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Stadito interroge Méline Gérard : doublure, D1 et Équipe de France

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Méline-Gérard

STADITO INTERROGE MÉLINE GÉRARD : DOUBLURE, D1 et ÉQUIPE DE FRANCE

Lancé dans le bain de la Division 1 il y a presque 9 ans au PSG, Méline Gérard a désormais derrière elle 4 ans dans les buts de Saint-Étienne et évolue dans le meilleur club français chez les femmes, l’Olympique Lyonnais, où elle est néanmoins derrière Sarah Bouhaddi dans la hiérarchie. Ses bonnes performances lui ont même permis de devenir une habituée de l’Équipe de France, avec qui elle rêve de Jeux Olympiques. Elle a accepté de se confier à Stadito, et raconte sincèrement sa fière carrière.

– Comment a débuté votre aventure avec le football ?

« J’ai commencé le football dans la cour de récréation. Je m’entendais davantage avec les garçons, donc nous jouions au football. Après la victoire de l’Équipe de France en 98, avec mes amis nous avons décidé d’en faire dans un club. C’est de là que tout a commencé. »

– Vous êtes passée par les deux plus gros clubs féminins français : le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais. Selon vous lequel, de ces deux clubs a eu la meilleure progression ?

« En effet, aujourd’hui le PSG et l’OL sont les deux plus gros clubs français. Lorsque j’étais au PSG nous n’étions pas professionnelles. Il n’y avait pas le cadre, ni les moyens qu’il y a aujourd’hui. C’est un club qui a investi depuis quelques années du côté des féminines et qui leur a donné une vraie dimension professionnelle. À Lyon, c’est maintenant depuis de nombreuses années que le président et le club ont créé un réel projet derrière les filles. Il y a un réel intérêt pour les féminines au sein de ce club. Ce qui est fait et mis en place pour nous est vraiment formidable. Nous évoluons dans dans conditions de haut niveau. »

Méline sous les couleurs de l'AS Montigny.

Méline sous les couleurs de l’AS Montigny.

– Cependant, vous n’êtes restée qu’une petite saison du côté du club de la capitale. En effet, vous êtes arrivée en 2007 de l’AS Montigny puis en 2008, vous faites le chemin inverse. Quelle est la raison de ce choix ?

« Lorsque je suis arrivée au PSG j’avais à peine 17 ans. Le niveau le plus haut dans lequel j’avais joué était alors la DHR. Je me suis trouvée propulsée en D1 beaucoup trop vite, et je me suis rendue compte que j’avais loupé certaines étapes. Je suis donc revenue à Montigny pour évoluer en D2 et me relancer. Cela a été une étape très importante pour moi. J’ai appris beaucoup de cette année difficile au PSG. »

– En 2010 vous rejoignez ensuite l’AS Saint-Étienne où vous resterez quatre saisons. Que retiendrez-vous de cette aventure ?

« À l’ASSE j’ai vécu 4 merveilleuses années ! Là-bas on m’a fait confiance comme personne auparavant, on m’a permis de jouer, d’évoluer et de progresser. J’ai tout connu avec la joie d’un titre, la déception de défaites, et d’échapper à une descente la dernière journée. Je n’ai que des bons souvenirs de mes années à Saint Étienne et je serai éternellement reconnaissante à ce club, et aux personnes qui ont fait partie de mon aventure durant ces 4 années. »

Les Verts lui ont permis de franchir un palier.

Les Verts lui ont permis de franchir un palier.

– Vous quittez donc le club des Verts en 2014 pour rejoindre … l’Olympique Lyonnais. Est-ce que ce transfert a été difficile à vivre ?

« Partir de l’ASSE a été très difficile pour moi. J’avais beaucoup d’attaches et beaucoup de souvenirs. Mais je voulais franchir un nouveau palier et l’Olympique Lyonnais était, pour moi, le tremplin nécessaire. J’ai pris un risque en partant il est vrai, mais j’avais de l’ambition. »

– Est-ce que la rivalité entre ces deux clubs est aussi forte dans le championnat féminin que dans le championnat masculin ?

« Entre les deux clubs il y aura toujours une rivalité, mais il est vrai que chez les filles elle est moins prononcées. »

– En 2008, vous participez à la Coupe du Monde avec l’Équipe de France des moins de 20 ans. Quel parcours avez-vous effectué avec l’équipe ?

« En 2008, j’ai en effet participé à la Coupe du Monde des -20 ans. Nous avons perdu en demi-finale contre la Corée du Nord, il me semble. Puis pour le match de la troisième place nous perdions contre l’Allemagne. J’avais joué les 3 derniers matchs de la compétition. À vrai dire, je n’en garde pas un bon souvenir. Pour moi, ça a été une compétition difficile. J’avais du mal à gérer mes émotions et mon stress lors des rencontres. Un événement qui m’aura profondément marqué et qui, je pense, m’a énormément servi pour la suite. »

– Puis à partir de septembre 2014, vous êtes convoquée avec l’Équipe de France A. Y pensiez-vous à ce moment là ?

