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STADITO INTERROGE JEAN-MICHEL BADIANE : PARIS, SANTÉ ET SANS CLUB

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Jean-Michel-Badiane

STADITO INTERROGE JEAN-MICHEL BADIANE : PARIS, SANTÉ ET SANS CLUB

Après des débuts réussis avec le PSG, où il découvre la Ligue des Champions et l’Équipe de France Espoirs, le défenseur Jean-Michel Badiane décide de quitter ce club qui ne lui accorde pas assez de temps de jeu. Son départ à Sedan ne se passe pas comme prévu, il doit résilier son contrat et se retrouve sans club. Une situation qu’il connaît maintenant bien puisque, malgré un passage « bénévole » au Paris FC, il est toujours à la recherche d’une opportunité. Il s’est confié à Stadito et nous parle de sa carrière à la trajectoire atypique et malheureuse.

Team Stadito ► Vous avez été formé au Paris Saint-Germain. Quels souvenirs gardez-vous de cette formation ?

Jean-Michel Badiane ► « J’en garde un très bon souvenir, c’est une belle formation que j’ai bien vécu. Le fait d’avoir de bonnes relations avec les éducateurs et les personnes qui encadrent le club a aussi bien aidé. »

TS ► Alors que vous poursuivez votre formation, l’entraîneur du club, qui était Vahid Halilhodžić vous appelle régulièrement pour participer aux entraînements des professionnels. Comment viviez-vous ces moments ?

JMB ► « Je le vivais plutôt bien, c’est la suite des choses. J’avais déjà pu faire des entraînements avec le groupe professionnel lorsque Philippe Bergeroo et Luis Fernandez était à la tête de l’équipe. Ce qui était le plus important était que j’ai une bonne santé. »

TS ► Vous signez finalement votre premier contrat professionnel à l’âge de 21 ans. Attendiez-vous ce moment avec impatience ?

JMB ► « Non, je n’attendais pas ce moment avec impatience. C’est une étape, je faisais déjà régulièrement des entraînements avec le groupe. J’ai la chance d’avoir signé un contrat professionnel et en plus je m’entraîne avec l’équipe professionnelle. Cela n’est pas le cas pour tous les joueurs. Certains signent leur premier contrat mais reste d’entraîner avec la réserve, ce qui n’a pas été mon cas. »

TS ► Vous effectué vos début en Ligue 1 le 21 août 2004 face au FC Nantes. Le score final était de 2-1. Comment avez-vous vécu cette rencontre de l’intérieur ? Est-ce un rêve d’enfant qui se réalise ?

JMB ► « Mon premier match s’est effectué à Toulouse et non pas Nantes. Mais oui je l’est bien vécu et ça a été un réel plaisir. Je suis dans le club depuis mes 8-9 ans, je suis né à Paris, c’était génial, malgré le score défavorable (2-1). C’est une chance que j’ai eu, à cette époque on voyait rarement des jeunes formés au club faire leurs premiers pas dans son club formation. Cela faisait un peu de publicité pour le centre de formation en plus. »

TS ► Toujours lors de votre première saison au Paris Saint-Germain, vous disputez également un match de Ligue des Champions face au CSKA Moscou. Vous avez donc découvert plusieurs choses lors de votre première saison professionnelle. Qu’en retiendrez-vous ?

JMB ► « C’est un véritable rêve de jouer cette compétition. En plus, je l’ai joué avec mon club, le Paris Saint-Germain, ce qui est rare pour un jeune qui sort du centre de formation du club. Je suis un vrai parisien et ce n’est pas donné à tout le monde de disputer cette compétition. C’est la plus belle coupe et j’en suis reconnaissant envers Vahid Halilhodžić. »

TS ► Vous avez évolué avec des joueurs comme Ronaldinho, Nicolas Anelka ou encore Pauleta. Avaient-ils la grosse tête ? Quelle était votre relation avec ces joueurs ?

JMB ► « C’est des personnes qui sont simples dans la vie. Ils ont une vision simple et juste. Ils étaient conscients de leur qualité mais ne se prenait pas la tête. Ils m’ont beaucoup aider dans mon apprentissage et dans mon intégration plus généralement. Moi, on m’a dit que j’avais plus de chances d’avoir des problèmes avec des joueurs moyens plutôt qu’avec les bons joueurs. Donc une très bonne entente entre nous et ce n’est pas un hasard s’ils sont devenus ce qu’ils sont. »

TS ► Suite à de bonnes performances de votre part, vous intégrer l’équipe de France Espoirs. Comment avez-vous réagit suite à l’annonce de la liste dans laquelle vous apparaissez pour la première fois ?

