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Ivan Santini, le buteur s’accroche à son destin

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ivan santini

Avec deux buts marqués et un carton rouge provoqué pour sa première, le Croate Ivan Santini ressemble déjà à une recrue miracle pour le SM Caen, qui a entamé sa campagne 2016-2017 en renversant Lorient. Mais celui qui sort de trois saisons riches en buts en Belgique et pour qui les Normands ont débloqué 2.5M€ aurait bien pu ne jamais arriver à ce niveau, lui qui a traîné le spleen d’un buteur en difficulté entre son pays natal, l’Autriche et l’Allemagne pendant 7 ans. Stadito vous raconte le parcours d’un footballeur pour qui la vie n’a jamais été facile, mais qui a gardé foi et confiance en son talent et pourrait maintenant devenir une des attractions de notre championnat.

 

Sa fiche

Nom : Santini
Prénom : Ivan
Club : SM Caen
Date de naissance : 21 mai 1989 (27 ans)
Lieu de naissance : Zadar (Croatie)
Nationalité : Croate
Poste : Attaquant
Numéro : 26

Jeune, il grille les étapes

Ivan nait au printemps 1989 à Zadar, une ville costière de Dalmatie, 5ème plus grande agglomération de Croatie. Le gamin grandit en même temps que son pays, des suites de l’éclatement de la Yougoslavie, devient passionné de football (il a 9 ans quand l’équipe nationale atteint la demi-finale de Coupe du Monde 1998 en France, une épopée qui déchaîne les passions au pays) et intégrera les équipes de jeunes du NK Zadar, club de sa ville dont l’équipe première joue en Prva HNK, première division croate.

La Croatie est alors en pleine période de formation de joueurs, et les clubs font régulièrement confiance à des adolescents pour renforcer leur équipe professionnelle. Sans connaître le même succès que certains compatriotes surdoués, Ivan est précoce, d’autant qu’il est déjà très grand et fort physiquement. Si bien qu’en 2006, alors qu’il grimpe les échelons à Zadar, il accepte une proposition de l’Inter Zaprešić, club tout juste relégué en deuxième division et qui lui offre déjà un contrat professionnel.

Ivan (d.) et son frère aîné Krsevan (g.), dont la modeste carrière l'a mené en Ukraine, à Chypre et en Azerbaïdjan.

Ivan (d.) et son frère aîné Krsevan (g.), gardien dont la modeste carrière l’a mené en Ukraine, à Chypre et en Azerbaïdjan.

Le gamin qui vient de fêter ses 17 ans quitte donc sa Dalmatie natale pour Zaprešić, une semi-banlieue de la capitale Zagreb. Dans le club qui a révélé des joueurs comme Luka Modrić ou Vedran Ćorluka, il joue surtout avec la réserve, mais aura très vite l’occasion de s’entraîner avec les pros, de fouler les pelouses de HNK 2 à quatre reprises et de marquer un but. Mais alors que l’Inter est bien parti pour remonter immédiatement en Prva HNK, Santini quitte le club en cours d’année, au mercato hivernal.

Exode, deuil et religion

Lors de ce mois de janvier 2007, quelques mois seulement après son départ de Zadar, le jeune Croate fait ses valises et rejoint Salzbourg en Autriche, où le groupe Red Bull a récupéré l’Austria, club historique en perdition, pour en faire un géant destiné à écraser toute concurrence nationale, et déployer un gigantesque projet de détection de joueurs d’avenir. Mais ce qui regorge aujourd’hui de joueurs de toutes origines est alors constitué à 90% d’autrichiens et, avant même ses 18 ans, celui qui est venu compléter les rangs de l’équipe U19 est bien loin de la maison qu’il avait quittée quelques mois plus tôt. Éloigné de sa famille, seul et sans parler la langue locale ni l’anglais, Santini se cherche des nouveaux piliers. Et puisque le seul livre en croate qu’il a sous la main est une Bible, il la lit en quelques jours seulement, et va progressivement se tourner vers la religion. D’autant que quelques mois plus tard, il perd brutalement son père Romeo. « La veille nous parlions sur Skype, et le lendemain j’ai appris la nouvelle de sa mort : ce fut l’un des moments les plus traumatisants de ma vie » révèle-t-il.

Les U19 du Red Bull Salzburg en 2008, avec Santini en plus net sur la droite.

