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ANDY DELORT, L’OISEAU MIGRATEUR VA-T-IL FAIRE SON NID ?

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ANDY DELORT, L’OISEAU MIGRATEUR VA-T-IL FAIRE SON NID ?

Andy Delort n’a que 24 ans, mais a déjà vécu pas moins de 9 changements de clubs depuis son départ d’Ajaccio pour signer à Nîmes en 2009. La progression du natif de Sète est très atypique, ressemblant plus à un long cycle des saisons qu’à une vraie progression. Dans le monde d’Andy Delort, c’est actuellement le printemps : tout est en train de renaître après les temps pluvieux de son départ en Angleterre.
Stadito vous retrace le long voyage, pas encore achevé, de cet oiseau migrateur qui voudrait bien mettre un terme à son cycle des saisons.

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► SA FICHE

Nom : Delort
Prénom : Andy
Club : SM Caen
Date de naissance : 9 octobre 1991
Lieu de naissance : Sète (Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénnées)
Nationalité : Française
Séléction : France U20 (1 sélection) / Équipe de France de Beach Soccer (Campagne de qualification pour la Coupe du Monde, il inscrit 5 buts)
Poste : Attaquant de pointe
Numéro : 9

► SA JEUNESSE

Natif de Sète, dans l’Hérault, Andy y effectue ses premières migrations : évoluant au FC Sète de la catégorie Débutants aux U16 Nationaux, mais joue deux saisons avec le rival du Pointe-Courte Sète, à 8 ans et à 11 ans. Son enfance, sous le soleil du Sud, est ainsi presque moins marquée par l’amour de son club que par l’amour qu’il porte à l’OM, et plus précisément à sa star Jean-Pierre Papin. « Quand j’étais petit, mon père me mettait des cassettes vidéo de ses buts, je les regardais en boucle, raconte-t-il à 20 minutes. Encore maintenant, je regarde ses actions sur Youtube ». Pas étonnant, donc, que son principal atout soit cette frappe qui est maintenant devenue une référence du football français. Il y est donc entraîné par son père indirectement, via les cassettes, mais aussi directement : « J’ai toujours beaucoup tenté dans les matchs, mon père m’y a toujours poussé. Il me disait « mais tente, tu verras ! », d’autant plus que cette atout est renforcé par une qualité physique bien utile : il possède de gros et puissants mollets. C’est de famille, nous dit-il : « Les mollets, c’est génétique chez nous. Mon père a les mêmes, et mon fils de deux ans, je peux vous dire que ça commence déjà à se voir. Il va avoir de beaux mollets aussi ! ».

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Une photo publiée par Andy Delort (@andydelort9) le


A l’époque, Delort côtoyait à Sète plusieurs joueurs aujourd’hui connus du football français, tels qu’Adrien Regattin de Toulouse et Florian Lejeune de Gérone en deuxième division espagnole. Il est notamment entraîné par André Oliva, qui prendra plus tard la tête de l’équipe première.

« Il ne manquait jamais un entraînement, pas plus qu’il n’arrivait en retard » assure-t-il au sujet du jeune attaquant qui lui mettait « 90 buts par saison ».