« L’EDF a toujours été mon objectif. C’est ce qui a toujours guidé mes choix et mes efforts. C’était un rêve depuis le tout premier jour, mais à vrai dire je n’avais jamais voulu y croire vraiment. »

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– Vous connaissez votre première sélection le 4 mars 2015 face au Portugal. Comment avez-vous vécu ce match de l’intérieur ?

« Ma première sélection, waaaaaaaaahouuuuu quel moment magique. Je me souviens lorsque l’on m’a appris que j’allais jouer, j’étais comme une gamine à Noël, ébahie devant tous ses jouets. Je n’ai pas vraiment de mot pour expliquer cette sensation lorsque vous rentrez sur la pelouse avec ce maillot ! Le maillot de votre pays ! Lorsque la marseillaise a retenti je me suis efforcée de retenir toutes ces émotions qui se bousculaient en moi. J’étais si heureuse de pouvoir vivre ce moment. Quel bonheur de porter ce maillot. En plus nous avons gagné ce match, alors ce fut vraiment un moment inoubliable. »

– Puis vous êtes sélectionnée pour la Coupe du Monde 2015 avec l’Équipe de France A. Est-ce que cette compétition a été plus belle, pour vous, que celle évoquée précédemment, la Coupe du Monde des moins de 20 ans ?

« La Coupe du Monde au Canada, fut ma première compétition avec les A. Elle fut évidement plus belle que celle des – 20 ans. J’en garde, malgré tout, la déception du résultat. Un très bon souvenir ! »

– Votre club actuel de l’Olympique Lyonnais domine le football féminin depuis plusieurs années. Cependant, on voit que des clubs qui arrivent derrière. Pensez-vous que dans un futur proche, nous pourrions avoir un championnat féminin plus resserré ?

« On voit depuis quelques temps que des clubs masculins se rattachent à des club féminins. C’est le cas de Lille, Bordeaux ou encore Marseille. Ils investissent un peu dans les structures, alors je pense que d’ici quelques années le championnat de France sera encore d’un niveau supérieur si ces clubs la continuent leur évolution. »

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– Eugénie Le Sommer a dit, lors d’une interview accordée à Stadito, que le championnat féminin français n’est pas le meilleur championnat féminin puisqu’il y a par exemple le championnat américain devant. Qu’en pensez-vous ? Que manque-t-il à la D1 féminine ?

« C’est vrai qu’aujourd’hui, il y a trop d’écart entre certains clubs de D1 en France. Les championnats Américains ou encore Allemands sont, en effet, plus relevés parce que le niveau est plus homogène. Comme je l’ai dis au dessus, il faut que d’autres clubs professionnels masculins investissent dans leurs structures féminines, et leur donne les moyens d’être professionnelles. C’est ce qui permettra aux joueuses d’être plus performantes et de faire que le niveau soit plus relevé. »

– Quels sont vos objectifs personnels pour la suite de votre carrière ?

« Pour le moment, mon objectif prioritaire est de participer aux J.O de cet été à Rio. J’espère vraiment avoir la chance de vivre cette compétition. »

– En Équipe de France comme à l’Olympique Lyonnais, Sarah Bouhaddi est numéro un. Comment se passe la concurrence entre vous ? Pensez-vous pouvoir lui prendre sa place de titulaire dans les années à venir ?

« La concurrence avec Sarah est saine, je connais la hiérarchie et j’apprends énormément à ses côtés. Elle est une très bonne gardienne de but avec une grande expérience. Et, si un jour je devais être numéro 1, je n’en serai que plus honorée. »

Sarah Bouhaddi, gardienne numéro un, sous les couleurs de l'équipe de France.

Sarah Bouhaddi, gardienne numéro un, sous les couleurs de l’équipe de France.

– Le football féminin est de plus en plus médiatisé depuis quelques années maintenant. Comment vous, en tant qu’actrice, vivez cela ? Est-ce une pression supplémentaire qui s’ajoute ?

« Je trouve ça bien que le foot féminin soit davantage exposé, ça aide à son développement et notre travail est d’autant plus mis en avant. L’évolution est belle et grande mais j’espère qu’elle sera un jour immense. »

– Quelles évolutions faut-il encore pour améliorer le football féminin dans les différents domaines ?

« Je dirai plus de professionnalisme, d’avantage d’éducateurs diplômés, et encore plus de médiatisations. »

 

L’équipe Stadito remercie la joueuse, Méline Gérard, de s’être prêtée à l’exercice avec sa disponibilité et sa gentillesse.

Propos recueillis par Dardito.

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