Les U19 du Red Bull Salzburg en 2008, avec Santini en plus net sur la droite.

Ses performances ne suffisent pas pour sortir la tête de l’eau, et il finit par perdre la place de titulaire qui lui était plus ou moins acquise depuis ses 5 buts de 10 matchs à l’automne 2007. Ne pouvant ni se réconforter auprès de sa famille, en Croatie, ni se concentrer sur son football, qui traversait donc une passe compliquée, Santini se repose de plus en plus sur sa foi, dont il raconte qu’il a pris conscience lors d’un match amical face à Bordeaux, et devient plus pratiquant au fil des années.

Interrogé dans divers interviews, il dit se considérer comme un « jouet entre les mains de dieu » et puise dans la religion pour se tirer des moments difficiles comme il en vit à Salzbourg, se soulageant de leur poids en se rappelant que son destin est entre les mains d’une divinité. Il lui arrive d’ailleurs souvent de penser à Dieu juste après ses buts, et même à lui accorder publiquement le crédit de son succès. Il déclarera d’ailleurs plus tard que sa première pensée après ce qu’il considère comme « le but le plus important de sa carrière » était religieuse. Il célèbre d’ailleurs chacun de ses buts en levant deux mains au ciel : « l’une pour Dieu, l’autre pour [s]on père ».

Santini, les deux mains vers le ciel.

La célébration du buteur, les deux mains vers le ciel.

« Et [cette affirmation de foi] n’est pas un film » confirme Geert Goethals, curé de la paroisse Saint-Michel à Courtrai, où Santini deviendra régulier lors de ses deux saisons au club. « Il croit vraiment, et nous avons des entretiens deux fois par semaine dont il tire beaucoup ». 

Son coéquipier de la même période Baptiste Martin nous témoigne cependant qu’il ne « montrait aucun signe dans le vestiaire, si ce n’est qu’il se signait après un but et en entrant sur le terrain ».

Retour à la case départ

Santini évoluera sous les couleurs d'Ingolstadt entre février et juin 2009.

Santini évolue sous les couleurs d’Ingolstadt entre février et juin 2009.

Il parviendra finalement tant bien que mal à se sortir de cette période rude, mais pas à convaincre les dirigeants du Red Bull Salzburg de le conserver. À l’été 2008, il se retrouve donc sans club, et sillonne l’Europe pour passer des essais dans des équipes jeunes de clubs professionnels. Le LASK Linz en Autriche, Bâle en Suisse et… le Standard de Liège en Belgique examineront notamment ses qualités entre 2008 et 2009, alors que le FC Ingolstadt, alors en 2e Bundesliga, lui offre une expérience de 5 mois, le temps de jouer une petite centaine de minutes avec les pros, d’être titularisé une fois et d’inscrire 3 buts en 4 matchs avec l’équipe réserve.

Pour Santini, il est temps de rentrer à la maison. Son club formateur du NK Zadar, remonté en première division croate, lui propose un contrat de 4 ans et la possibilité de se relancer, si bien que le garçon de 20 ans saute sur l’occasion. Après une première saison correcte mais sans plus, avec 19 matchs dont 14 titularisations pour 6 buts, il découvre un nouveau statut, celui de joueur indispensable. En 2010-2011, il débute 29 des 30 matchs de la saison, inscrivant 10 buts, bien étalés sur toute la saison (jamais plus de 5 matchs sans marquer). Il est à cette époque nommé meilleur joueur du championnat. Une véritable récompense confirmant la stratégie d’Ivan – reculer pour mieux sauter -, qui se concrétisera 6 mois plus tard : meilleur buteur du championnat à mi-saison avec 10 buts en 16 matchs, il est prêté au SC Freiburg.

Santini a reprend sa carrière de volée en rentrant à Zadar.

Santini reprend sa carrière de volée en rentrant à Zadar.

En découvrant pour la première fois un championnat majeur, la Bundesliga, il a l’occasion de franchir un cap qu’il attend depuis qu’il a quitté pour la première fois la maison familiale, 6 ans plus tôt. Mais alors qu’il remplace numériquement Papiss Cissé, parti à Newcastle, il ne joue que des bouts de matchs, en plus de trois titularisations, et n’est impliqué sur aucun but. Cependant, à la fin de la saison, comme il n’arrive pas à trouver de terrain d’entente avec Zadar en vue d’une prolongation de son contrat arrivant à expiration un an plus tard, il retourne à Fribourg, qui profite d’obtenir le buteur une saison supplémentaire sans payer la clause de rachat.