« Ce n’est pas un fainéant, il est persévérant. Sa force, c’est son enchaînement contrôle – frappe, ses mouvements devant le but » développe-t-il. Le secret de ces enchaînements se cache peut-être dans les entraînements du joueur : « A l’entraînement, la plupart des attaquants font des séances de volées ou de reprises devant le but, tranquille, sans opposition, souligne-t-il. Moi je ne fais pas ça, parce que ce n’est pas la réalité du match. J’essaie toujours de me mettre en situation, par exemple qu’on me la mette forte et pas forcément bien dans la course ou avec des joueurs devant moi. Pour se rapprocher de la réalité, quoi. Ce sont plein de petits exercices comme ça qui me font progresser je crois. »
Mais le football ne se limite pas au club pour le jeune Andy, qui va aussi tâter le ballon dans la rue et sur la plage. Le début d’une courte mais enrichissante parenthèse de Beach Soccer : « Dans ma région de Sète, on y joue beaucoup. J’en fais depuis petit, et pendant l’été 2009 j’avais fait un tournoi où j’avais terminé meilleur buteur. Laurent Castro, qui fait partie du staff de l’équipe de France, était là. Il est venu me voir et m’a demandé si ça m’intéressait de venir pour disputer les qualifications au Mondial. J’ai dit oui ! ». Alors que le jeune Sètois cherche une direction à donner à sa carrière, il participe donc à cette campagne sous les ordres du grand Eric Cantona. « Jouer avec Cantona, c’était énorme. Ça a duré juste le temps de ce tournoi, le staff savait que c’était pour m’entretenir et que j’aspirais à une carrière à onze ». Malgré ses 5 buts, son profil n’est pas celui du joueur de Beach Soccer classique : « Je joue au Beach soccer comme je joue sur une pelouse, je pousse le ballon j’accélère et je frappe. Le jeu en l’air, tout en technique, très peu pour moi » rigole-t-il.

L'équipe de beach Soccer mené par le mythique Eric Cantona.

L’équipe de beach Soccer mené par le mythique Eric Cantona.

Même si le jeune fan de l’OM manque pendant longtemps de sérieux en dehors du terrain, sa rigueur à l’entraînement et son père qui le soutient lui permettent de développer des qualités de buteur prometteuses, et il rejoint à l’été 2008 l’AC Ajaccio, en Corse. C’est justement la mentalité locale qui l’attire et l’entraîne à migrer encore plus au sud : « Quand j’étais au FC Sète, à l’âge de 13 ou 14 ans, j’avais participé à un tournoi à Bastelicaccia. Les gens m’avaient paru accueillants, honnêtes, francs. Ici, quand on vous aime, on vous le fait savoir. Et quand on ne vous aime pas, on vous le fait savoir aussi. Plus tard, David Faderne m’a vu jouer contre le GFCOA à Mezzavia. On a pris contact et je suis venu à l’ACA à l’été 2008 pour faire un essai ».

“Le Borussia me propose un contrat stagiaire-pro. À 17 ans, c’était énorme. Mais finalement je refuse…”

Le printemps doux où Andy s’est vu fleurir est fini, il est venu le temps de l’été pour se faire une place au soleil. Andy Delort joue avec les U18 Nationaux à Ajaccio, et réussit une saison XXL : « Là-bas, je joue en 18 ans Nationaux et j’inscris 31 buts. Ajouté à cela quatre buts en quatre matchs de CFA 2 et cinq buts en Gambardella ». Et un intérêt logiquement éveillé autour de l’Europe, notamment puisque le club ajaccien ne veut pas le garder en raison d’un conflit. Plusieurs clubs tentent de convaincre le Héraultais de venir faire son nid chez eux, notamment le Borussia Dortmund, où il part faire des essais.
Il raconte cette expérience incroyable à SharkFoot : « Au début, j’effectue un premier essai avec les 19 ans du Borussia, tout se passe bien. Le club me rappelle ensuite pour faire un essai avec la réserve. J’ai notamment joué avec Mario Götze et Shinji Kagawa. Götze jouait juste derrière moi, il était déjà extraordinaire. Je m’entendais bien avec lui, je sentais qu’il y avait quelque chose à faire. D’ailleurs j’ai joué deux matchs amicaux avec la réserve et j’inscris deux doublés. Le Borussia me propose un contrat stagiaire-pro. À 17 ans, c’était énorme. Mais finalement je refuse… ».

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Andy sous les couleurs du Borussia Dortmund auquel il renoncera par sagesse.

