Angers SCO : le mercato comme rampe de lancement

Angers SCO summerito

Olivier Pickeu, manager général et véritable flair d’Angers SCO, compose, saison après saison, un effectif mêlant à la fois esprit de compétition, de solidarité et de fraternité, valeurs chères au Président en poste depuis 2011, Saïd Chabane. Si le Sporting Club de l’Ouest mise sur sa stabilité, matérialisée par la construction d’un projet durable et réfléchi, celui-ci incarne, depuis sa montée décrochée à l’issue de la saison fraîchement écoulée, un nouveau modèle de réussite du sport angevin, jusque là monopolisé par les Ducs d’Angers, habitués des premiers rôles de la Ligue Magnus, l’élite du hockey sur glace français. Les projecteurs, braqués sur le football, mettent d’autant plus en lumière les hommes de Stéphane Moulin, le coach du SCO, depuis que ceux-ci s’apprêtent à entamer une deuxième saison consécutive en Ligue 1. Récit d’une ascension orchestrée de main de maître.

► RETOUR SUR UNE GLORIEUSE MONTÉE

22 mai 2015, trente-huitième journée de Ligue 2. À l’issue d’un exercice 2014-2015 survolé par Troyes, et maîtrisé par un Gazélec pragmatique, respectivement premier et deuxième, une ultime place permet à Angers, Nancy, ou encore Dijon, de se faufiler de dernière minute dans le wagon, terminus Ligue 1. Hasard du calendrier, Lorrains et Bourguignons s’affrontent. Tandis que les Nancéiens peuvent compter sur un faux-pas des Angevins face à des Nîmois déjà relégués et espérer s’imposer, les Dijonnais, possédant une différence de but très négative, se doivent de s’en remettre à une quelconque force céleste. Nancy marque, puis Angers.

Le sort est scellé : Angers SCO, 21 ans plus tard, fait son retour en première division du Championnat de France. Une accession qui ne doit rien à la chance. Si la Ligue 2, réputée pour son homogénéité, contraint parfois de grosses écuries du football français à s’enliser en son cœur, retardant des ambitions qui s’amincissent, Angers SCO a su, année après année, contourner ce piège caractéristique d’une compétition dénuée de chef de file. La malédiction du Club angevin, en ce 22 mai 2015, s’est vue se résorber : celle qui conduisait les joueurs d’Angers à s’écrouler lorsque l’épilogue de la saison pointait le bout de son nez a, semble-t-il, fait son temps, laissant enfin les Noirs & Blancs atteindre le sommet hexagonal. La régularité a fini par payer. Si 2007-2008, ou encore 2010-2011, ont révélé Angers comme un candidat sérieux à la montée finale, celle-ci s’est concrétisée au meilleur moment : projet sportif réévalué, budget stabilisé depuis les doutes évacués autour de l’ancien Président, Willy Bernard, Angers SCO s’est donné les moyens, tant sur le plan sportif que financier, d’aborder, si ce n’est sereinement, sans inquiétude majeure, cette saison inédite.

► L’OBJECTIF POUR LA SAISON 2016-2017

Dégager un objectif pour le SCO version 2016-2017 est assez aisé : le maintien. Ne serait-ce que pour demeurer dans la lignée modeste d’un Club encore en recherche d’ancrage dans l’élite, s’accrocher à la Ligue 1 apparaît comme le seul défi humble et réaliste à relever pour un groupe encore novice. Si l’exercice précédent, de par sa réussite aussi inattendue que totale, a amené des Angevins encore peu sous le feu des projecteurs à devenir de véritables objets d’analyses pour des médias avides de ce type de parcours, ceux-ci ont su conserver un état d’esprit basé sur l’humilité. Ainsi, c’est d’une seule et même voix que Président et coach abordent leur série Ligue 1, épisode 2 : ils se contenteraient d’une dix-septième place.

► LE COACH

Évoqué précédemment, Stéphane Moulin est l’entraîneur de cette équipe angevine. Arrivé en juillet 2011, il succède à Jean-Louis Garcia, récemment nommé à la tête de l’ESTAC. L’ancien coach de Châtelleraut a, à ce jour, dirigé 207 rencontres pour 84 victoires, 56 nuls et 67 défaites, soit 1,49 point de moyenne par match depuis les débuts de son épopée scoïste. Assez réservé face à une presse de plus en plus intéressée par son profil, Stéphane Moulin est tout sauf en recherche d’une quelconque reconnaissance. S’appuyant sur des qualités humaines fortes, comme l’ont souligné nombre de ses protégés, ce père de famille inspire le respect et la simplicité. Ses qualités, en plus de celles purement caractéristiques de sa profession si spécifique, ont poussé Saïd Chabane à prolonger son homme de confiance jusqu’en 2019.