JMB ► « Forcément j’étais content mais encore une fois ce qui comptait le plus pour moi, c’était d’être en bonne santé. C’est un nouveau cap de passé et je ne pensais pas l’atteindre aussi vite. »

TS ► Vous avez ainsi participé au Championnat d’Europe Espoirs 2006. Est-ce la plus belle compétition que vous ayez disputée de votre carrière ?

JMB ► « Oui, en sélection Espoirs, c’est la plus belle des coupes. Mais j’ai également disputé un match de Ligue des Champions et j’en ai passé d’autres sur le banc. Cette compétition reste quand même la plus belle. Mais je garde de très beaux souvenirs de ce Championnat d’Europe avec l’Équipe de France Espoirs, malgré la désillusion de l’élimination en demi-finale. Cela reste une belle aventure qui est venue récompenser deux, trois ans de labeurs. »

TS ► En manque de temps de jeu, vous demandez à partir. Vous atterrissez ainsi au CS Sedan où vous signez un contrat de trois saisons. Était-ce un choix mûrement réfléchit de votre part ?

JMB ► « Ce n’est pas moi qui demande à partir. C’est juste qu’au lieu d’être en concurrence avec deux joueurs, qui étaient Mario Yepes et David Rozehnal, j’allais être en concurrence avec un troisième joueur. Cela allait donc encore réduire mon temps de jeu et je voulais donc en retrouver ailleurs. Ce choix a été mûrement réfléchit. J’ai eu des contacts mais la destination se faisait attendre de façon concrète au fil des semaines de préparation. Finalement j’ai signé à Sedan dans la dernière semaine du mercato. »

TS ► Que vous a-t-il manqué pour vous imposé au Paris Saint-Germain ? Est-ce qu’un prêt d’une saison dans un autre club ne vous aurez pas aidé ?

JMB ► « Je ne sais pas, c’est difficile à dire. Je n’avais pas le temps de jeu que je voulais. La question du prêt revient souvent, mais je ne sais pas si c’était la bonne solution. Encore une fois, ce qui compte pour moi c’est d’être en bonne santé. Je voulais jouer et ainsi progresser, mais pour cela, il faut éviter les blessures. Après je n’ai pas de regrets quant à mon choix. J’ai tout donner pour ce club et j’ai été respecté. Je ne vis pas avec des regrets. »

TS ► Finalement, vous résiliez votre contrat avec le club ardennais en 2009. Quelles en sont les raisons ?

JMB ► « Certaines personnes du club ont manqué d’intégrité. Il y a eu cette rumeur qui était totalement fausse comme quoi j’étais en incapacité de pouvoir jouer au football et ainsi faire mon métier. De plus, il y a eu des défauts de paiement, je n’ai pas reçu de salaire durant plusieurs mois. J’ai ainsi du saisir la Ligue pour régulariser cette situation. Et c’est à ce moment là que j’apprends que j’ai été mis en arrêt de travail alors que je m’entraînais avec l’équipe. A partir de ce moment, je ne me suis plus senti bien dans ce club et dans ces conditions, il y a deux solutions : soit vous prenez la liberté de partir soit vous restez mais sans vous plaindre. Je n’avais plus confiance en ce club et les personnes du club et j’ai donc décidé de partir et de rentrer à Paris. »

TS ► Vous vous retrouvez ainsi sans club. Comment avez-vous vécu ce moment ?

JMB ► « C’est une situation très compliqué. Il n’y a plus d’entraînement même si j’ai pu en faire avec le Paris Saint-Germain qui a accepté. On se retrouve le week-end sans match à jouer. Mais il faut continuer à travailler au cas où un nouveau challenge se présente. Durant ces périodes, on apprend des choses. C’est une leçon de vie. Mais je ne vais pas me plaindre car dans le milieu du football, certains joueurs sont sans club et n’ont plus rien. C’est un métier génial dans lequel il y a des hauts et des bas comme dans la vie. »

TS ► C’est seulement deux ans plus tard que vous retrouvez un club qui est le Paris FC. Comment s’est passé ce retour dans la capitale ? Et comment jugez-vous votre passage dans ce club ?

JMB ► « Ce retour s’est bien passé. Je connaissais un peu l’entraîneur et certains joueurs avec qui j’étais au Paris Saint-Germain ou que j’ai déjà affronté. Cela a donc aidé à une très bonne intégration de ma part dans l’équipe. Je n’avais donc pas de problème. Le club n’avait pas les moyens de recruter et j’ai reçu une proposition. Lors de ma première année, je n’ai donc pas demandé de salaire pour aidé le club. Le passage s’est donc plutôt bien passé même s’il y a eu quelques couacs sur la fin. »

TS ► Vous accepté d’évoluer sous les couleurs de ce club gratuitement. C’est peu banal dans le monde du football. Pourquoi avoir fait ce choix ?

