regretter de ne pas s’être plus montré sur les 5 matchs de Ligue 1 et les quelques matchs de coupe, doit fustiger qu’une blessure à la malléole l’éloigne des terrains de début mars à la fin de la saison. Peu après avoir joué trois matchs de championnat consécutifs, le jeune portier se blesse… juste avant que son aîné n’en fasse de même. Ce temps de jeu qui lui aurait été promis lui « aurait permis de progresser, de [s]e montrer, et peut-être même de franchir le cap de numéro 2 à numéro 1 sur ce temps-là ». Le destin en décide autrement.

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Lecomte aura une autre blessure, musculaire cette fois, juste avant la Coupe du Monde U20. Il y renonce, pour ne pas risquer une absence plus longue qui mette en difficulté son statut à Lorient. « Quand on a un discours en club qui nous dit qu’il y a des choses à faire dans la hiérarchie, des caps à passer, on essaie de mettre la priorité au club » nous explique-t-il.

Le déclic : un match catastrophique ?

Benjamin ne se décourage pas, et dit même que cette blessure sera bénéfique pour sa mentalité. « Je ne l’ai pas du tout pris comme un échec, loin de là, parce que c’est dans les blessures aussi qu’on va puiser au bout de nous-même et au contraire, ça m’a appris à mieux me connaître. C’était une bonne expérience ». 

Aligné lors des diverses absences d’Audard en championnat et pour tous les matchs de coupe, Lecomte sera un acteur de la belle aventure lorientaise en Coupe de France jusqu’en demi-finale, où le match contre Évian tourne au cauchemar. Après un premier but de Ninkovic sur lequel il ne peut rien, il est partiellement coupable sur le deuxième, marqué par Sagbo, où il se troue dans sa sortie. Une dizaine de minutes plus tard, c’est sur une frappe de loin de Kévin Bérigaud qu’il bloque mal le ballon, qui finit sa course au fond des filets. Un quatrième but en fin de match viendra rendre la pillule encore plus dure à avaler pour le FCL et son gardien, qui se souvient encore aujourd’hui de ce match comme « le pire de sa carrière ». Un souvenir au goût amer, certes,- « forcément quand on fait des erreurs on est dégoûté, en tant que gardien c’est la pire chose qui peut nous arriver » nous explique-t-il – mais dont il se sert également comme un enseignement.

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Benjamin Lecomte réconforté par Bruno Ecuele Manga lors du « pire match de sa carrière ».

Car si une victoire à domicile face à Saint-Étienne (3-1) quelques jours plus tard lui permet de ne pas perdre sa confiance, ce match a convaincu le portier de 22 ans que sa situation devait changer :

« Il fallait vraiment que je franchisse des paliers pour arriver à ce niveau-là, parce que ça se joue sur des détails. C’est plus des erreurs de concentration et c’est pour ça que je disais que le temps de jeu est primordial, puisque c’est des erreurs qui arrivent lorsqu’on en a pas beaucoup : niveau concentration on n’y est pas forcément, peut-être qu’il y a du stress aussi parce que c’est un match important et qu’on y est pas habitué. Je sais qu’avec plus de temps de jeu, ça ne serait sûrement pas arrivé. Maintenant, c’est peut-être le déclenchement de ma carrière, donc je la prends pas du tout comme un échec, au contraire peut-être qu’elle est arrivée au bon moment, et peut-être qu’elle est arrivée trop tard.

Désireux de rattraper le temps – et le temps de jeu – perdu lors de ses trois années sur le banc Lorientais, celui qui avait prolongé son contrat en mars va tenter de convaincre ses dirigeants de l’utilité d’un prêt. « Cette erreur à Evian l’avait complètement montré, il fallait que j’arrive à enchaîner 30 matchs et aujourd’hui, le niveau de la CFA ne suffisait plus à me faire progresser. Donc il fallait que j’aille voir ailleurs. »

Le prêt à Dijon, commencement de sa carrière

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Benjamin Lecomte est prêté à Dijon en même temps que Rémi Mulumba. « On a vite compris qu’il n’était pas là en dilettante » nous dit Steven Paulle.