Il reste cependant loin dans la hiérarchie des attaquants, et ne se distinguera pas pendant cette saison, si ce n’est le temps de son premier et seul but en Bundesliga contre Stuttgart, et d’un quart de finale de coupe où il entre à la 85e minute alors que son équipe perd 2-0 face à Mayence, et où il touche la latte, marque et provoque un penalty pour sauver son équipe. Même après cette entrée décisive, et malgré la « confiance en ses qualités de buteur » qu’il dit garder, il n’a jamais vraiment l’occasion de s’imposer.

Le bilan de Santini en Bundesliga : 24 matchs sur deux saisons pour un but

Le bilan de Santini en Bundesliga : 24 matchs sur deux saisons pour un but.

Courtrai et l’épanouissement

Sachant qu’il n’obtiendra pas mieux des dirigeants du club allemand, qui a tout de même fini 5ème du championnat, qu’une place d’éternel remplaçant, Santini se met une nouvelle fois en quête d’un challenge pour relancer sa carrière. Sa (petite) carte de visite dans une ligue majeure lui permet de bénéficier de quelques offres de grands championnats, comme celle de Bologne, mais le buteur de 24 ans décide de tenter le pari belge du KV Kortrijk (Courtrai en français). Un choix fortement appuyé par son conseiller Mario Stanic, qui a opté pour Bruges pour se relancer quelques années plus tôt, avant de passer par Chelsea et Parme. Stanic l’affirme sans hésitation : il se développera rapidement, trouvera confiance et régularité, et ne restera pas à Kortrijk jusqu’à la fin de son contrat, qui court sur 3 ans.

La photo officielle du KV Kortrijk en 2013-2014. Dans la rangée du milieu, depuis la gauche, Ivan Santini est le 3e joueur et Baptiste Martin le 6e.

La photo officielle du KV Kortrijk en 2013-2014. Dans la rangée du milieu, depuis la gauche, Ivan Santini est le 3e joueur et Baptiste Martin le 6e.

« L’objectif de Courtrai était de jouer les playoffs 1 (soit finir parmi les 6 premiers, ndlr) » nous explique Baptiste Martin, au club de 2010 à 2014, contacté  par Stadito. « Ivan est arrivé discrètement et malheureusement pour lui il s’est blessé très rapidement à la cheville il me semble. Sa préparation a donc été ralentie ! Il est revenu pour le début du championnat et lors de son premier match, il rentre et marque son premier but ! (Offrant la victoire 2-1 contre Leuven, ndlr) Ensuite la confiance s’est installée et avec le travail il a enchaîné les buts. »

Dans un club où il joue tout de suite un rôle majeur, celui que Martin décrit comme « très sympa, simple et agréable, un bon vivant qui ne manque aucune occasion pour rire et s’amuser » n’a aucun soucis à s’intégrer et à s’adapter pour faire parler les qualités de buteur qu’il avait montré à Zadar. Jamais deux semaines ne se passent sans qu’il ne plante son but en championnat. Et quand ce n’est pas un, c’est trois, comme face à Lokeren et Bruges, contre qui il signe des triplés. Grâce à ces deux matchs, il pointe en tête du classement des buteurs au lendemain de la 11e journée, avec 11 buts.

Ces performances vont ajouter quelques grands noms à la liste de ses courtisans, comme la Sampdoria et la Lazio Rome. Mais comme le dit l’entraîneur Hein Vanhaezebrouck, le KVK a des comptes équilibrés et ne vendra pas son buteur en janvier. Les médias affirment par contre que son départ à la fin de la saison, contre une clause de 2.5M€, est presque inévitable. C’est sans compter sur une légère « panne » de Santini, qui ne marque que 3 buts pendant la première partie de l’année 2014.

En attaque, Santini forme un duo de feu avec le Français Teddy Chevalier.

En attaque, Santini forme un duo de feu avec le Français Teddy Chevalier.

