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Youssouf Sabaly, tous les chemins mènent à Paris

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Enfant du 78, Youssouf Sabaly est arrivé au PSG dès ses 13 ans. 10 ans plus tard, c’est toujours dans le club de la capitale que le latéral espère s’imposer. Mais si, actuellement, il aborde déjà sa 4e saison de Ligue 1, c’est pour la quatrième fois consécutive en prêt, à Bordeaux. Jamais apparu sous le maillot parisien en match officiel, Sabaly s’accroche, et fera cette saison le bonheur des Girondins. Car il le sait : tous les chemins vont à Paris, dont il finira bien par convaincre les dirigeants s’il poursuit sur cette voie royale. Avec les témoignages exclusifs de Malik Rouag, coéquipier de la réserve parisienne, et Benjamin Leroy, ancien gardien de l’ETG.

Sabaly, enfant de Paris

Youssouf Sabaly naît de parents sénégalais dans les Yvelines. Il découvre sa passion pour le sport très jeune, et se spécialise vite dans le foot, même s’il n’abandonne pas immédiatement ses autres passions que sont le judo et le basketball. En poussins, il perfectionne son talent balle au pied du côté du Club Sportif Cellois, club de La Celle-Saint-Cloud, où grandit Youssouf. Un milieu plutôt agité – le CS Cellois a fait parler de lui en se faisant braquer par un adolescent il y a un an et demi – qui forge le caractère du jeune homme, respectueux et travailleur. À tout juste 10 ans, après ses deux années en tant que poussin, il rejoint déjà le PSG avec qui il joue en benjamin. Nous sommes en 2003, et Sabaly entame une formation qui durera une décennie dans son club de cœur.

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Des U17 aux U20, Sabaly aura joué régulièrement avec les jeunes de l’Équipe de France.

Quelques années plus tard, à 16 ans, le frêle latéral a si bien travaillé qu’on le retrouve titulaire sur le côté droit de la défense en U19 au PSG, et même parfois appelé avec les sélections de jeunes en Équipe de France, à l’image de plusieurs coéquipiers parisiens comme Alphonse Aréola ou Jean-Christophe Bahebeck. À l’époque, le PSG fait preuve d’ambitions qui ne tiennent pas la comparaison avec le projet actuel, et souhaite se reposer grandement sur les produits de son centre de formation. Logiquement, pendant toute sa formation, Sabaly se concentre sur un objectif : s’imposer un jour dans son club formateur.

L’ambition de s’imposer dans un club malgré le changement de dimension

Seulement, alors que son intégration progressive en CFA lui a permis de disputer 20 matchs avec l’équipe réserve du club de la capitale en 2011-2012, l’arrivée des investisseurs étrangers vient placer la nouvelle direction du club presque hors de portée de la trajectoire prévue par Youssouf. Alors que beaucoup de jeunes talentueux n’espèrent même plus faire partie des plans des dirigeants parisiens, Sabaly adopte un comportement exemplaire pour ne pas devoir dire adieu à ses rêves d’enfant.

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Youssouf Sabaly (à gauche) fait parler sa vitesse aux côtés de Kingsley Coman (au milieu) et Nicolas Douchez (à droite), lors d’un entraînement avec le groupe pro.

Malik Rouag, qui vient en renfort de la CFA parisienne pour la saison 2012-2013, se souvient de ce joueur discret mais doté d’un « super état d’esprit, travailleur, à l’écoute et souriant ». Il nous explique qu’il jouait à droite, n’ayant pas encore développé la polyvalence qui le caractérise aujourd’hui. Il faut dire qu’il n’en avait pas besoin, puisque Rouag le décrit comme un « très bon joueur, régulier et qui sortait du lot ». Cette saison-là, Youssouf Sabaly participe à ses premiers entraînements avec le groupe professionnel, où il côtoie des Thiago Silva, Zlatan Ibrahimovic ou autres David Beckham. « Il y allait régulièrement, en parlait de temps en temps et se montrait très heureux d’y être » nous transmet Rouag.

La concrétisation de cette saison viendra de son parcours avec l’Équipe de France U20, qui remporte la Coupe du Monde en Turquie. Entré en jeu en finale contre l’Espagne, Sabaly aurait même pu s’offrir un but si sa frappe n’avait pas fini sa course sur le poteau. Toujours est-il qu’à son retour en France l’attend une belle récompense, sous la forme d’un contrat professionnel.

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Youssouf Sabaly remporte la Coupe du Monde U20 en 2013 avec la génération ’93, emmenée par Paul Pogba et Alphonse Aréola.

Evian, une adaptation express à la Ligue 1

Malgré cette marque de confiance des dirigeants, Sabaly est promis à un prêt pour faire ses gammes, à priori en Ligue 2. Pour Malik Rouag, cela entre dans ses plans : « Youssouf est une personne humble, il ne demande qu’à jouer. Être prêté ou pas, ce qu’il voulait, c’est jouer au plus haut niveau. »

Finalement, l’intérêt de Pascal Dupraz, alors coach de l’Evian Thonon Gaillard Football Club, lui permet d’évoluer un cran plus haut, en Ligue 1. Tombé sous le charme du vif latéral parisien, le technicien savoyard le fait signer début août 2013 en prêt et, malgré sa préparation tronquée par la Coupe du Monde, le titularise pour sa grande première dans l’élite, lors de la première journée de championnat face à Sochaux… trois jours seulement après son arrivée. Très vite, malgré son petit gabarit qui ne semble pas le prédisposer au haut niveau, il devient un élément incontournable de l’ETG, dans son couloir… gauche.