Décision surprenante, mais première preuve de maturité d’un joueur qui en a jusque-là manqué, et en quelque sorte une déclaration de foi à celui « sans qui il n’aurait jamais réussi », qui « a toujours été présent, l’a toujours recadré », son père. Il se justifie : « Mon entraineur à Ajaccio, Didier Lelong, m’a dit un jour : « un joueur qui brûle les étapes, se brûle les ailes ». Je n’ai pas signé au Borussia parce que je n’étais pas prêt. Non pas au niveau footballistique mais au niveau de la vie en tant que telle. Je ne parlais pas la langue, j’allais être seul. À 17 ans, je ne me sentais pas capable de vivre cette expérience. J’ai fait le choix de la sagesse, et je ne regrette pas. Puis cette proposition m’a permis de prouver à mon père que j’avais le niveau. Quand Dortmund m’a proposé le contrat, j’en ai rigolé, mon père était fier. C’est lui qui m’a élevé, c’est la clé de ma réussite. Il est ambitieux et il croit énormément en moi. Il n’hésite pas à me remettre en place. Quand à Nîmes, je marque un doublé pour mon premier match, il me dit, « Andy tu aurais pu mettre le triplé… » ».

► SA CARRIERE PROFESSIONNELLE

Effectivement, se trouvant trop jeune pour s’envoler jusqu’à l’Allemagne, il rejoint le Nîmes Olympique après un été marqué par un essai avec la réserve des Girondins de Bordeaux et les qualifications de Beach Soccer. Le bel été s’éteint peu à peu pour Andy, qui reconnaît avoir malgré tout fait une erreur de manque de maturité : celle d’avoir espéré s’imposer dans un groupe professionnel avant même ses 18 ans. Il joue son premier match le 25 août contre Troyes en Coupe de la Ligue, puis son premier match de Ligue 2 face à Metz le 30.

« Si Sète est le club de ma ville, l’ACA est mon club de cœur. »

Il ne refait plus que deux apparitions, en décembre face à Strasbourg et en janvier face à Vannes, mais n’honore aucune titularisation avec l’équipe première.

Sous les couleurs de son club de coeur : l'AC Ajaccio.

Sous les couleurs de son club de coeur : l’AC Ajaccio.

Il tire néanmoins un bilan constructif de ce premier « bas », ce premier hiver de sa carrière, où les occasions de sortir sont rares et celles de s’exposer au soleil encore plus : « J’ai beaucoup joué en CFA 2 et même en 18 ans parfois. Dans ces deux catégories, j’ai inscris près de 20 buts sur la saison. Il faut aussi souligner qu’en Ligue 2, il y avait des attaquants comme Mandrichi et Ayité, qui marquaient très souvent. Le coach avait son équipe et n’avait pas de raisons de changer. Mais cette saison m’a permis de murir car je m’entrainais quand même avec le groupe pro, se réjouit-il, puisqu’il admet que « Le coach lui faisait confiance mais, à la différence d’aujourd’hui, il n’était pas sérieux en dehors du terrain ». Au cœur de cet été, il doit aussi gérer une nouveauté, celle d’avoir de l’argent à disposition, et ne passe pas loin d’une insolation : « Du jour au lendemain, j’ai gagné beaucoup d’argent. Moi, je viens d’un quartier… Je suis passé de rien à tout, de la Citroën AX au Porsche Cayenne… » Le garçon remercie son père, qui l’a ramené à la raison lorsqu’il se perdait : « Maintenant que cela marche pour moi, il est un peu plus dans l’ombre. Mais sans lui je n’aurais jamais réussi. Il a toujours été présent, m’a toujours recadré. »
Il apprend alors que l’AC Ajaccio est prêt à le récupérer, notamment son coach Olivier Pantaloni, qui deviendra le « deuxième père » d’Andy.

Nouvelle migration :

« Quand j’ai su que j’avais la possibilité de revenir à Ajaccio, je ne me suis pas fait prier » affirme-t-il au site Rossubiancu.com, et analyse : « Je me sens mieux ici qu’à Nîmes. Dans le club, il y a une très bonne ambiance. Avec Olivier Pantaloni ça se passe bien. Il est très présent, c’est quelqu’un de rassurant, il est un peu comme un père pour nous. A l’ACA, on se sent en famille ». Il déclare même son amour au club corse : « Si Sète est le club de ma ville, l’ACA est mon club de cœur. Si je suis professionnel, c’est grâce à eux ».