Paradoxalement, cette période creuse permettra de prolonger d’un an cette aventure qui ravit joueur, dirigeants et fans. Un an pendant lequel il inscrira exactement le même nombre de buts (16, dont 15 en championnat) mais qui seront plus répartis sur la saison. Et quand certaines mauvaises passes laissent penser qu’il porte moins son équipe, il plante un quadruplé contre Westerloo, lors d’une victoire 6-0. Sur le plan collectif, Santini et Courtrai obtiennent également la satisfaction d’atteindre les Playoffs 1, objectif du club depuis l’arrivée du Croate.

Le Standard, amour difficile

Après ces deux saisons de haut niveau, il ne fait plus de doute pour personne que Courtrai, que Martin présente comme « un club stable mais qui doit chaque année construire une équipe car il y a beaucoup de changement à la fin de chaque saison », ne parviendra pas à garder celui qui a signé 14 passes décisives en plus de ses 32 buts en 74 matchs. Parmi la liste des prétendants, on compte notamment le RC Genk, avec qui il se raconte qu’il a trouvé un accord, mais la vérité se trouve ailleurs. Santini raconte que dès qu’il a entendu parler de l’intérêt des dirigeants du Standard de Liège, où il avait passé un essai 6 ans plus tôt, il en a fait sa priorité. Grâce à la volonté de Slavo Muslin, le nouvel entraîneur mis en place à la tête des Rouches, il peut rejoindre pour 4 ans un club programmé pour le haut de tableau et dont il est « content de ne plus devoir affronter » la défense.

Il ne manque d’ailleurs pas d’ambitions : il veut jouer le titre avec Liège et attirer l’œil d’Ante Cačić, sélectionneur croate, pour en découvrir la sélection. Malheureusement, tout ne se passera pas comme prévu : alors qu’il avait clamé pendant deux ans que le rôle de deuxième attaquant auquel il était assigné à Courtrai n’était pas le sien et qu’il n’y jouait que pour que l’équipe marche bien, il se retrouve trop esseulé en pointe dans le système de Muslin et rate ses rares occasions. Il se raconte que la direction du club basé à Sclessin considère qu’il n’aie pas le niveau pour le Standard, notamment l’ancien joueur du Bayern Munich Daniel Van Buyten. Le joueur lui-même admet qu’il le savait, « même si on ne le [lui] a jamais dit en face ».

santini standard

Et comme les performances du Standard, à l’image de celles de Santini, ne sont pas au niveau, l’entraîneur Muslin est prié de s’en aller début septembre, et est remplacé par Yannick Ferrera. Le Croate d’1m90, qui compte alors 2 buts et beaucoup de ratés, ne fait pas partie des plans du technicien (ou serait-ce une instruction de la direction ?) et est peu à peu envoyé végéter sur le banc, puis en tribune. Loin de faire des vagues, Ivan va s’armer de la patience qui l’a accompagné à travers toute l’Europe, de sa confiance en son talent et travailler ardemment pour régler la situation, sachant qu’il aura bien sa chance un jour et qu’il suffira de la saisir.

Il discute avec Ferrera, qui finira par lui faire confiance pour quelques bouts de matchs, puis en tant que titulaire. Dès lors, il tisse des liens avec l’ancien entraîneur de Saint-Trond, expliquant que le début de saison n’avait pas marché parce qu’ils ne se connaissaient pas, et qu’il lui faisait maintenant confiance. Alors qu’il était fortement annoncé sur le départ à la trêve hivernale, il reste et signe finalement 7 buts lors de la deuxième partie de la saison régulière.

La fin de celle-ci s’apparentera à une des meilleures périodes de sa carrière : début mars naît sa fille Iva, et 10 jours plus tard, il entre un peu plus dans le cœur des supporters liégeois. Lors de la finale de la Coupe de Belgique, face au Club Brugge, Santini va être le grand artisan de la victoire : offrant d’abord une passe décisive au Français Jean-Luc Dompé, il marque le but de la victoire à deux minute du coup de sifflet final, devançant de la tête la sortie de Ludovic Butelle.

Santini gagne son duel face à Ludovic Butelle et envoie le Standard au septième ciel.

Santini gagne son duel face à Ludovic Butelle et envoie le Standard au septième ciel.

Un profil qui manquait à Caen

De quoi en faire un héros local, d’autant qu’il finit la saison meilleur buteur du club toutes compétitions confondues avec 13 buts ? Pas pour la direction, qui gardera un avis très mitigé sur le Croate. Alors que Yannick Ferrera, loin de camper sur ses positions du début de saison, milite pour le conserver, et que le joueur annonce publiquement qu’il ne veut pas partir, les dirigeants négocient avec Crotone, promu italien, puis avec Caen, deux clubs prêts à se vider les poches pour le buteur.