JMB ► « Je voulais que le club puisse comprendre ma démarche. Je ne jouais plus depuis deux ans et je voulais prouver que j’étais encore vivant, dans le milieu du football. J’ai donc était prêt à faire ce sacrifice. Certaines personnes disaient que je faisais cela parce que j’avais déjà gagner beaucoup d’argent avant, c’est faux. J’étais prêt à le faire avec n’importe quel club. Je trouve que c’est une formule très intéressante pour aujourd’hui, le fait d’être payé au match. Cela permet au club de ne pas prendre beaucoup de risque et c’est un bon compromis entre le club et le joueur. »

TS ► Actuellement, vous en êtes où ? Vous espérez encore rejouer au niveau professionnel ?

JMB ► « Je suis en forme au cas où une opportunité se présente à moi. Je suis débarrassé de mes petits soucis. Je travail pour car cela m’a toujours plu. En plus, je suis en train de voir pour passer des diplômes et pourquoi pas devenir entraîneur. »

TS ► Est-ce que le fait d’avoir joué un match de Ligue des Champions ça fait une carte de visite quand on cherche un club ?

JMB ► « Non, c’est un repère au même titre que le fait d’avoir joué au Paris Saint-Germain ou d’avoir été sélectionné en Équipe de France Espoirs. Cela montre un niveau et il le faut prouver aux clubs quand une opportunité arrive. Une carrière ne se joue pas sur un match de Ligue des Champions. »

TS ► Êtes-vous toujours un supporter du Paris Saint-Germain ? Le club a énormément changé depuis votre départ. Comment avez-vous vécu ce changement d’ère et comment jugez-vous l’équipe actuelle du Paris Saint-Germain ?

JMB ► « Oui, je suis supporter du Paris Saint-Germain, au même titre que toute ma famille. Je ne suis pas d’accord avec le fait que le club a énormément changé. Les gens oublient ce qui s’est passé avant. Il y a les mêmes ambitions que sous l’ère Canal. Il y a des joueurs de niveau équivalent entre ces deux époques. Le club comptait déjà les meilleurs joueurs du monde dans son effectif. Le projet est différent par rapport à l’époque où le club jouait le maintient. Mais il ne faut pas oublier qu’il a déjà remporté une Coupe d’Europe, a eu des Ballons d’Or dans son effectif et a disputé une demi-finale de Ligue des Champions. Donc le projet n’a pas vraiment changé par rapport aux années 1990-2000 du club. »

TS ► Pensez-vous que le Paris Saint-Germain a ses chances pour remportez la Ligue des Champions cette saison ou faut-il encore attendre quelques saisons ? Pourquoi ?

JMB ► « Plusieurs choses rentrent en compte. Certain clubs comme le Bayern Munich, le Real Madrid, ou le FC Barcelone ont une histoire plus importante. Mais plusieurs paramètres entrent en compte. Il y a la qualité de l’équipe, la chance lors des tirages au sort, le fait de ne pas compter trop de blessés lors des grandes échéances. Pour moi, il n’y a pas à attendre, la façon de jouer de l’équipe est cohérente, les joueurs répondent présents lors des matchs de Ligue des Champions. Maintenant, il faut attendre le tirage des quarts de finale et voir l’adversaire du club. Mais c’est bien d’avoir de l’ambition. »

TS ► Vous êtes assez proche de Jérémie Aliadière, non ? Comment avez-vous fait sa connaissance ? Êtes-vous resté en contact ?

JMB ► « Oui, c’est un grand pote. C’est un des rare amis que j’ai gardé dans le monde du football. On se connaît depuis douze ans et je connais sa famille. On s’est connu à l’INF Clairefontaine, on faisait chambre en commun. C’est comme un frère, je sais que je peux avoir confiance en lui et réciproquement. Il m’a apporté son soutient dans des moments difficiles. C’est un homme appréciable. »

L’équipe Stadito remercie Jean-Michel Badiane pour sa disponibilité et sa gentillesse.
Propos recueillis par Dardito.
Basile Brigandet
Fondateur de Stadito avec pour seul religion le football. Heureux dans un stade quelque il soit, je suis né à Troyes et idolâtre Benjamin Nivet depuis mon plus jeune âge.

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