A gauche au côté du célèbre Adrian Mutu à l'ACA puis au duel avec Clément Chantôme (PSG).

A gauche au côté du célèbre Adrian Mutu à l’ACA puis au duel avec Clément Chantôme (PSG).

Dès le premier match de la saison, fin janvier, il entre en jeu en Coupe de la Ligue face à Istres, puis pour la première journée de Ligue 2 face à ses anciens coéquipiers de Nîmes. En Ligue 2, il vit sa première titularisation le 13 août contre Le Havre, puis, lorsque les Corses les retrouvent en Coupe de la Ligue en septembre, il inscrit son premier but professionnel à la 32ème minute, et son deuxième à la 65ème ! Il signe sa première passe décisive en L2 à Sedan le 15 novembre, 3 jours après un doublé en Coupe de France, entrant en jeu alors que l’équipe perdait 4-0, puis offre un mois plus tard la victoire à l’ACA en entrant en jeu face à Angers et en inscrivant le but de la victoire à la 90ème (1-0). Titularisé à Istres, il signe un but et une passe décisive (2-2), puis une nouvelle passe décisive 3 minutes après son entrée en jeu face au Havre (2-1) et enfin un but contre Troyes (3-0). Cette série, avec 3 buts et 2 passes décisives en 5 matchs, au milieu d’une saison pas exceptionnelle mais très prometteuse, ressemble à quelques jours chauds au milieu d’un nouveau printemps pour Delort, qui profite du climat propice de l’AC Ajaccio, où Olivier Pantaloni l’utilise avec plaisir et ingéniosité, le mettant dans les meilleures circonstances possibles lorsqu’il entre sur le terrain. Cette série laisse espérer un été chaud en approche, et le club le voit bien, puisque son contrat amateur est troqué pour un contrat professionnel de 3 ans et demi en janvier 2011. « Pour moi, c’est une récompense, c’est quelque chose que j’attendais forcément beaucoup, explique-t-il. J’avais été clair avec mon agent et avec père : ma priorité était de rester ici. J’avais donné ma parole au président qui m’avait tendu la main l’été dernier. Le coach m’a aussi fait confiance et je n’aime pas trahir les gens ».

« J’ai tout donné pour me rattraper de cette bévue »

Au milieu de cette belle saison éclate soudain une tempête : le 11 mars 2011, lors d’un match à la Beaujoire, après l’ouverture du score de Papy Djilobodji se déclenche une bagarre générale, et Delort, alors remplaçant, vient défendre ses coéquipiers. « J’avais mis un crochet à Rodelin. Une manchette à Djilobodji, se souvient-il, coupable. Mon ami Johan Cavalli était malmené par des Nantais et au lieu de les séparer, je suis rentré dedans. Cette erreur aurait pu nous coûter très cher car on était juste au niveau de l’effectif. Quand je suis revenu, j’ai tout donné pour me rattraper de cette bévue ». Son retour se fera quelques mois plus tard, puisqu’il reçoit une suspension de 4 matchs. Olivier Pantaloni, comme toujours est là pour le recadrer : « Il a mis du temps à prendre conscience de ses énormes qualités, à comprendre qu’il fallait être sérieux pour réussir. Il manquait de maturité et s’est un peu perdu ». L’intéressé confirme, mais retient surtout une belle saison sur le plan du vécu et de la progression sportive : « Olivier Pantaloni m’utilisait comme joker car sur mes 23 matchs joués, je n’ai été que cinq fois titulaires. Mais ça ne me dérangeait pas. Devant moi, il y avait Richard Socrier et Jean-François Rivière, qui ont chacun fini avec 12 buts au compteur. Moi je savais pertinemment quel était mon rôle, et j’essayais de faire le maximum pour le remplir. J’ai une excellente relation avec le coach, qui m’a beaucoup fait progresser. Ainsi j’ai réussi à diversifier mon jeu, puisque j’ai terminé la saison avec quatre passes décisives à mon actif ».

Olivier Pantaloni, l'homme providentiel de la carrière du jeune sétois.

Olivier Pantaloni, l’homme providentiel de la carrière du jeune sétois.

Mais sa saison ne se résume pas à ça : l’ACA est en effet promu en Ligue 1 lors de la dernière journée, grâce à une victoire face à… Nîmes ! « C’était quelque chose d’assez exceptionnel, s’enthousiasme Delort. Mais je retiens avant tout l’aventure humaine que l’on a vécu. Puis malgré mon jeune âge, j’étais vraiment impliqué dans ce groupe-là. Je me rappelle en début de saison, tout le monde nous voyait jouer le maintien. Le président n’avait pas fixé d’objectif précis. Surtout que l’on avait un effectif et un budget assez limités. À la mi-saison, nous sommes à seulement quatre points du podium et là on se regarde les yeux dans les yeux, et on se dit : la montée c’est possible ! On avait confiance en nous, on se devait d’être ambitieux. Avouer nos objectifs, ce n’est pas de la frime, mais de l’ambition ».

Une situation curieusement comparable à celle que vit actuellement le SM Caen…

Durant la fin de cette saison, il vit sa première et unique sélection avec l’équipe de France U20, et vit un été relativement tranquille, ratant la participation au tournoi de Toulon en raison d’une légère blessure. Du point de vue de sa progression, les sommets de la fin de saison feront office d’été suivant sa prometteuse saison printanière, puisque la reprise fait plus figure d’automne. Olivier Pantaloni croit toujours en son « petit taureau » qui fonce en attaque quand il entre en jeu, mais explique pourquoi il ne pouvait pas en faire un titulaire en Ligue 1 : « L’année de la montée à Ajaccio, il avait fait une très belle saison. Après, il ne s’est pas comporté comme un athlète de haut niveau. Du coup, en Corse, il a été mis un peu de côté ». Andy Delort semble comprendre puisqu’il dit que « c’est allé un peu vite. L’année de la montée, en cinq mois, on s’est mis à parler de moi partout. J’ai eu du mal à gérer tout ça ». Il semble tout de même apprécier le fait de jouer en Ligue 1, malgré un temps de jeu réduit : « Du fait de ma bonne saison l’an passé, je me sentais en confiance et donc prêt à jouer dans l’élite du football français. Surtout que je gardais la confiance d’Olivier Pantaloni. Durant ces six premiers mois, j’ai donc énormément appris. Le fait d’être sur le banc à Gerland pour la deuxième journée était quelque chose d’énorme pour moi. Je me souviens que quand j’étais plus jeune, mon père m’avait emmené voir OL-Inter Milan. Quand j’étais sur le banc, j’ai longuement fixé la tribune dans laquelle j’étais et je me suis dit, maintenant c’est toi qui y es ».
Mais alors qu’il joue 7 matchs de Ligue 1 dont 2 titularisations au premier tour, Ajaccio recrute un attaquant, Eduardo, ce qui pousse Delort vers la sortie. L’intéressé s’en ira malgré tous les efforts de son mentor : « Il m’a toujours soutenu. Il me parlait beaucoup. C’est vraiment quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’estime. Il m’a également maintenu sa confiance à de très nombreuses reprises et c’est la raison pour laquelle il ne souhaitait pas que je quitte le club cet hiver ». Mais il entreprend une nouvelle migration, à destination de Metz, toujours à la recherche du soleil. Mauvaise destination, Metz joue le maintien en Ligue 2, et habitué au climat sain d’Ajaccio, Delort suffoque dans un club qui lui laisse pourtant la chance de jouer 13 matchs de Ligue 2. « Il y avait un problème là-bas, explique-t-il en 2014. Mais au final, ça leur a servi puisqu’ils sont presque en L1 aujourd’hui ».
Retour à la maison, où tout ne va pas mieux. L’hiver est long pour Delort, très long. Olivier Pantaloni a dû céder sa place à Alex Dupont, et Andy ne parvient pas à jouer plus de 16 matchs de Ligue 1, pour une seule titularisation, lors de la dernière journée…
Nouvelle migration, pour rejoindre celui qui, dans le football français, croit le plus en lui. Pantaloni est alors à Tours, et y attire notre « Petit Papin » qui va enfin pouvoir s’exposer pleinement au soleil médiatique.

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« J’avais des offres plus intéressantes financièrement, notamment à l’étranger, dévoile Delort. Mais la présence du coach m’a fait prendre cette décision. J’avais confiance en lui. Cette confiance, j’en ai besoin, comme tout attaquant. Lui avait confiance en moi. Et moi, j’ai aussi besoin d’être aimé… » Le printemps est court, Delort est presque immédiatement propulsé comme une référence à son poste en Ligue 2. « Le Taureau », « Petit Papin » reçoit un nouveau surnom : le Carlos Tevez de la Ligue 2. Pour lui, pas de temps d’adaptation. Il passe de sa situation en échec à Ajaccio à une place de titulaire dès le premier match de la saison et signe sa première passe décisive, contre Clermont, avant de marquer contre Niort la journée suivante. Pas de temps d’adaptation, Delort passe de l’hiver à l’été. Ces deux gestes décisifs sont les premiers d’une longue série qui durera toute la saison : le 16 mai 2014, contre Clermont, il inscrit les 22ème, 23ème et 24ème buts, finissant co-meilleur buteur de Ligue 2 avec son ancien coéquipier à Metz, Mathieu Duhamel. ob_13b624_ob-59ddf6-7

Une véritable performance, d’autant plus qu’en 36 matchs de championnat, il signe également 8 passes décisives. Pendant cette année, il gagne grandement en maturité, pour le plus grand plaisir de Pantaloni. La raison ? Il a peut-être une part d’explication : « Cela m’a fait du bien. J’ai gagné deux ans. Il y a eu d’autres galères aussi, qui m’ont rendu plus mature. Je sors moins. Je sais pourquoi je travaille, et je vois que cela paye ». Andy fait référence à la naissance de son fils, Santy, en plus des « autres galères » qui lui ont valu de se tatouer une larme au coin de l’œil pour se rappeler « des hauts et des bas de la vie ».

Pour Jean-Luc Ettori, président tourangeau, les performances de Delort une aubaine pour sauver le club en difficulté financière. Delort ne sera donc pas vendu à moins de 4 millions. Un obstacle pour le jeune homme qui voit les clubs de l’élite française désintéressés à l’évocation de cette somme. Seule sortie possible : l’Angleterre. Pas la grande Premier League, où le jeune Andy rêvait d’évoluer, mais le Championship, la deuxième division, où Charlton et Wigan sont intéressés.

Arrivé en Angleterre, Andy ne réussira pas à exprimer l'intégralité de son talent sous les couleurs de Wigan.

Arrivé en Angleterre, Andy ne réussira pas à exprimer l’intégralité de son talent sous les couleurs de Wigan.

Le dernier jour du mercato, Delort rejoint Wigan. Très peu par ambition, un peu par dévouement et surtout qu’il n’avait plus le choix. La « trajectoire à la Giroud » devient vite une utopie. D’autant plus que Wigan, qui visait la promotion, se retrouve à jouer le maintien. De son côté, après 3 titularisations depuis son arrivée, Delort se voit relégué au banc, entrant en jeu jusqu’à la 12ème journée, puis disparaissant de la feuille de match. Le départ de l’entraîneur Uwe Rosler qui le souhaitait et l’instauration de Malky Mackay n’arrange pas les affaires de Delort, qui ne joue que 47 minutes entre le 18 octobre et le 31 janvier.
Au mercato hivernal, Delort souhaite quitter les Latics et a l’accord de son club, mais un détail le prive de sa liberté. Deux matchs joués à Tours pendant l’été et la règle de l’UEFA rendue célèbre dans l’affaire Ben Arfa qui empêche les joueurs de jouer pour trois club en une saison contribuent à couper ses ailes et le priver de sa liberté. Alors la délivrance vient dans les derniers moments du mercato : Andy retourne à Tours, en prêt. L’accord est conclu à 23h58 lors du dernier jour du mercato. Une expérience marquante pour le joueur, qui raconte : « J’ai signé un papier comme quoi j’acceptais de baisser mon salaire avec Wigan, puis pendant mon trajet en avion, les deux clubs ont continué à discuter, discuter… C’était vraiment stressant, c’était Money Drop ! On était là, il y avait des portes qui s’ouvraient, se refermaient, on ne s’en sortait plus. Je crois qu’on est parvenu à un accord définitif à 23h41. Le deal s’est signé à 23h58, dernier transfert du monde ! D’ailleurs, je souhaite remercier Ivon Augustin (membre de l’administration de Tours) qui a œuvré pour que tout se déroule bien. Dans les derniers moments, il y a eu une grosse montée d’adrénaline. Ça n’était pas gagné, mais je suis vraiment content et rassuré ».

En difficulté outre-manche, il décide de faire son retour en Tourraine.

En difficulté outre-manche, il décide de faire son retour en Tourraine.

Retourner dans le club où tout était si facile pour lui facilite sa saison et est porteur d’espoir : « Au début, le transfert était un peu inespéré, on va dire. C’était très compliqué, je ne voyais pas comment on pouvait trouver une solution avec Wigan… Finalement, on a bien cherché et on a réussi à trouver un terrain d’entente, les deux parties sont satisfaites. Maintenant que je suis revenu, j’ai deux principaux objectifs : maintenir le Tours FC et faire une belle demi-saison au niveau personnel. Je veux me relancer, marquer des buts… L’an passé, je m’étais fixé 12 buts et j’en ai mis 24. Je veux être aussi décisif que l’année dernière. Puis, je connais tout le monde ici, ça va m’aider ». Mais même s’il retrouve le sens du but et contribue au maintien de Tours, « son objectif principal », quelque chose a changé. Il réalise 4 mois corrects, inscrivant 2 buts importants et signant 5 passes décisives, dont 3 face à Auxerre (2-3) en 13 matchs, comme un énième printemps, énième renouveau promettant un été resplendissant.

► SA SAISON 2015-2016

Comme prévu, Wigan lui ouvre la porte pour le mercato. Il décide donc de rejoindre Caen, qui enchaîne depuis le début de l’année des performances surprenantes. Dès la première journée, Delort marque un des buts les plus marquants de sa carrière. Face à l’OM, club qui le faisait rêver, il déclenche une frappe comme lui seul en a le secret, digne de Jean-Pierre Papin. Ce but offre la victoire à Caen et annonce la couleur d’un nouvel été qui dure toujours à la fin de ce mois de janvier.

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Avec 8 buts et 2 passes décisives en 23 matchs, Andy est parvenu à mettre la Ligue 1 à ses pieds… ou à ses mollets. Alors que Caen peut toujours rêver de finir la saison à une place européenne, Andy sait que, même si tout va bien sur le terrain du Stade Malherbe, sa vie est et sera toujours composée de hauts et de bas. La larme qui pend à jamais au coin de son œil est là pour le rappeler. Andy, véritable oiseau migrateur, va continuer ses voyages à la recherche du succès, se basant sur les valeurs que lui ont inspiré ses aînés : son père, Olivier Pantaloni, et indirectement Jean-Pierre Papin. Posera-t-il un jour ses valises pour se faire son nid dans un endroit ensoleillé ? L’avenir nous le dira. En attendant, ses mollets et ses frappes de mules continueront à égayer la Ligue 1, jusqu’à la prochaine saison.

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Rédigé par Jonito – Rédacteur Stadito

Jonathan Tunik

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