Santini nage à nouveau en pleine incertitude, déclare à qui veut l’entendre qu’il désire honorer ses trois ans de contrat restants, mais sait que ses dirigeants n’hésiteront pas à le lâcher à la première offre convenable. Et quand l’accord entre le Standard et le Stade Malherbe est annoncé, Ivan décide tout simplement de ne pas se mettre en travers de la transaction et de se joindre aux ambitions du Stade Malherbe, qu’il dit connaître et suivre, et avec qui il espère même finir européen.

Pour résumer ce qui transparaît dans les interviews, il semblerait que Santini ne soit en tout cas pas mécontent de rejoindre le SMC, mais regrette que la direction liégeoise, dont il a critiqué la gestion, n’aie pas fait les efforts pour qu’il puisse continuer à jouer dans cet environnement où lui et sa famille se sentaient bien.

À Caen, Santini a signé un contrat de 3 ans.

À Caen, Santini a signé un contrat de 3 ans.

En Normandie, en plus de sa joie de vivre qui a déjà conquis Xavier Gravelaine et le vestiaire, Santini apportera de la variété dans un système offensif bien dépendant d’Andy Delort l’année passée. Mais si le profil de Santini permet de varier du 4-5-1 habituel de Patrice Garande, c’est avant tout parce que l’avant-centre est une énigme tactique. À Courtrai, il évoluait avec succès en faux numéro 9, avec Teddy Chevalier en vraie pointe, mais s’obstinait à répéter que son vrai poste se trouvait plus près du but et que ses statistiques seraient encore meilleures. À Liège, où il évoluait en pointe, il a longtemps été en échec parce qu’il se trouvait seul au front de l’attaque, expliquait qu’il était venu pour jouer en 4-3-3 et que ses performances s’amélioraient quand il n’était pas le seul attaquant sur le terrain. Pourtant, à l’examen de ses buts de la saison passée, il est impossible de dégager une tendance :

– Il inscrit 6 buts seul en pointe dans un 4-2-3-1, système le plus utilisé sur toute la saison.

– Il inscrit 4 buts dans un 4-3-3, système qu’il préconisait avant son arrivée et utilisé régulièrement.

– Il inscrit ses 3 buts restants dans des 4-4-2, système un peu plus rare mais pas inhabituel.

Rien qu’en visionnant ses deux premiers matchs en France, on peut voir toutes les qualités comme toutes les failles de Santini : lors d’un excellent premier match, il a su faire parler sa puissance, marquer grâce à son jeu de tête et ses qualités de renard des surfaces. Beaucoup plus isolé face à Lyon, il a montré qu’il était dépendant des centres et qu’il n’était pas ce genre de joueurs capables de faire la différence même en recevant peu de ballons.

Pour Baptiste Martin, qui a côtoyé le Santini version « faux 9 » : « C’est vrai qu’il a beaucoup joué avec un deuxième attaquant, maintenant on va voir comment il se débrouille seul en pointe ! Il en est capable. Avec son physique, il capte tous les ballons et avec sa technique il est capable de bien les redistribuer. »

S’il est impossible de savoir pour l’instant si Patrice Garande parviendra à obtenir le meilleur de sa recrue – ni comment il va le faire -, il serait surprenant que l’ex-standardman, arrivé et tout de suite loué par l’ensemble dirigeants,  ne s’adapte pas à son nouvel environnement, avec ses qualités humaines, ses atouts techniques et malgré le fait que, comme nous l’affirme Martin, il ne parle pas encore le français.

Ivan Santini pourrait très vite faire office de figure de proue de ces conquérants Normands qui ont affiché leur volonté de franchir des nouveaux caps. Et vu ce qu’il a traversé pour en arriver là, difficile de considérer que ce n’est pas mériter. Après s’être accroché si longtemps à son destin, cette occasion de progresser d’atteindre de nouveaux sommets pourrait bien être la bonne. Défenseurs de Ligue 1, faites vos prières.

santini célébration

Article rédigé et propos de Baptiste Martin recueillis par Jonito.

Stadito remercie Baptiste Martin pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Jonathan Tunik

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