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STADITO INTERROGE FOUAD CHAFIK : ISLAM, ÉTUDES ET MAROC

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Fouad-Chafik

STADITO INTERROGE FOUAD CHAFIK : ISLAM, ÉTUDES ET MAROC

International marocain, Fouad Chafik aurait bien pu ne jamais devenir professionnel. À 25 ans, il jouait avec les amateurs de Valence, promu en CFA, et faisait de longues études. Repéré par Istres, confirmé par Laval, le Franco-Marocain a accepté de répondre aux questions de Stadito et nous parle de sa vie de footballeur, de double-nationalité et de sa foi en Dieu.


Team Stadito : Vous signez votre premier contrat professionnel avec le FC Istres à l’âge de 25 ans. Attendiez-vous ce moment avec impatience ? Est-ce un rêve d’enfant qui s’est réalisé ?

Fouad Chafik : « Je me présente Chafik Fouad, 29 ans, latéral droit au Stade Lavallois en Ligue 2 et international marocain. J’ai effectivement signé mon premier contrat professionnel à l’âge de 25 ans, c’est un rêve d’enfant qui s’est réalisé auquel je ne m’attendais pas du tout. Je me suis donné les moyens pour y arriver et j’ai été récompensé de mes efforts. Je n’étais pas du tout impatient, au contraire j’ai été patient, je me disais que si cela arrivait tant mieux mais ce n’était pas une finalité en soi. »


TS : Vous faites alors une saison pleine, puisque vous prenez part à tous les matchs de Championnat, dès votre première saison professionnelle. Comment avez-vous vécu cette saison 2012-2013 ?

FC : « Exactement, lors de ma première saison avec le FC Istres, j’ai joué les 38 matchs de championnat, je n’avais raté que dix petites minutes, ce fut une superbe saison autant sur le plan individuel que collectif. Nous étions d’ailleurs à la trêve si mes souvenirs sont bons dans les 5 premiers du championnat avec le second plus petit budget de Ligue 2. Nous avions effectué une très bonne première partie de saison et une deuxième un peu plus difficile. Mais dans l’ensemble ce fut une saison pleine, au-delà de mes espérances. »

Fouad Chafik sous les couleur du FC Istres Ouest Provence lors de la saison 2012/2013.

Fouad Chafik sous les couleur du FC Istres Ouest Provence lors de la saison 2012/2013.


TS : Avez-vous été surpris que votre entraîneur, qui était alors José Pasqualetti, vous donne autant de temps de jeu ? Quelle était votre relation avec lui ?

FC : « C’est vrai qu’au départ, venant du niveau CFA, j’étais remplaçant lors des matchs amicaux, j’ai ensuite donné satisfaction au coach et il m’a fait confiance. J’ai essayé de lui rendre cette confiance au maximum sur le terrain. J’avais de bonnes relations avec lui, c’est un coach qui prône le beau jeu et j’ai complètement adhérer à son discours. »


TS : Après cette saison, vous avez eu des contacts avec le club de l’AS Saint-Etienne. Il y a même eu des discussions entre le club et votre agent. Est-ce que cela est une déception pour vous ? Un rêve qui s’envole ?

FC : « Il n’y avait rien de concret, mon agent de l’époque m’avait simplement dit qu’il discutait avec le club mais je n’en savais pas plus donc ce n’était pas une déception. »


TS : Vous restez donc dans le club du FC Istres, pour une deuxième saison consécutive. A l’issue de celle-ci le club est relégué en National. Quel souvenir garderez-vous de cette saison ?

FC : « J’avais pris part à 35 matchs sur 38, la saison fut difficile avec la rétrogradation, pas mal de changements au sein de l’effectif, nous avions un bon groupe et nous jouions bien au football mais nous encaissions trop de buts. Cette rétrogradation fut une déception sur le plan personnel et même un échec. »


TS : Vous rejoignez le Stade Lavallois la saison suivante. Quelle a été la raison de ce choix ? Aviez-vous d’autres propositions ?

FC : « Le Stade Lavallois m’avait contacté directement après la fin du championnat pour me présenter leur projet que je trouvais intéressant, le club était vraiment intéressé par mon profil. D’autres clubs s’étaient renseigné mais rien de concret. »

Le franco-marocain sous les couleur marocaine.

Le franco-marocain sous les couleur marocaine.


TS : C’est en 2015, alors que vous jouez sous les couleurs du Stade Lavallois que vous êtes appelé pour la première fois avec la sélection marocaine. Comment avez-vous réagit à l’annonce de la liste ? Y pensiez-vous régulièrement ?


FC : « J’ai été vraiment surpris et très heureux de figurer dans cette liste, c’était un sentiment indescriptible. C’est vrai que j’avais dans un coin de ma tête de pouvoir un jour porter les couleurs du Maroc. »


TS : Vous êtes franco-marocain. Ces derniers temps, plusieurs cas de binationaux se sont présentés en France. On pense notamment aux cas Nabil Fekir et Yassine Benzia. Personnellement, avez-vous hésité entre le Maroc et la France ? Pourquoi ?


FC : « Depuis tout petit avec mes amis, je me suis toujours dit que si un jour j’arrivais à devenir joueur professionnel et si j’avais à choisir entre la France et le Maroc, je choisirai le Maroc sans hésitation, mon choix était fait depuis tout petit déjà. »


TS : Vous jouez votre premier match sous les couleurs marocaines le 12 juin 2015 face à la Libye, pour un match comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2017. Que représente pour vous cette première sélection ?

FC : « Ce fut une véritable consécration, pour une première sélection, être titulaire et pouvoir jouer dans sa ville d’origine au Maroc à Agadir devant toute sa famille, que peut-on rêver de mieux ? »

Hervé Renard à la tête de du Maroc.

Hervé Renard à la tête de du Maroc.


TS : Hervé Renard a récemment été nommé sélectionneur du Maroc. Qu’en pensez-vous ? Est-ce que la sélection marocaine a pour ambition de remporter la CAN 2017 ?

FC : « C’est un bon coach, qui connait bien le football africain étant donné qu’il a gagné les 2 dernières éditions de la CAN avec 2 nations différentes. J’espère qu’il fera de belles choses avec la sélection. Quand on prend part à une compétition, si nous arrivons à nous qualifier pour les phases finales de la CAN, on a pour objectif d’aller au bout. »


TS : Avez-vous pour ambition de jouer, un jour, en Ligue 1 ? Si demain un club de Ligue 1 vous contacte, y allez-vous sans réfléchir ?

FC : « Je suis quelqu’un d’ambitieux, et j’ai pour objectif de pouvoir jouer un jour au plus haut niveau en Europe, que cela soit en Ligue 1 ou tout autre championnat. Oui, j’y réfléchirai avec mon entourage et mon agent pour prendre la meilleure décision. »

Fouad Chafik est devenu une valeur sûre dans le championnat de Ligue 2.

Fouad Chafik est devenu une valeur sûre dans le championnat de Ligue 2.


TS : Vous évoluez au poste de défenseur latéral. Quel regard portez-vous sur ce poste ?

FC : « Je suis milieu de couloir de formation, cela fait 5 ans maintenant que j’évolue à ce poste. Le poste a beaucoup évolué, les latéraux sont beaucoup plus sollicités et ne sont plus simplement cantonnés au travail défensif, même si cela représente 90% du travail d’un latéral. Ils doivent désormais apporter un plus offensivement, et la différence se fait de plus en plus sur les côtés avec les défenses ultras renforcées. »


TS : Avez-vous un modèle à ce poste ? Pourquoi ?

FC : « J’apprécie beaucoup Philipp Lahm du Bayern Munich à ce poste, c’est un joueur exemplaire sur le terrain et très discret en dehors. Je regarde aussi de près les performances de Daniel Alves ou Carvajal, c’est ce qui se fait de mieux au plus haut niveau. »

TS : Vous avez connu une belle ascension personnelle puisque vous passez du CFA2 avec l’AS Valence à la Ligue 2 avec le FC Istres à l’été 2012. Avez-vous eu des problèmes d’adaptation au monde professionnel ?

FC : « Vraiment aucun problème d’adaptation, que ce soit au niveau social ou sur le terrain, je me suis vraiment épanoui dès mes premiers pas dans le monde professionnel et j’ai été moi même surpris par cette adaptation aussi rapide. »

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TS : Pour vous, le chemin au football professionnel n’a donc pas été simple. Est-ce que vous avez eu des envies de lâcher le football à certains moments ? Que faut-il faire pour arriver là où vous êtes aujourd’hui ?

FC : « Je pratique le football depuis l’âge de 6 ans, le football c’est et ça reste pour moi un plaisir avant tout, je peux vivre de ma passion, donc je profite un maximum de ces moments qui sont, je le sais éphémères. Je n’ai jamais pensé à lâcher le football et tant que je pourrais encore jouer, je le ferai à n’importe quel niveau. Il faut faire beaucoup de sacrifices, avec du respect, du sérieux, de la patience et de l’abnégation, on arrive en général à ses fins. »

TS : Qu’est-ce qui a fait votre soudaine progression ? Un déclic, de la persévérance ou des coïncidences ?

FC : « Je suis quelqu’un de croyant, avec de la persévérance et l’aide de Dieu, j’en suis arrivé là aujourd’hui. »


TS : Finalement, moins de trois ans après votre arrivée dans le monde professionnel, vous avez encore le plus beau de votre carrière devant vous. Vous fixez-vous des objectifs, ou attendez-vous de voir ce que l’avenir vous réservera ?


FC : « Je ne me fixe pas d’objectifs, je me donne à fond sur le terrain et me concentre sur mes performances et j’espère que Dieu me réservera un bon avenir. »


TS : Vous avez fait de longues études plutôt que de vous consacrer pleinement au football. Un choix par sécurité ? Vous n’aviez pas confiance en votre football ?


FC : « Je suis titulaire d’un master en économie du sport et du tourisme, j’ai privilégié mes études, puisque au départ mes parents m’ont poussé à suivre mes études, car je savais que si je devenais un jour professionnel que cela n’allait pas durer longtemps. Une carrière de footballeur est très courte et il faut penser à la reconversion et en plus la carrière peut s’arrêter n’importe quand suite à une blessure grave ou pour d’autres choses. J’avais dans un coin de ma tête de pouvoir devenir footballeur professionnel mais j’étais aussi très lucide et conscient que je pouvais aussi ne pas le devenir et j’ai donc assuré mes arrières avec ce bagage scolaire. »

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TS : Vous pratiquez l’Islam de manière rigoureuse non ? Ce n’est jamais un obstacle dans le monde du football ? Ou c’est une force ?

FC : « J’essaye de pratiquer l’Islam tel qu’il est prescrit dans le Coran et de suivre la sunnah du prophète c’est à dire les pratiques du prophète. Ce n’est pas du tout un obstacle, le football professionnel me permet de pratiquer ma religion en toute sérénité et discrétion. C’est une vraie force pour moi et la religion me permet de relativiser les évènements de la vie aussi bien au niveau du football qu’au niveau personnel. »

 

L’équipe Stadito remercie Fouad Chafik pour sa disponibilité et sa gentillesse.
Propos recueillis par Dardito.

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