Sa demande est finalement acceptée, et alors que Baptiste Reynet fait le chemin inverse, Lecomte prend la route de Dijon. « Notre objectif était la montée, nous dit Steven Paulle, qui a joué au DFCO jusqu’à la saison passée. On avait une équipe compétitive avec un véritable objectif qui avait besoin d’un gardien de qualité. Quand il est arrivé, il était assuré de jouer. Il est arrivé en patron, il n’y avait pas de réelle concurrence. »

Ce statut de privilégié ne veut pourtant pas dire que Lecomte n’a aucune pression à Dijon : « J’avais conscience que si je réussissais pas ce prêt, derrière je pouvais me mettre dans l’embarras pour beaucoup de choses dans ma carrière, et surtout ne pas la lancer ». C’est peut-être cette peur qui poussera Lecomte, après un début de saison que Paulle qualifie seulement d’« intéressant », à se reprendre en main. « Il venait une heure avant aux entraînements et bossait plus. Il avait un but, ça a payé » résume le défenseur central. Le gardien s’intègre bien sur tous les plans à Dijon, où il vit une année heureuse et pleine de réussite, « qui reste dans ma mémoire ». Il nous dit avoir rencontré des personnes exceptionnelles, ce que nous confirme Steven qui nous dit qu’il s’est « vite trouvé quelques potes au sein de l’équipe avec qui sortir, manger entre amis… ».

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« Un jour, il s’est repris en main, il venait une heure avant à l’entraînement, bossait plus. Il avait un but, un objectif, et ça a payé. » – Steven Paulle

En plus de ce cadre qui lui plaît, Benjamin connaîtra plusieurs consécrations cette saison-là, à commencer par la naissance de sa fille. Et sur le terrain, pour ses excellentes performances et ses 14 clean sheets lors de ses 31 matchs de Ligue 2, il est récompensé du titre de meilleur joueur de l’année au sein du club qui finit au pied du podium. Mais Lecomte ne prend pas le temps de jubiler, ne se repose pas sur ses lauriers et est déjà tourné vers l’avenir.

Son pari s’avère gagnant, il devient titulaire à Lorient

Alors que Sylvain Ripoll a succédé à Christian Gourcuff, que Baptiste Reynet n’a pas réalisé une bonne saison en l’absence de Lecomte et qu’il est prévu que Fabien Audard prenne du retrait, le retour de prêt lui réserve la surprise de se voir confier le poste de gardien titulaire.

« C’était quelque chose qui était pas forcément attendu, parce que je ne savais pas du tout où j’allais après ce prêt-là. Je sortais d’une très bonne saison en Ligue 2, est-ce que c’était suffisant pour m’ouvrir les portes de Lorient ou d’un autre club, c’est ce que j’attendais de voir et voilà, ça s’est ouvert à Lorient. Tant mieux, maintenant y’avait un nouveau défi à relever, c’était celui de succéder à Fabien et je savais que ça allait pas être facile du tout. Avec ce changement de staff, je savais que ça allait être une année charnière pour le club aussi, et j’étais motivé à relever ce challenge. »

Petite clin d’œil du calendrier, cette saison comme titulaire débute du côté de Louis-II, ce même stade où Lecomte avait vécu sa première titularisation en octobre 2010, en Coupe de la Ligue. Lorient s’y impose 2-1, et au fil des matchs, Lecomte donne raison à Ripoll pour sa confiance, réalisant d’excellentes performances. Il remplacera finalement sans mal Fabien Audard dans le cœur des fans merlus, et pas seulement pour ses arrêts.

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Alors que beaucoup de joueurs cultivent une image d’être inaccessibles, Lecomte fait partie de ces professionnels qui désirent accorder leur crédit aux supporters et leur rendre leur soutien. « Je vis ça comme un échange, il faut prendre conscience que sans nos supporters on ne serait pas grand-chose, médite-t-il. Jouer en Ligue 1 devant des stades vides ce serait pas extraordinaire, on a de la chance d’avoir du monde qui vient constamment à Lorient, mais j’essaie justement de les pousser pour qu’ils nous soutiennent encore plus, qu’il y ait encore plus de monde. Parce que je sais que sur certains matchs ça fait basculer les choses, et c’est une récompense pour tout le monde. Ils sont fiers de voir qu’on est proches d’eux et nous justement on les remercie de nous apporter cette ambiance-là sur certains matchs. »

En quelque sorte, les fans le remercieront de cette entente particulière dont ils disposent en l’élisant deux fois de suite joueur de l’année au FCL. Ce qui fait, avec le titre à Dijon, trois récompenses individuelles sur trois saisons, « qui font énormément plaisir, et qui récompensent aussi le travail fourni au quotidien pour progresser ». 