S. MoulinStéphane Moulin, l’entraîneur du SCO d’Angers depuis 2011.

► L’EFFECTIF

Révolu le temps de l’euphorie d’un retour en Ligue 1 gagnant, concrétisé par une flatteuse neuvième place et de cinquante points ardemment récoltés, vient celui de la prise de recul et des éventuelles pistes de remédiation. Malgré une deuxième partie de saison sur courant alternatif, l’arrière-garde du SCO a épaté. C’est d’ailleurs pourquoi, à ce jour, aucun des quatre défenseurs angevins titulaires n’ont quitté les leurs, qu’il s’agisse de Yoann Andreu, Romain Thomas, Ismaël Traoré, ou encore Vincent Manceau. Le milieu de terrain, orchestré par El Maestro Thomas Mangani, aux côtés d’un récupérateur d’exception Romain Saïss et d’une des révélations de la saison Cheikh Ndoye, est, lui aussi, toujours Angevin. Enfin, l’attaque. Plus hésitante, elle a incarné le casse-tête de Stéphane Moulin. Doré, Ketkeophomphone, Sunu, Karanović, Yattara ou bien encore Sissoko, ont séduit irrégulièrement, donnant à Angers l’image d’une formation défensive. Si quelques satisfactions persistent malgré sa relative inefficacité, le front de l’attaque angevin connaît, en ce mercato estival, de nombreux changements.

ndoyeLe capitaine Cheikh Ndoye, une des révélations de la saison dernière avec Angers.

► MERCATO

Ainsi, Famara Diedhiou, meilleur buteur de Ligue 2 avec Clermont, Karl Toko-Ekambi, goleador de Sochaux, ou bien encore le Nigérian Dickson Nwakaeme venu de Malaisie, en passant par le jeune Castelroussin Yoane Wissa, interviewé par nos soins, ce n’est pas moins de 7 joueurs à vocation offensive, si l’on ajoute Flavien Tait (Châteauroux), Baptiste Santamaria (Tours) et Nicolas Pépé, de retour de prêt d’Orléans, qui ont rejoint les rangs d’un des clubs les plus actifs de l’été. Bien sûr, afin de pallier à d’éventuels départ du secteur défensif, Angers a anticipé les émulations autour de Romain Thomas en engageant Pablo Martinez (GFC Ajaccio) et Matéo Pavlović (Werder Brême II).

Possédant l’un des plus petits budgets de Ligue 1, Angers se devait de se séparer de joueurs en manque de temps de jeu afin de libérer de la masse salariale : c’est le cas de Karanović (prêt à Sochaux), Bouka-Moutou (Dijon), Sissoko et Angoula (Nîmes). S’ajoute à cette longue liste le départ de N’Gosso vers le néo-promu en Ligue 2 Amiens, ainsi que celui de Ludovic Ajorque vers Clermont. Enfin, Olivier Auriac et Charles Diers, emblèmes du Club et créateurs de cette devenue célèbre « Dalle Angevine », ainsi que Yohan Eudeline, ont pris leur retraite, sans oublier les retours de prêt de Mohamed Yattara, Younès Bnou-Marzouk et Saïd Benrahma.

9524260-15290942Famara Diedhiou, meilleur buteur de Ligue 2 la saison dernière avec Clermont, est désormais un joueur angevin.

Il est toujours difficile d’épater après avoir d’ores et déjà conquis, de surprendre après une saison plus que réussie. Là intervient le professionalisme du joueur : tantôt ami du supporter, premier bénéficiaire du douzième homme, celui-ci doit savoir lui faire comprendre lorsque ses attentes sont trop élevées. Sans le froisser, non, simplement en lui faisant comprendre qu’il ne peut éternellement s’émerveiller. Les mauvais moments s’apparenteront à un tremplin, pour rebondir de plus belle, et savourer mieux que jamais l’extase d’une deuxième saison consécutive dans l’élite pour le Sporting Club de l’Ouest.

Un commentaire

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *