FC Metz : Que l’ascenseur ne redescende plus

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Fondé en 1932, le FC Metz est un habitué de la Ligue 1. Après une promotion arrachée à la dernière journée au détriment du Havre, le club mosellan disputera cette année sa 59ème saison dans l’élite française. Néanmoins, le club présidé par Bernard Serin depuis 2009 connaît une certaine instabilité, particulièrement depuis les années 2000 avec plusieurs descentes et montées successives entre la première et deuxième division, d’où l’expression « faire l’ascenseur ». Les Grenats abordent donc cette nouvelle saison avec pour objectif principal de se maintenir en Ligue 1 avant de penser au long terme et notamment à retrouver une certaine stabilité en s’installant durablement en Ligue 1.

Des montées et descentes incessantes depuis plus de 10 ans

Le FC Metz a connu des résultats en dent de scie durant ces dernières années. Vice-champion de France en 1998 juste derrière le RC Lens (départagé à la seule différence de buts), le club entraîné à l’époque par Joël Muller terminait brillamment ce XXème siècle avec plusieurs trophées ramenés en terre lorraine. Malheureusement, la suite est moins glorieuse pour les Grenats. La descente aux enfers du FC Metz commence en 2002 lorsqu’il connaît sa première relégation en Ligue 2 après 35 saisons consécutives passées dans l’élite. Les Messins parviennent tout de même à remonter immédiatement la saison suivante mais replongent en seconde division en 2006. Les années se suivent et se ressemblent pour les Grenats durant cette période avec une nouvelle ascension en 2007 avant d’être à nouveau rétrogradé en Ligue 2 en 2008. Puis le club sombre encore un peu plus en terminant à la 18ème place de Ligue 2 en 2012, synonyme de descente en National. Le FC Metz semble alors toucher le fond mais parvient à se ressaisir rapidement en finissant 2ème de National et retrouve donc les pelouses de Ligue 2. L’équipe messine retrouve de l’allant durant la saison 2014-2015 et finit championne de Ligue 2. Maintenant vous devez surement connaître l’histoire, Metz ne parvient pas à se maintenir à l’étage supérieur et retombe de nouveau en deuxième division.

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Le FC Metz champion de Ligue 2 en 2014.

Une promotion arrachée à un but près

La saison 2015-2016 arrive et les dirigeants messins affichent clairement les objectifs dès la reprise : remonter en Ligue 1. La tâche ne semble pourtant pas simple pour les Grenats avec de nombreux départs dont plusieurs joueurs cadres (Bouna Sarr, Gaëtan Bussmann, Jérémy Choplin, Florent Malouda, Ahmed Kashi…). Les hommes de José Riga ne semblent cependant pas perturbés et entament parfaitement le championnat avec 5 victoires et 3 matchs nuls lors des 8 premières rencontres. Après deux premiers mois exceptionnels, les résultats deviennent plus irréguliers et Metz voit ses concurrents revenir dans la course à la montée. En fin décembre 2015, les Lorrains quittent le podium après s’être inclinés à 4 reprises sur 5 journées. José Riga se voit limogé et est remplacé dès le lendemain par un ancien joueur emblématique du club, Philippe Hinschberger. L’année 2016 débute donc avec un nouveau coach à la tête du FC Metz. Après des résultats alternants entre l’excellent et le décevant, les Grenats se retrouvent troisième à une journée de la fin avec trois points d’avance sur Le Havre et une différence de but nettement à l’avantage des Lorrains. Malgré une position très avantageuse, les Messins jouent à se faire peur en s’inclinant 1-0 sur la pelouse du RC Lens. Les regards sont alors tournés vers le Stade Océane où Le Havre joue sans relâche et s’impose 5-0 face à Bourg-en-Bresse. C’est finalement avec un gros ouf de soulagement que le FC Metz officialise sa montée en Ligue 1 grâce à une meilleure attaque que les concurrents havrais (54 contre 52). La remontée du club lorrain dans l’élite française s’est donc jouée à un but de différence.

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Malgré une défaite à Lens (1-0), les Grenats valident leur promotion en Ligue 1 grâce à une meilleure attaque que Le Havre, à égalité de points avec eux.

Philippe Hinschberger, novice en Ligue 1 mais déjà très apprécié des supporters

Peu connu du grand public, Philippe Hinschberger est parvenu à faire remonter le FC Metz dans l’élite française en six mois. Formé au club, il y fait toute sa carrière. En 15 ans, Hinschberger a disputé plus de 480 matchs avec le club mosellan et glané deux Coupes de France (1984 et 1988). Cette année sera une grande première pour lui puisqu’il va se retrouver sur un banc de Ligue 1, lui qui était habitué à ceux de Ligue 2 ou National.

©PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN ; SPORT - LIGUE 2 - CHAMPIONNAT DE FRANCE DE FOOTBALL 2015 - 2016 - 25EME JOURNEE - DERBY LORRAIN - AS NANCY LORRAINE - FOOTBALL CLUB DE METZ - ASNL vs FC METZ. Stade Marcel Picot, Tomblaine 5 février 2016. Philippe HINSCHBERGER, entraîneur de Metz. PHOTO Alexandre MARCHI. (MaxPPP TagID: maxsportsworldtwo355175.jpg) [Photo via MaxPPP]

Très actif sur le mercato, le FC Metz possède un groupe homogène

Plutôt habitué à recruter des joueurs étrangers, le FC Metz a changé de politique de recrutement cette année en se tournant vers l’hexagone. Les dirigeants messins ont affiché comme première intention d’attirer des joueurs expérimentés possédant déjà une bonne connaissance de la Ligue 1. Cela s’est traduit par l’arrivée au club du gaucher de 31 ans, Yann Jouffre, en provenance du FC Lorient. Le club lorrain a également attiré dans ses filets Renaud Cohade (Saint-Étienne) et Franck Signorino (Stade de Reims). En attaque, Metz est parvenu à empocher Mevlüt Erdinç (29 ans), actuel meilleur buteur en activité en Ligue 1 avec 86 buts au compteur depuis le départ du géant suèdois Zlatan Ibrahimovic. Enfin, les Grenats ont également été chercher des jeunes prometteurs en seconde division à l’image du défenseur central Simon Falette (24 ans), excellent avec le Stade Brestois la saison passée, mais aussi le Valenciennois Opa Nguette (22 ans) qui pourra apporter un peu de folie au jeu messin. Florent Mollet (24 ans) sera également sous les ordres de Philippe Hinschberger cette année après avoir inscrit 10 buts la saison dernière avec l’US Créteil-Lusitanos.

Toutes ces recrues viennent s’ajouter à un effectif déjà de qualité qui a su arracher cette montée en première division. Au poste de gardien, Thomas Didillon (20 ans) s’est imposé comme titulaire depuis le départ de Johann Carrasso au Stade de Reims l’hiver dernier. Au milieu de terrain, l’ancien lorientais Cheick Doukouré aspire à retrouver plus de temps de jeu, le joueur de 23 ans ayant été éloigné des terrains l’année dernière pendant plusieurs mois après une rupture du ligament croisé. Pendant cette absence de taille pour les Grenats, Georges Mandjeck s’est imposé comme un pilier et représente une valeur sûre avant d’aborder cette nouvelle saison. Devant, l’incertitude plane toujours autour du dossier N’Gbakoto qui ne cache pas son envie de quitter le FC Metz. Le joueur de 24 ans fut l’un des acteurs majeurs de la troisième place de son club, étant meilleur passeur de Ligue 2 avec 11 passes décisives, et son éventuel départ représenterait une très grosse perte pour le récent promu alors que la première journée approche à grand pas.

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Du côté des départs, le club mosellan a laissé filer son arrière droit Romain Métanire en Belgique (au KV Courtrai). Ferjani Sassi a également quitté la Lorraine pour la Tunisie et l’Espérance sportive de Tunis. Par ailleurs, trois joueurs sont partis suite à la fin de leur contrat : André Bernardes Santos (27 ans), José Luis Palomino (26 ans) et Sergueï Krivets (30 ans).

S’implanter durablement en Ligue 1

À l’aube de cette nouvelle saison, nombreux sont ceux qui voient le FC Metz redescendre à l’étage inférieur. Ses dernières années ne plaident pas pour sa cause et le club lorrain veut absolument mettre fin à ses multiples aller-retour entre la Ligue 1 et la Ligue 2. Les hommes de Philippe Hinschberger pourront tout de même compter sur leurs supporters, l’ambiance au stade Saint-Symphorien étant très souvent au rendez-vous avec des tribunes bien remplies. La prudence reste de mise à Metz où l’on veut rapidement se rassurer dès le début du championnat et essayant de s’écarter le plus possible de la zone de relégation, un peu à l’image du SCO d’Angers qui a parfaitement su entamer sa saison dans l’élite l’année dernière. Avec un mercato à première vue très bien géré avec un mélange d’expérience et de jeunesse, une ossature conservée et un coach qui connaît sur le bout des doigts le club, le FC Metz semble bien armer pour cette fois conserver sa place dans l’élite et pourquoi pas s’y installer durablement et pouvoir ainsi bloquer l’ascenseur qui commence à grincer.

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