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« Ils sont fiers de voir qu’on est proches d’eux et nous justement on les remercie de nous apporter cette ambiance-là sur certains matchs. » – Benjamin Lecomte

2016-2017 : nouveau statut, mêmes ambitions

Car, après avoir mis plus de 4 saisons pour devenir titulaire à Lorient, Lecomte n’a pas eu besoin de ses deux saisons pour se hisser parmi les meilleurs gardiens du championnat. Ses réflexes de « chat », comme dirait Gégousse, ont dégoûté plusieurs grandes équipes du championnat, et lui ont permis de se faire un nom. Si son nom n’a que très peu été évoqué pendant le dernier mercato, c’est notamment parce qu’il n’est « pas du genre à lancer des rumeurs dans le vent » selon ses dires. Il se dit d’ailleurs « Lorientais à 100%« , même s’il admet que dans le mercato des gardiens de but, « c’est le jeu des chaises musicales et il faut placer sa carrière avant ses sentiments ». 

Mais, pendant la préparation de cette nouvelle saison, Lecomte se voit confier un nouveau rôle qui exclut toute éventualité de départ, le rôle de capitaine. Ce choix de Ripoll ne surprend pas Gégousse, qui se souvient d’un gardien qui s’imposait bien par la parole, qui a « toujours été un leader » et que l’expérience engrangée depuis rend « totalement légitime ». Le nouveau capitaine considère lui ce brassard « comme une fierté une responsabilité importante, beaucoup de sentiments positifs » et ne semble pas ressentir la moindre pression liée à son statut. Il accorde d’ailleurs une confiance entière à son groupe, avec qui il ne considère pas impossible de jouer un jour une compétition européenne.

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« Alors c’est une fierté, bien évidemment, c’est plein de sentiments positifs, c’est une responsabilité importante. C’est aussi pour ça que j’essaie de faire le lien avec les supporters, parce qu’on est forcément plus pointé du doigt, que ce soit médiatiquement, dans le positif comme dans le négatif. » – Benjamin Lecomte, au sujet de son nouveau rôle de capitaine.

Car le caractère du personnage semble formé ainsi : à court terme, un réalisme qui lui permet de bien garder les pieds sur terre, alors que sur le long terme, ses rêves et ses ambitions ne cessent de le tirer vers le haut. Cette description du personnage tient la route lorsque nous lui demandons si, comme nous l’affirmait Guillaume Gégousse, l’Équipe de France lui tendra bientôt les bras. « Aujourd’hui, je m’estime être encore loin des gardiens français, raisonne-t-il. J’essaie de faire les meilleurs matchs possibles pour aider mon équipe et si les meilleurs matchs sont vus, sont regardés, peut-être qu’un jour oui, j’aurai une pré-sélection, puis une sélection, peut-être. je prends les choses comme elles arrivent, je travaille et on verra bien les prochaines étapes ».

Cela colle encore une fois lorsqu’on lui demande ses ambitions. S’il ne semble pas accorder de préférence entre la Premier League, la Liga, la Bundesliga et la Ligue 1, qu’il considère comme des grands championnats.

« Déjà d’évoluer dans l’un de ces quatre championnats c’est déjà une grande fierté. Bien évidemment, dans une perspective, j’aimerais qu’avec Lorient on joue une compétition européenne. Est-ce qu’on en est capables cette année, je sais pas, mais il peut tellement tout se passer dans ce championnat que c’est quelque chose qu’on garde dans un coin de nos têtes. Après oui, forcément, moi individuellement j’aimerais vivre des compétitions européennes, que ce soit l’Europa ou la Champions League pour pouvoir franchir des paliers et me montrer sur la scène européenne, parce que pour moi l’Équipe de France elle ira avec tout ça. Si c’est à Lorient, tant mieux, et si ça doit être ailleurs, c’est les aléas d’une carrière, et dans ma progression je les saisirai sans hésiter.

Il est évident qu’un jour, Lecomte se retrouvera face à des rêves qu’il ne pourra pas réaliser, des objectifs qu’il ne pourra pas atteindre. A-t-il déjà accompli plus de rêves qu’il lui reste à accomplir ? Avec son côté lucide, le capitaine lorientais se pose déjà la question. Mais connaissant le personnage, plus de doute : tant qu’il n’aura pas trouvé les réponses à ces questions, Benjamin Lecomte continuera à toujours regarder devant, et jamais derrière.

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Article rédigé et tous propos recueillis par Jonito

Stadito remercie Guillaume Gégousse, Ivan Vélandia, Steven Paulle et particulièrement Benjamin Lecomte pour leur disponibilité et leur gentillesse.

Jonathan Tunik

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