Ce sera le coup de poker de Dupraz, de le repositionner sur le côté gauche de la défense alors que Daniel Wass monopolise le côté droit. Pour sa première saison en Ligue 1, le « timide » arrière latéral y joue 36 matchs, toujours en tant que titulaire. À l’issue du prêt, le PSG, qu’il a affronté donc à deux reprises et a même battu à domicile (2-0 en décembre 2013) répond à presque toutes ses attentes : une prolongation de contrat jusqu’en 2018 et un deuxième prêt en Haute-Savoie, où le Francilien a pris son pied.

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Il sera accueilli en conférence de presse par un discours élogieux de Pascal Dupraz, avec qui il semble avoir des atomes crochus en plus d’avoir sa confiance sur le terrain. Benjamin Leroy, arrivé en 2014 dans les cages des Roses, nous confirme cette confiance du coach, qui « attendait beaucoup de lui de part son potentiel ». En arrivant dans le vestiaire, Leroy a le droit à quelques échos sur l’intégration et l’adaptation de Sabaly, apparemment très réussites, et il peut constater de lui-même que le latéral a « un bon comportement et est toujours souriant dans le vestiaire » et que sur le terrain, « il se donne toujours à fond, que ce soit à l’entraînement ou aux matchs. »

Mais même s’il s’épanouit sur les rives du Lac d’Annecy, Youssouf n’en oublie pas ses objectifs sur le long terme : « Je pense que ses ambitions étaient de s’imposer dans son club formateur » médite son gardien. « Surtout quand ce club formateur est le PSG ». De quoi entraîner une certaine frustration d’être encore prêté dans un club jouant le maintien plutôt que de pouvoir concurrencer les latéraux parisiens ? Pas pour Leroy, qui réplique que « s’il a été frustré, cela ne s’est pas ressenti dans le vestiaire et dans ses performances, car il a très vite compris que ça passerait par de bonnes performances ». Malheureusement pour lui, sa saison ne sera pas faite que de hauts et il connaîtra quelques blessures et passages difficiles, mais il bénéficie d’un statut quasi-intouchable qui lui permet de participer à 29 matchs, toujours en tant que titulaire, pour les Croix de Savoie, relégués en fin de saison.

Nantes, un pallier passé

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Sabaly au Parc, sous son nouveau maillot… mais toujours pas le « maillot Hechter » parisien.

À son retour dans la capitale, il est encore improbable de le voir entrer dans les plans de Laurent Blanc, même si Lucas Digne ne convainc pas à gauche et Grégory van der Wiel est contesté à droite. Sabaly aura l’opportunité de figurer à deux reprises sur la feuille de match en début de saison, mais n’entrera jamais en jeu. Quelques semaines plus tard, fin août, il est à nouveau prêté, cette fois à Nantes, dans une équipe prête à faire du jeu mais surtout un coach qui peut développer un peu plus ses qualités défensives en la personne de Michel Der Zakarian, ancien défenseur de Nantes et Montpellier.

Dès son deuxième match, il se démarque en inscrivant son premier but en professionnel, face à Troyes. Il donne ainsi le ton aux supporters des Canaris, pour qui il réalisera une saison de haut vol marqué par une régularité exemplaire – au contraire de son équipe -, une belle solidité défensive et un excellent apport offensif. De retour sur son côté droit, il finit la saison avec une seule passe décisive en plus de ses deux buts, mais on peut sans trop douter mettre la faute sur l’efficacité des attaquants nantais tant les centres de qualité ne sont pas ce qui ont manqué au FCN sur son aile droite.

Cette fois, ses performances sont au niveau pour que beaucoup le voient obtenir de droit la place libérée par Grégory van der Wiel. Le joueur lui-même sous-entend qu’il se sent prêt à affronter la concurrence de l’effectif parisien, pour porter enfin en professionnel les couleurs du club qu’il a rejoint 13 ans plus tôt.

2016-2017 : la Gironde déjà convaincue, la capitale enfin en vue ?

Finalement, Emery et les dirigeants parisiens décideront d’attirer l’international belge Thomas Meunier pour doubler le poste de Serge Aurier, et donc d’envoyer Sabaly en Gironde, où Jocelyn Gourvennec prend les rennes de Bordeaux. Suite à un mercato intéressant (Jérémy Ménez, Jérémy Toulalan, François Kamano et Igor Lewczuk arrivent également), les Girondins espèrent jouer à nouveau les premiers rôles en Ligue 1, et voient en Sabaly l’un des défenseurs à l’apport le plus conséquent de Ligue 1. Après une performance moyenne malgré la victoire face à Sainté lors de la première journée, le Franco-Sénégalais alterne entre bons et excellents matchs, comme à Lyon (1-3) et à Metz (0-3), où il fait figure d’homme du match lors des deux plus belles victoires girondines de cette saison, avec à chaque fois une passe décisive. Il ne lui aura donc fallu qu’une poignée de matchs pour convaincre son monde à Bordeaux, que le bon début de saison a placé 5e, à égalité de points avec… le PSG.

En plus de pouvoir titiller au classement le PSG, qu’il ira défier au Parc des Princes samedi après-midi, Youssouf Sabaly devrait se faire un plaisir de rappeler aux dirigeants parisiens qu’ils ont sous contrat pendant encore un peu plus d’un an et demi un défenseur latéral qui, même s’il ne fait pas autant de bruit qu’une star, abat un travail régulier et de qualité chaque weekend de championnat. D’ailleurs, si vous n’êtes ni un fan nantais ni un fan bordelais et que vous ne l’avez pas encore compris, gardez cela en tête : Youssouf Sabaly sera l’un des joueurs à suivre cette saison en Ligue 1.

L’intéressé, lui, doit enfin voir la ville Lumière au bout de son couloir.

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Article rédigé et propos recueillis par Jonito

Stadito remercie Malik Rouag et Benjamin Leroy pour leur disponibilité et leur gentillesse.

Jonathan Tunik

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